Petite Histoire des visions
du monde (2) : Vision grÉcque
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SOCRATE |
pLATON |
ARISTOTE |
DÉMOCRITE |
LUCRÈCE |
ÉPICTÈTE |
LE MIRACLE GREC
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Si
par bien des traits la mentalité primitive, vu précédemment, pouvait
ressembler à l’enfance de l’humanité, ce qu’on a appelé le miracle grec (5ième
siècle av. JC.) pourrait bien correspondre à l’adolescence et à la
jeune maturité de l’humanité, du moins en Occident. Ce Miracle est du à une convergence
exceptionnelle d’hommes géniaux et d’un climat social propice à l’échange et
à la confrontation des idées. Les
problèmes posés, la manière de les poser, les attitudes adoptées, les
expressions artistiques marquent une rupture avec les façons de faire
précédentes. L’homme nouveau se distingue du monde, prend conscience de
soi comme une valeur distincte du reste du monde. Prochainement nous verrons ce qui se
produisait à la même époque dans le
monde biblique qui également marquait une rupture, dans un autre ordre, avec le monde primitif et ses modes de
pensée. |
« Le siècle de
Périclès ressemble au nôtre par la variété et le désordre des idées, ainsi que
par le défi qu’il lance aux positions et croyances traditionnelles. Mais il
demeure sans rival par le nombre et la grandeur de ses vues philosophiques,
par la vigueur et l’exubérance des débats qu’elles provoquaient. Parmi les
question qui agitent le monde d’aujourd’hui, on n’en trouverait pas qui ne s’ébruitât dans
l’ancienne Athènes, avec tant de liberté et d’ardeur qu’à l’exception de la
jeunesse toute Will Durant. Histoire
de la civilisation. |
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L’HOMME DISTANCIÉ C’est
bien ainsi qu’on pourrait définir le trait ou la valeur fondamentale qui marque
ce saut dans l’évolution intellectuelle et morale de l’humanité. Cette distanciation et cette émergence pourraient se caractériser ainsi : |
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1)
Une prise de
conscience des mécanismes de la pensée |
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a)
Un passage progressif du
mythe à la philosophie et à un embryon de la science telle qu’on la
connaît aujourd’hui. Socrate enseigne l’art de bien définir ce dont on parle. b)
Éveil de la pensée personnelle et éveil du sens critique : le
doute, l’ironie, la confrontation, la
contradiction, la discussion, l’autocritique, l’exigence de la
preuve et la pratique du raisonnement
sont autant de facteurs qui ont fait d’Athènes et de
c)
Aristote
découvre les lois de la logique (« un ouvrage, a-t-on dit, sorti tout
nouveau et presque achevé de la tête d’un seul homme ») qui font
encore lois pour la pensée courante. |
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2) Une certaine émergence du sens de la personne |
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Le
citoyen grec, est un « Je » face aux autres, un centre de réflexion
et de décision face au groupe. La
vérité a valeur en soi et n’a pas
seulement une portée magique des formules ou un facteur de cohésion du groupe. Malheureusement,
à coté du citoyen, il y avait les esclaves… |
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3)
La racine du mal et de
l’imperfection du monde n’est plus la volonté
extrinsèque des autres (sortilèges, magie, mauvais sorts) ou des dieux mais la matière qui est un limite. |
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a)
Dieu ou les dieux transforment une matière préexistante qui est comme
une limite et une résistance à leur
pouvoir. Un peu comme l’artisan qui vise à
transformer une matière plus ou moins difficile et résistante. Le marbre
prend difficilement la forme que le sculpteur veut lui donner, par contre la
glaise est plus malléable mais perd facilement la forme qu’on lui a donnée. b)
Pour un idéaliste comme Platon, le
corps, les instincts, sont comme une prison pour l’esprit. c)Le
monde matériel, pour Platon, n’est qu’un pale reflet ou le miroir d’un autre monde supérieur à ce monde que nous livrent
nos sens. Comme
conséquence, ce relatif mépris de la matière s’étend à celui qui travaille la
matière, le travailleur manuel. |
Gus, dans le célèbre tableau de Raphaël, Platon
l’Idéaliste est le personnage central qui lève un bras vers le ciel. |
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4)
L’idéal véhiculé par la culture est le Sage, à l’image de Socrate, La
sagesse est le salut par la réflexion, par la connaissance ou par la contemplation Celui qui connaît bien agit bien et acquiert la
quiétude de l’âme.
Socrate,
par fidélité à ses principes refuse de s’enfuir et boit lui-même la ciguë à
laquelle il avait été condamné par les autorités qu’il dérangeait par son
questionnement perpétuel et l’influence qu’il avait sur la jeunesse. La sagesse délivre de l’angoisse et apporte
une certaine autonomie et la maîtrise de soi face aux autres, face à ses
propres émotions et ses pulsions instinctives. |
Gus,
apprécies-tu la belle pensée d’Alain,
sans doute un copain à toi ? « Ce n’est
pas la ciguë qui tue Socrate, c’est le syllogisme. » Wow,
c’est songé!!! |
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Suite : EXPLORATION
DE LA MATIÈRE. HYPOTHÈSES DIVERSES. LES PRÉSOCRATIQUES >>>> |
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âge d’or DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE