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Essai

 

Hasard et finalité

 

 

Introduction

 

L'"hypostase" comme principe d'explication

 

Pour certains il est facile de tout comprendre, de tout expliquer et d'interdire même au doute de faire surface,  il suffit de mettre une majuscule à un terme abstrait (Hypostasier une abstraction  en termes savants). On fait appel au Hasard, à la  Sélection, à la Vie, au Progrès, à l’Émergence, à l'Évolution  et le tour est joué. Le même terme  sert à indiquer un fait et sa cause. Ces nouvelles divinités mises en place, l'intelligence est satisfaite et peut continuer à ronronner. Il suffit de faire appel au Progrès pour  comprendre l'histoire de l'automobile (Daimler, Diesel, Dunlop peuvent aller se rhabiller) et pourquoi pas tout simplement la Fabrication (1); l'origine du vivant s'explique par la Vie, comprendre comment on est passé de l'amibe à l'éléphant, pas de problème, c'est l'Évolution. Expliquer  tous ces changements qui jalonnent l'histoire de la vie sur notre planète, aucun problème: ce sont les Mutations. Ces dizaines d'organes qui permettent aux animaux supérieurs d'être ce qu'ils sont ne sont que  l'effet de "Heureux Hasards" couplés à la "Providentielle Sélection". A un certain niveau de formation ou selon un certain style de formation,  il est étonnant de voir comment on a facilement réponse à tout. Il convient, semble-t-il, de se montrer plus exigeant,  d'aller au delà des mots, des majuscules et de se plonger dans la réalité. Il importe  de poser et de regarder  le problème  qui nous occupe ici en collant le plus près possible aux faits connus et de se plier à certaines exigences élémentaires de la compréhension.

 

(1)Gus, remarque que l’automobile s’explique mieux par les fabriquants que par la Fabrication.

 

 

 

 

H

 

         S

 

 

      V 

 

 

   P

 

        e

 

 

FAIT et Mécanisme...

 

Il est  incontestable que la vie a commencé sur terre. (Ou ailleurs si l'on croit à la panspermie ou aux élucubrations réaliennes; dans ce cas on ne fait que reporter le problème). Il est incontestable    qu'il y a eu  passage du simple  au complexe, du microscopique au mastodonte. On se trouve aujourd'hui devant le feu d'artifices (ce n'est pas une explication, j'ai oublié le F majuscule) de la vie, devant une  multiplicité des formes vivantes qui dépasse de loin l'imagination d'un Goya ou d'un Breughel. Les spécialistes ont étiqueté plus d'un million d'espèces animales, près d'un demi million d'espèces végétales (toutes avec nom et prénom en latin, s.v.p.). Et ce n'est pas fini.  Si l'on pouvait accélérer le film de ce développement, on aurait l'impression de voir un ruisseau qui se change 

Gus, cette image d’un ruisseau est assez éloquente mais… .ne pas oublier qu’il serait plus juste de faire monter le ruisseau.

De la matière primitive  à toi  et à moi, Gus, il est difficile de ne pas considérer cette évolution comme un quelconque progrès ou comme une élévation… de niveau..

Dans l’exemple ci-contre la gravité explique tout. Bof aurait été moins convaincant mais plus près de la réalité s’il avait pu, en partant de la mer ou d’un désert de sable, te présenter une succession de formes, plus belles les unes que les autres qui se transforment progressivement  sous la force d’une anti-gravité qui fait que spontanément se forment  à partir des sables ou de l’eau, des châteaux, des cathédrale,  toi pi moi, Gus., etc.

rapidement en torrent et qui s'efforce d'occuper toutes les  embrasures, fissures,  failles, faiblesses, formes des rochers environnants.  C'est comme si  tous les possibles, tous les imaginables, toutes les cases disponibles dans le monde virtuel des formes et de l'invention  avaient été explorées, occupées, inventées jusqu'aux limites du vraisemblable. Et le tableau est cumulatif s'il est exact que la vie moyenne d'une espèce est de dix millions d'années.  Cette succession, si l'on pouvait en prendre conscience serait étourdissante. Comme si cette force déchaînée (mais pas pressée) s'était donné comme vocation d'occuper non seulement  l'espace mais également le temps. De nombreuses structures fondamentales, éminemment distinctes les unes des autres, sont d'abord données comme des  thèmes  symphoniques sur lesquels l'avenir aura à broder. On se permet de bricoler, de fignoler, d'exploiter en milliers de variations le thème  initialement posé. Vu ainsi de haut, le film de la vie ressemble plus au développement d'une symphonie qu'à un jeu de blocs. Il semble bien incontestable que toute cette invention et  ce jaillissement de formes, le développement de ce film, de ce poème dédié aux possibles,  se soient étalés sur des centaines de millions d'années; on conserve dans ces temples du passé que sont nos musées bien des vestiges (une infime partie cependant) qui remontent  au cambrien, à quelques 650 millions d'années, où le sol et le roc ont pu  garder le souvenir d'une cinquantaine de types, de structures fondamentales (embranchements ou phylum)  de vivants bien distincts, plus qu'on en retrouve aujourd'hui.

 

Déjà à cette période les grands thèmes de la symphonie ou des symphonies de la vie sont déjà bien en place. On aurait aimé voir une période où les musiciens  conscrits par la Nature accordaient leur violon...

Même si on en perd la trace, l'histoire de la vie remonte bien  au delà du cambrien. On entre alors dans la zone de la spéculation et de la mise en scène. 

 

Dans les sites les plus anciens  datant du cambrien (  le  Burgess Shale Fossils en Alberta, Canada et le site Chengjiang en Chine) on retrouve une cinquantaine de phylum, alors qu'aujourd'hui on n'en compte  que 38.

Ceci fait dire à certains qu'on assiste à une inversion de l'arbre de l'évolution.

 

 

S'il est assez facile de constater et d'admettre  le fait de l'évolution, il n'en va pas ainsi du comment, de la compréhension du ou des mécanismes qui sont à l'origine de cette transformation, de son étendue  et de son ampleur (monophylétisme ou polyphylétisme, une ou plusieurs souches primitives, arbre ou forêt)    Ici généticiens et mathématiciens se livrent à de savants calculs de probabilité. Les hypothèses sont multiples  et les désaccords  sont profonds tout comme les ignorances.

 

 

Des évolutionnistes convaincus avouent sans gène leur ignorance. Rostand  n'hésite pas à affirmer "qu'il faut avoir le courage de reconnaître que nous ignorons tout du mécanisme de l'évolution." Il ajoute qu'il faut concevoir comme transition des mutations monstres qui sont pratiquement des créations. Cinquante ans plus tard, aurait-il changé d'idée? Il est permis d'en douter.  Les progrès récents de la génétique élucident-ils le mystère ou nous y enfoncent-ils  davantage ! Certains ( Gould ) avouent même qu'ils sont incapables d'imaginer les transitions nécessaires pour les grands sauts évolutifs ***

 

***Allons-y par étapes...

Amusons nous au jeu des mutations...

On demande  d'imaginer  une centaine d'étapes (toutes utiles puisque chacune doit se conserver) qui aboutissent   à une jointure qui sera finalement fonctionnelle à  la centième étape (forme des os, cartilage,  musculation, innervation, etc.)

Suggestions....comme point de départ:

 un os droit qui progressivement se fractionne...?

deux os qui se rapprochent,  s'adaptent progressivement...?

un tissu mou qui se solidifie...? etc.

Le tout évidemment par pur hasard, sans aucun projet, ni finalité, ni intention d’arriver à « une jointure » quelconque.. Cent coups de chances…

 

Nous sommes ici sur le terrain de la spéculation, de la confrontation,  confrontation méthodologique parfois, le plus souvent idéologique et cela autant de la part des sages, des croyants, des philosophes ou des hommes de science.  Le terrain est balisé de part et d'autre d'a priori qu'il importe de connaître. (voir les textes si on ne les a pas lus: Hérétiques et adorateurs.)

 

 

 

 

Attitudes

Tranquille assurance  et  doute persistant

 

Comment comprendre le fait de l'évolution ?  Ici s'opère une scission importante entre savants, entre philosophes, entre tous ceux, amateurs ou professionnels qui se sont penchés sur le problème....Pour certains, grâce aux progrès récents en génétique,  tout est d'une simplicité admirable et il n'y a plus rien à comprendre ou à expliquer. Grâce au néodarwinisme en particulier, le mystère est élucidé. Qu'il  s'opère des changements dans le vivant, c'est un fait; que ces changements soient  le fait de  hasards dont on peut calculer la fréquence,  c'est un fait. Il suffit alors de s'imaginer une succession de changements (mutations) et dont quelques uns (à la limite une faible minorité)  confèrent  un tout petit avantage dans la lutte pour la survie. Et d'additions en additions, de petits progrès s'additionnant aux progrès précédents, on peut comprendre au moins en principe  la diversité des espèces actuelles.

Il suffit en somme de se donner une unité quelconque, un principe de multiplication ou de sélection et alors aucun nombre n'échappe à notre portée. Chaque espèce ne serait qu'un numéro chanceux sorti de la loterie de la vie. Pour Monod, " Le miracle est "expliqué"; (même s'il)  nous parait encore miraculeux." (La Recherche. Oct. 1970)

 

 

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D'autres, reconnaissant que  souvent il peut en être ainsi, sont cependant réticents  à admettre qu'il en  soit toujours ainsi. S'il en est ainsi de la diversité des roses, en est-il de même de l'abeille qui butine ou de la dame à qui   la rose est offerte.  L'œil peut changer de couleur, peut fonctionner plus ou moins bien, et ceci à cause de  mutations dues au hasard, on le comprend très bien. Le même type d'explication est-il valable pour l'œil lui-même, pour l'organe en tant que tel, qui semble bien être la mise en ordre de millions de molécules diverses, dans un ordre bien précis, étape par étape, qui aboutit à une fonction, qui permet, semble-t-il,  de voir.   Que le but de cet organe, de la totalité de ces mutations, soit  la vision, est une hérésie pour les uns, une évidence pour les autres. Il est vrai que le fait est on ne peut plus mystifiant: le but (la vision) arrive à la fin d'un long processus,  après une évolution de plusieurs millions d'années. (Pour compliquer les choses, la nature a inventé (ou tombé dessus) une vingtaine de sortes d'oeil dont aucune n'est une étape pour l'autre). Tout se serait  fait dans le passé (mutations et sélection) en fonction de ce but qui n'existe pas encore mais ce but non-existant semble bien présider et commander, pourrait-on dire, tout  le  développement et lui donner un sens. Peut-on parler alors de l'influence, de la causalité du futur (de ce qui n'existe pas encore)  sur le passé en train de se faire ? S'agit-il d'une inversion du temps? Le problème échappe à toute forme d'expérimentation et est d'ordre philosophique.  A l'échelle humaine cependant la compréhension de phénomènes semblables (tous nos objets techniques)  est d'une simplicité désarmante. Qu'en est-il dans l'ordre du vivant? Ce serait une toute autre affaire.

 

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LES OPINIONS

 

À LA CROISÉE DES CHEMINS

 

 A) Réductionnisme méthodologique.

 

On fait profession de ne faire que de la science expérimentale. Autrement dit, n'entre dans la perspective du chercheur que ce qui  (points de départ, principes explicatifs, hypothèses) est, au moins théoriquement, d'ordre expérimental, c'est à dire, d'ordre sensible, perceptible immédiatement ou médiatement, par instrument ou sans instrument.

Libre à chacun de fixer le modèle de connaissance qu'il poursuit ou prétend pratiquer quitte à aller le dimanche suivant s'en confesser au temple ou à la mosquée. Chacun est libre de décréter a priori qu'il n'accepte comme vérité (quitte à la définir comme partielle) ou comme objet de son enquête,  que ce qui est mesurable ou peut faire directement ou indirectement l'objet d'expérimentation, au moins théoriquement. La conclusion admissible sera nécessairement d'ordre matériel et mesurable.

Hors de son laboratoire, ce savant pourra s'ouvrir à d'autres types de connaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B) réductionnisme dOGMATIQUE

 

A regarder les progrès de la méthode depuis quelques siècles, la tentation est forte de dire qu'elle est  la seule méthode valable et que toute autre forme de connaissance est illusoire et est un relent d'un autre  âge, qu'on stigmatisera facilement  comme mythique, mystique,  théologique ou  philosophique. C'est le pas franchi par  le réductionnisme dogmatique.

La méthode scientifique  n'est plus seulement une méthode  pour tenter d'appréhender  la réalité. Elle est promue au rang de principe...de principe philosophique.

Toute explication du réel  pour être valable,  sera en dernier ressort d'ordre expérimental. C'est évidemment une forme de matérialisme. 

Lewontin

 

"Ce ne sont pas  les méthodes et les institutions de la science qui nous forcent d'une certaine façon à accepter une explication matérielle du monde phénoménal, mais, au contraire, nous sommes forcés par notre adhésion a priori à des causes matérielles à créer un appareil d'investigation et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérielles,  peu importe qu'elles aillent à l'encontre de l'intuition, peu importe qu'elles soient mystifiantes pour le non-initié. De toute façon, le matérialisme est absolu et nous  ne pouvons pas permettre à un pied divin d'entrebâiller la porte."

 

Un jour, espère-t-on,   tout pourra  être réduit aux quatre forces fondamentales dont la science actuelle dote la matière.

 

Gus il est facile d'être matérialiste.

Tu n’as qu’à déifier la matière et penser que c'est la pierre et le verre qui ont fait Chartres­ Et si tu rêves d’une pensée plus audacieuse, plus creuse ici dans les circonstances, tu n’as qu’à proclamer haut et fort que c’est le trou qui a fait le canon.

 

D’où viennent les châteaux de sable, du sable évidemment !

 

 La tendance sera de toujours ramener ou réduire le supérieur à l'inférieur.  La matière inerte, le vivant, l'animal, l'homme peuvent sembler au commun des mortels comme des sauts qualitatifs dans l'ordre de l'existence.  Si on pouvait prendre ou faire paraître  ces sauts (ou  pseudo sauts) simplement comme les progrès d'une marche sur terrain plat ! Il n'y a plus rien de nouveau, tout peut se réduire à ce qui l'a précédé. Et on n'a plus ainsi à se préoccuper de la proportion entre les causes invoquées et les effets dont on veut rendre compte.

 

Gus, voir :

Adopter le matérialisme pour la beauté du spectacle *

 

 

Dans cette perspective  les mécanismes qui expliquent la macroévolution sont les mêmes, ne peuvent être autres, que ceux qui  permettent  de comprendre  la microévolutions. C'est la thèse de l'horloger aveugle.

Certains ont l'option triomphante,  d'autres un peu honteuse, d'autres résignée (faute de mieux)

Joseph Needham. Man a Machine.

 

"La mécanisation et le matérialisme sont les fondements de la pensée scientifique.....Je n'accepte en aucune manière l'opinion que les phénomènes de l'esprit ne supportent pas une description physico-chimique. Tout ce que nous apprendrons jamais, scientifiquement, à leur sujet sera de nature mécaniste...Pour la science, l'homme est une machine; et, s'il n'en est pas ainsi, alors il n'est rien du tout”

cité dans

Fritjof Capra LE TEMPS DU CHANGEMENT, p. 95

 

 

 

 

 

C et D.

Anti-réductionnisme

 

Ce sont ceux, qui contrairement à Monod, ne croient pas que le "miracle" soit élucidé "par hasard"  Ils viennent de tous horizons: du fondamentaliste biblique  au généticien ou au  statisticien le plus chevronné en passant par l'homme de foi, par  Socrate, Platon, Voltaire...et souvent par  l'homme de la rue...Certains parlent  au nom de la religion, d'autres au nom de la science, d'autres au nom de la raison et de la  philosophie qu'on est tenté d'identifier au "bon sens"..

 

 

 

 

Ici les singes sont conscrits pour tenter de dactylographier l'œuvre de Shakespeare. La possibilité qu'une seule protéine apparaisse spontanément est égale, nous dit-on, aux chances qu'un aveugle résolve le cube Rubik... Et cela peut se calculer en nombre d'essais et en temps nécessaire. (pour ce dernier cas, trois cent fois l'âge de la terre à raison d'une tentative par seconde)  Tenter d'expliquer l'origine de la vie  par une multiplicité de hasards aveugles c'est accepter qu'un Boeing surgisse d'un dépotoir soulevé et agité par une tornade. L'énorme multiplicité d'éléments ramenés à un ordre,  à une unité fonctionnelle serait "un miracle" inexpliqué ou à expliquer différemment.

Ici des hommes de science et des penseurs  trouvent  cent  façons d'exprimer leurs doutes face au dogmatisme réductionniste et à la tranquille assurance de bien de leurs collègues.  Certains, par exemple,  (Sheldrake)  considère que la créativité "est un sujet qui dépasse les limites des sciences naturelles".  D'autres confessent que "l'évolution n'est pas un problème totalement accessible à la méthode expérimentale." 

On reprend les grands sauts existentiels mentionnés plus haut (matière, vie, animalité, humanité) mais en ayant tendance cette fois-ci à mettre en évidence  l'originalité et l'authenticité  des degrés d'être et de la difficulté sinon de  l'impossibilité  de réduire  le supérieur à l'inférieur. Le Plus ne peut se dissoudre, pense-t-on, dans le Moins. On est sensible à l'exigence de proportionnalité entre la cause et l'effet. Ci-contre on peut prendre

 

Le vocabulaire

de l"irréductibilité,

de ce  qui échapperait au hasard. :

 

finalité,

ordre,

but,

projet,

téléologie,

téléonomie, (!)

complexité irréductible,

fonctionnalité,

forme de signification,

design,

intérieur des choses,

information,

accroissement de complexité,

adaptations fonctionnelles,

processus,

programme,

énergie radiale,

Auto transcendance,

élan vital,

force créatrice,

force,

énergie vitale,

émergence,

auto-organisation,

panthéisme,

animisme,

logique immanente,

champ morphogénétique 

 

 

 

 

connaissance des variétés d'expressions qui en somme ne visent qu'une chose: marquer l'originalité du vivant et des grands sauts de l'évolution,  là où il y a invention  de nouveaux organes, d'authentiques Plus qualitatifs.

Kastler.: “ Longtemps le biologiste s’est trouvé devant la téléologie comme auprès d’une femme dont il ne peut se passer, mais en compagnie de qui il ne veut pas être vu en public. À cette liaison cachée, le concept de programme donne maintenant un statut légal... »

 

 

 

La plupart  de ceux qui se sont penchés sur le problème ne voient pas d'objections majeures, au moins théoriques, à une évolution de type néo-darwinien au niveau des cadres inférieurs de la systématique (la microévolution), la nature des changements ou des différences pouvant s'expliquer par des causes aléatoires, accidentelles  et "aveugles", des doutes cependant subsistent quant  à la macroévolution où  les étapes  de l'Évolution sont  marquées par l'invention de types, de structures  et d'organes nouveaux. Tout le problème ici  porte sur la notion de changement  et surtout de la  qualité  du changement. Évolution dit évidemment changement, mais les changements sont ils tous de même ordre ? Les causes qui ont produit le magnifique colorie des ailes du  geai bleu sont-elles du même ordre que celles qui ont produit l'aile des oiseaux ?

  Si le hasard pur, la matière brute semblent impuissants à expliquer la réelle nouveauté dans l'être ou  l'histoire de la vie,  comment comprendre alors cette nouveauté d'être? L'homme se résigne difficilement  devant le mystère.  Deux grandes voies sont inventoriées parmi les non-réductionnistes. Unis dans la certitude  que les causes doivent être proportionnées aux effets constatés, certains auront tendance, pour équilibrer cause et effet,  à majorer la potentialité de la matière dont tout semble surgir. D'autres laisseront la matière à son hébétude, à son statut physico-chimique et chercheront au delà de la matière la cause ultime de ce passage du moins au plus qualitatif  révélé par l'histoire de la vie.

A noter que celui qui pratique un réductionnisme méthodologique  peut adopter comme option philosophique l'une ou l'autre des options suivantes.

 

 

 

 

 

C.  Immanence

 (variante  antiréductionniste)

L'ordre, la finalité, les processus ordonnés en fonction d'un but, qui se développent dans l'histoire de la vie supposent  une certaine forme de  prévision, de mise en ordre, autant d'attributs de l'intelligence. Cette  potentialité quelconque adéquate au résultat qui est éminemment intelligible, on l'attribue à la Nature, qui est moins bête (ou matérielle) qu'il n'y parait. Elle est plus que ce que révèle l'expérience immédiate, elle est déjà vivante, inventive, chercheuse, en quête de sens, en train de se faire.  Elle est habilitée à produire ce qui va en jaillir ultérieurement.

 

 

 

 

La totalité, le Tout, la Nature,  participe d'une façon quelconque à l'intelligence, intelligence qui s'invente, se cherche, se découvre dans un devenir  constant. La Matière est déjà en puissance (non seulement passive) de tout ce qui en surgira  un jour.  La matière est grosse  du futur, grossesse qui ne se voit pas, donc qui échappe à toute forme d'expérimentation.  On dira qu'il s'agit d'une conclusion philosophique (avec ou sans mépris) à partir de l'impossibilité d'expliquer la genèse de l'ensemble des vivants, dans leurs structures fonctionnelles,  par le seul hasard, on ne peut plus stupide, même aidé par la Sélection.  Si des formes  éminemment ordonnées, fonctionnelles et intelligentes sortent de la matière originelle, il devrait bien y avoir dans la matière  un quelconque pouvoir... d'inventer ce qui en est sorti. Ceux qui sont tentés par l'hégélianisme ou certaines formes de  panthéisme seront séduits  par cette option. A la limite on parlera d'une âme du monde, des pouvoirs du Tout, du Devenir.

 

 

IDENTIFICATION

du Plus

dans  la matière.

 

"idée directrice"

"idée créatrice"

Souffle de l'esprit

Raisons causatrices

force organisatrice

levain cosmique

souffle de l’esprit

le "quant à soi" des choses

évolution créatrice

raison se cherchant

dialectique

raisons séminales.

 

 

 

 

D. Transcendance

( autre Variante antiréductionniste)

 .

 

 

 

 

Ici la matière est par elle-même   impuissante a générer les effets subséquents. L'intelligence qui est à la source de tous les effets éminemment intelligibles que révèle l'histoire de la vie  est en dernier ressort au dessus de la matière pour l'informer, la diriger ou lui donner les aptitudes nécessaires à produire ce que l'on sait. C'est une intelligence non pas en devenir mais en acte, intelligence pure et simple, redevable de rien, Idée platonicienne si l'on veut, source et modèle de tout ce qui est intelligent, de l'intelligible incarné dans les choses comme de l'intelligence  en tant que  faculté de l'homme. C'est l'Acte pur, l'Intelligence pure (sans limite) d'Aristote, suprêmement existante, Être suprême puisqu'il s'agit de comprendre les progrès dans l'ordre de l'existence.

Elle peut être entendue comme cause efficiente première,  cause exemplaire idéale ou fin  attractive.  En termes très simples, trop simples ou trop vrais, le passage du moins au plus ne peut s'expliquer que par un plus quelconque;  il est difficile d'affirmer que c'est le trou qui a fait le canon. C'est l'horloger de Voltaire, le Dieu des religions, l'Absolu des métaphysiques, la Cause des causes, l'Être  qui est être par lui-même et est source d'être, le fondement dernier de toute existence.

 

 

 

 

Le rapport de cette Cause aux causes secondes quant à l'origine du vivant et  de l'évolution  dans ses phases créatives peut s'entendre de différentes façons:

Une intervention directe: Le Créateur met la main à la pâte,  (C'est le Dieu de l'interprétation  textuelle de la Bible: le Dieu potier qui modèle la pâte  et souffle dessus)

 

Une intervention médiate en conférant des virtualités spéciales à la matière (les données de l'immanence) pour que celles-ci s'épanouissent à un moment donné. C'est quelque chose du genre qu'évoque saint  Augustin avec ses "raisons séminales", on  peut penser alors  que la matière originelle est comme "grosse" de tout ce qui adviendra. C'est vers  une option de ce genre que semble s'orienter Darwin  à partir de la préface de la sixième édition  de son oeuvre.

 

"N'y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d'envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées primitivement par le Créateur à un petit nombre de formes, ou même à une seule?  Or, tandis que notre planète, obéissant à la loi fixe de la gravitation, continue à tourner dans son orbite, une quantité infinie de belles et admirables formes, sorties d'un commencement si simple, n'ont pas cessé de se développer et se développent encore."

Darwin

(Préface  à partir de la sixième édition de L'évolution.... )

 

«Le germe fécondé d’un des animaux supérieurs…est peut être l’objet le plus admirable qui existe dans la nature…Selon ce qu’enseigne la réversion (l’atavisme)… le germe devient un objet bien plus merveilleux encore, car, outre les changements visibles qu’il subit, nous devons croire qu’il renferme une infinité de caractères invisibles… séparés par des centaines ou même des milliers de générations de l’époque actuelle  : et ces caractères, tel ceux qu’on écrit sur le papier avec une encre invisible, sont prêts à évoluer chaque fois que l‘organisation est  perturbé par des conditions connues ou inconnues. » 

DARWIN.

(La variation des animaux et des plantes sous l’effet de la domestication (1868)

 Cité dans Gould. Quand les poules auront des dents. P.203 )

 

D'autres cependant évaluent différemment l'impact culturel de l'œuvre de Darwin.

 

"Darwin nous donne les moyens d'être des athées intellectuellement comblés" Dawkins...(Le gène égoïste )

 

 

 

 

On peut imaginer une troisième variante soulignée par certains astrophysiciens: les lois de la matière inerte sont toujours aussi "débiles" mais dès le départ elles ont été calculées avec une précision d'une telle finesse  que  de leurs interactions  devaient nécessairement  en jaillir les effets que l'on connaît.

Une super-intelligence connaissant  les données initiales (ou les produisant)  aurait pu prévoir  la vie sur la planète terre en l'an X du Big Bang.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Apparition du carbone et de la vie...

"On pourrait comparer la précision de ce réglage à l'habileté d'un archer qui réussirait à planter sa flèche au milieu d'une cible carrée d'un centimètre de coté, éloignée de 15 milliards d'année-lumière, la taille de l'univers..."

 

T. Xuan Than, La mélodie secrète, p. 286

 

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SUITE : EN VRAC >>>>

1) Variations sur le thème du changement.

    Changement en  mode mineur et changement en mode majeur

 

2 Le clavier de la vie.

   Mutations et fautes de frappe.

 

3. Nos excuses à Monsieur le Président.

    Présentation du "Gang de malades" ou de débiles

 

4. Projet astucieux du "gang de malades" sous le patronage

du Prof   Bof.

Recette pour faire un saint-bernard avec un chihuahua à coup de mutations bien sélectionnées.

5. Démystification.

    Explications à propos des premières pages du présent site au cas où certains en auraient perdu leur latin ou leur joual ou  leur argot (au choix)

 

5. Pour aller un peu plus au fond du problème...

     Les principes en cause...

 

6. Enfin !!! le prof Bof apporte la réponse définitive à la plus  profonde des questions...

Pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hymne a Mr. hasard

1.  Hasard en voyage

2.  Hasard  vivant parmi les vivants

3.    Litanies     

        et    (b)  Adorations

4. Azar au Bordel    

4b. Testicules et  vocation

4c. Érection à tout  vent

4d. Orgasme à tout coup

4e. Sexe et coloration de la peau

 

5. Adorateurs, Apostats et Hérétiques

6.  TEXTES:

 ANCIENS.

MILIEU...  du 20ième siècle

RÉCENTS.

 

7.  ESSAI : hasard et finalité

8.   Hasard et finalité (suite)

 

9.   Du néant à l’être.

       Histoire romancée du premier atome

 

10. A propos de l’ « Intelligent design »

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

(récents)

islam, islamisme, mahomet et le coran.

Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

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