La religion au goût du jour :
l’Université de Montréal offre à sa faculté de théologie
un cours sur le Club Canadien de Montréal. (Arrivez en patins.)
Par le Prof Bof.
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Un cours à la faculté de théologie de l’Université de Montréal sera donné
au printemps 2009 et aurait comme objet
le Club Canadien, comme substitut ou équivalent ou symbole ou simulacre de la religion. Il y a de quoi en effet noircir
bien du papier ou à tout le moins
noircir le tableau noir…
Par rapport à la religion chrétienne, les analogies sautent aux yeux… Le mystère de
Et le fameux CH qui décore les
chandails ? Ne viendrait-il pas simplement de CHRIST, plus évident en tous cas que le poisson ou
le X des premiers chrétiens. Le Samedi soir, quand l’antienne de la soirée résonne à l’antenne de
la télévision, tous les fidèles se rassemblent pour la célébration hebdomadaire ;
les enfants sont déjà en
jaquette qui tient lieu des surplis des enfants de chœur de jadis.
Chaque point compté est une communion avec le Club et avec le corps mystique
des supporteurs. Et si c’est l’adversaire qui compte un but, c'est un avant goût de
l’enfer ! de la damnation éternelle ! au moins des prémisses. Le principe de réalité oblige à tenir
compte de la présence du mal en ce bas monde. Le sprint final pour la coupe
Stanley, pardon, pour le Saint Graal, a
l’allure d’une semaine sainte, avec ses palmes, sa montée au Calvaire pour la
plupart ou une Pâques promise à l’équipe trois fois par
siècle (si on est dans la moyenne). Les saints ou les héros
reçoivent l’équivalent d’une béatification. Solennellement, aux
acclamations de la foule émue,
leur chandail est retiré de la
circulation, échappe à la vulgarité de la plèbe et est promu avec tout le
faste possible au ciel de l’aréna… en
attendant, au-delà de la simple béatification, prendre place au Temple de On prétend même que certains ont été guéris ou ont récupéré leur femme
(veuve de hockey) en touchant à une relique, à un caleçon ou à une combinaison Pellman, ayant servi à Maurice Richard, en passe de
remplacer le Frère André menacé de
tomber dans l’oublie… Les héros, pour tester leur pouvoir thaumaturgique,
visitent régulièrement les hôpitaux d’enfants, espérant secrètement, pour se
faire la main, un petit miracle, un
petit miraculé à défaut d’un gros. Et surtout, cette identité artificiellement assumée, quoi de mieux
pour combler le vide spirituel de notre époque qui n’a plus rien à offrir qui
vaille la peine de s’enthousiasmer ? Pierre
Boivin, le président du club Canadien,
est probablement le meilleur analyste ou théologien de la nouvelle
religion.. Il est bien placé en tous cas. ” J’ai l’impression que toutes les
générations sont en manque, les jeunes comme les vieux. Nous n’avons plus
d’institutions, de bouées, d’ancrage solide. La religion n’assure plus cette
fonction. La politique non plus. On n’a plus confiance en rien. Et les médias
nous bombardent de mauvaises nouvelles. On est probablement malheureux en
tant que société. Quand un phénomène d’appartenance prend forme, comme la
présence du Canadien aux éliminatoires, les gens perdent parfois les
pédales » (Actualité 1 mars.2009) Toutes les grandes religions ont un calendrier chargé. Les grands évènements sont célébrés à date
fixe. En ce centième anniversaire du Club,
les années les plus glorieuses ou les matchs les plus marquants sont sur DVD pour la dévotion de
l’amateur, qui n’a plus à s’en remettre
aux témoins de la première heure ou aux « mon oncles » pour vénérer les exploits passés du Club. Toute une saison prend son sens par la quête cent fois renouvelée et
toujours d’actualité du Saint Graal.
La compétition n’est pas sans évoquer les guerres de religion. On oublie le plus souvent de tendre l’autre
joue, comme il se doit dans toute bonne religion, mais on compense en
chassant d’autant plus énergiquement les « vendeurs du temples ». A propos du cours, on a pensé le donner au Centre Bell, en guise de pèlerinage à
Le cours sera donné par un ex-joueur de Hockey, frappé d’une
inspiration foudroyante, terrassé
comme saint Paul tombant en bas de son cheval, pour… répandre Ailleurs, certains vouent une adoration
à leur club disparu depuis des années, espérant, au bord du tombeau, à une
résurrection qui viendrait donner sens
à leur vie. À tout le moins à ce qu’il leur en reste. Les religions se multiplient, se diversifient mais gardent toujours un
petit fond commun. En Argentine, il existe une Église vouée au culte du
joueur de soccer Diego Madarona, où sont célébrés
des mariages. Le nouveau marié espère, entre autres, de faire de belles
montées et de scorer ou, à défaut,
de bonnes « passes ». Si l’ennemi vient huer les héros qui portent l’identité nationale à
bout de bras ou à coups de pied, le
sacrilège entraîne l’interruption de la cérémonie religieuse
comme la récente loi en France pour
éviter que le club national soit objet de blasphèmes par des impies qui se
sont infiltrés dans le sanctuaire. Voir aussi d’un point de vue
apparenté : ivresse, football et identité Et toute
religion connaît malheureusement ses périodes de décadence : Voir. D’UN AUSTRALOPITHÈQUE À L’AUTRE…. |
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