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Une mise en
musée pour les autochtones.. (demande spéciale de Le
Clézio) |
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ÉCONOMIQUE. vALEUR ET DANGERS HISTOIRE ET TECHNIQUES. Petite histoire des mentalités (MYTHE, MAGIE, ETC.) CONCEPTS
ET PRINCIPES NOUVEAUX, (moyen age) (16ième siècle) *** Ajouts fréquents ↕ ↕ |
Il fut un temps au dix-huitième siècle où il
était d’un chic littéraire imparable d’exalter
l’homme primitif, le plus primitif étant le meilleur, comme modèle d’une
humanité non corrompue par ce qu’il était convenu arbitrairement d’appeler
la civilisation et, pire, on ne
prévoyait même pas que cette civilisation deviendrait une
civilisation technologique et industrielle, qui multiplierait, accumulerait
les menaces contre un mode de vie qui risquait de perdre sa
belle pureté originelle et son innocence paradisiaque. Bof pense que l’on doit intervenir et mettre tout en marche pour
créer des musées, des enclos où ces cultures autochtones
pourraient se développer à l’abri des civilisations
modernes et, ainsi, éviter toute contamination qui risque de faire
perdre pour les générations futures ces cultures primitives
dans toute leur authenticité, les conserver telles qu’elles
étaient au moment où on les a découvertes et telles que
les anthropologues aimeraient avoir tout le loisir de les étudier…
pour pondre des thèses
savantes et édifiantes pour l’homme moderne qui s’abrutit
de plus en plus dans des modes de vie inhumains et qui, plus est, met en
danger la planète, la seule à notre disposition pour le moment. Récupérer la beauté des origines…
Opérer un retour vers le
passé…Back to the Past. Pourquoi pas ? D’où
évidemment la nécessité de les expurger des
contaminations par les cultures qui leur sont étrangères…
Évidemment, dans ce
musée des civilisations antiques, dans ces enclos protecteurs, pour
une authenticité enfin retrouvée, on élimine, ça
va de soi, téléphone cellulaire, téléphone
à cadran s’il en reste, télévision, radio, frigo,
voiture, quatre par quatre, ski-doo, électricité, chauffage central,
les affreux centres d’achat, les casinos, toutes les langues étrangères qui
sont des menaces à leur
langue propre en mal d’une loi 101, élimination aussi de
ces religions imposées de force
qui ont perverti le culte des ancêtres dont les mânes ne s’y retrouvent plus et errent à l’abandon. Et
évidemment il faut éviter de corrompre le mode de vie par les
drogues, par les
allocations gouvernementales de subsistance, par des services juridiques ou des interventions policières qui risquent d’interférer
avec les modalités de leur
effort pour la survie. Enfin! on ne se paierait
plus la tête des touristes en leur présentant quelques danses
supposément authentiques avec des danseurs à plumes sur la
tête, comme au Casino de Paris, et qui écoutent du
Michael Jackson sur leur I-POD. On pourrait enfin les voir, si ce
musée anthropologique prenait forme, tels que figés dans le temps,
on pourrait admirer la
beauté du mode de
survie, s’étonner de
l’ingéniosité des techniques de chasse, de la
cueillette et de la pêche, telles
que les décrivaient les récits des premiers
explorateurs. Récits qui
ont fait rêver les Rousseau
de l’époque, dégoûtés des artifices de la société dans laquelle
ils étaient condamnés à vivre, loin des Amériques
et des Caraibes. Évidemment il y a un coût à cette entreprise de
conservation… Le nomadisme exige un vaste espace pour évoluer et on
a peine à mesurer Les Innus ont découvert tout à coup que
l’errance de leurs ancêtres, toujours occupés en
esprit à courir après des caribous tout aussi spirituels,
était rentable et monnayable en raison de la mauvaise
conscience, des sanglots mal étouffés des
bien-pensants, de ceux dont les ancêtres, moins
volatiles, se sont mis à travailler la terre, à la
défricher, y construire maison, s’installer, poser des clôtures
au grand scandale de Rousseau qui y voyait l’origine de tous les malheurs
du monde… et construire des
barrages pour en tirer des
énergies inconnues à l’époque, etc. Gus, à
l’arrivée des Européens, l’Amérique du Nord
comptait vraisemblablement 3 millions de nomades qui la parcouraient.
Aujourd’hui, la même Amérique peut nourrir ses 400
millions d’habitants…
Les belles âmes
s’étonnent quelque peu devant le montant réclamé
par les Innus. Les belles intelligences cherchent
le fondement moral de ce droit, se permettent d’en douter et
essuient d’un geste furtif une larme au coin de
l’œil. « La justice, disait Alain ou
Valéry (!), ce doute sur le droit qui fonde le droit ».
« La
guerre, la famine, les épidémies demeurent les causes
essentielles des morts
prématurées, des années de vie perdues, des enfants
abandonnés sur la planète. La nature tue autrement plus que la
technique qui, seule, permet qu’autant d’hommes vivent sur terre. On estime à 3 millions le
nombre d'Indiens qui vivaient en Amérique du Nord au moment des
premières conquêtes espagnoles. Les habitants des
États-unis et du Canada sont cent fois plus nombreux aujourd’hui
et l’agriculture nord-américaine pourrait nourrir à elle
seule plus de six milliards d’hommes ». Kervasdoué. Les
prêcheurs de l’apocalypse. 2007 P. 21 |
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