dialectique du beau.

LE PLAISIR OU LE BONHEUR D’ADMIRER

Par le Prof Bof

 

 

J'étais sans vie et sans voix
L'âme pleine de "pourquoi"
Perdu dans les silences et dans les  mots
Quelle est la raison des choses
Des galaxies et des roses?
On le sait quand on sait
Que tout est beau

 

Marie-Élaine Thibert

 

« J'éprouvais le bonheur d'exister. La joie simple d'être au milieu d'un monde si beau. N'être pas grand-chose et beaucoup à la fois : une fenêtre ouverte sur l'univers qui me dépasse, le cadre dans lequel l'espace devient un tableau, une goutte dans océan, une goutte lucide qui se rend compte qu'elle existe et que, par elle, l'océan existe. Minuscule et grande. Intense et misérable. »

 

Eric-Emmanuel Schmitt

(Lorsque j'étais une oeuvre d'art, p.135, )

 

En développant ses goûts, son sens de l’émerveillement, en le raffinant,  on  profite intellectuellement de son environnement naturel et culturel.  On exploite ainsi un peu plus son potentiel humain. Tout contact avec une forme de beauté, si je suis apte à  l’apprécier est une occasion de jouissance. L’intelligence est une faculté de jouissance (Eh oui, Gus) et la jouissance qui lui convient le plus est la contemplation de la Beauté qui miraculeusement est habituellement une plénitude d’ÊTRE.. Platon définissait la « beauté » la « splendeur de la Vérité », tout être est beau en soi si on le compare au néant, mais à un certain degré de plénitude ou de qualité, il apporte une jouissance bien particulière à l’intelligence. Pour celui qui le ressent dans une modalité quelconque, il n’y a pas lieu de s’interroger : c’est beau, ça éclate, c’est plaisant…

On peut  soupçonner qu’il y a bien des degrés possibles.

Ici  ton Prof tente une petite échelle de gradation qui, à défaut d’autres, pourrait amorcer ta réflexion. Entreprenons donc, une autre sortie de la caverne,,.. où on table sur ce qui est plus facile  pour stimuler l’effort pour accéder à  un degré supérieur… Et le grand rêve platonicien en  bout de parcours : « Si la Beauté pure et simple existait », une beauté pure sans aucune limite, sans ombre de laideur qui la ternirait quelque peu.  Gus, je ne te  parle pas ici de ta copine, qui est pourtant fort jolie,  ni de toi, encore moins de moi.

 

 

Parodiant Woody Allen, on pourrait dire qu’un coucher de soleil, c’est bien beau mais pas comme un orignal à l’orée du bois dans la brume matinale avec des bottes de cow-boy et chantant « O sole mio ».

 

 

 

 

 

 

 

L’EFFET MIGNON

 

 

 

 

 

L’EFFET MIGNON.

La vie, à son départ, semble déployer tous ses charmes ou au moins des charmes bien particuliers qui sont liés à la naissance…et, à l’urgence de survivre. 

 Gus, il n’y a pas que Brigitte Bardot à être sensible à l’effet mignon. (Gus, le phoque bébé est « cute », adulte, il est à peine bon pour faire de bonnes bottes chaudes ou  bouffer le poisson avant l’arrivée des pêcheurs). Est-ce que les animaux comme nous, sont sensibles à la  beauté? Une des plus belles inventions du Hasard dans l’évolution, c’est  l’attachement maternel   chez la plupart des animaux supérieurs, également l’attachement paternel quand le géniteur a laissé son adresse ou son No de téléphone ou encore savait ce qu’il faisait, ce qui n’est pas donné à tous les individus de toutes les espèces.

D’où`vient cet attachement particulier ? Est-ce une question  de beauté ? Homme et animal  semblent particulièrement sensibles à ce qu’il est convenu d'appeler « l’effet mignon », et ça ne relève pas de l’idiosyncrasie de Brigitte Bardot.   Gus, les animaux ont au départ de la vie un charme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

particulier qui appelle le soin, le maternage, la protection, la patience  ou au moins la délicatesse… Gus, regarde-toi, tu ne te verrais pas à faire mal à un petit chiot ou chaton qui te regarde et qui veut jouer avec toi… alors que un vieux matou pourrait éventuellement, s’il t’importune, se ramasser  avec un généreux coup de pied que tu appliquerais sans remord de conscience. Mais cet effet de la beauté sur le comportement animal,  si elle est ressentie comme telle, semble avoir une date de péremption pour certaines espèces,,, Le petit chat doit apprendre tôt à quitter la protection maternelle.  Certaines espèces ne tolèrent pas les Tanguy.

 

 

 

 

 

 Addition 2006Skip to next paragraph

   

“Cuteness” et Beauté…

Gus, au Smithsonian Zoo où depuis peu on a  permis la visite du nouveau bébé panda  qui est né en 2005, les visiteurs, qui ont payé jusqu’à 200 dollars sur le marché e-bay,  se pâment, s’extasient. Le gardien doit intervenir : « Messieurs  Dames vous avez droit à une photo, à 5 Hooo!!!  à 5 Haaaa!!! ,  à  une pamoison  (interdiction de  tomber dans les pommes) et vous circulez, la foule pousse… » 

Une autre vedette juvénile à cumuler les plus grosses recettes pour un film documentaire aux USA en 2005.

 

Les savants se penchent sur ces phénomènes et tentent de définir  en quoi réside ce charme si particulier de la tendre enfance… Et toutes les mères savent d'expérience, pour l’avoir constaté, que leur petit est plus beau  qu’un panda ou même que le fils de l’empereur..

La beauté provoque l’admiration  et  commande un piédestal : « l’effet mignon » de quelque  espèce est  un appel à la caresse et  à la prise en charge. Ce charme bien particulier est un miracle de l’évolution : c’est l’arme sournoise  et efficace de l’extrême vulnérabilité,  de la dépendance absolue et de l’absence totale d’agressivité.  Un cadeau du Ciel ou du Hasard qui a pensé à tout

 

 

 

 

 

Beauté liée à l’affectivité et aux hormones.

 

 

De Lempicka Tamara - Mere et Enfant

Les premières manifestations du sens de la beauté sont liées à l’affectivité et à la sexualité. « maman » est belle va déclarer l’enfant de 4 ou 5 ans, et il en est convaincu

 «  Et ma blonde alors ? dira un peu plus tard l’adolescent quand tout à coup il découvre des charmes nouveaux ou secrets à la petite copine avec laquelle il aimait bien jouer et qui maintenant  l’obsède et le dérange dans ses devoirs.

 Tous sont sensibles à cette forme de beauté qui ne se contente pas d’être belle mais en plus exerce une attraction sexuelle.  Les goûts peuvent différer quelque peu,  errer d’un sexe à l’autre, même s’égarer dans des amours extra spécifiques.   Miracle à ce qu’il semble : presque tout le monde y trouve de quoi satisfaire ses élans érotiques. Ignorant tout de la  rectitude politique qui n’avait cours, les anciens avaient un dicton 

Guss, un petit problème pour toi, pour  toi qui tente de franchir le pont entre la biologie et la physique.

 

Ça prend combien de mutations (dues au hasard évidemment) pour qu’un tas d’atomes s’excite bêtement sur un autre tas d’atomes.?  Aux dernières` nouvelles,  ce serait les électrons qui auraient perdu la boule.

peu délicat: Chaque guenille trouve son torchon.  Pour être sexuellement équitable, on doit aujourd’hui l’invertir une fois sur deux : chaque torchon trouve sa guenille.  C’est la beauté, ou le soupçon de beauté,  au service de la vie….. Bof a déjà montrer toute l’admiration qu’il porte à cet autre miracle de la nature : l’attirance des sexes, qui va de soi quand on ne fait que la subir,  mais qui devient  un vrai mystère quand on s’arrête pour y réfléchir. Un épiderme attire parce qu’il est doux, l’autre parce qu’il est rude.  Les beautés du même sexe pour la plupart des gens,  ne commandent qu’une admiration « esthétique » (et souvent beaucoup de jalousie), mais la beauté de l’autre sexe peut devenir, tu le sais Gus, de la véritable  dynamite esthétique et  te rendre fou d’admiration.  David peut aller se rhabiller.

Gus, quand ton prof réussit à faire sourire une femme, il a l’impression  de lui faire et de se faire un cadeau : elle est tellement plus belle

 

 

Jan Vermeer. Girl with a Pearl Earring.

 

 

 

 

 

 

 

Gus, apprends à apprécier la voix humaine.  C'est un magnifique instrument et un plaisir pour les sens et l’intelligence.

Si, pour une voix féminine, la source  émettrice  réjouit ton œil,  profites-en, c'est un deux pour un.

Quant à  Pavarotti,  ton ouie sera comblée. Et c’est pas mal du tout. 

 

« La musique est le véritable souffle de la vie. On mange pour ne pas mourir de faim. On chante pour s’entendre vivre. »  Yasmina Khadra

 

 

---. Bof, qu’est-ce qu’une mélodie ?

---. Gus, une mélodie, ce sont des sons qui s’aiment, qui s’aiment d'amitié, qui s’appellent, se tiennent par la main, font des rondes et s’accrochent à notre mémoire.

--. Bof, qu'est-ce que l’absence de mélodie ?

--. Gus, c’est le triomphe de l’individualisme : des notes qui ne se regardent pas, qui ne se font même pas un clin d’oeil, qui se snobent les unes les autres, qui n’ont aucun sens de la solidarité. Et qui se  fichent  de ta mémoire éventuelle comme de la dernière pluie.

--. Bof, qu’est ce que la poésie ?

--. Gus,  La poésie ? C'est un coup de foudre entre des idées, des images et des mots.

 

 

 

 

Ouverture aux formes de beauté créées par l’homme.

Toutes les formes d’art sont autant de sources de plaisir, de joie de l’esprit.

L’intelligence aime à se retrouver dans les choses et ce qu'elle aime par-dessus tout, parce que c'est sa marque,  c'est l’ordre,  l’ordre qu'elle crée, l’ordre qu'elle contemple. Cet ordre est multiple. Ce peut être un ordre entre des sons,  entre des couleurs,  entre des mots, des gestes, des formes, des pierres.   Gus, l’ordre sera toujours une quelconque unité  dans une multiplicité. Il est  fort difficile de s’épater ou d’éprouver une quelconque plaisir de l’esprit  devant une toile qui n’est qu’une surface plane d’une seule couleur, comme certains  ont voulu nous le faire croire. Trois bandes égales de couleurs différentes, c’est déjà un progrès, mais Bof a de la difficulté à se dilater la rate artistique.

Cet ordre doit éclater, se révéler d’un coup, éblouir l’intelligence, la surprendre au besoin. Il est fort difficile  d'apprécier la poésie pour ce qu'elle est après avoir bûché sur un poème  pendant  des heures où  le prof a tenté de se faire valoir. … Peut-être qu’en y revenant un peu plus tard, Gus,   tu seras en mesure d’éprouver  une véritable émotion d’ordre esthétique, le plaisir bien spécifique qui envahit l’esprit.

Ce qui ne veut pas dire que  tout est d'accès facile en matière de goût,  que des études préparatoires ne soient pas nécessaires,  C’est peut-être même nécessaire  mais le plaisir esthétique ne vient pas au bout d’une démonstration, ni de l’urgence ou de la gravité du message.

Pour chaque forme d'art, il y aurait, semble-t-il, deux niveaux d’ouverture comme si chaque art pouvait exercer sa séduction  sur deux octaves différentes :

En mode Mineur : l’appréciation est facile, va de soi, et n’exige pas de préparation spéciale, que ce soit en musique, en peinture et en n’importe quel art.  Le milieu ambiant véhicule certaines formes de beautés, de séduction.  La pression des pairs,  les Hit parade,  la publicité,  la musique d’ascenseur ou de centre d'achat,  les calendriers, les magazines, tout nous invite à trouver beau telle ou telle présentation du jour, c’est le beau  présent, contemporain, de tous les jours… et habituellement le goût  évolue spontanément  au «goût du jour ». C’est  plaisant, c’est  facile… du  donné tout cru pour le plaisir de l’homme.

En mode Majeur : En ce cas-ci, c’est moins spontané. Pour l’apprécier  le futur dilettante  devra souvent faire un effort pour au moins s’exposer, s’initier au besoin,  se faire aider  par autrui et avec un peu de chance, le déclic se fera : un nouvel « analogué » du beau se révélera et un nouveau type de joie envahira l’esprit…Tous les arts  connaissent ces deux niveaux : Gus, au tournant du 17-18 siècle  un véritable tsunami musical s’est produit ( Bach-Mozart-Beethoven)  et la déferlante s’étendra jusqu’au  milieu  du vingtième siècle.. Au tournant du 19-20 siècle une même révolution s’est opérée dans la peinture, suite à la venue de la photographie qui remplaçait mieux et plus facilement un certain style de peinture,

L’ancienneté ou le fait d’être appelé classique n’est pas un garant absolu de qualité ou de pérennité mais avoir été filtré par le sens critique et esthétique de quelques générations crée une présomption en faveur de ces œuvres. L’effort ou la patience qu’il faut déployer pour y prendre plaisir sont le plus souvent bien récompensés…C’est l’ouverture au pouvoir créateur de toute l’humanité  qui a su inventer presque une infinité de formes de beauté diversifiées selon les époques ou les cultures. Et le temps a souvent servi de tamis pour ne retenir que le meilleur.

 

Juger le présent est plus délicat… Des formes d'art semblent se marginaliser, s’égarer dans le manifeste ou la provocation. Il est difficile de plus en plus dans certains cas de deviner ce qui va rester, ce qui est du au battage publicitaire du moment, aux snobismes à la mode,  à la flagornerie des critiques officiels, à l’arnaque,  etc.  Est-ce que dans un siècle on se déplacera pour aller admirer  telle œuvre  promue au rang de chef d’oeuvre  aujourd’hui.

 

Et ce qui vient compliquer  toute chose est le sophisme facile: comme toute œuvre d'art est œuvre de création…toute œuvre de création est une œuvre d'art… et on se doit de s’agenouiller (ou d’applaudir si on souffre d’arthrite). Certains ont du front tout le tour de la tête,  ce qui n’est pas nécessairement avoir du génie qui lui, plus modeste, se cache derrière le front.   On (Manzoni) a réussi à vendre à titre d’oeuvres d'art ses excréments  en boite de conserve. Et les acheteurs, coprophages sans doute, bourgeois en sus, investisseurs intéressés se sont précipités. Pour que dans un siècle, les conservateurs de musée  gardent ces conserves, il faudra  sans doute que l’on fasse  la preuve qu’il s’agissait d’un cru exceptionnel et que l’on en  ait vérifié l’authenticité par une analyse d'ADN.

Gus, entre nous, Manzoni , en déféquant, penses-tu qu’il rit aux éclats de  la stupidité  des amateurs  d'art qui investissent dans « ses restes humains »,

ou a-t-il l’air constipé   d’un financier  qui mesure précautionneusement ses avoirs et ses investissements. ..

à moins qu’il ne prenne la posture du penseur de Rodin  pour méditer sur les mystères  de l’art.?

 

un grand visionnaire de… l’art contemporain

« À Lund (Suède), les photographies exposées de Andres Serrano représentaient, entre autres, une femme urinant au visage d’un homme, une autre masturbant un cheval, une troisième introduisant sa main dans l’anus d’un homme, un homme blanc pratiquant une fellation à un Africain noir… »

Le pire est que les parents ou les instituteurs sont  invités à y amener les enfants âgés de six ans et plus afin de leur y faire découvrir les “manifestations alternatives de l’amour”

 Un autre artiste (perrick sorin), tout aussi inspiré,  se fait plus délicat et verse dans la subtilité : il vend ses crottes de nez. Et quand on pense, Gus, que Cyrano est mort dans l’indigence. UNE BELLE MERDE, plus substantielle, moins minimaliste : le premier  caca solide de Suri, fille de Tom Cruise et Katie Holmes, a été  coulé dans le bronze. Il sera exposé en septembre 06  au Capla Kesting Fine Art de Brooklyn. On compte que les enchères pourraient atteindre les $50, 000 (pour les bonnes œuvres évidemment). Qu’est ce que  ne feraient pas les grands de ce monde pour  se rappeler à l’attention de leurs fans et exploiter les naïfs  grâce à la complicité de  « l’artiste ».  C’est vrai qu’on a longtemps pensé que les enfants étaient un investissement. Laurent de Médicis fut un grand patron des arts; aujourd’hui heureusement qu’on a Pampers et quelques investisseurs astucieux.

 Et cette performance dans une galerie en Angleterre : une femme nue qui caresse pendant quatre heures un cochon mort. Le visiteur n’a droit qu’à 10 minutes de la performance, pour éviter les excès érotiques. Sans doute un message politique contre ceux qui depuis des millénaires considèrent le porc comme un animal maléfique et honni des dieux.

« Parce que le beau est toujours étonnant, il serait absurde de supposer que ce qui est étonnant est toujours beau »
Charles Baudelaire

Un mot de jean Baudrillart

« Mais peut-être, au fond, ne faisons- nous que nous jouer la comédie de l'art, comme d'autres sociétés se sont joué la comédie de l'idéologie…

 

Or la majeure partie de l'art contemporain s'emploie exactement à cela: à s'approprier la banalité, le déchet, la médiocrité comme valeur et comme idéologie. Dans ces innombrables installations, performances, il n'y a qu'un jeu de compromis avec l'état des choses, en même temps qu'avec toutes les formes passées de l'histoire de l'art. Un aveu d'inoriginalité, de banalité et de nullité, érigé en valeur, voire en jouissance esthétique perverse. Bien sûr, toute cette médiocrité prétend se sublimer en passant au niveau second et ironique de l'art

 

Cette paranoïa complice de l'art fait qu'il n'y a plus de jugement critique possible, et seulement un partage à l'amiable, forcément convival, de la nullité. C'est là le complot de l'art et sa scéne primitive, relayée par tous les vernissages, accrochages, expositions et spéculations, et qui ne peut se dénoyer dans aucun univers connu, puisque derrière la mystification des images il s'est mis à l'abri de la pensée.

 

L'autre versant de cette duplicité, c'est, par le bluff à la nullité, de forcer les gens, a contrario, à donner de l'importance et du crédit à tout cela, sous le prétexte qu'il n'est pas possible que ce soit aussi nul, et que ça doit cacher quelque chose. L'art contemporain joue de cette incertitude, de l'impossibilité d'un jugement de valeur esthétique fondé, et spécule sur la culpabilité de ceux qui n' comprennent rien, qu qui n'ont pas compris qu'il n'avait rien à comprendre. Là aussi, délit d'initié. Mais au fond, on peut penser aussi que ces gens, que l'art tient en respect, ont tout compris, puisqu'ils témoignent, par leur stupéfaction même, d'une intelligence intuitive: celle d'être victimes d'un abus de pouvoir, qu'on leur cache les règles du jeu et qu'on leur fait un enfant dans le dos.

 

Jean Baudrillart.[ Libération, 20. May 1995. ]

 

Quant à l’urinoir (ci-haut) de Duchamp, chef d’oeuvre réputé de l’art conceptuel et dadaïste, certains néo-dadaïstes  veulent actualiser et approfondir le message de l’artiste en urinant dans et sur le chef d’oeuvre en guise d’ « installation »  ou d’happening artistique et, sous le coup de l’inspiration,  en allant jusqu’à écorcher l’objet à coup de marteau pour faire vieillir et donner un peu de patine à l’œuvre qui incarne toute la créativité d’une époque.     (La police et la Justice, aussi ignorante et obtuse  l’une que l’autre en matière d’art, n’ont pas compris : un mois de prison et amende de 50 000 Cn$ pour le coupable ( Pinoncelli 1993) et on apprend  que l’artiste  vient de refaire sa performance artistique..…)

Plus innocents et excusables, les préposés à l’entretien ont raflé « l’installation artistique » composée de tasses de café à moitié vides, de bouteilles de bière et de cendriers à la Mayfair Gallery (2001). Comme quoi, Gus,  le goût n’est pas également partagé, une forme d’iniquité actuelle.

 Gus,  ne te crois pas obligé de prendre un air profondément  réflexif devant ce que la critique salue comme des performances artistiques  courageuses : se masturber sur scène ne fait pas nécessairement appel au sens esthétique des performant(e)s et des spectateurs.. Ça ne deviendra probablement pas un classique (même si c'est vieux comme le monde) qu’on enseignera plus tard dans les cours d’art,  peut-être dans les cours d’initiation à la sexualité : Exhibitionnisme 101. Dans la quête d’expression, un danseur,  habitué à danser nu, fixe ses limites qu’il ne peut franchir, manger ses excréments et s'automutiler, limites que d’autres ont allégrement sautées.  Entrechats ou coprophagie, les milles facettes de l’expression  et de la créativité artistique où l’âme humaine se manifeste.

 

Gus, tu n’es pas obligé de tout admirer, mais il y a tellement de choses belles   où tu peux faire ta propre sélection. Ce peut être une des plus belles aventures de ta vie, t’ouvrir à  ce que l’humanité a créé en matières  de beauté,  en plus des beautés que la nature  nous offre avec une générosité toujours renouvelée, sans billet d'entrer. Gus, ne roucoule pas devant chaque chef d’oeuvre que l’on te présente. Admirer n’est pas une obligation morale ni un précepte mais  admire  quand l’occasion s’y prête, quel plaisir! Quelle jubilation de l’esprit

 

 

Sydney opera

 

 

 

 

 

Gus, si jamais tu vois un ballet classique (Kirov, Paris  ou Royal Ballet…)  avec entrechats, pointes, arabesques, jetés, voltiges, papillonnages,  tu te demanderas peut-être comment  les appendices d’un tel corps, consacrés par une ascèse et un noviciat d’une dizaine d’années à  la musique, à la grâce, à la beauté, au plaisir des yeux et de l’esprit,  comment peuvent-ils  se retrouver tout à coup juchés sur des talons hauts et occupés à faire des courses.  Sacrilège!  Profanation!  Pourquoi pas l’haltérophilie?

Gus, Bof vient de voir Saraband de Bergman.

Je sais qu’à ton âge tu préfères une course entre  bandits et policiers  dans les rues de New York avec quatre ou cinq voitures  empilées  les unes  sur les autres.

Avec le temps, Gus,  tu apprendras que des visages peuvent être sculptés par la caméra et parler plus que les fenêtres ou devantures délabrées des magasins de New York  et que les sentiments peuvent  également basculer cul par-dessus tête et,  texte aidant,  changer les difficultés de vivre en poème, en sarabande.

 

 

 

 

 

Des formes de beauté  insoupçonnées

L’ordre que la science découvre dans le monde, dans le vivant devient non seulement un objet de connaissance mais aussi un objet de contemplation et d'admiration, une source de joie pour l’esprit. La  vérité devient beauté  Les anciens enseignaient, Gus, que tout ce qui est beau est vrai et que tout ce qui est vrai est beau.

Einstein, justifiait finalement, (après des cahiers de calculs évidemment) son équation E= MC2, non pour son utilité, mais parce qu'elle était belle. Relis le texte de la page précédente et tu comprendras l’émoi de l’esprit à mesure qu’il  pénètre et découvre  la magnificence de l’ordre cosmique…

Cinq secondes de grâce. Gus, un petit exercice : avant d’écraser le prochain maringouin  qui viendra te harceler, donne-toi 5 secondes de réflexion. Ce petit organisme, dans toute sa complexité, la multiplicité de ses organes, la qualité de leur fonctionnement, de son pouvoir multiplicateur,,,, est mille fois plus complexe et riche en pensée incarnée, en miracle d’ordre, en ingénierie, que le Boeing qui passe dans le ciel et te dérange dans ta lecture. Après ta méditation sur le miracle de la nature, tu pourras passer à l’exécution   s’il continue à t’importuner… Il suffit d'aller au bout de presque toutes les sciences pour trouver des motifs de recueillement et d’admiration. Gus, même une déduction géométrique ou mathématique peut être belle… pas comme ta copine!… Mais elle aussi a son genre… et ses amants!. (Au fait Gus, as-tu vu les deux sens du mot grâce au début du paragraphe,  du deux dans un produit par ton Prof.)

 

 

 

 

 

La prochaine fois que tu verras  un bel oiseau, admire au-delà de son  coloris et de son plumage l’unité, l’ordre des milliards de milliards de cellules chacune à leur place et qui collaborent à faire fonctionner cette belle machine. Pas syndiquée en plus.. Mieux elles sont vivantes

ESPÉRANCE ULTIME.

Et si nous poussions notre platonisme à sa limite.  Et si de reflet en reflet,  quelle fête pour l’intelligence si on pouvait espérer contempler la Beauté pure, la Beauté qui ne serait  que beauté, infinie, sans aucune limite, sans l’ombre d’un soupçon de limite ou de laideur, beauté qui n’a pas besoin  d’être reformatée,  de se faire remonter le visage, encore moins les fesses  et qui serait impérissable  comme l’Idée de beauté. (Gus, ta copine est bien belle, mais, mais… compte les années…et au fait, elle a un peu les jambes croches. Console-toi, ça prend l’oeil exercé de Bof pour que ça paraisse.)

 

 

 

Le premier sourire de l’enfant.

« Merci papa. Merci maman.

C'est beau d'exister. »

 

« T’as pas besoin d’être grand

Pour toucher l’firmament

T’es l’cosmos grandeur nature »

Fred Fortin.

Gus fait ses premières armes en photographie.

Félicitations. Cette mouche a vraiment l’air menaçant, un peu comme un tank. Mais elle est belle. Décidemment le Hasard fait bien les choses… alors que le tank est  une vulgaire création d’ingénieurs  qui n’ont même pas encore réussi à les faire se reproduire,  ce qui serait pourtant une énorme économie pour l’économie de guerre..

 

Les insectes  sont habituellement discrets mais ils ont le défaut de s’inviter inopinément sans formalité dans les partys de terrasse,  de culpabiliser  moralement  ceux qui osent s’en défendre chimiquement, par le DDT ou par autres aérosols  du commerce… Seuls la tapette à mouches  et les moustiquaires  seraient  reconnus comme  moyens légitimes de défense selon Greenpeace et l’ONU s’apprêterait à définir les zones de combats autorisées.

 

Il y a un million d’espèces dûment recensées avec une nom  latin à double volets, Les spécialistes estiment  qu’il y  en aurait peut être  de 20  à 30 millions au total. Elles constituent plus de 80 pour cent des espèces  animales.  Gus, un bel exemple de l’extraordinaire créativité qui se manifeste dans l’évolution.

 

OCCUPATION DU TERRITOIRE. A l’occasion ils  défendent leur territoire et leur droit  de  premiers occupants. Mouches, maringouins  et autres se prennent pour des autochtones.

 

L’homme ne fait pas le poids. Toujours selon les mêmes spécialistes, il y aurait dans chaque acre de terre  sur la planète  400 livres d’insectes et sur ces mêmes acres seulement 14 livres  de «matière  humaine »  en moyenne.

Leur attaque ou leur défense peuvent être meurtrières. Avec la collaboration de ceux qui ont fait interdire le DDT,  une seule espèce  transmet la malaria  qui fait aux environs de deux millions de victimes par années. Ce qui représente une très grosse année de guerre pour l’espèce humaine

 

 

Suite.  La gamme des biens.

Le plaisir de l’action, des relations interpersonnelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                       

 

« En revanche, des idéaux ont suscité mes efforts et m’on permis de vivre. Ils s’appellent le bien, le beau, le vrai. Si je ne me ressens en sympathie avec d’autres sensibilités semblables à la mienne, et si je ne m’obstine pas inlassablement à poursuivre cet idéal éternellement inaccessible en art, en  science, la vie n’a aucun sens pour moi.  Or l’humanité se passionne pour des  buts dérisoires. Ils s’appellent la richesse,  la gloire, le luxe. Déjà jeune je les méprisais. »

 Einstein

ACCUEIL

1. BONHEUR DE TRANQUILLITÉ  « Être moins » La paix avant tout.

Faire face à l’adversité de la vie..

 a. le Stoïcisme S’endurcir, se faire un dos de canard……

 b. Schopenhauer. S’évader du pire des mondes…

 c. Le Bouddhisme… Mort à Soi.…Extinction du désir…

2. Bonheur de plaisir. « Le plaisir d’être », de jouir de la vie.

a. Hédonisme, Épicurisme

b. Variations sur le plaisir. Fun. Sadisme. Masochisme. Don juanisme.

3. Bonheur de croissance. Le plaisir de s’accomplir,       

a. Le monopoly de la vie.  Les avenues à explorer

b. La dialectique du Vrai.  Le plaisir de s’ouvrir au monde.

c. La dialectique du Beau.   Le plaisir d’admirer de mieux en mieux

d. La dialectique du Bien.  Quoi faire de sa vie ? Etre plus…

e. Ouverture aux autres…Le plaisir d’aimer et de s’ouvrir à autrui.…

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

 

 

Pour nous rejoindre

(récents)

islam, islamisme, mahomet et le coran.

Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

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