Évolution
INTELLECTUELLE et APPROFONDISSEMENT… /
Du potinage à la réflexion.
Du potin à l’idée
par le Prof Bof.
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Si on suit les conversations des gens qui
nous entourent, on s’aperçoit vite que les centres d’intérêt varient beaucoup
d’une personne à l’autre. Ce qui ennuie l’une, excite et passionne
l’autre. Devant un kiosque à journaux
et à revues, on constate vite que les priorités (ou les goûts) d'un chacun
varient terriblement… Les livres et
les journaux ont chacun leur clientèle,
chacun y trouve ce qu’il
cherche, ce qui va assouvir ses
curiosités…, ce qui va lui apporter une quelconque jouissance intellectuelle… Et ces centres d’intérêt varient surtout avec
l’âge, de l’enfant à l’adolescent, de l’adolescent à l’adulte, à la
maturité intellectuelle… On pourrait se prendre pour Freud et parler de
fixation à tel ou tel stade de développement sur une échelle qui serait
supposément normale ou idéale. Ce qui n’exclut pas les régressions.
L’éducation tente tant bien que mal de
faire évoluer les préoccupations d’un chacun, d’assurer le passage des
curiosités les plus faciles à celles qui honorent le plus la condition
humaine. Pour un parent ou un éducateur, il est
agréable de voir chez l’enfant changer le niveau de ses préoccupations, de ses curiosités… Et contribuer à cette
évolution est un aspect des plus nobles des parents et des
éducateurs…. Bof, en
simplifiant, ramène ici à
trois les centres d’intérêt par où un chacun passe ou peut demeurer
fixé. |
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Niveau subjectif Point
de gravité…. Le moi Tout est vu en fonction de la
subjectivité de l’individu. Intérêt pour son « Je » et tout ce
qui entretient un rapport affectif avec le
moi. Au départ on est tous immergés dans un monde qui est nôtre et
tout est en relation avec le moi.
Amour, affection ou haine, aversion s’imposent dès la naissance. Le moi et ses émotions servent de lunettes
(ou mieux de cataractes) pour regarder
la réalité qui constitue
l’environnement d’un chacun. Gus, un exemple….En voyage, quelqu’un qui est
incapable de prendre une photo d’un monument
ou paysage quelconque, sans obliger un voisin de prendre la photo avec
« MOI » devant la tour Eiffel., « MOI » devant les chutes
Niagara, « MOI » en haut de
l’Empire State…Sans le MOI présent la réalité est sans intérêt et on n’a rien à dire à son retour de voyage… Abondance de Moi et de Je, mon
ma, mes, etc. Même les astres se penchent et tournent
autour du Moi et se chargent de lui
révéler sa destinée pour la journée dans
son horoscope. |
Niveau objectif |
Niveau réflexif Au-delà des faits,
l’intelligence veut comprendre… Approfondissement du point de vue., Aller
au fond des choses. La
première page du journal va encore t’intéresser mais tu auras hâte d’arriver
à la page de réflexion, à la page éditoriale… Tu seras intéressé par-dessus tout à
comprendre, c’est-à-dire à réfléchir sur les causes et les
conséquences des évènements, à porter des jugements de valeur, à
rechercher du sens dans les faits bruts,
à acquérir et à confronter des « idées »… Prioriser
ce point de vue plus englobant te donnera le sentiment
d’être plus riche, d’être un être humain qui s’arrache un peu de
l’immédiat et qui s’épanouit dans ce qui fait toute sa dignité. |
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Ouverture sur
la réalité en elle-même et pour elle-même. Élargissement du point de vue. Décentration
de l’intérêt. Des choses, des évènements, des faits, des personnes.
deviennent intéressants, prennent
valeur en eux-mêmes et par eux-mêmes,
piquent la curiosité même si le sujet connaissant n’est pas impliqué
subjectivement et émotivement. A opéré sa révolution copernicienne au plan
de la connaissance… Savourer le
plaisir de connaître en lui-même… EX. Être capable de s’intéresser à
l’invasion de l’Irak même si on n’a pas un cousin, un mononcle, qui est là
et par où on pourrait amorcer la conversation et tenir le crachoir. C’est
tout à coup le goût et le plaisir de s’ouvrir à l’immense diversité du
monde matériel, du monde vivant, à l’expérience de l’humanité, à ses
tragédies, comme à ses succès. |
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Extension… La curiosité
et le sujet habituel de
conversation se portent sur le Moi, les miens, ma parenté, mes
amis, mes voisins, mes
affaires, mon
char, ma gang. Par extension cette curiosité s’étend à
toutes ces vedettes de séries télévisées (ou de cinéma) qui entrent chez nous tous les soirs Le succès du star system est de
rendre nôtre, de nous faire investir sentimentalement et émotivement
au-delà, de l’art de la personne,
dans la personne elle-même, et de
développer un culte de la vedette,
les convertir en idoles, de les
intégrer à son monde, sa
« gang », à son « club »… Le Star system s’étend très tôt aux vedettes
sportives... et au divers niveau
d’esprit de gang, de mon club, au NOUS national… faisant face aux
« étranges »
Sportives ? Dans le fond, malgré les apparences, on s’intéresse peu au sport mais à « son club », dont on connaît le pedigree de chaque
vedette… Un match est sans intérêt si « son club » n’est pas
impliqué, au moins indirectement. Voir Les
grands spasmes d’identification : LE MONDIAL DU
FOOTBALL.
Le « nous » en fusion
autour du ballon. Malgré tout ce qu’on peut en dire, la nation ne nous intéresse à ce niveau que
comme extension du « moi » |
Extension… Le Savoir horizontal et en extension. Expérience
de la variété, de la diversité et de la multiplicité des êtres dans un horizon
donné qui est la première ambition de toutes les sciences ou disciplines à
leur premier niveau. … Et les sciences plus formelles viennent
compléter ces goûts déjà amorcés et cultivés par l’environnement culturel de
son milieu et de son temps. Intérêt pour l’histoire ou pour la
géographie, pour ce qui se passe ou s’est passé ailleurs (Même si je n’y connais personne.) Tout
ce qui existe est digne d’intérêt… … C’est fantastique, quand on y pense, Gus, ce
que le petit être de l’homme peut emmagasiner
d’être, d’êtres de tous les
horizons, de tous les temps, de tous
les niveaux, du matériel (infime ou
presque infini) à toute l’échelle et diversité des vivants. De quoi occuper quelques neurones à plein
temps… Mystère : s’approprier presque tout le
réel en lui conservant toute son
objectivité… L’histoire devient intéressante même si elle
ne parle par de « moi ou de
nous » . Prendre conscience de l’existence
d’un « au-delà ». |
Extension… Comprendre la réalité se fait par la recherche des causes et la saisie des relations entre
les choses ou événement. Significations et sens des événements, des
faits Contrairement aux deux niveaux précédents, tout
se passe comme si l’effort de
réflexion tendait, avec plus ou moins de succès, vers l’unification, vers des solutions ou principes d’explication qui
sont de plus en plus englobants… Le grand rêve …la formule mathématique ou l’équation d’où on pourrait tout déduire ou expliquer …(voir Einstein) ou l’être unique au principe de
tous les êtres à moins que ce soit un
de ces Bang qui continue à résonner ou
encore la matière originelle qui s’est
mise à se compliquer la vie. … |
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Conversation Commérage ou compérage…… Dans les
conversations, impossibilité
de parler objectivement d’un problème
posé, mais on parle de soi, de son vécu, en regard du problème. Les conversations sont surtout faites de noms propres, tournant autour des
personnes ayant un rapport avec « son
vécu » Un évènement mondial ne suscite de l’intérêt que si un parent,
un « mon oncle », un voisin, quelqu’un que le Moi connaît ou s’y trouve relié, y est concerné |
Conversation Personnes, choses ou
phénomènes intéressant en eux-mêmes… et susceptibles
d’intéresser les autres.
Certains mordent à la chose,,,
d'autres s’ennuient, ne se sentent pas concernés. . |
Conversation Idées. Théories, hypothèses. Lois générales. Nature des choses. Aller au-delà des faits, pour les comprendre,
les analyser, penser les causes, les effets, les conséquences,
etc. Les mises en relation ou corrélation…Échanger dans les revues
spécialisées. Étude de l’histoire des sciences, des religions,
de la philosophie…etc. |
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… En parler, c'est commencer à raconter le
vécu de son parent, de son voisin,,,. Le moi déteint partout. La subjectivité
déteint sur la réalité. Un peu comme si le moi était
le centre de l’univers, un centre
qu’on s’est approprié, un monde pré
Copernicien… Ex. On
peut prendre le crachoir pour parler du Khalimanjaro… si un voisin ou un cousin en a fait l’ascension. Le sommet n’existe qu’à cette condition. … Séance de commérage ou de compérage : compétition à qui en sait le plus à propos d’un tel ou d’une
telle… C’est à qui se montrera une
véritable encyclopédie en potins sur
les vedettes, sportives ou du spectacle, des voisins, des confrères,
de la parenté…… ,le Wikipedia du quartier et de la
famille, tout ce beau monde avec
lequel on entretient des rapports d'affection ou de haine, qui se nourrissent de notre subjectivité. |
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Alimentation… Journaux à potins et à
scandales… Échos vedettes, page des sports, ou le moindre exploit
est disséqué pendant des heures par
différents spécialistes… ce qui permet d’entretenir la flamme de notre subjectivité et de nos
émotions… Sensationnalisme qui porte sur le
particulier, le sang à la une du jour…
Plus c'est près, meilleure est la nouvelle. Toute la presse People… A coté des artistes, le
fonds de commerce de prédilection. : les restes des familles royales
européennes…… Angleterre et Monaco, en tête du palmarès. (Qui a dit que la royauté était une institution d’un autre âge?) Les artistes ?
leur art passe en second, c’est la personne des artistes qui importe
et qui est en mesure de fournir
des sujets de conversation, de commentaires
inépuisables… Comptabilité des divorces,, des
mariages, des liftings, évolution du salaire ou du poids…, photos des
châteaux, des poupons, des mariages ( dans l’ordre). Mentalité de groupie… C’est à qui
connaît le plus d’anecdotes sur son idole?
À qui manifeste le plus
d’admiration et de fanatisme, à qui
a placardé le plus de posters sur les murs de sa chambre,
à qui crie le plus fort dans les spectacles,
à qui a lancé le plus loin ses petites culottes, à qui
feint les meilleurs pâmoisons, à qui on a sorti en ambulance…… « Un grand amour comme le nôtre » En somme, s’approprier
quelqu’un ou plus exactement une
image… Difficile d’admirer un exploit ou un héros
sans se l’approprier, MON héros ou ma
vedette à MOI. |
Alimentation… Les premières pages d’un
journal sérieux. Les informations. Effort pour tenir compte de l’importance relative des évènements. Intérêt pour la science quand elle se situe
au niveau descriptif. A un
certain niveau descriptif, Prendre
conscience de l’énorme diversité et richesse
de ce qui existe. Être capable de goûter un match sportif même
si on n’est pas impliqué émotionnellement, même si ce n’est pas l’Équipe de MON pays, ou de MA ville. À QUOI JOUE-T-ON QUAND
ON JOUE ?
Des expériences de vie (romans, cinéma,
théâtre) ayant valeur universelle peuvent être des élargissements du champ des préoccupations
intellectuelles. |
Alimentation… Les éditoriaux, les commentaires. Les jugements de valeur sur les événements. La science expérimentale quand elle se veut explicative de la réalité, formule des hypothèses, élabore des théories. La philosophie… qui ambitionne d’aller
« au fond des choses ». Les religions, les mythes tentent des explications et proposent des
systèmes de compréhension du monde… |
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Fournisseurs
de métier
Et les entreprises de publication « ad
hoc » qui encombrent les kiosques, qui sont les plus faciles et
les plus rentables dans le domaine de
l’édition. Toutes la presse people et potins
entretient et nourrit ces
curiosités. Gus, quel serait
l’épaisseur de Paris-Match sans
têtes couronnées… Gus, remarque que les gens dont Bof parle ici
lisent souvent autant sinon plus que ceux
des catégories suivantes…On n’a qu’à regarder la pile de journaux à potins ou
de revues,, etc.. qu’ils achètent chaque semaine…pour alimenter leurs
passions identitaires…et leur curiosité, pour se retrouver avec les
« leurs », pour se sentir
d’un autre monde. …. Et
nourrir leur conversation pour la semaine, pour faire étalage de leur savoir. |
Gus pour voir la différence entre sciences dites expérimentales et
savoir philosophique. VOIR : |
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Période…. De 0 à 77 ans… (après on oublie tout, c’est
l’ Alzheimer qui fait le ménage de la mémoire… avant l’extinction du disque
dur) C'est une curiosité facile et spontanée. qui
va de soi et sans effort. Certains en restent là, confinés à leur monde! Gus,
ne vient pas me dire que ce n’est pas une source de bonheur ou de
plaisir. Essaie seulement de priver les gens qui se complaisent à ce
niveau de l’accès à leur littérature préférée. Tu les
trucideras moralement plus que si je te prive de ta lecture de
Lacan ou de Derrida Avec le temps,
certains développent d'autres curiosités.
L’intelligence perd ses cataractes. Les yeux se dessillent. Et l’individu
sort de sa coquille et peut apprécier d'autres plaisirs de connaître. |
Période…. Habituellement au début de l’adolescence,
peut- être avant. Ne se fait pas spontanément, ou
nécessairement, parfois jamais
atteint, ou même peut être sujet à régression… C’est l’effet d’une certaine
« culture » de l’intelligence. Assister à cet éveil, est une consolation
pour les professeurs ou les parents. « La curiosité, ce vice impuni » a-t-on dit. |
Période…. Normalement vers la fin de l’adolescence.
Maturité de l’intelligence… Approfondissement illimité… Quoique les questions les plus étonnantes,
les plus métaphysiques, sortent parfois de la bouche d'enfants de 6 ou 7 ans
qui s’éveillent à l’âge de
raison. Un philosophe, avec une pointe de mépris, a
déjà dit que la métaphysique d’Aristote était
la pensée d’un enfant de 8 ans…Et si c’était plutôt les prémisses de l’éveil de la raison. |
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Interrogation
ultime sur l’être. Le sens cosmique. Le sens métaphysique…
« D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où
allons-nous ? » Gauguin. 1892 « Les animaux sont étonnants, l’homme est étonnant et
étonné » Même si un jour l’humanité devait capituler
et s’en remettre tout simplement aux réponses dites
expérimentales, le questionnement sur les fondements de l’être demeurera tout
à l’honneur de l’humanité et sa plus profonde distinction de
l’animal, la meilleure justification de son titre d'animal raisonnable. C’est un questionnement puissant,
fondamental, qui s’éveille avec l’intelligence; il est au principe des
mythes, des religions, des philosophies et d’une bonne part des sciences
expérimentales…Celles-ci en principe s’imposent des limites, tant pour les
points de départ que pour les points d'arrivée acceptables. La science
s’arrête à des réponses théoriquement d'ordre expérimentable,
mesurable ; des esprits plus exigeants, même s’ils admirent les
résultats de recherches et y sont même impliqués, sentent le hiatus entre
leur questionnement et l’exigence propre de l’intelligence. Un praticien des sciences
expérimentales a bien défini ce hiatus. Rostand, après avoir résumé ce que la
science peut nous dire sur l’essentiel de ce qu’est l’homme, après
s’être presque amusé à durcir les positions, à compiler les
énigmes laissées en pan sur les problèmes essentiels, conclut
dramatiquement : « Tel est le message de la science. Il se peut
qu’une science toute puissante réussisse , en définitive, à créer ce nouvel
homme adapté à l’humain, satisfait de n’être que ce qu’il est, comblé par son
destin étroit, guéri de tout rêve qui le dépasse. Mais il se pourrait aussi
que l’humanité soit, dans son ensemble, incapable de soutenir la vérité de la
science. Vérité ardue, accablante, oppressante… Parmi ses zélateurs
eux-mêmes, il en est qui ne s’y rendent point sans détresse. Bien sure, ils
ne peuvent faire autrement que d’y rester fidèles, mais il leur arrive
d’envier ceux qui ne sont point empêchés, par la nature de leur esprit,
d’en concevoir une autre. » (Contexte plus large)
Fred Hoyle, le célèbre astronome, est plus
direct : les explications qu’on nous donne (à propos de l’évolution)
c'est comme si un Boeing 707 sortait tout équipé d’un dépotoir après le
passage d’une tornade. (Gus, c’est vrai que nos
dépotoirs sont pleins et de plus en plus riches en contenu. Un
petit coup de pouce du Hasard, et Oup! Le
Boeing est dans le sac) |
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Dans une autre perspective, Bof a déjà traité plus explicitement de
cette évolution des centres
d’intérêt et particulièrement de
l’apport des sciences et de la
philosophie. Le tout dans une perspective de la quête du
bonheur, dans une espèce d’Échelle platonicienne : De la sortie de |
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« être sérieux sans se prendre
trop au sérieux » |
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NOUVEAU CAPSULES: le prof bof pour
les nuls ou les gens pressés Brefs extraits ou capsules
tirés des 30 sites du
prof bof |
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A propos de l’être humain |
Petite histoire des mentalités |
divers |
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