PETITE HISTOIRE DES  Vision du monde ET DES MENTALITÉS (6)  suite.

lE DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

                                           PAR LE pROF BOF

 

I. l’HOMME RAVALÉ,  LA STATUE DÉBOULONNÉE

 

1. Contestation de l’image traditionnelle de l’homme

 

 

Des théories  ou des découvertes  iront presque toutes dans le même sens :

ramener l’image traditionnelle de l’homme, avec sa rationalité et sa liberté  au niveau  de l’animalité, de la nécessité ou de la matière.

 

 

En philosophie.

 

 

auguste Comte (1798-1857) et Le positivisme

      La loi des trois états : L’humanité dans son histoire et dans les recherches propres à une  discipline passe nécessairement par trois étapes 

 

 

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Auguste Comte

Dans la dernière période de sa vie, sous l’égide de Clotilde de Vaux, il   verse dans le mysticisme et fonde une religion : la religion positiviste ou la religion de l’humanité dont les principes sont : l’amour par principe, l’ordre pour base

et  le progrès pour fin.

 

 

 

État thÉologique,  religieux et fictif

 

 

 

 

C’est l’enfance  de l’humanité.

On cherche les causes intimes des êtres, on explique le monde ou les choses par leur fin ou leurs causes premières. On fait intervenir des agents surnaturels,  différentes divinités qu’on invente et multiplie.

A l’intérieur de ce stade, l’étape ultime :

LE MONOTHÉISME

 

 

 

État métaphysique ou philosophique.

 

 

 

 

Tout s’explique par des entités abstraites comme l’infini, l’absolu, la Raison, la substance, la Nature, la Vie, des vertus ou des potentialités. Ce sont comme des idées abstraites auxquelles on prête l’existence et l’efficacité.

Culimine dans

LA NATURE COMME SEUL AGENT

 

 

 

État positif ou scientifique.

 

 

 

 

On renonce à expliquer  les choses, à chercher des causes ou des fins.  On se contente d’établir  des lois, c'est-à-dire des rapports constants entre les phénomènes perceptibles.

L’ambition ultime : trouver une loi unique dont on pourrait déduire toues les autres lois.

 

 

En biologie

 

 

Les nouvelles théories de l’évolution  tendent à démontrer une origine animale de l’homme.

 

 

 

 

Statut nouveau : d’ «ange déchu »  l’homme  devient un « singe amélioré »

 

Darwin préconise l’évolution des espèces à partir des variations individuelles et de la sélection naturelle opérée par  la lutte  pour la survie.

En simplifiant, on s’est mis à dire que 

  « l’homme descendait du singe. ».

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l’exploration physico chimique de l’homme est conquérante.

 

 

 

 

 On réussit à faire la synthèse de l’urée ; ce qui apparaissait une barrière infranchissable : la synthèse chimique d’une composante organique, ce  qu’on croyait ne pouvoir être produit que par le vivant. C’est comme si une barrière était franchie et une étape nouvelle dans le processus de réduction était réalisée : le vivant pouvait se ramener à des processus physico chimiques.

 

Ce réductionnisme matérialiste trouve son expression  dans certaines professions de foi : « Je croirai dans l’esprit quand je le trouverai au bout de mon scalpel ».

S’expriment ainsi  le triomphe des sciences expérimentales et l’ambition d’expliquer physico chimiquement tout ce que l’on croyait jadis être  l’honneur de l’homme.

 

 

Quelques aphorismes de l’époque

 « La pensée, c’est le phosphore »

 

« Le cerveau secrète la pensée comme le foie secrète la bille » 

 

« La science et la science seule peut rendre à l’humanité ce sans quoi elle ne peut vivre, un symbole et une foi … La science est donc une religion » Renan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EN SCIENCEs HUMAINES :

DÉVALORISATION DE LA RAISON ET DE LA LIBERTÉ

 

 

 

Les nouveaux systèmes de pensée  cherchent les déterminations de l’action de l’homme dans  des forces instinctives et irrationnelles.

Une constante : le supérieur (ou ce qui est cru tel) s’explique en dernier ressort par l’inférieur.

Tout c e qui était considéré comme œuvre de l’esprit (religion, philosophie, arts, politiques, droit, morales)

trouve son ultime fondement dans les instincts ou la sensibilité de l’être humain.

Les trois penseurs suivants seront souvent appelés :

 LA SAINTE TRINITÉ MODERNE

en raison de leur influence  sur  le siècle suivant

(étrangement chacun place au cœur de son système un des trois instincts de base des conceptions classiques de l’homme : conservation, lutte-défense et plaisir)

 

 

 

 

MARX.. (1818-1883)

 Les Anciens, et Hegel en particulieMarx-18.jpgr, croyaient que c’était les idées qui mènent le monde. Pour Marx, les philosophies, les religions et les morales, tout ce qui relève de l’esprit, ne sont que des épiphénomènes, des effets de surface de forces beaucoup plus profondes  et radicales. Ils   sont les résultantes des rapports d’exploitation  qui dépendent des modes de production issus de l’effort de travail de l’homme qui est l’expression de son instinct de conservation.

 C’est un matérialisme qui se veut dialectique.

L’Homme est essentiellement un travailleur. C’est ce rapport à la nature qui le définit le mieux.

 

 

 

«  La détresse religieuse est, pour une part, l'expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans coeur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple.
      L'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l'exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu'il renonce aux illusions sur sa situation c'est exiger qu'il renonce à une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc en germe la critique de cette vallée de larmes dont la religion est l'auréole. »

MARX

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NIETSCHE  (1844-1900).

 

 

 

 

 

Il exalte la volonté de puissance,   la Force, les vertus de domination, de image008supériorité et refuse tout ce qui peut s’apparenter  à de la faiblesse.  Il faut obéir aveuglément à son instinct vital et la liberté est une illusion.

 

Il annonce la venue du SurHomme, un homme nouveau qui sera à l’homme d’aujourd’hui  ce que l’homme d’aujourd’hui est au singe.

 

Avocat de nouvelles valeurs, il distingue une morale des forts, des maîtres, dont il se fait l’apôtre, et une morale des faibles, des dégénérés, une morale des esclaves dont  le christianisme est l’incarnation.

 

Il se fait le prophète  de l’Athéisme, d’un athéisme tragique. Loin de l’athéisme rigolo de bien de ses contemporains.

 

 

 

"Dieu est mort! Dieu reste mort!

 

 Et c'est nous qui l'avons tué! Comment nous consolerons-nous, nous, meurtriers entre les meurtriers! Ce que le monde a possédé de plus sacré et de plus puissant jusqu'à ce jour a saigné sous notre couteau; qui nous nettoiera de ce sang? Quelle eau pourrait nous en laver? Quelles expiations, quel jeu sacré seront nous forcés d'inventer? La grandeur de cet acte est trop grande pour nous. Ne faut-il pas devenir Dieu nous-mêmes pour, simplement, avoir l'air dignes d'elle? Il n'y a jamais eu d'action plus grandiose, et, quels qu'ils soient, ceux qui pourraient naître après nous appartiendront, à cause d'elle, à une histoire plus haute, que jusqu'ici, ne fut aucune histoire!"
 

Nietzsche. Le Gai Savoir

 

 

 

 

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Gus, du Nietzsche à son meilleur

 

« Il est une grande échelle de cruauté religieuse, à maints degrés, mais trois d’entre eux sont les plus marquants. Jadis, on sacrifiait à son dieu des hommes, peut-être précisément ceux qu’on aimait le mieux… Puis on a sacrifié à son Dieu les instincts les plus forts qu’on possédât, sa « nature »… A la fin, que restait-il à sacrifier? Ne fallait-il pas, pour finir sacrifier tout ce qu’il y avait de consolant, de sacré, de sauveur, tout espoir, toute  foi en de l’harmonie cachée, en des perspectives de béatitude et de justice ? Ne fallait-il pas sacrifier Dieu même et, par cruauté pour soi, adorer pierre, sottise, Poids, Fatalité, Néant ? Sacrifier Dieu pour le néant—ce mystère paradoxal de suprême cruauté était réservé à la génération qui monte présentement : nous en savons tous quelque chose. »

Par delà le Bien et le Mal.

 

 

 

image011(Nietzsche sombra dans la folie à partir de   1889.              Ironie de la vie, un des premiers gestes révélant sa maladie contredit totalement ses doctrines : il s’est précipité en l’embrassant au cou d’un cheval  que son cocher malmenait ! Oh, pitié quand tu nous tiens ! )

 

 

image006Gus, aspects incongrus de la  postérité de Nietzsche :

Un graffiti:

 

« Dieu est mort. Nietzsche. Nietzsche est mort. Dieu »

 

Ou encore :

« Dieu est mort, Nietzsche est mort et moi-même  je ne me sens pas très bien »  W. Allen

 

 

 

 

 

 

Plus sérieux : "Dieu est mort, mais l'homme n'est pas, pour autant, devenu athée. Ce silence du transcendant, joint à la permanence du besoin religieux chez l'homme moderne, voilà la grande affaire aujourd'hui comme hier." Jean-Paul Sartre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Freud (1856-1939)  (à la charnière du siècle mais dans la mouvance du 19ième)

 

 

La sexualité, surtout enfantine (l’enfant : « un pervers polymorphe ») est un déterminant très important de la psychologie et du comportement de l’adulte.

 

image011Les grands traits  de la personnalité (et les anomalies)  sont dus  à des fixations à certains moments de l’évolution normale de la libido.

 

La sexualité peut se manifester normalement ou en névrose, elle peut engendrer des complexes ou se transformer en sublimations.

 

Art, religions, formes éthérées de l’amour, etc. ne sont que des sublimations de la sexualité.

 

Les motivations les plus profondes de nos actions viennent de l’inconscient  et la liberté n’est qu’une illusion.

 

Le psychisme humain est à l’image d’un iceberg : un dixième en surface (conscient) et 9/10 sous l’eau (l’inconscient)

 

 

"Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu'il n'est même pas maître dans sa propre maison, qu'il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique” . image013

"J'ai encore constaté, dans l'analyse des rêves que l'inconscient se sert, surtout pour représenter les complexes sexuels, d'un certain symbolisme qui, parfois, varie d'une personne à l'autre, mais qui a aussi des traits généraux et se ramène à certains types de symboles, tels que nous les retrouvons dans les mythes et dans les légendes."

SUITE :

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Conséquence immédiate de cette contestation : euphorie >>

3. causes de cette euphorie.

        Deux mythes de soutien : le PROGRÈS  et le SCIENTISME >>>

 

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La statue déboulonnée : réductionnisme anti-humaniste

Mythes de soutien : Progrès et scientisme

tableau (6) récapitulatif.

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

le prof bof pour les nuls ou les gens pressés

Brefs extraits ou capsules tirés des 25 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20ième siècle 

 

BRICOLAGE

(mON vERSAILLES À MOI)

GÉNÉALOGIE

(récents)

1a. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

6. quête du bonheur

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

 

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