CULTIVER  ET SAVOURER SES PEURS

PAR  L’ANALYSE DES CORRÉLATIONS…

 

…en comptabilisant  les facteurs de risque qui nous entourent

 

 

 

 

Gus, si tu  tiens absolument à avoir peur… si tu veux mettre ton petit coeur à l’épreuve, ou même ta jeune prostate,  tu peux analyser  les corrélations établies par la science  qui sont, si tu les connais, comme autant de vautours  … qui attendent  leur tour… … Déjà il est prévu dans le ciel que lire ce billet est un facteur de risque.  Bonne chance malgré tout. …

 

En 1980 un médecin  avait trouvé  200 corrélations entre substance, gestes ou on ne sait trop quoi et les maladies du coeur, aujourd’hui les spécialistes (Dr Mallcomb kendricks )croient plutôt que le nombre est plus près  de 1000 dans la littérature médicale, corrélations entre x, y, z  et les maladies du coeur…sans compter quelques centaines pour le cancer.

Tout y passe, les dentifrices,  les dents jaunes, les cheveux gris, les yeux bruns, etc., sans compter ceux dont on nous parle quotidiennement… et pour les mathématiciens les gènes à numéro.. Sans compter les corps simples qui y ont tous passés, imagine les combinaisons…

 

 

Avant de paniquer et d’en perdre le sommeil, Gus, il est important que de se rendre compte qu’un facteur de risque n’est pas un risque, n’est pas une maladie, et n’est pas nécessairement la cause d’une maladie. Ni ne te rend plus malade.

 

Un facteur de risque veut simplement dire qu’un chercheur a trouvé une corrélation entre deux variables… et une corrélation n’implique pas nécessairement un  rapport de causalité.

 

Si tu étais au courrant des corrélations entre  les choses, les gestes, même les pensées, les attitudes  et  ce qui peut éventuellement menacer ta forte santé, tu risques de paniquer,  de ne plus être capable de dormir… du moins sans cauchemar.… Toute une population  jeune, en santé, malade à l’occasion,  peut oublier de jouir de son état et d'en profiter. Si on n’y fait attention, si on est porté vers l’alarmisme, si on a trop lu Kierkegaard, si on se croit obligé de vivre « avec crainte et tremblement »,  pour nourrir son pessimisme ou sa névrose,  on n’a plus qu’à consulter  la liste des corrélations qu’un tout chacun, qui pour faire un mémoire, qui pour ajouter un article à son curriculum vitae,  a trouvées ou pour le cœur ou pour  le cancer… ou la prostate.

 

 

Si tu n’es prudent, ceci  veut dire qu’au lieu de jouir de ta bonne santé et de ta jeunesse, tu pourras traverser une allée de super marché la mort dans l’âme. (Gus,  elle viendra, sois sans crainte.) Si tu prenais  conscience de ces milles corrélations, tu tremblerais … A tous les deux pas une corrélation a été établie entre tel produit  et ton pauvre petit cœur  ou  l’avenir de ta  prostate…Tu chercherais peut-être en vain  un emplacement de repos, un havre de paix, sans fumée évidemment. Impossible d’avancer d’un pas sans croiser un met, une préparation qui n’a pas fait l’objet d’une recherche et  où on n’a pu établir une corrélation mathématique entre tel produit… et ton état de santé. Il est vrai,  Gus, que d’autres avant toi, ont passé au même endroit, ont  regardé les mêmes produits, les ont même consommés et, touche finale pour les statistiques,  sont morts, certains de maladies cardiaques…C.Q.F.D.   Tu vois, Gus, ton prof vient de trouver une autre corrélation.. Si  tu y penses, tu es dans le corridor ou l’allée de la mort. Ou comme un terroriste s’avisant de franchir l’inspection avant de prendre l’avion.

 

C’est si on regarde les chiffres,  c'est comme si  des  vampires s’étaient juré que tu ne dormirais plus ou que tu ne pourrais plus mettre un pied devant l’autre. 

 

Panique intéressante  pour ceux qui ont décidé de te manipuler,  de se faire vénérer comme des nouveaux gourous,  de te faire passer de  la peur rouge de l’enfer à des peurs autrement plus effrayantes. L’enfer avait un mérite : il était pour la fin,,,  un couronnement si, si… Mais les menaces actuelles que l’on monte en épingle  sont des menaces pour ta précieuse vie à chaque moment…

 

Gus, ton prof a trouvé, tout seul,  la seule corrélation  fondamentale, la seule qui doive nous préoccuper au moins sérieusement à l’occasion : il y a en notre monde une corrélation  fondamentale entre la vie et la mort…

 

C’est cette corrélation fondamentale,  qui est la source de l’inquiétude métaphysique depuis les débuts des temps, bien avant la découverte des gras trans. Depuis l’éveil de la pensée, c'est cette corrélation qui  est le moteur subtil des centaines de corrélations qu’on ajoute comme pour entretenir  la peur fondamentale,

 

 

Pour tout ce que le savoir récent a pu accumuler, on a beau analyser  le facteur de risque,  cela ne nous permet pas de prédire qui va mourir le premier ou succomber à la maladie qui le talonne statistiquement  (le poids, l’index de masse corporelle, les lipides dans le sang, le sucre, la pression artérielle, les divers styles de vie),  on arrive  presque tous … au point d’arrivée sans pouvoir établir un podium à l avance.

 

 

Gus, être mâle est un facteur de risque mais pas une maladie..   Une femme morbidement obèse, dans le premier cinq centième de la population  pour le poids, va statiquement vivre plus longtemps qu’un mâle ; pourtant  ce dernier  attribut n’est pas encore vu comme une maladie. Thanks God : le féminisme a su arrêter sa progression à temps.

 

La population devient de plus en plus médicalisée à mesure que les standards  de bonne santé sont idéalisés (platonisés.)  et que les indices ou les mesures ou les critères de bonne santé sont abaissés à mesure de l’évolution des sciences de la santé. … Une belle certitude en tout cas.  L’espérance de vie augmente constamment depuis deux siècles. Même ici,  une année de plus depuis trois ans.  Et ce progrès à mesure que les corrélations de danger et  de mortalité augmentent. Tiens, Gus, ton prof vient de trouver une autre corrélation. Il y a une corrélation entre l’espérance de vie et la prolifération des corrélations  de danger et de risques. C’est, dira-t-on, que l’humanité a appris à louvoyer entre les obstacles. Quand on pense qu’un temps  on disait que la pression normale était  de 100 + l’age de l’individu. Avec des individus qui se permettent maintenant de vivre jusqu’à 120 ans,  on se méfie…  des chiffres. 

 

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