Sur les traces de l'homme...6

Par le prof Bof 

 

Problèmes de Fiefs et de Royaume

                                       

 

L'empire colonial des sens

(Homme et animal)

 

Nos  différents sens (que nous partageons avec les animaux supérieurs) se sont taillé chacun un fief dans le réel, fief qui définit leur rayon d'action et leur portée. Ils sont les seuls maîtres  dans leur domaine et excluent toute intrusion d'un autre sens. Il faudra bien cependant qu'il s'opère quelque part dans le cerveau une jonction des différentes données cueillies par chacun des sens...

 

 

 

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L'Oeil s'est approprié la couleur.

 (L'incolore lui échappe totalement)

Saisie indirecte de la forme et du mouvement.

 

 

REALITÉ SENSIBLE

 

 

L'ouie  ne vibre qu'aux sons qui demeurent de pures étrangers à l'œil ou à l'odorat ..à moins qu'on puisse dire que les sons sont colorés ou odorants...

 

L'odorat  est spécialiste des odeurs qui échappent totalement à l'œil tout comme l'odorat est totalement impuissant face aux couleurs,  peu importe les dimensions, la forme, l'orientation,  ou la couleur des narines....

 

 Le Toucher

Etc.

Etc.

Etc.

 

 

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La portée de la vision est la couleur et sa limite le non-coloré qui est hors de sa portée.

Y aurait-il moyen de définir la portée et la limite de cette faculté de connaissance qui semble bien propre à l'être humain?

A la place de fief, il sera plus approprié de parler ici de royaume  ou d'empire. Un empire  qui non seulement  inclut les différents fiefs mais les déborde de tous cotés et  dont il est très difficile de fixer les limites.

En effet, l'esprit humain spécule aussi bien sur le non-visible que le visible,  l'infiniment petit comme l'infiniment grand, le passé illimité comme le futur le plus éloigné, tous les degrés du qualitatif comme du quantitatif. Il semble que rien, en principe du moins, ne soit hors de  portée de l'intelligence humaine et on serait tenté de dire que sa limite est le non-être.

 

On pourrait formuler ce fait en disant : l'être est à l'intelligence humaine ce que la couleur est à la vision, ce que le son est à l'ouie

Si rien ne semble arrêter l'esprit humain dans ses possibilités, pourquoi de si pauvres résultats dans le passé et même dans le présent ?

 

Pourquoi ne sommes-nous pas spontanément omniscient ?

L'intelligence a malgré tout un fort  handicap. Elle n'atteint la réalité extérieure que par l'intermédiaire des sens. Ceux-ci sont  à  la fois sa limite et son tremplin vers l'infini. 

C'est par de modestes expériences faites sur des boules ou des corps en chute libre qu'elle parvient à dégager (difficilement) des lois et des mesures qui lui permettront de reconstituer une bonne partie de l'univers  qui échappe à notre expérience  sensible. Avec microscopes ou télescopes qui amplifient  le pouvoir de l'œil, l'home est capable de s'enfoncer dans des domaines de l'être, qui étaient de fait de l'ordre sensible mais échappaient totalement à la  sensibilité de terriens que nous sommes. Un fossile révèle des pans du passé.

 

 

Cré chouette, va !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                      

 

                suite 

 

Sur les traces de l'homme.....7

 

 

 

Addition 2003

 

Extrait de chroniques parues dans PLANETE-QUÉBEC.CA

 

SENSATION ET INTELLIGENCE.

 
On peut ajouter à tous les sens externes que nous connaissons bien pour s’en servir quotidiennement la mémoire, l’imagination. Et aussi, à ne pas oublier, le plus important, un sens minimal des valeurs biologiques, plus subtil, qui décerne chez l’animal, encore plus que chez l’homme, le dangereux et l’utile, l’agréable et le désagréable, les rapports concrets de moyens à fin, les associations utiles. C’’est ce qu’on appelle parfois l’intelligence animale ou encore l’instinct ou autrefois l’estimative.

Étonnamment, mon cher Gus, même à l’intérieur de la réalité matérielle et des possibilités de sensations, il y a plusieurs autres fiefs possibles, des types de signaux, d'ondes diverses qui échappent à l’homme faute d’équipement sensoriel adéquat mais qui entrent dans les possibilités de connaissance de certains animaux: champs magnétiques, telluriques, sonar, etc...

MISÈRE DE L'HOMME. Et pour compléter le tout : ajoutons que dans tous ces sens, ces fiefs, ces coupes sur la réalité, on peut toujours trouver une espèce animale qui performe mieux que l’homme. Le langage en garde le souvenir (même si ce n’est pas toujours exact): une mémoire d’éléphant, un oeil de lynx, etc. Tu serais très flatté, mon cher Ti-Gus, si un jour quelqu’un disait que tu es intelligent comme un singe. Tu devines quel politicien tu pourrais être si tu étais rusé comme un renard.  « À moi le pouvoir ».


Au mieux, pour tous ces fiefs qui découpent la réalité sensible, une médaille de bronze pour l’homme, et souvent, dans plusieurs compétitions, il est loin d’être un candidat sérieux...
Un papillon détecte à des kilomètres de distance les odeurs affriolantes de la femelle ...D’un peu plus loin encore les samedis soir les jours de canicule.
Il est vrai que des spécimens de l’espèce humaine ont un flair spécial pour détecter une boutique de Christian Dior ou de Chanel No 5 à quelques kilomètres de distance le 13 ou le 14 février.

Tu vois, Gus, la performance de l’agent de douanes en train de détecter avec son nez les drogues dans les bagages. Quelle pinte de rire pour le chien de service !!
Si ces nombreux fiefs sont principalement occupés par nos cousins les animaux supérieurs, quel peut bien être LE FIEF DE L’HOMME... fief qu'il a converti en EMPIRE, où il se permet de regarder de haut... ses proches parents, de les mettre en cage, de les disséquer et même de les bouffer?

Autrement dit : qu’est-ce qui définit son angle d’attaque sur la réalité, sa portée et ses possibilités, quel est l’aspect que seule, elle, est habilitée à saisir parce que c’est son objet propre, spécifique,  qui la définit comme faculté de connaissance et la distingue de toutes nos autres facultés de connaissance?

Quand cette petite lumière ou ouverture particulière sur le réel est apparue quelque part dans le monde des vivants, c’était le DEUXIÈME grand saut qualitatif dans l’histoire de la vie sur la planète, un saut qui dans les deux cas est l’équivalent d’un miracle, qu’il faut bien constater, admirer à défaut d’expliquer. Un saut qualitatif peut être subtil à saisir (c’est moins gros que les chutes du Niagara ou le Grand Canyon), mais tellement plus imposant comme qualité d’être si on se donne la peine de s’y arrêter. Il est malheureusement vrai que ce n’est que lorsqu’on le sort de l’eau que le poisson se rend compte de l’utilité et de la valeur de l’eau.

Gus, permets-moi d’ouvrir une  petite parenthèse pour prendre conscience du  PREMIER SAUT. Il a eu lieu il y a  plusieurs millions d’années où certaines matières plus évoluées, plus complexes, se mirent tout à coup à sentir, ressentir, devenir le lieu d’émotions, de connaissances dites sensibles. Admirons, explique qui peut !,

 

Augustin, tu devines ta réaction s’il fallait que le verre qui est devant toi s’anime, devienne sensible à ton toucher, se prenne d’affection pour tes lèvres qui le caressent, tu tomberais de ton siège non pas de peur mais d’incompréhension. Ce mystère s’accomplit des millions de fois tous les jours et ça va de soi que le tas de matière qu’est le rat, la fourmi ou ta petite Schnauzer devienne le lieu de sensations et de grandes passions. Empruntons le langage de la science: un jour, dans la nuit des temps, il y a des millions d’années, le chimique, l’organique devint sensation, amour et haine. Un nouvel ordre était né, ordre que l’homme partage avec le monde animal.

Le DEUXIÈME GRAND SAUT est celui qui nous préoccupe aujourd’hui. Il s’est opéré discrètement il y a quelques dizaines (au plus des centaines) de milliers d’années. La discrétion du passage ou de la transition ou de la promotion ne doit pas nous cacher le fait que CE DEUXIÈME  SAUT QUALITATIF, invisible à l’œil, est aussi important, sinon plus,  que le premier saut.

J’ai peur, Augustin, que ce qui caractérise l'essentiel de ce qu'est l’intelligence humaine risque à première vue de te paraître insignifiant. Mais attends un peu d'en saisir toutes les implications.

J’y arrive enfin!
L’ETRE est à l’INTELLIGENCE HUMAINE ce que la couleur est à l’œil, ce que le son est à l’ouie. L’INTELLIGENCE EST LA FACULTÉ DE L’ÊTRE.

A la place de fief, il est plus approprié de parler ici DE ROYAUME OU D'EMPIRE. Un empire qui non seulement inclut les différents fiefs dont s’occupent les sens mais les déborde de tous cotés et dont il est impossible de fixer les limites. TOUT CE QUI EST ÊTRE est connaissable par l’intelligence et, en prime, le non-être peut être connu négativement.

On en a vu bien des manifestations jusqu’à maintenant.

Récapitulons : en effet, l'esprit humain spécule sur l’être non visible, non sensible aussi bien que sur ce qui est sensible, visible, audible, etc. , sur l'infiniment petit comme sur l'infiniment grand, sur le passé illimité comme le futur le plus éloigné; l’intelligence s’interroge au-delà des apparences sur CE QUI EST réellement, investigue tous les degrés du qualitatif comme du quantitatif; son opération est gérée par les grandes lois (ou propriétés) de l’être (les premiers principes), est dominée par le désir de comprendre et est en quête perpétuelle des raisons d’être ; elle distingue spontanément ce qui est et ce qui doit être. Il semble que rien, en principe du moins, ne soit hors de portée de l'intelligence humaine et on serait tenté de dire que sa limite est le non-être qui évidemment n’est rien. «L’homme, le berger, le gardien de l’être» a déjà dit un philosophe.

Peut-être, mon cher Augustin, du moins je l’espère, que désormais cette petite phrase, apparemment insignifiante, regorge désormais de sens pour toi : «  L'ÊTRE EST À L'INTELLIGENCE HUMAINE CE QUE LA COULEUR EST À LA VISION, CE QUE LE SON EST À L'OUÏE »

Je sais qu’une question te brûle les lèvres : «Si rien ne semble arrêter l'esprit humain dans ses possibilités, pourquoi les progrès furent-ils si lents, pourquoi de si pauvres résultats dans le passé et même dans le présent? Pourquoi tout est à recommencer pour chaque individu qui vient de naître? Pourquoi n’avons-nous pas simplement à «ouvrir» notre intelligence pour être envahis par la totalité de l’être?»

L'intelligence humaine a malgré tout un fort handicap. Elle est une intelligence incarnée, rivée à un corps, Elle n'atteint la réalité extérieure que par l'intermédiaire des sens au point d’être un peu comme un oiseau en cage qui ne peut prendre tout son essor. Les sens, la vue, l’ouie, etc. sont à la fois sa limite  et son tremplin  vers l'infini.

 

Regardons l’intelligence à l’oeuvre : c'est, par exemple,  par de modestes expériences faites sur des boules ou des corps en chute libre que l’intelligence parvient à dégager (difficilement) des lois et des mesures qui lui permettront de reconstituer une bonne partie de l'univers qui échappe à notre expérience sensible. Avec microscopes ou télescopes, dont l’idée vient de l’expérience des fonds de bouteille et qui amplifient le pouvoir de l'œil, l'homme est capable de s'enfoncer dans des domaines de l'être, qui étaient de fait de l'ordre sensible mais échappaient totalement à la sensibilité des terriens que nous sommes. Le moindre fossile qui laisse un chimpanzé dans une indifférence de plomb révèle à l’homme (à l’humanité) des pans entiers de son passé.

Mon cher Ti-Gus, tu devrais ici enlever ta casquette si ce n’était que pour saluer et honorer ces lents et sûrs progrès dans la connaissance de l’être, de la réalité ambiante et donner en même temps un coup de chapeau (ou de calotte) à ces artisans, à ces explorateurs de l’être qui fournissent sa pâture à notre pauvre intelligence individuelle, qui n’a pas toujours les moyens de ses possibilités.

Bof vous salue.

Sur les traces de l'homme.....7

 

 

 

 

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