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LA PROHIBITION DE L’INCESTE. INTERDIT
UNIVERSEL.
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Gus, j’offre à ta réflexion ici QUATRE justifications qu’on apporte le plus souvent pour expliquer comment
l’humanité s’est imposé cet interdit. C’est ce qu’on appelle l’EXOGAMIE :
l’obligation de s’accoupler en dehors du cercle immédiat de la famille. Selon
les cultures, cette famille peut être plus ou moins étendue au point
d’équivaloir à un village…
1)
Pour certains, l’interdit reposerait sur une particularité de LA PULSION SEXUELLE. Le fait de vivre ensemble en permanence ...........
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4) Après la
psychologie, la biologie et la sociologie, est-ce que LA RÉFLEXION ÉTHIQUE ne pourrait pas apporter un peu de lumière pour comprendre cette
pratique vieille comme l’humanité? Voici, mon cher Gus : on peut penser
qu’une réflexion plus ou moins consciente, qu’une lumière vacillante s’est
raffermie progressivement, qu’un jugement de valeur s’est imposé lentement,
progressivement, avec plus ou moins de force pour générer cet interdit
universel....
Quel jugement de valeur? Un bien grand mot si l’on pense aux origines très
lointaines de l’interdit de l’inceste. Cependant on peut penser que la
perception que la famille immédiate, les rapports père et mère, les rapports
de frères et sœurs, les rapports parents enfants, tous ces rapports de
dépendances mutuelles furent vécus et pensés comme étant « quelque chose de
bien, de bon, de valable», comme des valeurs qui se doivent « d’être
défendues et maintenues», comme quelque chose de presque aussi important que
sa propre vie.
Et l’inceste dans tout ça ? L’inceste est une pratique qui détruit la famille
de l’intérieur par la création d’une autre famille, rivale, destructrice de
la première. Vais-je tromper papa en copulant avec maman, et papa va-t-il
tromper maman en sautant ma soeur? La famille ou les familles s’emboîteraient
alors comme des poupées russes, a-t-on dit, à l’exception que les poupées
intérieures, ces sous-systèmes, sont bien vivantes. Tous les liens élaborés,
tous les rôles, dans la première famille, qui en droit, sinon en fait, du
moins apparaissent des réalités positives, se trouvent rompus, menacés,
pervertis. Tous les rapports d’affection normaux dégénèrent en rapports de
rivalité, de trahison, de rejet, de jalousie. On assiste à une régression
sociale de la famille et sa dynamique propre se trouve perturbée sinon
anéantie.
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Gus, si tu te sens gêné par ces prescriptions, prends patience. Des
experts en décontamination de tabous sont déjà à l’oeuvre et s’apprêtent à se prévaloir de la Chartre des droits et
libertés pour revendiquer, au nom de la liberté, de l’égalité et du droit des
enfants, le droit au mariage entre maman et fiston, papa et fistonne, entre
fiston et fistonne, ou autres compétences transversales et, ça va de soi, le
droit de divorce avec compensation gouvernementale pour toute la gamme des
nouveaux papas et mamans. Tu ne seras sans doute pas trop vieux pour pouvoir
te prévaloir de ces nouveaux droits.
Et si jamais tu as des enfants, tu sauras peut-être enfin à quoi ça sert des
enfants et en quoi cet investissement, à ta grande surprise, est rentable …
malgré l’augmentation des frais de garde.
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