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De bono à moyo. Pauvre Afrique. Du
show rock au constat scientifique.
De la compassion étrangère à la corruption locale..… entre des exercices de promotion personnelle et
la rigueur des faits. |
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L’image
de Bono et de la promotion
compassionnelle est mal en point… Autrefois les auditeurs étaient
invités à donner pour l’Afrique, aujourd’hui, une petite
nuance dans le message, les auditeurs, les mêmes sans doute, se doivent de faire pression auprès de leur
gouvernement pour qu’ils augmentent leur aide pour le relèvement de l’Afrique… Le
gouvernement irlandais le prend mal.
Depuis qu’il a supprimé certaines exemptions
d’impôt pour les artistes, Bono a transféré ses
avoirs en terre étrangère, pas en Afrique cependant, pour conserver ses précieux acquis.
.. à prêcher la vertu… Autant de perdu pour le gouvernement
de son pays qui a de la difficulté à rassembler, en
période de crise, les
sommes qu’il devrait consacrer à l’Afrique… Bono s’en lave les mains. Comme bien des « preachers », qui ont été des rock
stars de la TV, l’ont appris ou démontré : la
prédication de la vertu… est facile, la pratique plus difficile. En
comparaison, il est étonnant et cruel de lire les œuvres et le
message de Dambisa Moyo,
jeune économiste de Zambie, diplômée des meilleurs
universités d’Occident,
qui est à la tête
de l’ Economic Research and Strategy for Sub-Saharan Africa et qui est l’auteur de Dead Aid.(2009).
Elle s’en prend à Geldof et à
Bono. Sa thèse est on ne peut plus explicite. La corruption des gouvernements africains et les
conséquences qui s’en suivent résultent directement de l’aide de gouvernement
à gouvernement et permet
de comprendre, pour une bonne part,
les retards de l’Afrique. Elle développe son point et
argumente en économiste. Un gouvernement qui recherche des investissements privés pour son
pays aura à en
répondre en raison du marché; si l’argent lui
arrive de ses commettants, il
devra en répondre face à son peuple. Mais à qui doit-il
rendre compte des dons qui viennent des
gouvernements étrangers, qui perdent leur droit de regard pour respecter l’autonomie et la
dignité du pays aidé.
On peut comprendre que certains deviennent soupçonneux. Les
dons permettent d’entretenir une pléthore de fonctionnaires qui, créatures du
gouvernement, se servent sans
gène, abondamment, avant
de constater quelque réalisation avec cet argent… qui le plus souvent est rendu en
Suisse… en prévision
des mauvais jours s’il y a révolte du peuple et si on est
condamné à l’exil. Il faut parer au pire. Les bonnes
volontés des pays étrangers ont ainsi débauché la
classe politique de l’Afrique. De toutes façons, comment
comprendre que les billions versés à l’Afrique
sub-saharienne depuis la décolonisation semblent n’avoir pratiquement rien
donné. Sinon une bonne conscience pour les pays donateurs. Des critiques ont salué
l’analyse de la jeune
économiste et réclame un peu moins de Bono et un peu plus de Moyo pour l’Afrique. Seulement les démarches pour
démarrer une petite
entreprise sont une espèce de course à
obstacles pour permettre â la classe dirigeante… de se faire
valoir.. à tous points de vues. Pour prendre un pays qui
n’est pas en guerre, (la Guinée-Bissau), il y a 17 étapes
à franchir qui sont autant d’obstacles; ça peut prendre
230 jours et coûter 250% du revenu annuel per capita. Au Canada, par exemple, il
suffit d’une seule
démarche, avec résultat en 5 jours à un
coût de 0.5% du revenu per capita. Dambisa
Moyo pourrait se prendre pour Molière « Voilà
pourquoi votre Afrique est malade. » et pourquoi Bono ne place
pas sa fortune en Afrique… Depuis la
décolonisation, 1000 milliards de dollars ont été
versés sur l’Afrique subsaharienne. Entre temps, la pauvreté est
passée de 11% à 66%. En 1960, le Kenya était plus riche
que la Corée du Sud…Et aujourd’hui… « L’aspect le plus déprimant de
ce fiasco, c’est que les donneurs, les décideurs, les
gouvernements, les intellectuels, les économistes et les spécialistes
du développement savent, au fond de leur cœur, que l’aide
ne fonctionne pas. On a même dit « que tout le monde
sait que c’est de la m…. mais ça fait vendre des T-shirts » Dambisa Moyo. 5
mai 09. 5 jours après avoir
écrit le texte précédent, une nouvelle qui nous parvient
de France… En France, on
s’apprête à mettre en accusation trois chefs
d’état africains pour recel de détournement de fonds
publics, blanchiment, abus de biens sociaux, abus de confiance,etc. On veut connaître les conditions dans
lesquelles un très important patrimoine immobilier et
mobilier a été acquis en France par Denis Sassou
Nguesso (Congo), Omar Bongo Ondimba
(Gabon) et Teodoro Obiang
(Guinée Equatoriale) ainsi que leurs
entourages. Sont concernés les 39 propriétés et 70
comptes bancaires détenus en France par le Gabonais Omar Bongo et ses
proches, les 24 propriétés et 112 comptes bancaires du
président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso, les limousines achetées à
Paris pour plus de 4 millions d'euros par le Guinéen Teodoro Obiang et ses proches. Et combien
d’autres pays, fournisseurs de pétrole, tiennent la France, et sans doute bien d’autres
pays, par les couilles…
Heureusement que la rectitude politique couvre d’un voile pudique et
d’un silence entendu cet usage local des fonds publiques. |
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