VIOLENCE ET ÉTAT,

AUTORITÉ ET MALICE DE L’HOMME

 

 

VIOLENCE ... "Bouncers" et «Bonnes soeurs» au carrefour.
Le jeudi 11 septembre 2003
Chronique parue dans Planete.qc.ca

Aujourd’hui, mon cher Ti-Gus,  je te propose un petit problème bien simple et évidemment, puisque cela vient de ton Prof, il s'accompagne d'une petite conclusion pour mettre quelques idées en place.

Imagine les deux situations suivantes face au même problème.

LE DÉCOR : le problème est un carrefour de deux rues achalandées où tout à coup les quatre feux de circulations tombent en panne.

UNE PREMIÈRE SITUATION : les automobilistes ou motocyclistes sont tous des « Heavendevils » dont le dynamisme, l’agressivité et les accès et excès de violence sont bien connus.

DANS L’AUTRE COIN, PARDON, DANS L’AUTRE SITUATION, le carrefour est occupé par des «bonnes sœurs» dont la douceur et l’affabilité sont légendaires depuis Mère Térésa (Dieu ait son âme!) («C’est fait», a dit le Pape) qui conduisent consciencieusement, le chapelet à la main, les yeux au ciel (de temps en temps, Ouf!) la voiture que la communauté à mise à leur disposition.

La question que je te pose mon cher Ti-Gus. : Lesquels RÉUSSIRONT À PASSER LES PREMIERS?

ET PEUX-TU DÉCRIRE LA SITUATION CINQ MINUTES APRÈS QUE LES FEUX DE CIRCULATION SONT TOMBÉS EN PANNE?

LA RÉPONSE DE BOF. (Gus, tu sais que c’est ton prof et que tu dois la respecter)

Qui passent en premiers ? NI LES UNS NI LES AUTRES.

LA SITUATION APRÈS CINQ MINUTES:

Pour les Heavendevils LE CENTRE DU CARREFOUR EST
PLEIN comme un oeuf, chacun ayant voulu passer en premier, ils se sont butés les uns contre les autres et sans doute, impuissants à avancer, échangent-ils des regards doux-amers et des doigts vengeurs.


Pour les « bonnes sœurs » LE CENTRE DU CARREFOUR EST VIDE et les voitures sont toutes immobilisées aux quatre coins des rues. Toutes les bonnes sœurs gesticulent à qui mieux mieux : «Après vous, après vous ! », «Mais non ,Vous, Vous passez la première, je ne suis pas pressée, mon confesseur peut attendre, il a
l’habitude», «Allez, allez», «Mais non, à votre tour (je vais finir ma dizaine de chapelet en attendant)», «Non, ce sera ma B A de la journée», « Non, non, c’est un excellent exercice de patience pour moi, seul le Seigneur sait combien j’en ai besoin» « Allez, allez, je n’ai pas encore atteint mon quota d’indulgences pour aujourd’hui» «Non, non, patientons, mes soeurs. Si vous voulez, je peux vous chanter «Le Seigneur est mon berger» en attendant » ETC, ETC.
On s’agite beaucoup pour savoir qui de fait cèderait la place et passerait la deuxième ou encore mieux la dernière sachant que les dernières, parait-il, seront les premières, à un certain carrefour. Et le centre du carrefour ici est libre…en attendant qu’une bonne sœur ose violer le précepte : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse.

PREMIÈRE LECON : Le problème se règlera aussitôt qu’un policier arrivera pour diriger la circulation et qui dira aux Heavendevils … en tremblant un peu, cachant les craintes pour sa vie sous l’audace du ton : « Hei, mes C…, calmez-vous le pompon et attendez votre tour, sinon j’envoie tout de suite une contravention à votre avocat ou avocate (au choix) et tendant un index tout aussi
impératif vers les «bonnes soeurs» et bombant le torse, ne craignant plus pour sa vie: «Arrêtez vos sparages et vos patenôtres, et pesez sur le champignon qui est normalement sous le pied droit et avancez quand je vous le direz. Sinon vous perdrez vos indulgences de la journée, parole de policier qui en a déjà bien perdues»

DEUXIÈME LECON ET C’EST LÀ QUE BOF VOULAIT EN VENIR (Il ne voulait pas, prudence oblige, faire de la peine aux Heavendevils ou insulter les Bonnes Sœurs)

Cette fable bien moderne (Bof est de son temps, mon cher Gus) veut aider à comprendre le fondement ou l’origine de l’autorité dans la société. Certains sont tentés de croire que les différentes formes d’autorité qui existent sont nécessitées et légitimées par la malice de l’être humain qui a besoin d’une force extérieure pour freiner ses tendances vers le mal, ses pulsions agressives ou ses accès de violence. C’est cette conception que Bof veut ici dénoncer.

Ici, dans la fable ci haut, on voit bien que l’excès de bonté, de générosité des bonnes sœurs, à la moralité légendaire, a besoin d’être contrôlé par ce personnage (le policier) dont la bonté et les attentions sont moins légendaires et qui est utile, même ici fort utile, malgré tout.

Gus, tu rêves peut-être dans tes jeunes crises révolutionnaires d’abolir toute forme d’autorité, celle des profs en particulier. Saches au moins que le fondement de celle-ci, n’est pas prioritairement de contrôler le mal, mais de rendre possible des opérations où le concours de plusieurs personnes est nécessaire et dont les actions doivent toutes être orientées vers un but unique.


Refuser toute forme d’autorité (non pas seulement les abus), c'est rendre impossibles des oeuvres comme celle-ci. Tant que des gens ne seront pas génétiquement programmés à poser telle pierre, tel jour, à telle place, il faudra un principe d’unité et d’ordre (exercé personnellement ou collectivement) pour fixer l’objectif ET FAIRE CONCOURIR L’EFFORT DE TOUS VERS LE MÊME BUT. Ces buts communs poursuivis par une collectivité, ce peut être la construction d’une pyramide mais aussi, et surtout, la sécurité, la défense, le secours mutuel, l'entre aide moral, la planification d’une ville, la circulation, etc.

Gus, les Heavendevils ont leur chef de gang (Dieu le protège!) et les Bonnes Sœurs ont une mère supérieure (Dieu ait son âme!)

De plus, une fois admises la légitimité et même la nécessité des fonctions d'autorité, reste le grave problème à savoir qui va exercer cette autorité et pour quelle raison.


De la pointe du fusil au bulletin de vote en passant par l’hérédité, l’histoire a inventé bien des manières, des plus débiles au moins débiles, de déterminer qui exercera cette fonction nécessaire, ne serait-ce que savoir où passera la rue ou le pont.
« La démocratie est le pire des systèmes… à part tous les autres » a dit le grand homme au cigare.

Salutations.

 

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