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L’ « INTELLIGENT DESIGN » 

 Bof, on parle beaucoup de ce temps-ci surtout aux USA de l’« intelligent design ».Y a-t-il  une différence avec ce que tu sembles vouloir suggérer depuis le début ?

 

Gus,  avant même d’aborder  le sujet, quelques distinctions importantes sont de mise  ne serait-ce  que pour clarifier un peu le problème et pour éviter de multiplier les sottises qu’on entend souvent.

Gus, ton prof a déjà traité  des notions pertinentes dans les pages précédentes… Mais il en fait ici un résumé pour aider à comprendre cette controverse sur « l’intelligent design»  et la situer dans son contexte américain.

 

 

 

Avant d’aller plus loin…

Gus, distinction extrêmement importante

… si tu ne veux pas  dire des sottises comme ton Prof a lues dernièrement dans un magazine assez respectable : « 60% des Américains, y disait-on, croient que l’univers a été créé en six jours ouvrables il y a dix mille ans »

Gus, cette débilité mentale, celle de la journaliste,  s’excuse par une confusion dans le vocabulaire, surtout autour du mot créationnisme  ou création.

 

Version musulmane du créationnisme.

Dans un livre luxueux, Harun Yahya, écrivain turque, ne prétend pas que la création remonte à cinq ou six millénaires. Mais le montage photographique tend à refuser  l’idée d’évolution en ce sens que les plus anciennes formes de vie    correspondent aux formes de vie actuelles…

Sens littéralement biblique : l’origine du monde est conçue telle que  décrite dans la Bible. Mot pour mot.  Un travail expéditif de six jours il y a à peine quelques milliers d'années.    Ceux qui  y voient une vérité le prennent aujourd’hui de  façon métaphorique ou si l’on veut le prennent pour une  poésie métaphysique  qui véhicule  un message capital….  Et cherchent ailleurs  l’origine  de la semaine de sept jours et du  repos dominical que l’on pratiquait autrefois et que l’on a remplacé par la semaine de  40 heures  (ou de 35 heures pour les travailleurs plus efficaces ou mieux syndiqués). On peut trouver évidemment, soit par nostalgie,  esthétisme ou ignorance préscolaire, quelques fondamentalistes  qui pratiquent  « un littéralisme »   qu’on aime bien stigmatiser… pour faire de la copie journalistique…à défaut des soucoupes volantes ou des extra-terrestres ou d’un dernier complot qui se tienne bien.

 

Sens  large et dérivé : au principe des choses et de l’évolution, il y a un principe supérieur et organisateur dont les êtres finis dépendent.

Savoir quand le Pont du Gard a été construit, il y a un siècle, cinq, dix ou vingt, peut avoir un certain intérêt… ne serait-ce que pour afficher son érudition.  Mais la discussion sérieuse commence quand on se pose la question des causes efficientes…peu importe l’époque.  Pour certains ça saute aux yeux. Mais  si quelqu’un prétend que le Pont a pris son origine  dans la qualité de la pierre locale,  les particularités des conditions climatiques, les étapes géologiques, la multiplicité des  tsunamis qui n’en finissaient  plus d’empiler pierres sur pierres, de les reconfigurer, etc…  Un discours étonnant, audacieux,  prétentieux diront certains, mais qui mérite qu’on s’y arrête. Nul ne sait ce que le hasard et le temps peuvent faire quand ils conjuguent leurs efforts… Et, coup de chance,  tout à coup (à une époque donnée) on s’est rendu compte que  c’était un truc qui avait  l’allure d’un pont et qui  pouvait être utile pour  transférer l’eau, double coup de chance!.….

 

C’est le sens évidemment de toutes les religions, de la grande majorité des philosophes, de Socrate à Aristote en passant par Platon,  de la tradition philosophique fortement majoritaire, en passant par Voltaire,  et probablement par 60 % des témoignages récents  de tendances diverses  que Bof a colligés dans les pages précédentes  et…   fort probablement de la majorité des Américains… qui si l’on compte les prix Nobel et les universités ne sont pas tellement plus stupides que les autres.

 

Prétendre que 60% des Américains sont créationnistes dans le premier sens frise la débilité mentale  de celui ou de celle qui énonce le jugement.   Prétendre  qu’ils sont créationnistes dans le deuxième  sens, c'est  pour bien des gens faire honneur à leur jugement et à leur sens de la contingence des choses, la leur en particulier.

 

 Gus, on pourrait imaginer un sondage inversé avec la question suivante : Croyez vous que l’univers et la totalité des êtres viennent  du néant et que leur évolution est le fruit des rencontres fortuites des atomes jaillis dont on ne sait d’où… , le tout  et vous-même évidemment, le fruit d’un pur hasard. De l’amibe à votre propre existence.

 

Augustin, pose la question dans un pays ou l’autre. Soustrais les réponses affirmatives de cent. Et tu auras le pourcentage de créationnistes dans cette population.

 

Le problème est essentiellement  philosophique.  L’erreur de certains partisans de «  l’intelligent  design » est de vouloir en faire  un problème de science, de science expérimentale. Erreur également  pour ceux qui veulent en faire strictement un problème de foi religieuse qui n’aurait  aucun fondement rationnel.

 

Autrement  dit : un choix  s’impose entre les deux options les plus fondamentales et radicales que peux prendre l’intelligence et qui commandent  son fonctionnement ultérieur,  le reste est de la frime…

 

Du néant à l’être….

 

Ou

 

De l’Être à l’être

 

Ou  vu d’une autre façon. :

 

Le plus vient du moins (1 de 0)

 

Ou

 

Le moins vient du plus. (.1 de 1)

 

Et le problème est bien secondaire sinon insignifiant du nombre d’étapes (1, 10, 1000)  des évolutions qui ont conduit au stade final, toi pis moi, mon cher  Gus,

 

 

 

 

 

Les connaître peut satisfaire une curiosité légitime… mais qui n’éludent d’aucune façon le point de vue philosophique, qui n’est pas seulement une question d’option mais d’usage de l’intelligence dans ses exigences les plus fondamentales…

 

« L’idée que l’ordre et la précision de l’univers dans ses aspects innombrables, serait le résultat d’un hasard aveugle est aussi peu crédible que si, après l’explosion d’une imprimerie, tous les caractères retombaient par terre dans l’ordre d’un dictionnaire »

Einstein.  Qui n’avait pas la réputation d’être un imbécile ou un fondamentaliste.

***

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L’intelligence a de la difficulté à accepter que ce crayon de maquillage soit  le fruit d’une rencontre fortuite d’atomes surgis du néant….mais cela va de soi, évidemment, pour le visage derrière le crayon. 

Du moins à ce que l’on dit…

 

 

 

 

Gus, sans doute un autre débile selon la journaliste, un minable  Prix Nobel, heureusement il n’est pas américain… Son honneur est à demi sauvé.

“Je ne souhaite aucunement m’associer à ceux qui sont derrière ce mouvement du dessein intelligent. Cependant je persiste à croire que l’évolution selon un processus de mutation aléatoire et de sélection naturelle est non seulement une vue peu convaincante, mais en fait une explication ridicule pour rendre compte de l’apparition d’organismes complexes. Tant que nul d’entre nous n’aura pas la moindre idée de comment s’y prendre pour fabriquer une mouche domestique à partir de rien, comment pouvons nous dire avec mépris que conclure que la mouche domestique doit avoir été produite par une intelligence supérieur â la nôtre relève de la naïveté intellectuelle ?

 

S’il y a dans ce contexte quiconque de naïf, c’est bien celui qui élève les règles en vigueur dans la science occidentale au niveau d’axiomes épistémologiques, arguant que ce qui ne peut scientifiquement être démontré comme vrai…ne peut être vrai non seulement selon les critères de vérité qu'utilisent les scientifiques, mais selon tout critère digne d’être invoqué.

D’un point de vue philosophique, il ne me semble pas rétrograde de doter d’intelligence l’univers dans son ensemble, plutôt qu’une seul sous-ensemble de mammifères sur la planète terre. Un univers intelligent évolue avec le temps vers un but, même  si le but en question peut à jamais  rester au-delà de ce que peut saisir l’intelligence humaine et en fait au delà de l’idée que nous pourrions avoir de ce qui constitue un but. »

 

M. Goetzee, (PRIX NOBEL 2003)  Journal d’une année noire. Seuil 2008 p110.

 

 

 

 

ALLONS Y MAINTENANT PLUS SYSTÉMATIQUEMENT.

 

1. Il importe de distingue le FAIT et le  MÉCANISME DE L’ÉVOLUTION

Le fait. Il est  incontestable que la vie a commencé sur terre. (Ou ailleurs si l'on croit à la panspermie ou aux élucubrations réaliennes; dans ce cas on ne fait que reporter le problème). Il est incontestable    qu'il y a eu  passage du simple  au complexe, du microscopique au mastodonte. On se trouve aujourd'hui devant le feu d'artifices de la vie, devant une  multiplicité des formes vivantes qui dépasse de loin l'imagination d'un Goya ou d'un Brueghel. Les spécialistes ont étiqueté plus d'un million d'espèces animales, près d'un demi million d'espèces végétales (toutes avec nom et prénom en latin, s.v.p.). Et ce n'est pas fini.  Si l'on pouvait accélérer le film de ce développement, on aurait l'impression de voir un ruisseau qui se change  rapidement en torrent et qui s'efforce d'occuper toutes les  embrasures, fissures,  failles, faiblesses, formes des rochers environnants.  (Gus, pour être juste cependant il faudrait plutôt imaginer le ruisseau remontant dans le rocher) C'est comme si  tous les possibles, tous les imaginables, toutes les cases disponibles dans le monde virtuel des formes et de l'invention  avaient été explorées, occupées, inventées jusqu'aux limites du vraisemblable.

 

Et le tableau est cumulatif s'il est exact que la vie moyenne d'une espèce est de dix millions d'années.  Cette succession, si l'on pouvait en prendre conscience serait étourdissante. Comme si cette force déchaînée (mais pas pressée) s'était donné comme vocation d'occuper non seulement  l'espace mais également le temps. De nombreuses structures fondamentales, éminemment distinctes les unes des autres, sont d'abord données comme des  thèmes  symphoniques sur lesquels l'avenir aura à broder. On  (?) se permet de bricoler, de fignoler, d'exploiter en milliers de variations les quelques  thèmes  initialement proposés. Vu ainsi de haut, le film de la vie ressemble plus au développement d'une symphonie qu'à un jeu de blocs. Il semble bien incontestable que toute cette invention et  ce jaillissement de formes, le développement de ce film, de ce poème dédié à la quasi infinité des  possibles,  à l’imagination créatrice dont on ne trop de qui ou de quoi, se soit étalé sur des centaines de millions d'années; on conserve dans ces temples du passé que sont nos musées bien des vestiges (une infime partie cependant) qui remontent  au cambrien, à quelques 650 millions d'années, où le sol et le roc ont pu  garder le souvenir d'une cinquantaine de types, de structures fondamentales (embranchements ou phylum)  de vivants bien distincts, plus qu'on en retrouve aujourd'hui.

 Déjà à cette période les grands thèmes de la symphonie ou des symphonies de la vie sont déjà bien en place. On aurait aimé voir une période où les musiciens  conscrits par la Nature accordaient leur violon...

Même si on en perd la trace, l'histoire de la vie remonte bien  au delà du cambrien. On entre alors dans la zone de la spéculation et de la mise en scène. 

A propos du fait  de l’évolution

On peut trouver encore  en cherchant loin des  gens qui nient le fait de l’évolution, qui nient que les  vivants soient  apparus successivement sur la planète et cela sur des millions d’années. Ce sont des super fondamentalistes,  intégristes et littéralistes qui s’en remettent à la lettre du récit de la Genèse ou de texte semblable en d'autres religions. Création en six jours… début de l’univers il y a 4000 ans.  C’était plus compréhensible il y a un siècle ou deux.. Aujourd’hui,  des recherchistes  dûment mandatés peuvent en retrouver ici et là  et en faire la manchette  de leur journal ou occuper une demie heure parmi les milles documentaires que nous sommes en mesure de regarder à la télévision annuellement.  C’est devenu un produit de consommation parmi d’autres à coté des extra-terrestres ou de l’homéopathie.  Les dinosaures seraient  des caricatures inventées par le démon  pour déjouer la foi du croyant. Ceci, mon cher Augustin,  ne fait pas tellement sérieux, tant de la part de ceux qui  pratiquent ce littéralisme  que de ceux qui  font de la copie sur leur dos

 

Ces fondamentalistes  utilisent  les théories de ceux qui prônent l’“intelligent design“ mais ces derniers qui sont des biologistes, du moins certains d'entre eux,  ont peu à voir avec ces fondamentalistes qui par leur attitude jettent plutôt du discrédit sur les recherches qu’elles  aiment bien utiliser pragmatiquement ou légalement.   C’est du copinage utilitaire.

 

 

2.Les mécanismes dE l’évolution ;

 

  une fois admis que l’Évolution est un fait, qu’il y a à tout le moins succession et évolution des espèces, (qu’il s’agisse du monophylétisme ou du polyphylétisme. Une ou plusieurs souches à l’origine de la vie. ) il reste à expliquer le phénomène de l’évolution, trouver les causes qui peuvent rendre compte du phénomène.

 

 

ET LE PROBLÈME MAINTENANT. Des évolutionnistes convaincus avouent sans gène leur ignorance. Rostand  n'hésite pas à affirmer "qu'il faut avoir le courage de reconnaître que nous ignorons tout du mécanisme de l'évolution." 

 

"Il faut avoir le courage de reconnaître que nous ignorons tout du mécanisme de l'évolution. Au point où nous sommes arrivés j'ai le sentiment très net que toutes querelles sont stériles qui opposent des adversaires mêmement ignorants et obstinés à vouloir tirer de leurs maigres prémisses beaucoup plus qu'elles ne renferment...." 

Jean Rostand Ce que je crois. 1953

 

 

 

Il ajoute qu'il faut concevoir comme transition des mutations monstres qui sont pratiquement des créations. Cinquante ans plus tard, aurait-il changé d'idée? Il est permis d'en douter.  Les progrès récents de la génétique élucident-ils le mystère ou   nous y enfoncent-ils  davantage en le miniaturisant ? Certains (Gould) avouent même qu'ils sont incapables d'imaginer les transitions nécessaires pour les grands sauts évolutifs

 

 

 

***Nous sommes ici sur le terrain de la spéculation, de la confrontation,  confrontation méthodologique parfois, le plus souvent idéologique et cela autant de la part des sages, des croyants, du sens commun, des philosophes ou des hommes de science.  Le terrain est balisé de part et d'autre d'a priori qu'il importe de connaître.

 (Lire ou relire  les textes  Adorateurs, Apostats et Hérétiques pour prendre un peu conscience de cette diversité)

 

 

C’est ici que se situe  à proprement parler les partisans de l’ « intelligent design »  qui reprend dans un vocabulaire légèrement rafraîchi  les arguments tirés de la finalité  et de l’ordre dans le vivant pour contester une certaine manière de voir l’évolution. C’est la même attitude que l’on trouve chez  Socrate, Platon, Aristote, saint Thomas d’Aquin,  plusieurs biologistes, la plupart des philosophes,  (Ex. Voltaire et  son grand horloger qui avait « designé » l’ordre des cieux.)  Bof dans ce site a utilisé particulièrement pour s’adapter aux préoccupations  de son disciple Gus l’exemple de la sexualité, des organes et de leur fonctionnement complexe,  comme processus éminemment et évidemment finalisé avec une infinité de parties ou d’éléments qui se sont mis en place pour former des organes qui se complètent les uns les autres et d’un individu à l’autre en fonction d’une fin assez évidente à quiconque veut bien voir, à tout le moins regarder, sinon s’informer. Les partisans de l’ « intelligent design »  tablent surtout sur leurs recherches au niveau des cellules.

 

 

 

Attitudes

Tranquille assurance  et  doute persistant

 

Comment comprendre le fait de l'évolution ?  Ici s'opère une scission importante entre savants, entre philosophes, entre tous ceux, amateurs ou professionnels qui se sont penchés sur le problème....Pour certains, grâce aux progrès récents en génétique,  tout est d'une simplicité admirable et il n'y a plus rien à comprendre ou à expliquer. Grâce au néodarwinisme en particulier, le mystère est élucidé. Qu'il  s'opère des changements dans le vivant, c'est un fait, que ces changements soient  le fait de  hasards dont on peut calculer la fréquence,  c'est un fait. Il suffit alors de s'imaginer une succession de changements (mutations) et dont quelques uns (à la limite une faible minorité)  confèrent  un tout petit avantage dans la lutte pour la survie. Et d'additions en additions, de petits progrès s'additionnant aux progrès précédents, on peut comprendre au moins en principe  la diversité des espèces actuelles.   (Voir  Mutations et fautes de frappe.)

 

Il suffit en somme de se donner une unité quelconque, un principe de multiplication ou de sélection et alors aucun nombre n'échappe à notre portée. Chaque espèce ne serait qu'un numéro chanceux sorti de la loterie de la vie. Pour Monod, " Le miracle est "expliqué"; (même s'il)  nous parait encore miraculeux." (La Recherche. Oct. 1970)

 

 

“ Le livre de Monod est un livre qui n’apporte rien sur le plan philosophique. Il reprend la vieille thèse scientiste à laquelle j’adhérais quand j’avais douze ans, un peu revue par la biologie moléculaire puisqu’il s’agit du hasard des molécules. C’est du Démocrite, du Darwin, tout ce que vous voudrez: ce n’est rien de neuf. Je dirai même qu’on peut répondre à Monod ce que Huxley qui était pourtant un grand matérialiste, ou en tout cas un grand agnostique, disait du temps de Darwin: plus vous expliquerez le phénomène de la vie et de l’univers par des mécaniques, et plus vous ferez le jeu des théologiens qui vous deman­de­ront comment cet enchaînement causal a été préparé à l’origine »

Rostand

 

D'autres, reconnaissant que  souvent il peut en être ainsi, sont cependant réticents  à admettre qu'il en  soit toujours ainsi. S'il en est ainsi de la diversité des roses, en est-il de même de l'abeille qui butine la rose ou de la dame à qui   la rose est offerte.  L'œil peut changer de couleur, peut fonctionner plus ou moins bien, et ceci à cause de  mutations dues au hasard, on le comprend très bien. Le même type d'explication est-il valable pour l'œil lui-même, pour http://profbof.com/evolution/essai_fichiers/image008.gifl'organe en tant que tel, qui semble bien être la mise en ordre de millions de molécules diverses, dans un ordre bien précis, étape par étape, qui aboutit à une fonction, qui permet, semble-t-il,  de voir

 

 

Gus, ton prof a colligé pour ton information au moins 150 textes de toutes les opinions et de toutes les époques, surtout évidemment du 20ième et 21ième siècle.

Si tu ne les as pas lus, c’est le temps d’y revenir  et t’amuser  à les catégoriser selon les différentes tendances que  Bof est en train de te présenter.

Sur les 150 textes,  3  seraient de tenants de « l’intelligent design ».

 

TEXTES:

 ANCIENS.

MILIEU...  du 20ième siècle

RÉCENTS.

 

 

   Que le but de cet organe, de la totalité de ces mutations, soit  la vision, est une hérésie pour les uns, une évidence pour les autres. Il est vrai que le fait est on ne peut plus mystifiant: le but (la vision) arrive à la fin d'un long processus,  après une évolution de plusieurs millions d'années. (Pour compliquer les choses, la nature a inventé (ou tombé dessus) une vingtaine de sortes d'oeil dont aucune n'est une étape pour l'autre). Tout se serait  fait dans le passé (mutations et sélection) en fonction de ce but qui n'existe pas encore mais ce but non-existant semble bien présider et commander, pourrait-on dire, tout  le  développement et lui donner un sens. Peut-on parler alors de l'influence, de la causalité du futur (de ce qui n'existe pas encore)  sur le passé en train de se faire ? S'agit-il d'une inversion du temps? Le problème échappe à toute forme d'expérimentation et est d'ordre philosophique.  A l'échelle humaine cependant la compréhension de phénomènes semblables (tous nos objets techniques)  est d'une simplicité désarmante. Qu'en est-il dans l'ordre du vivant? Ce serait une toute autre affaire.

 

 

LES OPINIONS

 

À LA CROISÉE DES CHEMINS

 

RÉDUCTIONNISME ET ANTI-RÉDUCTIONNISME.

 

 A) Réductionnisme méthodologique.

 

On n’entend pratiquer dans son champ de compétence particulier  que la méthode dite expérimentale. Autrement dit, n'entre dans la perspective du chercheur que ce qui  (points de départ, principes explicatifs, hypothèses) est, au moins théoriquement, d'ordre expérimental, c'est à dire, d'ordre sensible, perceptible, au  

 

moins théoriquement,  immédiatement ou médiatement, par instrument ou sans instrument.

 

Libre à chacun de fixer le modèle de connaissance qu'il poursuit ou prétend pratiquer quitte à aller le dimanche suivant s'en confesser au temple ou à la mosquée. Chacun est libre de décréter a priori qu'il n'accepte comme vérité (quitte à la définir comme partielle) ou comme objet de son enquête,  que ce qui est mesurable ou peut faire directement ou indirectement l'objet d'expérimentation, au moins théoriquement. La conclusion admissible, dans le cadre professionnel,  sera nécessairement d'ordre matériel et mesurable.

Hors de son laboratoire, ce savant pourra s'ouvrir à d'autres types de connaissance.

De par sa définition la science expérimentale est  méthodologiquement matérialiste.

On comprend que dans cette perspective, le biologiste  qui se veut praticien de la méthode expérimentale ne veuille pas avoir à traiter dans son cours de biologie de la finalité  ou de l’ordre que l’on trouve dans la nature, ce n’est pas matière à expérience sensible, à vérification  en laboratoire mais une question d’intelligence qui s’interroge sur des totalités significatives. Au mieux on pourra s’attendre  à quelques réserves ou modestie quant à la valeur explicative (définitive ) de sa méthode…

 

 

Gus, un chimiste vit un amour sublime, éthéré comme ça ne se peut pas.

  Professionnellement  il compte bien y comprendre quelque chose  selon sa méthode propre. Il s’enquiert sur les changements hormonaux qu’il a du subir, les composantes chimiques de ces hormones qui ont fait battre son cœur à des rythmes insoupçonnés,  rassemble toutes les équations et formules chimiques qu’il peut.

Il soumet la documentation accumulée  à ses collègues…. qui sont épatés par son volume mais  à mille lieux en lisant  cette documentation de soupçonner  le grand amour que vit leur collègue. Celui-ci veut bien continuer à faire de la chimie dans son laboratoire, mais il prend conscience  que  la méthodologie de sa science n’est peut être pas omnipotente pour rendre compte des multiples facettes de la réalité …. Surtout du grand amour qu’il vit…

 

B) réductionnisme dOGMATIQUE

 

A regarder les progrès de la méthode depuis quelques siècles, la tentation est forte de dire qu'elle est  la seule méthode valable et que toute autre forme de connaissance est illusoire et est un relent d'un autre  âge, qu'on stigmatisera facilement  comme mythique, mystique,  théologique ou  philosophique. C'est le pas franchi par  le réductionnisme dogmatique.

La méthode scientifique  n'est plus seulement une méthode  pour tenter d'appréhender  la réalité. Elle est promue au rang de principe... philosophique. Toute explication du réel  pour être valable,  sera en dernier ressort d'ordre expérimental. C'est évidemment une forme de matérialisme. Un jour, espère-t-on,   tout pourra  être réduit aux quatre forces   fondamentales de la matière que la science actuelle reconnaît.

                                                  

 

 

Lewontin

 

"Ce ne sont pas  les méthodes et les institutions de la science qui nous forcent d'une certaine façon à accepter une explication matérielle du monde phénoménal, mais, au contraire, nous sommes forcés par notre adhésion a priori à des causes matérielles à créer un appareil d'investigation et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérielles,  peu importe qu'elles aillent à l'encontre de l'intuition, peu importe qu'elles soient mystifiantes pour le non-initié. De toute façon, le matérialisme est absolu et nous  ne pouvons pas permettre à un pied divin d'entrebâiller la porte."

 

 

 

 

 

« ...J'ajouterai que, si obscures que me paraissent les causes de l'évolution, je ne saurais douter une seconde qu'elles ne fussent de l'ordre naturel....Et alors même que notre science n'arriverait pas à le résoudre (problème de l'évolution) nous n'aurions pas à en conclure  qu'il soit du ressort de la métaphysique."

Encore … Rostand.

 

 

 La tendance sera de toujours ramener ou réduire le supérieur à l'inférieur.  La matière inerte, le vivant, l'animal, l'homme peuvent sembler au commun des mortels comme des sauts qualitatifs dans l'ordre de l'existence.  Si on pouvait prendre ou faire paraître  ces

 

sauts (ou  pseudo-sauts) simplement comme les progrès d'une marche sur terrain plat ! Il n'y a plus rien de nouveau, tout peut se réduire à ce qui l'a précédé. Et on n'a plus ainsi à se préoccuper de la proportion entre les causes invoquées et les effets dont on veut rendre compte..

Dans ce dernier cas, l’intelligent design,  n’a pas de droit  dans un cours de biologie pas plus  que les contes de Perrault. C’est une prise de position  intransigeante  qui n’accepte pas qu’il puisse y avoir d’autre type de regard, philosophique par exemple,  sur la réalité qui soit valable.

 

 Et si on allait au fond des choses…

      Ceux qui croient que toute l’évolution s’explique par le simple jeu des forces matérielles,  des rencontres fortuites, à partir des lois de la physique puisque, comme on n’ose pas partir du néant, (Voir Pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien?) mais de ce qu’il y aurait de plus simple en tant qu’existant, la matière. Les atomes, les forces qui les affectent, Tout ce qu’il y a de plus simple.   Et de là  par d’heureuses  mutations … on  prétend expliquer toute cette évolution qui va des atomes primitifs ou tout le moins  de la boule de feu  que fut la planète un jour,  de là à  toi pi moi, Gus (Gus, ça m’aide à comprendre pourquoi  à l’occasion tu es tout feu tout flamme…) Systématiquement le MOINS  explique  et rend          compte du PLUS   qui est survenu depuis…Encore faut-il être  convaincu  que toi  et moi, Gus, sommes plus qu’une flamme de briquet… ou un orage solaire… C’est l’explication  matérialiste, le mot le dit : de la matière à la vie, de la vie à la sensation, de l’animal  à l’homme. tout n’est que matière et saut  « quantique » de la matière.  Ceux qui adoptent ce point de vue, qui le trouvent satisfaisant pour l’esprit,   lutteront évidemment contre toute conception qui émettrait des doutes  ou  manifesteraient un peu d’étonnement ou entretiendrait dans leur esprit un certain questionnement  devant  dans ces passages sublimés du néant à l’être,  du moindre être  au plus être..  De rien à tout, il n’y a rien là, sinon du hasard et des  sautes d’humeur de la matière.  Dans l’ensemble des témoignages  que Bof a colligés (tu pourras les compter si tu as plus de patience que ton prof) il  y en a peut-être un tiers qui vont dans ce sens.

 

Dans cette perspective  les mécanismes qui expliquent la macroévolution (au niveau des embranchements) sont les mêmes, ne peuvent être autres, que ceux qui  permettent  de comprendre  la microévolution (différence de races et d’espèces).

C'est la thèse de l'horloger aveugle.

Certains ont l'option triomphante,  d'autres un peu honteuse, d'autres résignée (faute de mieux)

 

 

 

Un cas de design

Soit la séquence :

sperme, tuyauterie,  injecteur, érection, émission, orgasme et, dans l’autre individu, vulve, canal afférant, utérus, ovulation, fécondation et  pi … et pi… toi pi moi, Gus,  et quelques autres chanceux qui ont gagné au hasard de cette loterie de la vie…

Considérant cela, regardant cette séquence, (pour éviter le voyeurisme, Gus, disons plutôt, réfléchissant sur cette  séquence), un pur matérialiste, un pur de pur,   flaire une mauvaise odeur, ça pue, ça sent la finalité, peut-être des rapports de moyens à fin,  une séquence fonctionnelle,  un agenda caché, un processus ordonné à un but; ça sent, Gus, l’ordre, l’invention, la créativité, la création, l’intelligence. Dégueulasse  pour certain type d’esprit… qui s’oblige à n’y voir que les nombreux fruits  du Hasard omnipotent qui ne vise rien  mais pas hasard évidemment peut tout faire  avec le temps comme allié. Dans cette séquence  sexée à point on prétend y voir un agenda cachéAllaitement maternel, un complot quelconque  ou  un  coup monté par on ne sait trop qui, peut-être par Allah à moins que ce soit par la CIA.

Une autre petite délicatesse du hasard : en prime dès le premier matin le petit déjeuner est servi   à la chambre comme dans un hôtel de luxe..,

 

Gus, c’est la première Cène, sans Léonard de Vinci,  par un simple coup de pouce ou de pinceau du Hasard qui se prend pour un autre…

 

VOIR une présentation plus explicite  de cette problématique :

       Les douze travaux d’Hercule de la matière inventant  la sexualité des mammifères.

 

 

Le miracle de Saint-Arvida-sur-mer

Arvida est la capitale de l’aluminium. Tu vois, Gus, si tout à coup ou avec beaucoup de temps un lingot  d'aluminium se changeait de lui-même et par lui-même en un petit moteur fonctionnel à quatre pistons … en aluminium évidemment.  Les foules se déplacent pour voir une larme qui coule d’une statue de plâtre : tu vois,  Gus, les foules, les pèlerinages dis-je, les voyages organisés, qui se précipiteraient à Arvida pour voir le miracle de Saint-Arvida-sur-Mer… pour voir le divin lingot…, le tout puissant lingot. Les experts, invités, se sont prononcé : aucun truc, il n’y a bien là que de l’aluminium authentique. Certains prétendent que la chose se préparait depuis des siècles sans qu’il n’y paraisse quoi que ce soit.  Il n’y a rien là. Le temps fait bien les choses. Des physiciens, comme au temps de Youri Geller, pense à changer les lois de la physique, la matière, à  tout le moins l’aluminium, jouirait d’une propriété inconnue jusqu’à maintenant, la puissance de motorisation spontanée. 

 

Un journaliste tente de faire de la copie en parlant « de la légende urbaine » du petit moteur qui s’est fait tout seul… comme un grand garçon.

 

 

 

Joseph Needham. Man a Machine.

 

"La mécanisation et le matérialisme sont les fondements de la pensée scientifique.....Je n'accepte en aucune manière l'opinion que les phénomènes de l'esprit ne supportent pas une description physico-chimique. Tout ce que nous apprendrons jamais, scientifiquement, à leur sujet sera de nature mécaniste...Pour la science, l'homme est une machine; et, s'il n'en est pas ainsi, alors il n'est rien du tout”

cité dans

Fritjof Capra LE TEMPS DU CHANGEMENT, p. 95

 

 

 

C et D.

Anti-RÉDUCTIonnisme

 

Ce sont ceux, qui contrairement à Monod, ne croient pas que le "miracle" soit élucidé "par hasard"  Ils viennent de tous horizons: du fondamentaliste biblique  au généticien ou au  statisticien le plus chevronné en passant par l'homme de foi, par  Socrate, Platon, Voltaire...et souvent par  l'homme de la rue...Certains parlent  au nom de la religion, d'autres au nom de la science, d'autres au nom de la raison et de la  philosophie qu'on est tenté d'identifier au "bon sens". Gus, évidemment c’est ici que l’on pourrait classer les tenants de l’ « intelligent design »

 

 

 

 

Ici les singes sont conscrits pour tenter de dactylographier l'œuvre de Shakespeare. La possibilité qu'une seule protéine apparaisse spontanément est égale, nous dit-on, aux chances qu'un aveugle résolve le cube Rubik...Et cela peut se calculer en nombre d'essais et en temps nécessaire. (pour ce dernier cas, trois cent fois l'âge de la terre à raison d'une tentative par seconde)  Tenter d'expliquer l'origine de la vie  par une multiplicité de hasards aveugles c'est accepter qu'un Boeing surgisse d'un dépotoir traversé par une trombe ou une tornade.  L'énorme multiplicité d'éléments ramenés à un ordre,  à une unité fonctionnelle serait "un miracle" inexpliqué ou à expliquer différemment.

 

Ici des hommes de science et des penseurs  trouvent  cent  façons d'exprimer leurs doutes face au dogmatisme réductionniste et à la tranquille assurance de bien de leurs collègues.  Certains, par exemple,  (Sheldrake)  considère que la créativité "est un sujet qui dépasse les limites des sciences naturelles".  D'autres confessent que "l'évolution n'est pas un problème totalement accessible à la méthode expérimentale." 

On reprend les grands sauts existentiels mentionnés plus haut (matière, vie, animalité, humanité) mais en ayant tendance cette fois-ci à mettre en évidence  l'originalité et l'authenticité  des degrés d'être et de la difficulté sinon de  l'impossibilité  de réduire  le supérieur à l'inférieur même avec la providentielle Sélection qui semble surtout jouer le rôle d’un Deus es machina  à défaut d’autre chose. Le Plus ne peut se dissoudre, pense-t-on, dans le Moins. On est sensible à l'exigence de proportionnalité entre la cause et l'effet. Ci-contre on peut prendre connaissance des variétés d'expressions qui en somme ne visent qu'une chose: marquer l'originalité du vivant et des grands sauts de l'évolution,  là où il y a invention  de nouveaux organes, d'authentiques Plus qualitatifs.  (Voir : Changement en  mode mineur et changement en mode majeur)

 

 

Le vocabulaire

de l"irréductibilité,

 

de ce  qui échapperait au hasard. :

 

finalité,

ordre,

but,

projet,

téléologie, téléonomie, (!)

complexité irréductible,

fonctionnalité,

forme de signification,

design,

intérieur des choses,

information,

accroissement de complexité,

adaptations fonctionnelles,

processus,

programme,

énergie radiale,

Auto transcendance,

élan vital, etc. 

 

 

L’« intelligent design »   dont on parle de ce temps- ci n’est qu’une variation ou une autre façon parmi des dizaines d’autres de manifester les limites ou les insuffisances d’une explication purement et totalement expérimentale et matérialiste de l’origine et de l’évolution de la vie, une autre manière de marquer les limites du hasard,  des mutations qui sont autant d’erreurs de frappe—mais qui grâce, à la toute puissance de la sélection  naturelle a construit  l’univers que nous connaissons… C’est si tu veux une forme de scepticisme face à l’omnipotence du hasard  et le mot design signifie dans le contexte « un plan »  qui évoque à son tour l’idée d’architecte, à tout le moins l’idée d'intelligence  qui pense la fin ou le but et ordonne les moyens en vue de cette fin.

 

Liaison cachée…Honteuse…

Kastler.: “ Longtemps le biologiste s’est trouvé devant la téléologie comme auprès d’une femme dont il ne peut se passer, mais en compagnie de qui il ne veut pas être vu en public. À cette liaison cachée, le concept de programme donne maintenant un statut légal...

 

La plupart  de ceux qui se sont penchés sur le problème ne voient pas d'objections majeures, au moins théoriques, à une évolution de type néo-darwinien au niveau des cadres inférieurs de la systématique (la microévolution), la nature des changements ou des différences pouvant s'expliquer par des causes aléatoires, accidentelles  et "aveugles"(Voir :Recette pour faire un saint-bernard avec un chihuahua à coup de mutations bien sélectionnée)., des doutes cependant subsistent quant  à la macroévolution où  les étapes  de l'Évolution sont  marquées par l'invention de types, de structures  et d'organes nouveaux. Tout le problème ici  porte sur la notion de changement  et surtout de la  qualité  du changement. Évolution dit évidemment changement, mais les changements sont ils tous de même ordre ? Les causes qui ont produit le magnifique colorie des ailes du  geai bleu sont-elles du même ordre que celles qui ont produit l'aile des oiseaux ?

  Si le hasard pur, la matière brute semblent impuissants à expliquer la réelle nouveauté dans l'être ou  l'histoire de la vie,  comment comprendre alors cette nouveauté d'être? L'homme se résigne difficilement  devant le mystère.  Deux grandes voies sont inventoriées parmi les non réductionnistes. Unis dans la certitude  que les causes doivent être proportionnées aux effets constatés, certains auront tendance, pour équilibrer cause et effet,  à majorer la potentialité de la matière dont tout semble surgir. D'autres laisseront la matière à son hébétude, à son statut physico-chimique et chercheront au delà de la matière la cause ultime de ce passage du moins au plus qualitatif  révélé par l'histoire de la vie.

A noter que celui qui pratique un réductionnisme méthodologique  peut adopter comme option philosophique l'une ou l'autre des options suivantes.

 

 

 

 

C.  Immanence

 (variante  antiréductionniste)

L'ordre, la finalité, les processus ordonnés en fonction d'un but, qui se développent dans l'histoire de la vie supposent  une certaine forme de  prévision, de mise en ordre, autant d'attributs de l'intelligence. Cette  potentialité quelconque adéquate au résultat qui est éminemment intelligible, on l'attribue à la Nature, qui est moins bête (ou matérielle) qu'il n'y parait. Elle est plus que ce que révèle l'expérience immédiate, elle est déjà vivante, inventive, chercheuse, en quête de sens, en train de se faire.  Elle est habilitée à produire ce qui va en jaillir ultérieurement. 

 La totalité, le Tout, la Nature,  participe d'une façon quelconque à l'intelligence, intelligence qui s'invente, se cherche, se découvre dans un devenir  constant. La Matière est déjà en puissance (non seulement passive) de tout ce qui en surgira  un jour.  La matière est grosse  du futur, grossesse qui ne se voit pas, donc qui échappe à toute forme d'expérimentation.  On dira qu'il s'agit d'une conclusion philosophique (avec ou sans mépris) à partir de l'impossibilité d'expliquer la genèse de l'ensemble des vivants, dans leurs structures fonctionnelles,  par le seul hasard, on ne peut plus stupide, même aidé par la Sélection.  Si des formes  éminemment ordonnées, fonctionnelles et intelligentes sortent de la matière originelle, il devrait bien y avoir dans la matière  un quelconque pouvoir... d'inventer ce qui en est sorti. Ceux qui sont tentés par l'hégélianisme ou certaines formes de  panthéisme seront séduits  par cette option. A la limite on parlera d'une âme du monde, des pouvoirs du Tout, du Devenir.

 

 

IDENTIFICATION

du Plus

dans  la matière.

 

"idée directrice"

"idée créatrice"

Souffle de l'esprit

Raisons causatrices

force organisatrice

Forme substantielle

levain cosmique

souffle de l’esprit

le "quant à soi" des choses

évolution créatrice

raison se cherchant

dialectique

raisons séminales.

 force créatrice,

force,

énergie vitale

 

.

 

 

D. Transcendance

( autre Variante antiréductionniste)

 .

 

 

 

Ici la matière est par elle-même   impuissante a générer les effets subséquents. L'intelligence qui est à la source de tous les effets éminemment intelligibles que révèle l'histoire de la vie  est en dernier ressort au dessus de la matière pour l'informer, la diriger ou lui donner les aptitudes nécessaires à produire ce que l'on sait. C'est une intelligence non pas en devenir mais en acte, intelligence pure et simple, redevable de rien, Idée platonicienne si l'on veut, source et modèle de tout ce qui est intelligent, de l'intelligible incarné dans les choses comme de l'intelligence  en tant que  faculté de l'homme. C'est l'Acte pur, l'Intelligence pure (sans limite) d'Aristote, suprêmement existante, Être suprême puisqu'il s'agit de comprendre les progrès dans l'ordre de l'existence.

Elle peut être entendue comme cause efficiente première,  cause exemplaire idéale ou fin  attractive.  En termes très simples, trop simples ou trop vrais, le passage du moins au plus ne peut s'expliquer que par un plus quelconque;  si c’est le trou qui fait le canon, il est difficile d'affirmer que c'est le trou qui a fait le canon. C'est l'horloger de Voltaire, le Dieu des religions, l'Absolu des métaphysiques, la Cause des causes, l'Être  qui est être par lui-même et est source d'être, le fondement dernier de toute existence, l’Intelligence qui a conçu  l’ « intelligent design ».

 

 

 

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 Le rapport de cette Cause aux causes secondes quant à l'origine du vivant et  de l'évolution  dans ses phases créatives peut s'entendre de différentes façons:

Une intervention directe : Le Créateur met la main à la pâte,  (C'est le Dieu de l'interprétation  textuelle de la Bible: le Dieu potier qui modèle la pâte  et souffle dessus

Une intervention médiate en conférant des virtualités spéciales à la matière ( les données de l'immanence) pour que celles-ci s'épanouissent à un moment donné. C'est quelque chose du genre qu'évoque saint  Augustin avec ses "raisons séminales", on  peut penser alors  que la matière originelle est comme "grosse" de tout ce qui adviendra. C'est vers  une option de ce genre que semble s'orienter Darwin  à partir de la préface de la sixième édition  de son oeuvre.

Darwin contre le darwinisme

"N'y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d'envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées primitivement par le Créateur à un petit nombre de formes, ou même à une seule?  Or, tandis que notre planète, obéissant à la loi fixe de la gravitation, continue à tourner dans son orbite, une quantité infinie de belles et admirables formes, sorties d'un commencement si simple, n'ont pas cessé de se développer et se développent encore."

Darwin

(Préface  à partir de la sixième édition de L'évolution.... )

 

«Le germe fécondé d’un des animaux supérieurs…est peut être l’objet le plus admirable qui existe dans la nature…Selon ce qu’enseigne la réversion (l’atavisme)… le germe devient un objet bien plus merveilleux encore, car, outre les changements visibles qu’il subit, nous devons croire qu’il renferme une infinité de caractères invisibles… séparés par des centaines ou même des milliers de générations de l’époque actuelle  : et ces caractères, tel ceux qu’on écrit sur le papier avec une encre invisible, sont prêts à évoluer chaque fois que l‘organisation est  perturbé par des conditions connues ou inconnues. » 

DARWIN.

(La variation des animaux et des plantes sous l’effet de la domestication (1868)

 Cité dans Gould. Quand les poules auront des dents. P.203 )

 

D'autres cependant évaluent différemment l'impact culturel de l'œuvre de Darwin.

 

"Darwin nous donne les moyens d'être des athées intellectuellement comblés" Dawkins...(Le gène égoïste )

 

 

On peut imaginer une troisième variante soulignée par certains astrophysiciens: les lois de la matière inerte sont toujours aussi "débiles" mais dès le départ elles ont été calculées avec une précision d'une telle finesse  que  de leurs interactions  devaient nécessairement  en jaillir les effets que l'on connaît.

Une super-intelligence connaissant  les données initiales (ou les produisant)  aurait pu prévoir  la vie sur la planète terre en l'an X du Big Bang.

http://www.profbof.com/evolution/sqhereti_fichiers/image030.gif

 

Apparition du carbone et de la vie...

"On pourrait comparer la précision de ce réglage à l'habileté d'un archer qui réussirait à planter sa flèche au milieu d'une cible carrée d'un centimètre de coté, éloignée de 15 milliards d'année-lumière, la taille de l'univers..."

T. Xuan Than, La mélodie secrète, p. 286

 

http://www.profbof.com/evolution/sqhereti_fichiers/image032.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 IL Y A DEUX NIVEAUX D’EXPLICATION DANS LE PHÉNOMÈNE DE L’ÉVOLUTION.

Le  niveau du bricolage, du fignolage,  de la MICROÉVOLUTION  qui  peut très bien s’expliquer par le hasard ou des erreurs de frappe, des mutations  accidentelles dans le code génétique. C’est le niveau  où les sciences expérimentales sont en mesure d’accumuler  des preuves qui sont à leur portée. C’est le niveau  de ce qu’on appelle communément la microévolution… qui correspondrait  à la diversification  des différents types de voitures automobiles… On est au niveau du modèle. Plus gros, plus petit, telle forme d’aile,  chrome ou pas, velours ou cuir, forme du volant, largeur des pneus…. En somme tout  ce qui peut distinguer les centaines de marques de voitures… et qui font tout pour se distinguer des concurrents. Mais c'est toujours une automobile. Gus, toutes ces attributions ou différentiations,, n’exigent pas la force intellectuelle d’un Einstein, ou d’un inventeur de talent, d’un Edison, ou d’un   Daimler. Gus, il ne vient à la pensée de quiconque de  comparer ces génies créateurs avec le talent du Président de Général Motors  ou de stylistes qui décident des couleurs ou des dimensions du modèle de l’année. C’est ce type ou ce niveau de différentiation  qu’on entend par le niveau du bricolage… De la frime autour de l’essentiel. Une fois l’automobile inventée, tout le monde peut  s’amuser à fignoler,   faire des transformations  mineures (au plan de l’invention) qui sont sans vouloir insulter quiconque,  de la possibilité  du HASARD,  même  la température peut s’y mettre pour changer la couleur,  et un poteau peut apporter des déformations définitives. A la limite ce pourrait être le fruit du hasard : toutes les races de chiens, pourtant si diverses, allons plus loin, le chien et le loup, encore plus plus loin le chat et le chien… et tous les mammifères représentent tous des différents modèles  du même type de vivant,  du même ensemble d’organes comme les modèles de voitures. Gus, à part ta brillante intelligence, Bof ne voit pas grand différence  entre toi et un singe (tu as l’air moins comique cependant), un lion (tu as la crinière plus courte), un hippopotame (tu as le nez plus délicat) etc… Mais si tu vois le tout au niveau d’un ingénieur ou d’un inventeur,  c’est passablement du pareil au même, le même système extrêmement ingénieux (du vrai génie dans la matière), le reste  des changements pourraient à la limite s’expliquer par des causes indignes d’un véritable ingénieur… qui veut laisser sa marque. Une fois le modèle mammifère inventé,  avec son ensemble d’organes bien défini et bien raccordé,  des causes  accidentelles, des mutations dues au hasard, des erreurs de frappe peuvent expliquer toutes les variations du modèle « mammifère ». Gus, la copulation  entre éléphants c'est bien gros, impressionnant, mais dans notre espèce c'est pour l’essentiel la même chose mais, disons, « miniaturisée » passablement, ce qui entraîne pour certains frustrations et humiliations. Mais pour l’essentiel c'est du pareil au même. Gus, on peut se rendre quelque part en grosse bagnole ou en petite voiture, l’important, l’essentiel c'est que ça fonctionne… grâce aux génies qui ont inventé l’automobile avec son « set d’organes » qui se retrouve toujours le même pour l’essentiel.  

 

 

Et la macroévolution. 

 

Il en est tout autrement quand l’on quitte la microévolution pour aller vers la macroévolution, celle qui va de l’atome, à la cellule, à l’invention et à la  multiplication  des organes extrêmement fonctionnels, qui va à l’organisation  d’un vivant à une cinquantaine d’organes différents et variant d’un  embranchement à l’autre Ici nous passons logiquement ou métaphysiquement  ou philosophiquement   de l’atome au métal, Gus, ici on a affaire à des progressions d’un ordre bien différents et qui exigent  des causes proportionnelles pour expliquer l’immense invention et créativité qui s’y déploie. Tout le monde est en mesure de voir un progrès dans le passage de la trottinette au vélo, à l’automobile,  à l’avion, à l’hélicoptère, à  la fusée, etc. Mais bien malin qui peut prétendre que ce sont  des erreurs de fabrication en ligne qui ont  causé le passage de l’une â l’autre.  C’est à ce niveau (les règnes, les embranchements, les classes) que  bien des spécialistes  avouent ne pas pouvoir imaginer les mécanismes mis de l’avant par le néodarwinisme   peuvent en rendre compte. Il faut imaginer comme disait autrefois Rostand des mutations monstres qui sont autant de créations.  Et plusieurs ont renoncé  à l’espoir de ramener toute la diversité du monde vivant à une souche unique (Polyphylétisme et monophylétisme). On ne sait même pas comment imaginer les transitions possibles.  Par ailleurs  l’apparition du vivant  à partir de la simple matière parait tellement extraordinaire ou « miraculeux »  qu’on hésite à multiplier les miracles….  Et si cela s’est produit une fois, pourquoi pas deux, dix, vingt…!

 

 

Addition mai 06.  

A propos de certains  modes de connaissance…

                     Ou différents cheminements dans la quête de la vérité

 

Bof, d’où viennent les moteurs ? Comment ça se fait que ça existe ?

 

Gus, il y a en principe trois types d’explication qu’on peut retrouver chez les uns ou les autres…

 

 

Moteur à explosion

CONNAISSANCE PAR témoignage.

Ton Prof a déjà visité les usines Ford à Détroit. Tu ne l’as pas vu, tu n’étais même pas au monde. Mais comme tu as confiance en ton prof, tu crois son témoignage quand il te raconte tout ce qu’il a vu  et  tu sais maintenant d’où viennent  et comment se font les moteurs, en particulier celui de la vieille Ford que ton père vient de t’acheter pour la bricoler… et t’initier à la mécanique.

Remarque que tes belles connaissances scientifiques dont tu es si fier sont d’une certaine manière, pour toi du moins, des connaissances par témoignage. Tu as expérimenté très peu des « faits » dont on te parle. Tout ton savoir repose en somme sur  l’acte de foi que tu fais  dans le témoignage  de tes profs qui te disent qu’un tel savant a fait telle ou telle expérience. Ton Prof de chimie pour tout ce dont il n’a pas expérimenté lui –même  fait foi à ses sources de documentation et à ce que d’autres ont rapporté avoir fait. Il fait confiance raisonnablement à certaines sources  qu’il consulte, d'autres ne lui paraissent pas dignes de confiance, dignes de sa foi.

 

 

Vishvarupa, The Cosmic Man as Envisaged in the Bhagavad GitaLa croyance  religieuse

est un peu du même ordre et elle  repose  ultimement

et uniquement sur la foi dans le ou les   messagers  qui ont écrit les livres clefs de telle ou telle religion. Toutes les religions ont leur récit de la Genèse et leur Grand Livre ou leur tradition orale..  et tentent  de nous dire d’où vient ce grand moteur qui pourrait s’appeler l’Univers ou  le Monde.  Adhérer à ces témoignages suppose un acte de foi dans l’authenticité et dans  l’honnêteté du  Témoin que l’on privilégie (selon les religions).

 Ces textes, anciens, d’une autre époque, d’autres mentalités ou avec des préoccupations et des buts variés,  se prêtent à différents types d’interprétation… Des plus littérales aux plus analogiques ou symboliques. Ou même poétiques.  Et chacun peut y trouver ce qu’il cherche…

 

(Gus. Voir à propos des problèmes d’interprétation dans un autre contexte mais toujours valable : TEXTES RELIGIEUX)

 A noter : quelques rares textes dans la masse des  textes colligés par ton Prof sont de cette catégorie.

 

Connaissance par expérience,

 La connaissance commune qui est obtenue par nos sens et notre perception  (« je l’ai vu de mes yeux vu »;  aussi la connaissance scientifique dans le sens moderne du terme. La science courante aime à se définir comme science expérimentale, c'est-à-dire que les points de départ (expérience initiale) et les points d’arrivée (hypothèses ou théories) doivent  relever éventuellement de l’expérience  dite sensible  (au moins théoriquement ou indirectement par la médiation d’instruments).  Pour la science,  le Big Bang est d’ordre expérimental, aurait du au moins être entendu si quelqu’un avait pu tendre l’oreille…Et mesurable en plus … si les instruments avaient préexisté…on ne sait jamais…

Il est difficile de ne pas reconnaître la valeur de ces démarches… et des succès que la méthode a  remportés.

 

Deux attitudes philosophiques à propos  de cette forme de connaissance. Tel que vu plus haut..(Bof s’excuse d’y revenir mais c'est une distinction  très importante)

         1. Les dogmatiques qui prétendent que c'est la seule connaissance valable  et possible. Ce n’est pas une vérité expérimentale ou expérimentable mais une option philosophique. Vue dans cette perspective, toute l’explication de l’évolution, du fait et des mécanismes de l’Évolution ne peut s’expliquer que par la rencontre fortuite de causes  matérielles,  donc d’ordre théoriquement et ultimement sensible,  et exclut toute intervention intelligente pour expliquer le « semblant » de finalité ou d’ordre apparent qui n’est évidemment qu’un faux-semblant.

 

          2.  Ceux qui pratiquent la méthode et en observent les règles mais admettent la possibilité d’autres modes d'accès à la réalité ou d’explication valable d’un autre ordre.  Ces scientifiques sont plus sensibles aux limites  de la valeur explicative de leur méthode.  Dans leur laboratoire ou dans leur enseignement ils ne se servent que des outils de leur coffre à outils  professionnels.  De ce qu’ils avancent; certains le disent crûment et semblent s’excuser : Que voulez-vous, on ne peut rien dire d’autre ?… si on reste fidèle à notre méthode… ou quand je donne un cours « de science expérimentale » (Rostand est un témoin exemplaire de ce point de vue)

   (la plupart des textes, surtout récents que tu trouveras dans  ce site,  reflètent ces deux types d’attitude « scientifique » Voir en particulier : Adorateurs et hérétiques (Gus, tu peux t’amuser à  partager les attitudes en lisant ou relisant les textes »)  

 

Pour comprendre  l’Évolution d’un point de vue du matérialisme scientifique, imaginons une hypothèse  où il aurait atteint ses objectifs  au plan de l’explication  de l’évolution.  Revenons, Gus, à notre exemple du moteur  pour l’expliciter de deux façons différentes :

 

 

 

Des savants à la recherche d’une religion

 

Au principe des choses : la connaissance ou l’ignorance absolue ?

 

« Au commencement était le Logos » dit saint Jean – et la Gnose. (Gus, logos : parole, pensée; gnose : connaissance) 

Non, répondent les antignostiques. Au commencement était la lettre (ou plutôt les lettres)  et le logos en naquit.

 

Au commencement était la Vie, la Volonté_

 Non répondent les biologistes antignostiques.

Au commencement étaient les Molécules autoreproductrices, et la Volonté de vivre en sortit»

 

« Au commencement était l’Ordre ou le grand ordonnateur, ou l’antihasard ou la Conscience ou la subjectivité cosmique » disent les Gnostiques.

Non répondent les scientistes : au commencement était l’Aveugle absolu, la Désinformation et l’Information sensée en sortit, après que se fut formé, par pur déterminisme, un  Grand ordinateur matériel. »

 

Le tour de passe-passe antignostique.

 

Quel est le secret du tour de passe-passe antignostique ? Il réside en ceci, que les anti-gnostiques prétendent que le hasard se canalise lui-même, sans canaliseur, qu’il se capte sans capteur, qu’il choisit sans choisisseur, qu’il sélectionne sans sélecteur, ou que les capteurs, canaux, choisisseurs, sélecteurs se forment aveuglément et captent et sélectionnent aveuglément.

 

Or un domaine de subjectivité, de conscience, est le seul capteur possible, qu’il agisse directement ou par liaisons imposées et interposées. » 

 

Raymond Ruyer, La gnose de Princeton. Des savants à la recherche d’une religion. …1974…

 

Gus, mets ton imagination au travail.

Imagine l’hypothèse suivante qui n’est pas du tout farfelue. On  a dit qu’il y avait  des usines totalement automatisées au Japon. Tout est mécanisé au point tel  que la nuit   on ferme les lumières…

.

Suppose qu’une telle usine existerait pour la fabrication des moteurs et toi, qui cherches  toujours  à comprendre l’origine des moteurs, tu visites,

pour enfin y comprendre quelque chose, cette usine… en plein jour évidemment.

 

De ton poste d’observation, tu es témoin de toutes les opérations, comment chaque appareillage à l’oeuvre est  mu par un autre qui lui aussi est mu.. et les effets  se succèdent et s’enchaînent les uns aux autres. Cette multiplicité d’opérations apparemment disparates finit par faire un moteur. D’un certain point de vue, tu es satisfait : tout est clair, tout est visible, tout est constatable : à une extrémité tu vois la matière première, tu vois les  convoyeurs automatiques   qui amènent  ces minerais vers la fonderie, tu vois  les fours, les  courants qui alimentent ces fours,  les  godets  qui se déplacent pour  transporter le métal liquide vers les moules, dont tu peux voir tous les robots qui s’agitent pour leur donner ces  formes. Ensuite tu vois toutes les étapes  du démoulage se faire mécaniquement,  tous les mouvements se comprennent facilement par les mouvements de pièces antérieures qui s’enchaînent  par bielle, engrenage, bras mobiles. Toutes ces opérations sont immédiatement constatables et peuvent être vues « de nos yeux vues »  Et tout à l’étape finale, des bras mécanisés, robotisés, mettre toutes les pièces du moteur  à leur place, et un expert comprendrait mieux que toi et moi, Gus, moi en tous cas, en analysant  les puces électroniques qui sont dans bien des cas une « ultime » explication  de tous ces mouvements qui finissent pas assembler  les parties, assurer la jonction  des morceaux du puzzle que constitue le moteur.….

 

 

Une chaine de montage en légo pour faire un ski-doo … en lego.

 

Y a rien là. Mais le vrai miracle ce serait que les pièces de légo à force de les brasser ou envoyer en l’air tombent   pile tout à coup (ou du moins une fois)  pour  réaliser cette chaîne de montage… qui est évidemment une insignifiance amusante si on la compare au moindre organe d’un vivant, à une simple jointure par exemple… .pire à trois jointures pour faire un doigt,  pire à cinq  doigts pour faire une main, pire   au bout de la main un bras …. Rattaché à … Ça  ça serait du miracle, du beau et bon miracle.… Du vrai de vrai. Pas des amusements pour adolescents déprimés  qui aiment bien montrer qu’ils ont du génie…un certain génie créateur.

 

Devant un tel spectacle, Gus, tu serais épaté, et tu aurais  raison.  C’est évident, cette réalité matérielle qu’est un moteur, est manifestement le résultat de toute causalité également matérielle et du même ordre. Un magnifique spectacle, un panorama  des virtualités multiples de la matière… tout ceci peut se faire dans un mois ou dans une heure…

Avec ton sens de la mécanique, Gus, tu constates que tout est éminemment vraisemblable, et surtout éminemment réel, constatable. Enfin tu l’as vu de tes yeux vu.  Tu saisis maintenant pour l’avoir vu comment sont fait les moteurs. Tu pourras décrire à tes amis toutes les forces chimiques et physiques et techniques qui rendent compte de l’existence, de la création pourrait-on dire, du moteur de ta vieille bagnole.

 

Une science expérimentale de l’évolution qui serait achevée pourrait te faire voir dans un diaporama semblable toutes les successions des étapes qui ont conduit, tous les éléments chimiques à l’oeuvre qui ont conduit… à toi et moi, Gus.

Et si tu insistes pour voir le spectacle en profondeur,  regarde dans les microscopes les plus puissants au niveau de la cellule,  des gènes, de l’ADN et tu verrais une réplique  miniaturisée de l’usine automatisée

que je viens de te faire visiter…  tout ne serait que séquences d’opérations chimiques qui aident à comprendre toute l’évolution.

La science n’en est pas là dans son effort de réduction physico-chimique… mais peut-être qu’un jour…

Certains exulteront de joie devant un tel spectacle… D’autres…se poseront encore des questions, toujours les maudites questions.

Gus, à retenir : l’esprit peut inventorier à l’infini, il peut passer facilement à coté de l’invention.

 

Réflexion supplémentaire : Voir

                        Adopter le matérialisme pour la beauté du spectacle *

 

Et la connaissance Philosophique.

Gus, ça fait au moins 10 ans que tu as l’âge de raison. Félicitations. Ton quart d’heure de gloire est arrivé…

Reprenons la visite de cette belle usine où l’on pouvait constater « de ses yeux vu » toutes les étapes  de la production d’un moteur… Tous les éléments étaient en place … des minerais  qui attendaient au point de départ jusqu’à la  sortie du moteur frais peint à l’autre extrémité.  Rien que du sensible, robots, filages, courroies, bras mécaniques;  tout arrivait à temps, à son tour, au besoin.

 

Gus, n’avais-tu pas une question  en tête au moins quand tu es revenu chez toi… la tête refroidie après le manège étourdissant que tu avais mille raisons d’admirer. Cette totalité fonctionnelle d’où tient t-elle son organisation complexe,  une bielle d’elle-même peut-elle rendre compte de sa position à l’endroit précis où elle est utile et fonctionnelle.  Une vérité te saute au yeux (de l’esprit cette fois-ci), à ton intelligence, (ce qui t’honore), il y a une intelligence quelconque qui a ordonné tous les moyens en fonction de cette fin.

Gus, réjouis-toi,  tu viens de recevoir ton diplôme d’intelligence 101 et tu es devenu philosophe…Tu aurais demandé  à voir cette intelligence à l’oeuvre…? On aurait pu te faire poirotter; te montrer  bien visibles les plans  sur beaux papiers parchemin; même aller plus loin te montrer un film qu’on a conservé montrant les bras et les crayons  traçant les plans,  les doigts pianotant  sur un clavier d’un logiciel de dessin, etc… tout en somme pour t’en mettre encore une fois plein les yeux.  Évidemment tu n’es pas satisfait, on te sous-estime et tu demandes plus ? Ce plus, invisible, dont on ne perçoit que les effets et dont on a conscience de son fonctionnement  quand on se met à réfléchir … C’est dans notre usine, ce qui est le moins visible, invisible même, à moins qu’on veuille ultimement la réduire à des neurones bien visibles … qui n’expliquent rien… sinon physico chimiquement, autant dire nullement.  L’idée de moteur qui se réalisera à la fin était au principe de toute l’organisation  des moyens qui a conduit à l’édification de notre usine totalement mécanisée…  Maintenant ton questionnement porte sur le TOUt,  sur l’Ordre, qui donne un sens aux parties.

Être philosophe, Gus, c'est simplement savoir se servir de sa tête, pardon de son intelligence et la faire porter sur l’essentiel, lui faire voir l’ordre, l’unité, la finalité d’un tout complexe. Le bon sens qui  est au bout de son questionnement… Et respecter cette loi fondamentale, que les causes qu’on invoque soient proportionnées aux effets dont elles doivent rendre compte.

 

 (Voir Gus, ce qui a été  précédemment dit sur les changements accidentels ou non signifiants, non finalisés et les changements substantiels et signifiants. Un changement de couleur ou de grosseur ou  une déformation quelconque dans un bec ou  un nez , tout ce qui fait les différences dans ce qu’on appelle la microévolution au niveau des genres et des espèces , (les différences que Darwin constatait d’une île à l’autre aux Galápagos)   ne s’explique pas avec  les mêmes causes où on a affaire à des changements  radicaux (qui impliquent  des organes nouveaux (plus compliqués que l’usine automatisée)  équivalents à des transitions hypothétiques qui iraient pour garder nos exemples au niveau de la mécanique, de la  trottinette, à la bicyclette, à la voiture, à l’avion., à la fusée (le tout par mutation fortuite)

 

 

 

Gus, pour revenir à l’Intelligent design tel qu’on l’enseigne ou le pratique aux États-unis,  c’est de vouloir intégrer les réflexions que l’on dit ici « philosophiques » dans les cours  ou les programmes de biologie expérimentale. Dans le cours officiel, on entretient une crainte, en sens inverse,  que les profs ne fassent aucune distinction entre  la méthode scientifique et la philosophie que certains en tirent.. souvent sans se rendre compte  qu’ils font de la philosophie… en classe de biologie.. Gus,  les craintes ou les préjugés ou les convictions sont à double sens. Sinon à triple sens, si on ajoute les préoccupations matérialistes ou spiritualistes.

 

Gus, si tu veux en connaitre plus sur ce mouvement « intelligent design », tu peux aller consulter http://www.discovery.org/scripts/viewDB/index.php?command=view&id=2640&program=CSC  où tu trouveras un résumé de plusieurs articles et livres sur le sujet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hymne a Mr. hasard

1.  Hasard en voyage

2.  Hasard  vivant parmi les vivants

3.    Litanies     

        et    (b)  Adorations

4. Azar au Bordel    

4b. Testicules et  vocation

4c. Érection à tout  vent

4d. Orgasme à tout coup

4e. Sexe et coloration de la peau

 

5. Adorateurs, Apostats et Hérétiques

6.  TEXTES:

 ANCIENS.

MILIEU...  du 20ième siècle

RÉCENTS.

 

7.  ESSAI : hasard et finalité

8.   Hasard et finalité (suite)

 

9.   Du néant à l’être.

       Histoire romancée du premier atome

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF >>>

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés>>>>

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

(récents)

islam, islamisme, mahomet et le coran.

Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

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