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Gus, une spécialité du 20ième siècle L’esprit génocidaire… : Le
culte de l’identité et de la nation ne
souffre pas le corps étranger perçu comme un microbe qui s’infiltre dans un
corps sain et le menace. L’utopie
de l’homogène par l’éradication de la différence, l’idéal de pureté et la
crainte pathologique de toute contamination. Le
Peuple, nouveau corps mystique, démarre
son anti-virus. Grand
solde de l’Histoire : à telle
date grande liquidation de corps étrangers… L’enfer,
c’est les autres, les impurs, les chiens, les juifs, les cafards, les
tutsis, etc. L’Arménie en 1915. L’UKRAINE en 1932. Famine planifiée par
Staline qui éliminera 5 000 000 de personnes,
soit le quart de la population.
Représailles pour éliminer les résistances à son projet de collectivisation. En
comparaison avec ce génocide, les autres ont l’air improvisé et du travail d’amateurs à la va-vite. Ici on est en face de professionnels qui
font la jonction de la philosophie politique (identification du Mal
absolu, la culpabilité d’exister), de
la systématisation bureaucratique (on ne supprime pas sur place mais en
milieu contrôlé, dilution de la responsabilité) et de l’efficacité
technologique moderne. Pour
éliminer l’amoncellement des cadavres on a du cependant recourir à des
méthodes plus traditionnelles. CAMBODGE
1975-1979. Des idéologues décrètent que
les citadins sont des profiteurs et des exploiteurs du bon
peuple travailleur, « le peuple nouveau » qui les fait vivre. Déportation massive de la population
urbaine à la compagne; famine; et
élimination plus brutale si la famine ne suffit pas à la tâche. 1 800 000
victimes. Rwanda 1994. L’ethnie, prétendument écrasée, tente d’éradiquer l’autre qui l’aurait dominée ou exploitée de tous
temps. L’opération se fait avec des
moyens d’un autre âge, à la machette ; des amis de toujours se réveillent
ennemis et tueurs du soir au matin. 800 000 victimes chez les Tutsis et les Hutus modérés. La vitesse de la tuerie bat tous les
records. BOSNIE. (1992-1995) On tente de redéfinir l’état
national. Et de défaire l’histoire. On décrète qui est l’indésirable. Des
haines multiséculaires sont exacerbées par des poètes psychiatres qui se plaisent à gratter des plaies en voie de cicatrisation et à chanter les gloires de la nation enfin ressuscitée. Les nationalismes mis en berne
sous Tito s’en donnent à coeur joie et on se tue à qui mieux mieux. Nouveauté : le viol des femmes perçu comme
une arme de contamination ethnique.
L’intervention étrangère, bien que tardive,
limitera, à la différence des autres génocides, les victimes à une centaine
de milliers. |