La

civilisation

du

Moyen Âge

 

 

Gus, pourquoi  cette petite illustration du Moyen Âge  dans le contexte de cette étude sur la  vision chrétienne du monde ?

 

C’est que le Moyen Âge est souvent considéré comme l’illustration concrète d’une civilisation dite chrétienne… De plus, cette époque est souvent considérée comme un Age des Ténèbres. Avec toute la logique qui est la tienne, tu vois donc la conclusion qui s’impose. Ton Prof  veut tout simplement ici remettre les pendules à l’heure…Car la perception a bien changé depuis …

 

 

LE MOT LUI –MÊME

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moyen Âge, le terme lui-même comporte une certaine dose de mépris, époque qui a valeur de minable  trait d’union entre des périodes qui, elles, ont du sens. C’est cependant moins méprisant que le terme anglais de Dark Ages quoique si on veut en rajouter on peut  toujours en français parler de l’Age des Ténèbres.  Le monde moderne, au seizième siècle,   serait  né d’une victoire de la civilisation, sinon de la classe bourgeoise, contre l’obscurantisme,  par un saut gigantesque par-dessus ce  millénaire  où la culture  antique rejoignait  le monde moderne…..

 

Au siècle dernier bien des voix se sont levées pour redonner  à cette époque, à ce millénaire,  les qualités qui sont siennes  à coté des déficiences qu’on s’est plu à mettre en évidence.

 

Un historien, Roger Osborne (Civilisation: A New History of the Western World (2006)) trouve dans le Moyen Age “une période de diversité et de tolérance mutuelle dans laquelle la culture locale, les métiers et  les études universitaires  pouvaient  s’épanouir dans un réseau à l’échelle d’un continent , avec des  frontières minimales  entre les nations, les royaumes, les orthodoxies ethniques et religieuses  et peu de contrôle central. »

 

 

UN PEU D’HISTOIRE…

 

 

 

Aujourd’hui, plusieurs en sont venus à dire que « les ténèbres du Moyen Age n’en sont que celles de notre ignorance » Et Anthony Burgess (Gus, l’auteur de Orange mécanique) n’hésite pas à dire que le 13ième siècle est le plus beau siècle de l’histoire de l’Occident.

 

Selon l’orientation du regard, dénigreurs et apologistes peuvent  chacuns trouver leur justification. Les uns ne parlent que de l’âge des Ténèbre alors que d’autres défendent « la grande clarté du Moyen Age ». Ce millénaire, il est important de le noter,  est essentiellement un processus en mouvement  partant de l’effondrement de l’empire roman sous la pression des Barbares jusqu’à l’aube du monde moderne qu’on appelle à tort la Renaissance.

 

L’empire romain à vrai dire décadent mais  avec ce qu’il  pouvait encore représenter comme civilisation, s’écrase devant les Barbares. Ces  nouveaux conquérants ce sont les  Angles, les Saxons, les Francs (nos ancêtres, Gus), les Germains (pas nos cousins), les Goths (les Wisi… et les Ostro…). Si on pouvait se représenter la disparition de ce qu’on appelle communément la civilisation, c’est bien à ces moments tragiques,  à cette période qu’on nomme le Haut Moyen Âge, que l’on devrait penser. Ce qui pouvait incarner un peu de civilisation (lectures, bibliothèques, savoir-faire) s’était réfugié dans les quelques monastères qui venaient d’être fondés. Devant l’effondrement de toute loi (romaine),  devant l’insécurité de ce qui pouvait rester de routes, le brigandage était généralisé. Pour se défendre  ceux qui détiennent  encore du pouvoir construisent  des châteaux, qui sont autant de donjons pour assurer leur défense et celle de leurs commettants qui cultivent les terres tout autour et qui doivent payer tribut en conséquence.  Et des chevaliers  errants qui offrent leur service et leur allégeance au plus offrant.

 

Il est donc vrai que le point de départ du Moyen Age officiel est cette période de crise. On comprend le mépris de certains devant cette désintégration et cet effondrement physique et psychologique de  l’ordre social, (conviction entretenue à l’époque que le meilleur est dans le passé, qu’on s’éloigne de plus en plus du paradis originel). Le mépris est compréhensible devant cette   désintégration, ces convulsions de guerres locales, le péril des transports, l’économie détruite, les disettes, les divisions régionales causées par  la naissance des langues indigènes et les invasions normandes un peu plus tard.

 

L’intérêt du Moyen Age cependant est ailleurs : c’est d’assister à  la remontée, en raison d’un ferment bien spécifique,  vers un type originale de civilisation à partir du Ground Zéro que représente la chute de l’Empire, l’invasion des Barbares et les Al Qaida  de l’époque.   Progressivement à partir de là s’opéra la véritable renaissance ou remontée de l’Occident pour culminer avec toutes les institutions qui verront le jour au 12ième  et 13ième siècle,  qui seront suivies par un certain moment de chute durant les deux siècles suivants qui marqueront des temps d’arrêt vu les calamités physiques, les famines  et les grandes pestes qui ont décimé l’Europe.  Ensuite commencera ce que l’on appellera la Renaissance…qui ne sera que la prolongation de l’élan donné au 12ième et 13ième siècle, siècles dont ici nous mettons en évidence les apports à la civilisation moderne.

 

 

 

Les nouvelles valeurs au plan social

 

 

 

 

   

   Par rapport à l’antiquité, substitution de la main d’œuvre libre au travail servile. Abolition de l’esclavage et la libération progressive du serf à l’égard de la terre qu’il cultive et que  possède celui qui ne la cultive pas mais assure certains services (sécurité, justice) que les États modernes garantissent.

 

 On assiste à une première organisation du commerce international  (la Ligue Hanséatique), le commerce de l’argent  (les Lombards et les Florentins).

 

En 1214, la Grande Chartre d’Angleterre  est le point de référence obligé de toute nos chartres de droits modernes..

 « Sans doute le  Moyen Age n’a-t-il pas connu, pratiqué et prêché la tolérance religieuse, mais il n’a jamais connu  les persécutions aussi absolues et aussi sauvages que celles que nos modernes barbares ont pratiquées… » (Cohen)

 

Plus importants, de grandes fondations et institutions qui se sont perpétuer jusqu’à nos jours et sont l’honneur de nos civilisations : hospices, hôpitaux, Hôtel-dieu,  sont fondées un peu partout à l’ombre des évêchés et se perpétueront aujourd’hui bien que la plupart aient été sécularisées et étatisées…

 

De grands ordres religieux (Franciscains, Dominicains) sont fondés et sont souvent à l’origine des œuvres caritatives.

 

Le 13ième se paye une originalité : un siècle pratiquement sans guerre.

 

 

 

 

Avec le mythe de Tristan (12ième siècle), l’amour, la passion, la fidélité  atteignent un niveau de profondeur et d’exaltation jamais vu..

 

L’amour deviendra courtois et se spiritualisera jusqu’à revêtir une allure  mystique.

 

La Dame  des chansons deviendra Notre Dame, inspiration de ce que sont  probablement les  plus grandes œuvres architecturales ayant été érigées (au jugement des touristes en tous cas)

 

 

 

 

 

 

 

RENOUVEAU INTELLECTUEL..

 

 

 

 

Revendication de l’autonomie de la raison à coté de la foi religieuse (saint Thomas d’Aquin).

 

L’influence d’Aristote, redécouvert grâce aux Arabes,  s’impose en matière profane et il  devient le « Magister ».

 

Fondation des  universités dans toutes les grandes villes d’Europe, universités qui se sont glorieusement perpétuées jusqu’à nos jours.

 

Une langue commune (le latin) pour l’élite intellectuelle de l’Europe.

 

Climat intellectuel : les étudiants de l’université viennent de partout, passent d’une Université à l’autre à la recherche des Stars intellectuelles. Système de pensions et de bourses pour les plus pauvres ou les étrangers.

 

 

 

 

Effervescence intellectuelle : controverses animées en matière philosophique et matière de foi.

Assez typique : batailles de rue à l’Université de Paris entre clans d’étudiants défendant différentes positions sur la valeur des Universaux (Prélude à Hume et Kant dont les positions ne déchaînèrent pas tant de passions intellectuelles)

 

Nicole Oresme, bien avant Copernic, enseigne l’héliocentrisme.

 

 

Gus, tu me diras sans doute que c’est parce qu’ils n’avaient pas de jeu video pour se défouler

 

(ou s’abrutir.?) Non Pardon.

 

 

ART ET CULTURE

 

 

 

 

Invention de la notation musicale  et de la polyphonie. Premières œuvres musicales qui ont pu être transmises autrement que par la mémoire. Pour certains, le chant dit grégorien représente un sommet dans son genre.

 

Renaissance du théâtre avec le jeu des mystères sur le parvis des cathédrales.  Renaissance du théâtre comique, durant la guerre de cent ans.

 

Développement de la peinture à l’huile.  Van Eyck, Memling…..

 

 

 

 

 

 

AU PLAN TECHNIQUE

 

 

 

Nouvelle attitude. Étrangement c’est peut-être au plan technique que la part du Moyen Age est la plus étonnante au point que certains ont prétendu  qu’il y avait eu plus de progrès durant les trois siècles qui ont précédé l’usage de la vapeur que dans les siècles suivants jusqu’à l’électricité.  Les Romains croyaient que les techniques avaient donné ce qu’elles avaient à donner et méprisaient  les hommes de métier; ils préféraient investir dans les esclaves et la terre.

 

Le christianisme en éliminant l’esclavage et le mépris de la matière (et de ceux qui la travaillaient) entretenus par les civilisations antiques enlèvera un frein à l’invention et contribuera grandement aux  développements techniques qui nous viennent du Moyen Age et qu’on est bien obligé de reconnaître.

 

 

 

Nouveau départ : la créativité à l’œuvre

 

Exploitation  des forces de la nature par l’usage systématique du moulin à vent et du moulin à eau.  Ces forces libéraient l’homme ou l’animal de travaux astreignants.

 

Pour l’exploitation maximale de ces forces nouvelles, presque tous les systèmes d’engrenages sont inventés pour les multiplier, les amplifier, les diminuer,  les diversifier (de rotatif à pilon), les  réorienter à  90 degrés, etc. Ces systèmes d’engrenages seront tous inventés au Moyen Age  et seront les compléments indispensables de la machine à vapeur à l’aube de l’ère industriel.

 

Dans les chantiers, on réinvente (parallèlement aux Chinois) la brouette qui est éminemment pratique.  Remplacer un des porteurs de brancard par une roue (il fallait y penser!)…Et la roue ne fait pas partie d’une corporation ou d’un syndicat. Et dire que trois continents n’avaient pas encore découvert la roue à cette époque!

 

La forge à soufflet  améliore la métallurgie.

 

La navigation fera des progrès  importants  grâce aux écluses, à la boussole, au gouvernail et la période du Moyen Age se terminera par les grandes explorations maritimes qui donneront naissance au Nouveau (Gus, un autre abus de vocabulaire) Monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En Agriculture,

La rotation des sols.

 

  Le collier dur (harnais) pour le cheval  doublé du ferrage des sabots a multiplié sa force de traction, ce qui a permis, avec la charrue lourde, l’exploitation des terres plus difficiles du Nord de l’Europe.

 

 

 

L’efficacité plus grande de l’agriculture a permis la multiplication des villes, la naissance de nouvelles classes d’artisans, la naissance du commerce, d’une certaine bourgeoisie, etc., qui sera en mesure de prendre ses distances face au pouvoir seigneurial.

 

L’étrier a augmenté de beaucoup la valeur militaire du cheval. Une armée du moyen Age aurait, disent les experts,  facilement taillé en pièces  les armées romaines surtout si l’on ajoute l’usage de  la poudre à canon (via la Chine)  et  les armes à feu.

 

 

 

LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE DATE DE LA RÉVOLUTION INDUCTRIELLE.

Faux.  date plutôt de l’an mille.

  «En Europe, tout a démarré vers l’an mille. Non seulement les techniques agricoles se sont sensiblement améliorées, avec la mise en jachère et les charrues à bœufs, mais  la maîtrise de l’eau a stimulé la production de sucre et de pâte à papier et fait prendre un essor international à l’industrie textile.  la laine britannique étant tissée dans les Flandres et teinte avec de l’alun extrait par les Génois de Grèce et de Turquie puis revendue  partout en Europe. .La métallurgie (et donc la vente d’armes), la navigation (grâce au compas et au gouvernail), la banque, la comptabilité, l’assurance et enfin, l’imprimerie  allaient marquer la période 1000-1500 qui verra naître 70 universités avec leur échange de savoir et leur capacité de recherche. »

150 idées recues.  no 24.

 

 

architecture

 

 

 

 

 

Gus, avoue que comme pan de mur cela a  pas mal de gueule, hein !

Et par et pour les arrières-arrières-arrières petits-fils des Barbares, nos ancêtres.

 

L’architecture atteindra un sommet universel avec l’invention de l’ogive, du  contrefort, de l’arc-boutant pour permettre des structures d’une élévation et d’une légèreté qui pour l’époque et même aujourd’hui, après huit siècles,  défient  encore  l’imagination. Et les vides créés par la légèreté de ces structures sont comblés par les vitraux, un  art nouveau qui atteint pratiquement son sommet à son invention. Et au-delà de la prouesse technique, Gus, sache admirer l’élégance et la beauté.

 

 

Ironie de l’histoire et de la relativité des goûts, on a appelé cet art « gothique » pour exprimer le mépris qu‘on entretenait à son égard.  Disons, au moins, que le mépris s’est déplacé…

 

 

 

 

Enfin, comme couronnement (Gus, la cerise sur le dimanche) de toute cette vitalité intellectuelle et technique, l’invention de l’imprimerie, triomphe de l’ingéniosité héritée, parait-il, de nos ancêtres barbares,  qui démarquera  les périodes (pour ceux qui aiment bien classer les évènements) et permettra en Occident un nouveau départ à un registre plus élevé.

 

 

 

 

 

 

Pour élargir la palette des couleurs, il faudrait parler des croisades, de l’intolérance religieuse, de persécutions, de l’Inquisition  ( surtout après la Renaissance), des tortures et sans doute de bien d’autres points négatifs comme dans toute société, mais tous  ces points négatifs sont pratiquement des insignifiances (quant au nombre relatif de victimes) si on les compare aux horreurs accumulées durant le 20ième siècle, horreurs qui ont atteint un sommet ( espérons-le) si on tient compte des persécutions,  des conquêtes, des pouvoirs totalitaires, des déplacements de populations, des exterminations systématiques et des folies idéologiques.

Heureusement  les périodes ou les siècles ne sont pas fait uniquement d’horreurs, il y a encore « des amoureux sur les bancs publics ».

 

 

Gus, aux dires de plusieurs, l’architecture aurait atteint un sommet inégalé au Moyen Age avec les cathédrales gothiques. Voici le témoignage  d’un connaisseur :

« Toutes les forces matérielles, toutes les forces intellectuelles de la société convergeaient au même point :

l’architecture. De cette manière, sous prétexte de bâtir des églises à Dieu, l’art se développait dans des proportions magnifiques.

Alors quiconque naissait poète se  faisait architecte. Le génie épars dans les masses, comprimé de toutes parts sous la féodalité …ne trouvant issue que du coté de l’architecture, débouchait par cet art, et ses Iliades prenaient la forme de cathédrales. Tous les autres arts obéissaient et se mettaient en discipline sous l’architecture… L’architecte, le poète, le maître totalisait en sa personne la sculpture qui lui ciselait ses façades, la peinture qui lui enluminait ses vitraux, la musique qui mettait se cloche en branle et soufflait dans ses orgues. Il n’y avait pas jusqu’à la pauvre poésie proprement dite, celle qui s’obstinait à végéter dans les manuscrits, qui ne fût obligée pour être  quelque chose de venir s’encadrer dans

l’édifice sous la forme d’hymne ou de prose; le même rôle après tout, qu’avaient joué les tragédies  d’Eschyle dans les fêtes sacerdotales de la Grèce, la Genèse dans le temple  de Salomon. »

 victor hugo. Notre Dame de Paris.

 

 

 

 

 

 

Suite et fin :  TABLEAU COMPARATIF.

des  trois visions du monde étudiées jusqu’à maintenant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Acceuil

1. Concepts nouveaux apportés par la tradition judéo-chrétienne

2. Comparaison entre la vision primitive du monde et la vision judéo-chrétienne

3. Comparaison avec  la vision gréco-latine du monde

Concl. : Civilisation chrétienne et Moyen Age

5. Tableau récapitulatif

 

 

 

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

le prof bof pour les nuls ou les gens pressés

Brefs extraits ou capsules tirés des 25 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

Relativisme éthique

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20ième siècle 

 

BRICOLAGE

(mON vERSAILLES À MOI)

GÉNÉALOGIE

 

(récents)

1.alarmisme et catastrophisme

1b. La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

6. quête du bonheur

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

Pour nous rejoindre