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L’ « INTELLIGENT DESIGN »
Gus,
avant même d’aborder le sujet, quelques distinctions importantes sont
de mise ne serait-ce que pour clarifier un peu le problème et
pour éviter de multiplier les sottises qu’on entend souvent. Gus, ton prof
a déjà traité des notions pertinentes dans les pages précédentes… Mais
il en fait ici un résumé pour aider à comprendre cette controverse sur
« l’intelligent design» » et la situer dans son contexte américain. |
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Avant d’aller plu loin… Gus,
distinction extrêmement importante… … si tu ne
veux pas dire des sottises comme ton Prof a lues dernièrement dans un
magazine assez respectable : « 60% des Américains, y
disait-on, croient que l’univers a été créé en six jours ouvrables il y a
dix mille ans » Gus, cette
débilité mentale, celle de la journaliste, s’excuse par une confusion
dans le vocabulaire, surtout autour du mot créationnisme ou création.
Sens
littéralement biblique : l’origine du monde est
conçue telle que décrite dans Sens
large et dérivé : au principe des choses et
de l’évolution, il y a un principe supérieur et organisateur dont les
êtres finis dépendent. C’est le
sens évidemment de toutes les religions, de la grande majorité des
philosophes, de Socrate à Aristote en passant par Platon, de la
tradition philosophique fortement majoritaire, en passant par Voltaire,
et probablement par 60 % des témoignages récents de tendances
diverses que Bof a colligés dans les pages précédentes
et… fort probablement de la majorité des Américains… qui si l’on
compte les prix Nobel et les universités ne sont pas tellement plus stupides
que les autres. Prétendre
que 60% des Américains sont créationnistes dans le premier sens frise la
débilité mentale de celui ou de celle qui énonce le
jugement. Prétendre qu’ils sont créationnistes dans le
deuxième sens, c'est pour bien des gens faire honneur à leur
jugement et à leur sens de la contingence des choses, la leur en particulier. Gus,
on pourrait imaginer un sondage inversé avec la question suivante : Croyez
vous que l’univers et la totalité des êtres viennent du néant et que
leur évolution est le fruit des rencontres fortuites des atomes jaillis dont
on ne sait d’où… , le tout et vous-même
évidemment, le fruit d’un pur hasard. De l’amibe à votre propre existence. Augustin,
pose la question dans un pays ou l’autre. Soustrais les réponses affirmatives
de cent. Et tu auras le pourcentage de créationnistes dans cette population. Autrement
dit : un choix s’impose entre les deux options les plus
fondamentales et radicales, le reste est de la frime… Du néant à l’être…. Ou De l’Être à l’être… Ou
vu d’une autre façon. : Le
plus vient du moins. (1 de 0) Ou Le
moins vient du plus. (.1 de 1) Et
le problème est bien secondaire sinon insignifiant du nombre d’étapes (1, 10,
1000) des évolutions qui ont conduit
au stade final, toi pis
moi, mon cher Gus, |
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Les connaître
peut satisfaire une curiosité légitime… mais qui n’éludent d’aucune façon le point
de vue philosophique, qui n’est pas seulement une question d’option mais d’usage
de l’intelligence dans ses exigences les plus fondamentales… |
L’intelligence
a de la difficulté à accepter que ce crayon de maquillage est le fruit d’une
rencontre fortuite d’atomes surgis du néant….mais cela va de soi, évidemment,
pour le visage derrière le crayon. Du moins à ce
que l’on dit… |
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1. Il importe
de distingue le FAIT et le MÉCANISME DE L’ÉVOLUTION Le fait. Il est
incontestable que la vie a commencé sur terre. (Ou ailleurs
si l'on croit à la panspermie ou aux élucubrations réaliennes;
dans ce cas on ne fait que reporter le problème). Il est
incontestable qu'il y a eu passage du simple au
complexe, du |
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Et le tableau est cumulatif s'il
est exact que la vie moyenne d'une espèce est de dix millions d'années.
Cette succession, si l'on pouvait en prendre conscience serait étourdissante.
Comme si cette force déchaînée (mais pas pressée) s'était donné
comme vocation d'occuper non seulement l'espace mais également le
temps. De nombreuses structures fondamentales, éminemment distinctes les unes
des autres, sont d'abord données comme des thèmes symphoniques
sur lesquels l'avenir aura à broder. On (?) se permet de bricoler, de
fignoler, d'exploiter en milliers de variations les quelques
thèmes initialement proposés. Vu ainsi de haut, le film de la vie
ressemble plus au développement d'une symphonie qu'à un jeu de blocs. Il
semble bien incontestable que toute cette invention et ce jaillissement
de formes, le développement de ce film, de ce poème dédié à la quasi infinité
des possibles, à l’imagination créatrice dont on ne trop de qui
ou de quoi, se soit étalé sur des centaines de millions d'années; on conserve
dans ces temples du passé que sont nos musées bien des vestiges (une infime
partie cependant) qui remontent au cambrien, à quelques 650 millions
d'années, où le sol et le roc ont pu garder le souvenir d'une
cinquantaine de types, de structures fondamentales (embranchements ou phylum)
de vivants bien distincts, plus qu'on en retrouve aujourd'hui. Déjà à cette période les
grands thèmes de la symphonie ou des symphonies de la vie sont déjà bien en
place. On aurait aimé voir une période où les musiciens conscrits par Même si on en perd la trace,
l'histoire de la vie remonte bien au delà du cambrien. On entre alors
dans la zone de la spéculation et de la mise en scène. |
A
propos du fait de l’évolution. On peut
trouver encore en cherchant loin des gens qui nient le fait de
l’évolution, qui nient que les vivants soient apparus
successivement sur la planète et cela sur des millions d’années. Ce sont des
super fondamentalistes, intégristes et littéralistes qui s’en remettent
à la lettre du récit de Ces fondamentalistes utilisent les théories de ceux qui pronent l’“intelligent design“ mais ces derniers qui sont des biologistes, du moins certains, ont peu à voir avec ces fondamentalistes qui par leur attitude jettent plutôt du discrédit sur les recherches qu’elles aiment bien utiliser pragmatiquement ou légalement. C’est du copinage utilitaire. |
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Les mécanismes dE l’évolution ; une fois
admis que l’Évolution est un fait, qu’il y a à tout le moins succession et
évolution des espèces, (qu’il s’agisse du monophylétisme ou du
polyphylétisme. Une ou plusieurs souches à l’origine de la vie. ) il reste à expliquer le
phénomène de l’évolution, trouver les causes qui peuvent rendre compte du phénonène. |
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"Il
faut avoir le courage de reconnaître que nous ignorons tout du mécanisme de
l'évolution. Au point où nous sommes arrivés j'ai le sentiment très net que toutes
querelles sont stériles qui opposent des adversaires mêmement ignorants et
obstinés à vouloir tirer de leurs maigres prémisses beaucoup plus qu'elles ne
renferment...." Jean Rostand Ce que je crois. 1953
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Il ajoute qu'il faut concevoir
comme transition des mutations monstres qui sont pratiquement des créations.
Cinquante ans plus tard, aurait-il changé d'idée? Il est permis d'en
douter. Les progrès récents de la génétique élucident-ils le mystère
ou nous y
enfoncent-ils davantage en le miniaturisant ! Certains (Gould) avouent
même qu'ils sont incapables d'imaginer les transitions nécessaires pour les
grands sauts évolutifs |
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***Nous sommes
ici sur le terrain de la spéculation, de la confrontation,
confrontation méthodologique parfois, le plus souvent idéologique
et cela autant de la part des sages, des croyants, du sens commun, des
philosophes ou des hommes de science. Le terrain est balisé de part et
d'autre d'a priori qu'il importe de connaître. (Lire ou
relire les textes Adorateurs, Apostats et Hérétiques pour prendre un peu conscience de cette diversité) |
C’est
ici que se situe à proprement parler les partisans de l’
« intelligent design » qui reprend dans un vocabulaire
légèrement rafraîchi les arguments tirés de la finalité et de
l’ordre dans le vivant pour contester une certaine manière de voir
l’évolution. C’est la même attitude que l’on trouve chez Socrate,
Platon, Aristote, saint Thomas d’Aquin,
plusieurs biologistes, la plupart des philosophes, (Ex. Voltaire
et son grand horloger qui avait « designé »
l’ordre des cieux.) Bof dans ce site a utilisé particulièrement pour
s’adapter aux préoccupations de son disciple Gus l’exemple de la
sexualité, des organes et de leur fonctionnement complexe, comme
processus éminemment et évidemment finalisé avec une infinité de parties ou
d’éléments qui se sont mis en place pour former des organes qui se complètent
les uns les autres et d’un individu à l’autre en fonction d’une fin assez
évidente à quiconque veut bien voir, à tout le moins regarder, sinon
s’informer. Les partisans de l’ « intelligent design »
tablent surtout sur leurs recherches au niveau des cellules. |
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Attitudes Tranquille
assurance et doute persistant Comment comprendre le fait
de l'évolution ? Ici s'opère une scission importante entre savants,
entre philosophes, entre tous ceux, amateurs ou professionnels qui se sont
penchés sur le problème....Pour certains, grâce aux progrès récents en
génétique, tout est d'une simplicité admirable et il n'y a plus rien à
comprendre ou à expliquer. Grâce au néodarwinisme en particulier, le
mystère est élucidé. Qu'il s'opère des changements dans le vivant,
c'est un fait, que ces changements soient le fait de hasards dont
on peut calculer la fréquence, c'est un fait. Il suffit alors de
s'imaginer une succession de changements (mutations) et dont quelques uns (à
la limite une faible minorité) confèrent un tout petit avantage
dans la lutte pour la survie. Et d'additions en additions, de petits progrès
s'additionnant aux progrès précédents, on peut comprendre au moins en
principe la diversité des espèces actuelles. (Voir Mutations et fautes de
frappe.) Il suffit en somme de se
donner une unité quelconque, un principe de multiplication ou de sélection et
alors aucun nombre n'échappe à notre portée. Chaque espèce ne serait qu'un
numéro chanceux sorti de la loterie de la vie. Pour Monod, " Le
miracle est "expliqué"; (même s'il) nous parait encore
miraculeux." (
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“ Le livre de Monod est un livre qui n’apporte rien sur le plan philosophique.
Il reprend la vieille thèse scientiste à laquelle j’adhérais quand j’avais
douze ans, un peu revue par la biologie moléculaire puisqu’il s’agit du
hasard des molécules. C’est du Démocrite, du Darwin, tout ce que vous
voudrez: ce n’est rien de neuf. Je dirai même qu’on peut répondre à Monod ce
que Huxley qui était pourtant un grand matérialiste, ou en tout cas un grand
agnostique, disait du temps de Darwin: plus vous expliquerez le phénomène de
la vie et de l’univers par des mécaniques, et plus vous ferez le jeu des
théologiens qui vous demanderont comment cet enchaînement causal a été
préparé à l’origine » Rostand |
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D'autres, reconnaissant
que souvent il peut en être ainsi, sont cependant réticents à
admettre qu'il en soit toujours ainsi. S'il en est ainsi de la
diversité des roses, en est-il de même de l'abeille qui butine la rose ou de
la dame à qui la rose est offerte. L'œil peut changer de
couleur, peut fonctionner plus ou moins bien, et ceci à cause de
mutations dues au hasard, on le comprend très bien. Le même type
d'explication est-il valable pour l'œil lui-même, pour |
Gus, ton prof a colligé pour ton
information au moins 150 textes de toutes les opinions et de toutes les
époques, surtout évidemment du 20ième et
21ième siècle. Si tu ne les as pas lus, c’est le
temps d’y revenir et t’amuser à les catégoriser selon les
différentes tendances que Bof est en train de te présenter. Sur les 150 textes, 3
seraient de tenants de « l’intelligent design ». TEXTES: MILIEU... du 20ième siècle
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Que le but
de cet organe, de la totalité de ces mutations, soit la vision,
est une hérésie pour les uns, une évidence pour les autres. Il est vrai que
le fait est on ne peut plus mystifiant: le but (la vision) arrive à la fin
d'un long processus, après une évolution de plusieurs millions
d'années. (Pour compliquer les choses, la nature a inventé (ou tombé dessus)
une vingtaine de sortes d'oeil dont aucune n'est une étape pour l'autre).
Tout se serait fait dans le passé (mutations et sélection) en fonction
de ce but qui n'existe pas encore mais ce but non-existant
semble bien présider et commander, pourrait-on dire, tout le
développement et lui donner un sens. Peut-on parler alors de l'influence, de
la causalité du futur (de ce qui n'existe pas encore) sur le passé
en train de se faire ? S'agit-il d'une inversion du temps? Le problème
échappe à toute forme d'expérimentation et est d'ordre philosophique.
A l'échelle humaine cependant la compréhension de phénomènes semblables (tous
nos objets techniques) est d'une simplicité désarmante. Qu'en est-il
dans l'ordre du vivant? Ce serait une toute autre affaire. |
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LES OPINIONS À RÉDUCTIONNISME
ET ANTI-RÉDUCTIONNISME. A) Réductionnisme
méthodologique. On n’entend pratiquer dans
son champ de compétence particulier que la méthode dite expérimentale.
Autrement dit, n'entre dans la perspective du chercheur que ce qui (points
de départ, principes explicatifs, hypothèses) est, au moins
théoriquement, d'ordre expérimental, c'est à dire, d'ordre sensible,
perceptible, au |
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moins théoriquement,
immédiatement ou médiatement, par instrument ou sans instrument. Libre à chacun de fixer le modèle
de connaissance qu'il poursuit ou prétend pratiquer quitte à aller le
dimanche suivant s'en confesser au temple ou à la mosquée. Chacun est libre
de décréter a priori qu'il n'accepte comme vérité (quitte à la définir comme
partielle) ou comme objet de son enquête, que ce qui est mesurable ou
peut faire directement ou indirectement l'objet d'expérimentation, au moins
théoriquement. La conclusion admissible, dans le cadre professionnel,
sera nécessairement d'ordre matériel et mesurable. Hors de son laboratoire, ce
savant pourra s'ouvrir à d'autres types de connaissance. De par sa définition la
science expérimentale est méthodologiquement matérialiste. On comprend que
dans cette perspective, le biologiste qui se veut praticien de la
méthode expérimentale ne veuille pas avoir à traiter dans son cours de
biologie de la finalité ou de l’ordre que l’on trouve dans la nature,
ce n’est pas matière à expérience sensible, à vérification en
laboratoire mais une question d’intelligence qui s’interroge sur des
totalités significatives. Au mieux on pourra s’attendre à quelques
réserves ou modestie quant à la valeur explicative (définitive
) de sa méthode… |
Professionnellement il compte bien y comprendre quelque chose
selon sa méthode propre. Il s’enquiert sur les changements hormonaux qu’il a
du subir, les composantes chimiques de ces hormones qui ont fait battre son
cœur à des rythmes insoupçonnés, rassemble toutes les équations et
formules chimiques qu’il peut. Il soumet la documentation accumulée à ses collègues…. qui sont épatés par son volume mais à mille lieux en lisant cette documentation de soupçonner le grand amour que vit leur collègue. Celui-ci veut bien continuer à faire de la chimie dans son laboratoire, mais il prend conscience que la méthodologie de sa science n’est peut être pas omnipotente pour rendre compte des multiples facettes de la réalité …. Surtout du grand amour qu’il vit… |
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B) réductionnisme dOGMATIQUE A regarder les progrès de la
méthode depuis quelques siècles, la tentation est forte de dire qu'elle
est la seule méthode valable et que toute autre forme de
connaissance est illusoire et est un relent d'un autre âge, qu'on stigmatisera
facilement comme mythique, mystique, théologique ou
philosophique. C'est le pas franchi par le réductionnisme dogmatique. La méthode scientifique
n'est plus seulement une méthode pour tenter d'appréhender
la réalité. Elle est promue au rang de principe... philosophique. Toute
explication du réel pour être valable, sera en dernier ressort
d'ordre expérimental. C'est évidemment une forme de matérialisme. Un
jour, espère-t-on, tout pourra être réduit
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Lewontin "Ce ne sont pas
les méthodes et les institutions de la science qui nous forcent d'une
certaine façon à accepter une explication matérielle du monde phénoménal,
mais, au contraire, nous sommes forcés par notre adhésion a priori à des
causes matérielles à créer un appareil d'investigation et un ensemble de
concepts qui produisent des explications matérielles, peu importe
qu'elles aillent à l'encontre de l'intuition, peu importe qu'elles soient
mystifiantes pour le non-initié. De toute façon, le matérialisme est absolu
et nous ne pouvons pas permettre à un pied divin d'entrebâiller la
porte." |
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« ...J'ajouterai
que, si obscures que me paraissent les causes de l'évolution, je ne saurais
douter une seconde qu'elles ne fussent de l'ordre naturel....Et alors même
que notre science n'arriverait pas à le résoudre (problème de l'évolution)
nous n'aurions pas à en conclure qu'il soit du ressort de la
métaphysique." Encore … Rostand. |
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La tendance sera de toujours ramener ou réduire le supérieur à l'inférieur. La matière inerte, le vivant, l'animal, l'homme peuvent sembler au commun des mortels comme des sauts qualitatifs dans l'ordre de l'existence. Si on pouvait prendre ou faire paraître ces sauts |
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(ou pseudo-sauts) simplement comme les progrès d'une marche
sur terrain plat ! Il n'y a plus rien de nouveau, tout peut se réduire à ce
qui l'a précédé. Et on n'a plus ainsi à se préoccuper de la proportion entre
les causes invoquées et les effets dont on veut rendre compte.. Dans ce dernier
cas, l’intelligent design, n’a pas de droit dans un cours
de biologie pas plus que les contes de Perrault. C’est une prise de
position intransigeante qui n’accepte pas qu’il puisse y avoir
d’autre type de regard, philosophique par exemple, sur la réalité qui
soit valable. Et si on allait au fond des choses…
Ceux qui croient que toute l’évolution s’explique par le simple jeu des
forces matérielles, des rencontres fortuites, à partir des lois de la
physique puisque, comme on n’ose pas partir du néant, (Voir Pourquoi y a t-il quelque
chose plutôt que rien?) mais de ce
qu’il y aurait de plus simple en tant qu’existant, la matière. Les atomes,
les forces qui les affectent, Tout ce qu’il y a de plus simple.
Et de là par d’heureuses mutations … on prétend expliquer
toute cette évolution qui va des atomes primitifs ou tout le moins de
la boule de feu que fut la planète un jour, de là à toi pi
moi, Gus (Gus, ça m’aide à comprendre pourquoi à l’occasion tu es tout
feu tout flamme…) Systématiquement le MOINS explique et rend
compte du PLUS
qui est survenu depuis…Encore faut-il être convaincu que
toi et moi, Gus, sommes plus qu’une flamme de briquet… ou un orage
solaire… C’est l’explication matérialiste, le mot le dit :
de la matière à la vie, de la vie à la sensation, de l’animal à
l’homme. tout n’est que matière et saut « quantique » de la
matière. Ceux qui adoptent ce point de vue, qui le trouvent
satisfaisant pour l’esprit, lutteront évidemment contre toute
conception qui émettrait des doutes ou manifesteraient un peu
d’étonnement ou entretiendrait dans leur esprit un certain
questionnement devant dans ces passages sublimés du néant à
l’être, du moindre être au plus être.. De rien à tout, il
n’y a rien là, sinon du hasard et des sautes d’humeur de la
matière. Dans l’ensemble des témoignages que Bof a colligés (tu
pourras les compter si tu as plus de patience que ton prof) il y en a
peut-être un tiers qui vont dans ce sens. Dans cette perspective
les mécanismes qui expliquent la macroévolution (au niveau des
embranchements) sont les mêmes, ne peuvent être autres, que ceux qui
permettent de comprendre la microévolution (différence de
races et d’espèces). C'est la thèse de
l'horloger aveugle. Certains ont l'option
triomphante, d'autres un peu honteuse, d'autres résignée (faute de
mieux)
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Un cas de design
sperme, Considérant
cela, regardant cette séquence, (pour éviter le voyeurisme, Gus, disons
plutôt, réfléchissant sur cette séquence), un pur matérialiste,
un pur de pur, flaire une mauvaise odeur, ça pue, ça sent la
finalité, peut-être des rapports de moyens à fin, une séquence
fonctionnelle, un agenda caché, un processus ordonné à un but; ça sent,
Gus, l’ordre, l’invention, la créativité, la création, l’intelligence.
Dégueulasse pour certain type d’esprit… qui s’oblige à n’y voir que les
nombreux fruits du Hasard omnipotent qui ne vise rien mais pas
hasard évidemment peut tout faire avec le temps comme allié. Dans cette
séquence sexée à point on prétend y voir un agenda caché Une autre petite délicatesse du hasard : en
prime dès le premier matin le petit déjeuner est servi à la
chambre comme dans un hôtel de luxe.., Gus, c’est |
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Le miracle de Saint-Arvida-sur-mer Arvida est la
capitale de l’aluminium. Tu vois, Gus, si tout à coup ou avec beaucoup de
temps un lingot d'aluminium se changeait de lui-même et par lui-même
en un petit moteur fonctionnel à quatre pistons … en aluminium
évidemment. Les foules se déplacent pour voir une larme qui coule d’une
statue de plâtre : tu vois, Gus, les foules, les pèlerinages
dis-je, les voyages organisés, qui se précipiteraient à Arvida pour voir le
miracle de Saint-Arvida-sur-Mer… pour voir le divin
lingot…, le tout puissant lingot. Les experts, invités, se sont
prononcé : aucun truc, il n’y a bien là que de l’aluminium authentique.
Certains prétendent que la chose se préparait depuis des siècles sans qu’il
n’y paraisse quoi que ce soit. Il n’y a rien là. Le temps fait bien les
choses. Des physiciens, comme au temps de Youri Geller,
pense à changer les lois de la physique, la matière, à tout le moins
l’aluminium, jouirait d’une propriété inconnue jusqu’à maintenant, la
puissance de motorisation spontanée. Un journaliste
tente de faire de la copie en parlant « de la légende urbaine » du
petit moteur qui s’est fait tout seul… comme un grand garçon. |
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Joseph Needham. Man a Machine.
"La mécanisation et le matérialisme sont les fondements de la
pensée scientifique.....Je n'accepte en aucune manière l'opinion que les
phénomènes de l'esprit ne supportent pas une description physico-chimique.
Tout ce que nous apprendrons jamais, scientifiquement, à leur sujet sera de
nature mécaniste...Pour la science, l'homme est une machine; et, s'il n'en
est pas ainsi, alors il n'est rien du tout” cité dans Fritjof Capra LE TEMPS DU CHANGEMENT, p.
95 |
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C et D. Anti-RÉDUCTIonnisme Ce sont ceux, qui
contrairement à Monod, ne croient pas que le "miracle" soit élucidé
"par hasard" Ils viennent de tous horizons: du
fondamentaliste biblique au généticien ou au statisticien le plus
chevronné en passant par l'homme de foi, par Socrate, Platon,
Voltaire...et souvent par l'homme de la rue...Certains parlent au
nom de la religion, d'autres au nom de la science, d'autres au nom de la
raison et de la philosophie qu'on est tenté d'identifier au "bon
sens". Gus, évidemment c’est ici que l’on
pourrait classer les tenants de l’ « intelligent design » |
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Ici les singes
sont conscrits pour tenter de dactylographier l'œuvre de Shakespeare. La
possibilité qu'une seule protéine apparaisse spontanément est égale, nous
dit-on, aux chances qu'un aveugle résolve le cube Rubik...Et
cela peut se calculer en nombre d'essais et en temps nécessaire. (pour ce
dernier cas, trois cent fois l'âge de la terre à raison d'une tentative par
seconde) Tenter d'expliquer l'origine de
la vie par une multiplicité de hasards aveugles c'est accepter qu'un
Boeing surgisse d'un dépotoir traversé par une trombe ou une tornade.
L'énorme multiplicité d'éléments ramenés à un ordre, à une unité
fonctionnelle serait "un miracle" inexpliqué ou à expliquer différemment. Ici des hommes de
science et des penseurs trouvent cent façons d'exprimer
leurs doutes face au dogmatisme réductionniste et à la tranquille assurance
de bien de leurs collègues. Certains, par exemple, (Sheldrake) considère que
la créativité "est un sujet qui dépasse les limites des sciences
naturelles". D'autres confessent que "l'évolution n'est pas
un problème totalement accessible à la méthode expérimentale." On reprend les grands sauts
existentiels mentionnés plus haut (matière, vie, animalité, humanité) mais en
ayant tendance cette fois-ci à mettre en évidence l'originalité et
l'authenticité des degrés d'être et de la difficulté sinon de
l'impossibilité de réduire le supérieur à l'inférieur même avec la
providentielle Sélection qui semble surtout jouer le rôle d’un Deus es
machina à défaut d’autre chose. Le Plus ne peut se dissoudre,
pense-t-on, dans le Moins. On est sensible à l'exigence de
proportionnalité entre la cause et l'effet. Ci-contre on peut prendre
connaissance des variétés d'expressions qui en somme ne visent qu'une chose:
marquer l'originalité du vivant et des grands sauts de l'évolution, là
où il y a invention de nouveaux organes, d'authentiques Plus
qualitatifs. (Voir : Changement en
mode mineur et changement en mode majeur) |
Le vocabulaire de l"irréductibilité,
de ce qui
échapperait au hasard. : finalité, ordre, but, projet, téléologie,
téléonomie, (!) complexité
irréductible, fonctionnalité, forme de
signification, design, intérieur des
choses, information, accroissement de
complexité, adaptations
fonctionnelles, processus, programme, énergie radiale, Auto
transcendance, élan vital, etc. L’« intelligent design » dont
on parle de ce temps- ci n’est qu’une variation ou une autre façon parmi des
dizaines d’autres de manifester les limites ou les insuffisances d’une
explication purement et totalement expérimentale et matérialiste de l’origine
et de l’évolution de la vie, une autre manière de marquer les limites du hasard,
des mutations qui sont autant d’erreurs de frappe—mais qui grâce, à la toute
puissance de la sélection naturelle a construit l’univers que
nous connaissons… C’est si tu veux une forme de scepticisme face à
l’omnipotence du hasard et le mot design signifie dans le
contexte « un plan » qui évoque à son tour l’idée
d’architecte, à tout le moins l’idée d'intelligence qui pense la fin ou
le but et ordonne les moyens en vue de cette fin. |
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Kastler.: “ Longtemps le
biologiste s’est trouvé devant la téléologie comme auprès d’une femme dont il
ne peut se passer, mais en compagnie de qui il ne veut pas être vu en public.
À cette liaison cachée, le concept de programme donne maintenant un statut
légal... |
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La plupart de ceux qui
se sont penchés sur le problème ne voient pas d'objections majeures, au moins
théoriques, à une évolution de type néo-darwinien au niveau des cadres inférieurs
de la systématique (la microévolution), la nature des
changements ou des différences pouvant s'expliquer par des causes aléatoires,
accidentelles et "aveugles"(Voir :Recette pour faire un
saint-bernard avec un chihuahua à coup de mutations bien sélectionnée).,
des doutes cependant subsistent quant à la macroévolution
où les étapes de l'Évolution sont marquées par l'invention
de types, de structures et d'organes nouveaux. Tout le problème
ici porte sur la notion de changement et surtout de la
qualité du changement. Évolution dit évidemment changement, mais les
changements sont ils tous de même ordre ? Les causes qui ont produit le
magnifique colorie des ailes du geai bleu sont-elles du même ordre que
celles qui ont produit l'aile des oiseaux ? Si le
hasard pur, la matière brute semblent impuissants à expliquer la réelle
nouveauté dans l'être ou l'histoire de la vie, comment comprendre
alors cette nouveauté d'être? L'homme se résigne difficilement devant
le mystère. Deux grandes voies sont inventoriées parmi les non
réductionnistes. Unis dans la certitude que les causes doivent être
proportionnées aux effets constatés, certains auront tendance, pour
équilibrer cause et effet, à majorer la potentialité de la matière dont
tout semble surgir. D'autres laisseront la matière à son hébétude, à son
statut physico-chimique et chercheront au delà de la matière la cause ultime de
ce passage du moins au plus qualitatif révélé par l'histoire de la
vie. A noter que celui
qui pratique un réductionnisme méthodologique peut adopter comme option
philosophique l'une ou l'autre des options suivantes. |
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C.
Immanence (variante
antiréductionniste) L'ordre, la finalité,
les processus ordonnés en fonction d'un but, qui se développent dans
l'histoire de la vie supposent une certaine forme de prévision,
de mise en ordre, autant d'attributs de l'intelligence. Cette
potentialité quelconque adéquate au résultat qui est éminemment intelligible,
on l'attribue à |
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La totalité, le Tout, |
IDENTIFICATION du Plus dans la
matière. "idée
directrice" "idée
créatrice" Souffle de
l'esprit Raisons
causatrices force
organisatrice Forme
substantielle levain cosmique souffle de
l’esprit le "quant à
soi" des choses évolution
créatrice raison se
cherchant dialectique raisons
séminales. force créatrice, force, énergie vitale
. |
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