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Adopter le
matérialisme pour
Si à l’inverse
on regarde l’univers en adoptant un point de vue résolument matérialiste, le
spectacle est mille fois plus saisissant. Un jour, même si ce n’était pas un jour, une
portion de néant a pété les plombs, s’est mise à cracher le feu, à faire des bangs et
des bangs qui se répercutent encore
aujourd’hui. Puis quelques électrons un peu agités se sont mis à tournoyer autour
d’un pauvre neutron tout étourdi et qui eut peine à garder sa
neutralité. Puis le tout
s’est mis à s’agglutiner, à s’accrocher, à s’acoquiner, à se transformer, à se fusionner et de
mélanges en mélanges, de soupes en
soupes, nous voilà, toi et moi, et
quelques autres, comme ultimes mixtures. Comme
spectacle, vu d’en bas, c'en est tout
un. C'est du vrai Le spectacle
est splendide. Cinq étoiles. Le “ show”
must go on.. En politique,
plus ça change, plus c’est pareil. Le miracle de la nature, c'est que plus ça
change, plus ça s’améliore : les
miracles se succèdent, on passe de l’eau au vin, de l’attraction des
masses à l’attraction des sexes, à la copulation, à l’orgasme et, comme si ce n’était pas déjà
assez, ça recommence avec une
nouvelle naissance et la roue tourne, tourne, tourne. Et comme si un public,
qui n’existait pas encore, en
redemandait, le même manège recommence avec chaque espèce animale comme si la
nature pratiquait ses gammes. La matière brute, presque gênée de son génie
qu’elle ignorait, se console en pratiquant plus modestement des combinaisons
de plus en plus compliquées qu’on s’amusera, peut-être plus tard, à
décortiquer ou à défaire, à désintégrer. Pouf ! Le passage de
rien à tout, du moins au plus est le clou du spectacle. Ce sont les
trous de mémoire qui ont fait la mémoire. L’eau a fait le poisson. Gus, pas la baleine! (d’abord la baleine
n’est pas un poisson, puis c’est un peu gros) Vaut mieux pour la vraisemblance
et la qualité du spectacle y aller par étapes, partir de l’amibe ou d’un ancêtre de l’amibe par
exemple. La faire sortir, au premier acte,
de la soupe qu'était devenue l’eau… et ensuite, prendre patience et
laisser le temps faire son œuvre. On sait de toutes façons, selon un dicton qui viendra à son
heure, que le Temps fait bien les choses et qu’il arrange tout.
On n’invente par une cinquantaine de modèles de base pour le vivant en disant
« peanut ». C’est fou ce que l’on peut
faire quand on a le temps pour soi… et que l’on n’est pas nerveux. Tout vient
à point à qui sait attendre. Gus, toi et moi,
et les autres, on est le fruit
de cette longue patience, de
cette presque Toi et
moi, Gus, et probablement d’autres aussi, nous sommes, comme a dit le poète-biologiste,
des « arrière petits fils de limaces ». Ça fait bien dans un CV ou
dans un arbre généalogique. Que Henry Ford
fasse des Fords, y a rien là, le spectacle est
banal, presque sans intérêt, du potinage quoi! Mais que les Fords fassent Henry Ford. Ça, c'est tout un show, un spectacle qui vaut
son prix, surtout si on est dans les premières loges ou même tout simplement
figurant. Gus, si tu veux
aller plus loin dans ta réflexion ou ta mystification… tu peux aller consulter… «Gaston, un éléphant sur le balcon » « Pourquoi
y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » Le courage
incomparable du premier atome qui osa sortir du néant. Tu
devrais alors être prêt à aborder de plein pied le site : Gus, un
admirateur a fait parvenir un poème de son cru à ton Prof…
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