A propos de  l’interférence des « nutriments »

Le fin du fin en matière de nutrition

 

 

(Cette capsule  pourrait  servir de complément au thème sur le NUTRIONNISME)

 

 

Bof croit au miracle.

Sa propre naissance fut probablement  miraculeuse.

Comment sa maman put faire un bébé  pétant de santé, elle qui était d’une ignorance crasse et qui ignorait bêtement que notre « intestin absorbe plus facilement le fer hémique que le fer non hémique. De plus comparée à l’absorption du fer hémique, celle du  fer non hémique dépend grandement des composantes de l’alimentation, surtout de l’acide  phytique. Les composés polyphénoliques …. nuisent également à l’absorption du fer non hémique.. L’amélioration de la solubilité du fer non hémique dans l’intestin peut presque faire quadrupler son  absorption durant un repas. »

 

Oh! bienheureuse ignorance qui valut un tel fils à une telle mère  qui ne se servit que de sa tête qui n’était pas farcie  des derniers dicta  scientifiques..…au goût du jour (Gus, il y a un palmarès même là)   et des chroniqueurs (ses)  à la petite semaine.…  dans l’hebdo local.

 

Gus,  Bof  est perplexe et se demande comment il se fait que le continent  qui est le plus fort producteur de matière humaine est probablement dans une ignorance  tout aussi crasse de l’interférence du fer hémique et de…. Continent quatre fois plus fécond  que les populations qui sont supposées être  au courant des dangers que peut causer  l’interférence des « nutriments »…

 

Bof  y pense tout à coup.  Ces populations si fécondes  n’ont peut–être pas assez de « nutriments » pour provoquer des interférences.,

 

 « Voilà pourquoi votre fille n’est pas malade » dirait Molière.

 

De fil en aiguille…

 

 Plus tard, la dite maman  se procura comme toutes les familles son Spock, le livre non romanesque le plus édité après la Bible. Heureusement, elle  a retenu surtout la dernière  phrase que le bon docteur, soudainement inquiet de son pouvoir,  ajouta quitte à  déballer  le manuscrit qui était fin prêt à partir pour l’éditeur   “Prenez confiance en vous. Vous en savez beaucoup plus que vous ne pensez »

 

Le veuve du docteur Spock, Mary Morgan, met au compte d’une inspiration divine cette intuition de dernière heure qui a figuré dans toutes les éditions de l’ouvrage.

 

Depuis cette phase de débroussaillage en éducation,  une armée d’experts  s’est précipitée pour exploiter le filon. Amazon.com vend  35 000 titres sur l’art d’être de bons parents…. Et il n’y a que le livre de Victor Hugo sur l’art d’être grand père.

 

Et aujourd’hui, Mary  Morgan,  y va de son commentaire : «Ce que nous avons fait avec les  experts en éducation est de dire aux  parents qu’ils ne connaissaient rien et qu’ils devaient s’en remettre à quelqu’un  d’autre (Gus, un Jos connaissant) pour faire ceci ou cela. On a ainsi miné  une partie  de cette grande sagesse qui nous a été impartie : ce que nous savons intuitivement. Je ne dis pas que les experts sont dans l’erreur.  Je dis seulement que cette attitude a miné la confiance en soi des parents »

Et elle ajoute  « Nous avons  éliminé  la joie d’élever des enfants »

...évidemment chez ceux qui névrotiquement ont  cultivé une dépendance vis-à-vis toute forme de pseudo ou réelle expertise

 

Et le Dr Spock constatait à la fin de sa vie : «  J’insiste sur le fait que la philosophie américaine courante sur l’éducation des enfants peut être très dure pour les parents et générer de la confusion dans l’esprit des enfants à moins que les parents eux-mêmes n’aient bénéficié d’une éducation particulièrement stable  et bien orientée pour s’y appuyer. On insiste trop sur la crainte négative d’un  mauvais ajustement de l’enfant. Les objectifs  sont  trop vagues et ne peuvent guider positivement les parents ou les enfants vers les finalités de  la famille, de la société et de la  religion. »

 

Et Bof rejoint ainsi le thème antérieur: des nutritionnistes  farouches ont fini chez certains  par éliminer  la joie ou le plaisir de manger…  à s’épuiser à enquêter, comme des Colombo de la bouffe,   sur les « bons » nutriments dont on attend la joie de vivre.

 

Ce que le gouvernement américain,   par l’intermédiaire  du Food And  Drugs Adm.,  rappelait il y a quelques années dans un  document qui se voulait  solennel : la nourriture  n’est pas prioritairement un objet de crainte mais de plaisir…   

 

(Évidemment manger « avec crainte et tremblement » en révisant son testament  est un luxe de pays riches que ne connaissent pas les Biafrais ou les  populations dans la même situation. Pourtant les bébés biafrais avec leur ventre ballonné  semblaient annoncer  l’obésité de nos bébés d’aujourd’hui.

On n’a plus les maux qu’on avait.

 

Gus, pratique l’art de manger « avec ta tête » sans être catastrophé… Sinon tu vas mal digérer…et tu vas être malade.