MORT, SURVIE Et immortalité

 

 

Suite à ESPRIT….

 

Ta question est fort grave, mon cher Augustin et mérite considération puisque c’est la question qui a le plus angoissé l’humanité et même aujourd’hui est la question la plus fondamentale qui encore se pose pour un chacun; elle se pose en tous cas plus que de savoir s’il y a de la glace qu’on trouverait éventuellement sur Vénus ou Mars. … Est-ce que la philosophie peut offrir quelque chose, ou tout au moins ton Prof ? L’expérience  et les raisonnements qui s’y appuient nous permettent-ils d'éclairer un peu le problème?

 

Avant d'aller plus  loin, comment se situe ce problème par rapport à ce que Bof a expliqué précédemment  et dans l’histoire de l’humanité ?

Le problème est délicat, et Bof s’y aventure en avançant sur la pointe des pieds… même avec ses sabots. Avant d’aborder plus directement le problème, je t’offre tout d’abord deux thèmes de réflexion préalables qui permettent de poser plus solidement le problème

 

 

 

 

 

1. L’universalité de la grande espérance.

 La croyance en la survie est presque aussi mystérieuse que la survie elle-même.

 

1. Cette conviction ou cette croyance en la survie est venue spontanément dans l’humanité aussitôt, comme Bof l’a raconté à sa manière, un australo quelconque, pithèque de son métier, s’est avisé  un jour d’être « intelligent » et de se prendre (sans se proclamer  tel dès le début, question de timidité, de gène et pour ne pas trop intimider ses ex…) pour un « animal raisonnable ».

 

Qu’on remonte le plus loin dans l’histoire, c’est cette croyance qui nous révèle l’accès à une authentique humanité,  quand la température mentale d’un hominidé a atteint un certain état de surchauffe, un certain état de vapeur  et est devenue esprit ou intelligence (c’est un mystère du Hasard te dira ton Prof de science). C’est un authentique saut qualitatif comme quand  la matière est devenue vivante, quand  le végétatif s’est mis à ressentir des émotions,.  Le dernier grand saut qualitatif est le saut à pied joint dans l’humanité,  dans l’intelligence rudimentaire et la  réflexion primitive.  Les premiers témoignages  ou vestiges de ce saut  qualitatif  que l’histoire a retenu sont la pratique des  sépultures. On pourra penser qu’il s’agit simplement de marques de respect, mais si on écoute l’humanité aussitôt qu’elle nous a laissé des signes de ce qu’elle pouvait penser, c’est une nette croyance en une quelconque survie. Elle est presque universelle même si les manifestations varient avec les cultures. On prend soin  de fournir au défunt  tout ce dont il a besoin pour le « long voyage! », bouffe,  brosse à dents,  souhaits et vœux, etc.   Les cultures où  cette croyance   est niée, ou exclue formellement, sont plutôt rares et récentes. Pourtant il serait tellement plus facile de s’en remettre à  une première  évidence qui semble sauter aux yeux. On n’a qu’a regarder pour voir… que Jos est bien mort même si on l’expose avec ses lunettes,  à coté de ses bâtons de golf, qu’il commence à sentir, bleuir… qu’il  ne répond plus  Aussi frappant que le mot END qui termine les films  américains au cas où les gens ne s’en apercevraient pas et resteraient en salle.. . .

 

Le problème : Qu'est-ce qu’il peut bien y avoir dans l’intelligence de l’homme,  dans la perception qu’il a de lui-même, pour que aussi spontanément, facilement et universellement il en arrive à cette conviction, malgré toutes les dénégations sensibles. Les explications faciles que l’on donne parfois vont de l’expérience du rêve ou simplement un cas particulier de « wishful thinking », de cette propension si généralisée à prendre ses désirs pour la réalité.

 

L’homme primitif aurait, à ce qu’on dit,  conçu cette possibilité de survie ou de vie différente à partir de l’expérience du rêve qui lui paraissait mystérieuse. Ceux qui ont déjà vécu, qui sont bien morts, continuent d’exister de façon  bien spéciale, peuplent nos souvenirs et nos rêves.  Pourtant les animaux rêvent : l’imagination, toujours aussi folle,  selon les humeurs ou  l’expérience récente, produit des images  comme chez les humains ; le chien de garde rêve sans doute au mollet  du facteur  ou de la livreuse de Pizza, mais il semble bien, malgré ce  trait que l’animal partage avec l’homme,  qu’on ne trouve pas  de croyance en la survie chez les animaux;  même si les plus intelligents ont au moins la précaution de s’éloigner de l’arbre qui tombe  ou de l’automobile qui s’en vient, cet instinct vital ne semble pas avoir donné lieu à une croyance quelconque en une survie. On peut soupçonner que l’origine et la quasi universalité de cette croyance ou conviction repose donc sur  autre chose que l’invention d’un monde de rêve parallèle qui serait plus réel que nos rêves…

 

 Pour le Wishfull thinking,  il est vrai, si l’on se fit au titre d’un programme de la TV américaine,  que tout le monde veut être millionnaire mais il suffit de recevoir ses comptes de fin de mois pour ramener 99.9% de la population à la réalité… De plus la croyance en la survie est loin d’être toujours jojo ; dans la plupart des cultures, on imagine des transitions ou des éternités de supplices,  qui ne feraient en somme les délices qu’aux pires masochistes de l’espèce humaine.  Comment  peut-on se convaincre  spontanément et universellement   d’une future  cuisson  lente  et éternelle,  à feux doux  ou violents selon les cultures, peu importe… a moins de vouloir obstinément ruiner son présent,  se torturer mentalement,  se préparer des agonies atroces. Il  serait  tellement plus simple  d’arrêter de prendre ses  désirs ou ses peurs pour la réalité.  Pourtant l’humanité, de la plus primitive à la plus évoluée, du moins en grande majorité,  s’entête  à s’inventer  ces futurs  interdits. C’est vrai qu’on prévoit aussi des futurs plus attrayants, des lieux de délices, des rencontres familiales, des retrouvailles,  des Club Med ou des bordels de luxe… mais dans tous ces lieux de délices on fait la part dure à certains et on pratique des exclusions de type fasciste. On doit faire expier ceux qui se sont emparé de leur part de paradis ici-bas ou avant-temps. Et de toutes façons ces lieux paradisiaques reproduisent souvent des schémas  imités de l’enfer capitaliste : concurrence,  compétition et  hiérarchies d’usage.  L’harmonie socialisante, égalitaire  et fraternelle, avait plus de prise sur terre surtout là où  on avait rompu avec ces lointains espoirs d’une vie future.  Il y en a toujours qui  semblent se garantir  les meilleures places, les meilleures parts ou morceaux… et il y a toujours les petits derniers, les Lazare qui doivent se contenter  des miettes du festin.  En ces lieux paradisiaques, il y a les premiers arrivés, ceux qui ont joué du coude et ceux qui sont sous le Bien-être social  céleste… Il y a ceux,  plus pressés d'arriver,  qui se font sauter et ont droit à  72 vierges pour les accueillir, les polygames qui retrouveront  leur harem, et les monogames  qui ….. crèveront d'envie, sans parler des célibataires qui auront droit à des Ice-Pak.  Pour les séances  de musique, certains  auront droit à la harpe, d’autres  devront se contenter de ruine-babines  ou d’un banjo. 

 

Tout ceci, Gus, pour  en arriver simplement  à mettre en évidence qu’il y a quelque chose de sérieux, de mystérieux dans cette conviction qui semble venir si spontanément à l’homme  dès qu’il s’est mis à penser. Ton prof va tenter de voir  comment cette conviction peut bien avoir germer dans  la tête d’ex-australopithèques  qui  avant  le Grand Saut ne s’étaient jamais mis martèle en tête pour se terroriser dans le présent à partir d’un futur  hypothétique qu’ils ne pouvaient  même pas imaginer.

 

Trop facile de  pousser le problème sous le tapis ou de le mettre au compte de la stupidité congénitale de l’homme  ou  d’une maigre consolation avant qu’arrive  la société de consommation  ou avant que l’homme nouveau s’invente un paradis plus coloré pour le  consoler des enfers capitalistes.

 (Au moment où Bof écrit ces lignes, un sondage  dans une société qui aime bien se qualifier de  post-moderne (Gus, ça fait chic mais ça veut dire au moins «  pas primitive »!?) un sondage local, dis-je,  l’informe que 60% des gens croient à une f orme  de survie alors que  33%   n’y croient pas.   La Presse 29/10/05)

 

 

 

 

2. L’homme un mammifère pas tout à fait comme les autres… moins pesant ou plus léger ?

 Autre facteur qui saute au yeux et qui mérite considération avant d’aborder plus directement le problème. Prendre conscience de l’originalité  de l’homme, de l’énorme différence métaphysique  qui le sépare  de l’animal. Tout ce que Bof a dit précédemment, toutes les Traces de l’homme qu’il a repérées depuis les premières pages de ce site mettent en évidence au moins une douzaine de différences extrêmement  importantes et difficilement contestables. A première vue, on peut éprouver quelques difficultés  à les saisir ou à s’en rendre compte…C’est qu’on est un peu dans la situation du poisson  qui  ne prend conscience  de ce qu’est l’eau qu’au moment où  on  le sort  de l’eau ou qu’il se ramasse sur la plage.

 

L’homme pourtant est bien ancré dans son corps. Un lion  ou un lutteur ou un gladiateur  sont de beaux spécimens  de corporéité. L’homme réussit, tout comme l’animal, â sortir d’une certaine façon de son corps par quelques petites ouvertures que l’on appelle les sens.. Comme les animaux supérieurs, l’homme voit, entend, sent, ressent  la  peur,  éprouve des désirs ou du plaisir,  etc.  autant de facteurs qui l’amènent à agir sur son environnement. … Ce petit équipement commun, pas banal,   est le point de départ de l’activité animale et  humaine. Même de ce point de vue  l’homme  fait assez piètre figure et dans  des Olympiques de performance, niveau sensibilité,   il ne pourrait prétendre à la médaille d’or, sans doute même pas au podium. Surtout que bien des animaux ont des « portes » supplémentaires, des sens bien à eux qu’ils ne partagent pas avec l’homme et qu’ils gardent jalousement. L’homme a été obligé de se les inventer techniquement.

 

Pourtant à partir de ce petit patrimoine commun, l’homme s’est détaché de façon invraisemblable…Regarde, Gus,  la créativité humaine dans tous les domaines, la technologie, la multiplicité des arts,  toutes les inventions culturelles,  de la hutte au building,  de la massue à l’atome, l’extension des savoirs, compte les facultés à l’université  et combien d’universités dans le monde, tente mentalement de faire un inventaire des bibliothèques,  toutes les institutions sociales et politiques que l’homme s’est données, etc.  L’exploration de  l’univers  et de l’atome.. L’exploration de l’être dans toutes sa diversité, dans l’infiniment petit et l’infiniment grand…etc..

Gus, compare l’homme et l’animalité et prend consciences  de la totalité  de ses œuvres, de ses réalisations dans tous les domaines imaginables.

Gus, il est inutile d’insister;  je crois  que tu es capable  de te rendre compte de cette énorme distance  de fonctionnement  entre l’homme et l’animal. Quand on pense  que le chef d’oeuvre de l’invention  animale est le « popsicle à fourmis », qu’un  chimpanzé, dans un éclair de son génie, a fabriqué. Il a pris une petite tige d'arbre pour la  plonger dans une  fourmilière pour  ensuite déguster les fourmis.

 

Au dix-neuvième siècle, le réductionnisme était à la mode. L’homme un animal comme les autres : « un singe amélioré  préférable à un ange déchu », «  la pensée, c'est du phosphore » etc. un beau spécimen de matière en somme… Il est important de  prendre conscience de  cette attitude, car il est évident que si il n’y a pas  de différences essentielles entre l’homme et l’animal, le problème qui nous préoccupe ici  est réglé en principe et on devrait s’arrêter ici si l’on veut être logique avec les prémisses qui sont considérées comme des absolues…

 

 A ce niveau de réflexion, Gus, tous  les cas d'animaux trans-spécifiés que Bof a présentés avaient tous comme but d’illustrer et marquer  l’originalité, la spécificité  de l’être humain… qui ne peut se réduire à n’être qu’un peu plus ou mieux « animal », mais se situe à un autre niveau d’être. Un véritable saut existentiel comme entre la matière et le premier vivant qui  en a surgi.

 

Tout ça simplement pour  émettre l’hypothèse qu’une telle différence de nature, de potentialité  ne suggérait-elle  pas une  différence de destinée par rapport à l’animalité pure? Au moins en tous cas, légitimer l’entreprise de  se poser la question sérieusement.

 

ENFIN ! , arrivons à l’essentiel  ayant en tête  ces deux considérations.

 Quel  est l’argument le plus valable, au plan philosophique, qu’on a pu faire valoir au cours de la longue tradition philosophique…Gus,  j’espère que tu as bien  compris tous les petits chapitres sur les Traces de l’homme que Bof a esquissés jusqu’ici et qui visent à définir l’homme dans toute son originalité; tous les aspects mis en évidence, une douzaine à peu près,  ne sont tous que des manifestations du  mode propre d’opérer de ce qu’il est convenu d’appeler l’intelligence proprement humaine.  Tu  trouveras (c’est la subtilité  que ton Prof attend de toi, mon cher Augustin)  que la manière de fonctionner de l’intelligence, dans tous les cas relevés (et ce ne sont pas les seuls,) une distanciation par rapport à la matière : l’intelligence  transcende (pour ceux qui aiment le beau langage) dans toutes ces modalités d’opération  qui lui sont propres  les limites imposées par la matière. 

 

Ce sont les prouesses  de l’intelligence, son mode d’opération  particulier, qui permet de comprendre  ce qui a été dit dans la deuxième remarque de l’intelligence… Le propre de l‘intelligence est  de s’affranchir des limites imposées par la matière, de s’imposer comme anti-matière, anté-matière, post-matière, ex-matière, im-matière,  supra-matière, etc..Reste à voir si elle ne serait pas hors-matière du moins à titre de possibilité. Repassons sous cet angle  les chapitres vus précédemment :

 

Pense chaque cas en rapport avec ce que tu sais de l’oeil  et de l’acte de vision, de son potentiel et de sa portée sur la réalité. Compare pour saisir l’originalité de ce que nous sommes… à notre meilleur.

.

 

A toi, Gus, de juger si cette petite différence vaut la peine  qu’on s’y arrête et si elle ne serait pas  annonce  ou prélude à une différence de destin.

A la page précédente, ton Prof reprenait en les résumant trois cas où se manifeste cette originalité de l’intelligence humaine :

 

 

 1) Le « sens » de l’invisible, cette ouverture spontanée et presque trop facile sur des réalités non sensibles,(âmes, esprits, dieux, forces, fantômes, etc.…)  qui échappent totalement à l’ordre de la sensibilité.

 

2) La réflexion. Le  sens du Je. Le retour sur soi.  L’intelligence se retourne sur elle-même pour se regarder fonctionner (c’est ce que nous sommes en train de faire, Gus), s’interroger sur elle-même, sa nature, ses lois de fonctionnement, pour en emplir des bibliothèques sur cette conscience du JE que nous sommes.  Comment faudrait-il imaginer l’oeil pour qu’il puisse se voir en train de voir ?

 

3) L’abstraction ou l’extraction du résidu « pensable » de toutes sa gangue sensible et matériel, en l’arrachant à toutes ses conditions matérielles pour en faire une idée, pour permettre les envolées d’un Platon  et de bien d’autres qui n’ont pas le même talent.  « L’idée est à l’homme, ce que le sabot est au cheval » disait Alain .

 

Et  je précise ce qui a été dit  au début du site…..

 

4)  Au-delà de toute possibilité des sens,  la possibilité propre à l’intelligence de transcender à la différence de l’animal, son propre temps vécu, de penser spontanément un passé qui échappe actuellement à toute sensation possible (l’homme animal historien) et de penser tout aussi spontanément à une existence possible et même inévitable au-delà de sa propre existence (l’homme  animal spécialiste de la science fiction)

5) L’homme  en tant qu’animal éthique. Être capable de connaître l’utile, l’agréable, le bon , le désirable avec  notre équipement de connaissance animale,  est facile,  pour toi et moi, en tant que valeureux mammifères,  mais comment se fait-il  que « par-dessus ces instincts si essentiels l’homme s’invente  des « codes éthiques, » des normes qu’il considère comme « des biens » qui transcendent et vont souvent à la rencontre de tous nos appétits d’ordre sensible qui habituellement nous servent quand même assez bien.. Gus, considère  toutes les raisons que se sont données les diverses cultures pour discipliner les « envies » si naturelles;  les raisons sont multiples mais la plupart du temps échappent à des considérations biologiques.

 

6) Homme à la poursuite de l’idéal… tout ce qui est pensé comma idée  prend un caractère d’absolu ou d’infini... C’est le grand moteur de toute l’activité humaine et le fondement de tous les progrès faits par l’humanité…

 

6) L’homme transcende  ses propres sensations. A la différence de l’animal, il s’intéresse à ce qui est au-delà des apparences… La lune parait un petit cercle, ne serait- elle par une déesse? …  les réponses  peuvent être stupides  mais si jamais ton chien pouvait penser que la lune est la mère de  tous les amoureux,,, il serait ton frère en humanité malgré ses apparences que tu pourrais juger grossières,,, mais ceci est relatif.

 

8) L’intelligence de l’homme est dominée par certains principes qui l’amènent à  chercher, au-delà des simples sensations,  les causes de toutes choses. Un autre ressort des mythes, des sciences, des philosophies, des religions; autant de pratiques exclusives à l’homme et dont on ne trouve aucun simulacre, ni ombre, ou soupçon dans le monde animal

 

9 A la différence de l’animal  qui est limité par le champ d'action et la portée de chacun de ses sens, l’homme  les domine tous, va au-delà et s’INTERROGE sur ce qui est,,, même  si ce n’est pas de l’être visible, de l’être audible, de l’être odorant,  épeurant, etc.

 

« Répétitions, répétions, tout n’est que répétitions », dirait l’autre ou peut-être même toi,

Gus.  Et Bof ne prétend pas du tout que ce petit catalogue des  Traces de l’homme soit  exhaustif.

 

 

L’homme est ancré dans son corps, peut-il larguer les amarres ? C’est le problème qui nous occupe et que nous allons aborder plus directement maintenant.

 

Gus, Bof s’est répété un peu trop ici, mais il a cru bon le faire. Si l’homme n’est qu’un animal comme les autres, un cas de phosphore plus performant comme certains l’ont affirmé jadis,  s’il n’y a pas un hiatus, un saut existentiel et qualitatif avec l’arrivée de l’homme, autant s’arrêter ici  et ne pas se poser la ridicule question de survie ou d’esprit à moins que ce ne soit que la promesse d’un ciel phosphorescent.

 

 

 

 

 

3. LA  MÉTAPHYSIQUE COMME SPORT EXTRÊME.

 

Le grand saut

 

La  nature de l’action révèle la nature profonde de l’être  qui s’exprime dans cette acton.

 

Le raisonnement implicite que l’humanité dans son ensemble a fait, dans une conscience embryonnaire  de son action et de son être, pour finir par croire si spontanément, contrairement à toutes les évidences sensibles, à diverses formes de survie semble bien être  le suivant :  L’être (esprit) dont par nature  l’originalité, la spécificité et l’essentiel des opérations est  de s’affranchir et de transcender les limites   ou les limitations de la matière, de la sensibilité, n’est-il  pas un être qui par nature peut exister  sans la matière ou les conditions de la matière ? C’est, Bof le croit, le raisonnement confus, implicite, mal explicité, mais vécu intensément que tous les peuples, du primitif à l’homme d'aujourd’hui, ont fait  en affirmant des formes de survie de cette être qui avait la faculté, même dans  un corps bien charnel,  de s’envoyer en l’air hors des limites imposées  par ce corps, hors de cette matière, hors de ce réseau d'actions physico-chimiques que la science explore avec un tel bonheur. L’opération,  le mode d'agir, si original,  ne serait-il pas le prélude à un mode d’existence tout aussi original, du même ordre. 

 

Les actions géniales révèlent le génie, les phénomènes vitaux le vivant. L’indépendance relative de l’action de l’intelligence par rapport aux sens   ne pourrait-elle par être simplement le révélateur de la possibilité d’une indépendance absolue quand au mode d'existence et de subsistance.  Ce serait le petit secret de l’être humain, qu’il garde bien pour lui, qui n’en parle jamais à son chien, qu’il adore pourtant, mais auquel il ne voudrait pas faire de la peine… et qui de toute façon n’est pas intéressé et ne comprendrait pas  à moins de lui expliquer longtemps, longtemps, longtemps,… en attendant quelques millions d’années d’évolution et quelques fameux coups de Chance dont seul le Hasard a le secret.  Ton chien, Gus, l’expérience le prouve : tout ce qui  le préoccupe et l’intéresse, c'est  le mollet de la belle livreuse de pizza qui a l’habitude de sonner à la porte à la tombée du jour.… pas un univers où il se trouverait en face de mollets éthérés, sans chair autour de l’os lui-même  vidé de l’intérieur.

 

Résumons nous.  Cet être dont l’opération  essentielle, est  de dominer et de transcender les limites de la connaissance animale et de la matérialité  ne peut-il pas exister indépendamment  de la matière, échapper aux conditions de la matérialité…

 

Pour un décollage de la matérialité, Gus, c'en est tout un…On n’est pas n’importe qui !

 

 

 

4. Ultime remarque, mon cher Augustin  au cas ou toi et moi serions tentés de se prendre pour un Autre

 

La mort.

Gus, il ne faut pas être trop égoïste. C’est si beau la vie, être suspendu on ne sait trop  comment  ni par qui ou par quoi au dessus du néant, pendant une période X. Il faut penser à laisser la place à d'autres, à l’infinité des possibles qui attendent on ne sait trop où  pour qu’ils puissent à leur tour  jouir d’un tel privilège. De toutes façons nous n’avons pas payé pour notre privilège d’exister, pour ce don,  et n’avons  acquis ainsi aucun droit, surtout à l’exclusivité.

 

La survie de l’homme dans ce qu’il a de plus spécifique ne semble pas invraisemblable, même fort possible. Ce serait conforme à sa nature profonde. Cependant cette survie possible ne confère pas  à l’être humain l’immortalité de droit à moins d’intégrer  ces  considérations dans un cadre métaphysique plus global. Toi et moi, Gus, même en état de survie, même si on peut à la limite exister indépendamment du corps (si jamais on meurt) demeureront des êtres  contingents, c'est-à-dire que notre rapport à l’existence, à notre suspension au dessus du néant,  sera toujours aussi précaire qu’il est actuellement. L’être humain n’est pas cause ou raison d’être de sa propre existence. Gus, métaphysiquement nous sommes tous des « fils à papa » qui peuvent faire état de richesses, et surtout de leur existence, grâce  au travail du paternel.  Gus, moi en tous cas, je  ne peux même pas t’assurer que j’existerai encore dans une heure, histoire de répondre à tes objections. Je ne suis pas cause, ni maître de mon existence. Je ne trouve pas en moi  la raison de mon existence…  L’être nécessaire qui serait indestructible de par sa nature serait l’être par essence, sa nature s’identifierait avec son existence, il serait Être.  Exister serait sa nature.  Gus, on est des hommes, des  êtres finis, limités, qui existent  mais  avec toute l’évidence désirable  des  existants  qui existent d’une existence reçue et dont ils ne peuvent répondre. On est tous, Gus, des êtres qui auraient pu ne pas exister, qui existent cependant, suspendus à un fil au dessus du néant, fil lui-même tenu par qui ou quoi?  Cette existence reçue, on n’en est pas maîtres. Nous sommes essentiellement, survie immatérielle ou pas, des êtres finis… qui doivent leur  existence à autre chose qu'eux-mêmes, des « quêteux » d’existence   auxquels on a fait une place au coin de la table…

 

Gus, tu devines le problème maintenant;  un univers peut-il être fait d’êtres qui existent toujours par un autre, tous éternellement contingents, dont aucun ne peut rendre compte de son existence, des êtres qui auraient pu ne pas exister mais il s’adonne qu’ils existent par on ne sait trop quoi ou qui en bout de piste.. .  C’est, semble t-il, un monde impossible s’il n’y a pas  comme principe ultime de l’être un être qui existe par lui-même que toutes les cultures tentent de définir tant bien que mal et est cause de l’existence des êtres  qui, comme toi et moi,  sont sans prise sur leur propre existence.

 

Tout ceci pour en arriver à dire que  la croyance en l’immortalité, bien  que vraisemblable au plan de la nature de l’homme, a besoin pour se consolider au plan de l’existence  de s’insérer, de s’intégrer  dans un cadre philosophique beaucoup plus vaste ou pour d’autres dans le cadre d’une foi  religieuse plus englobante.  Au principe des choses, de toutes choses finies,  y a-t-il tout simplement  le néant  (un monstre d’impuissance) ou la matière qui est bête comme ses pieds comme chacun sait ou un être qui serait être par lui-même, intelligence absolue, principe et fin de toutes choses, Acte pur pour Aristote, Bien Absolu pour Platon, Être suprême pour les philosophes, sens et principe de l’évolution, Dieu  pour les religions sous les milliers de noms qu’on lui a donnés, de A à Z, de Allah à Zeus, sous les milliers de formes ou représentations, du triangle à la trompe d’éléphant.

 

 Pour réfléchir plus profondément  sur toutes ces questions,  pour voir l’encadrement cosmique ou métaphysique  de cette grave question,  je te conseille de reprendre dans cette perspective le site que  ton Prof a consacré  au hasard et à l’évolution de la vie…(HASARD ET EVOLUTION)

 et surtout aux essais qui terminent ce site. Également  porte attention aux deux centaines de témoignages (de tous bords et de toutes tendances) que tu y trouveras… Bonne lecture…

 

En attendant pour te stimuler et te récompenser de ta patience, ton Prof t’offre une autre fois ce beau texte d’Einstein.

 

 

 

einstein"La plus belle émotion que nous puissions éprouver est de nature mystique. C'est la puissance de tout art et de toute science véritable. Celui qui ne connaît pas cette émotion pourrait tout aussi  bien être mort. Savoir que ce qui nous est impénétrable existe vraiment, se manifeste par la sagesse la plus élevée et par la beauté la plus radieuse, que nos facultés restreintes ne peuvent appréhender que sous leurs formes les plus primitives, ce savoir, ce sentiment se trouve au cœur de la vraie religiosité. En ce sens, et en ce sens seulement, je compte au nombre des hommes profondément religieux. »

Einstein. Comment je vois le monde.

 

 

 

Et en terminant :

 

Fin: LES ANIMAUX NE SONT PAS SI BÊTES QUE L’ON PENSE.

 

 

 

 

Accueil. Index. Présentation

 

 

1. L'ourson

et sa patte de lapin

 

2. Le Roi-Lion

et sa galerie d'ancêtres

3. Le Loup

 qui questionne la lune

4. De Pluto

à Pluton

 

5. La libellule qui se prend pour Diogène

 

6. L'empire des sens et décolonisation

7. Lupus I

"Je pense, donc...hi,hi"

8. Le chien

 qui tire de la patte

 

9. Une volaille

 en quête d'absolu

 

10. La schizo... comme maladie structurelle

11. L’ESPRIT SAIN

vint à un hominidé

12. Les animaux ne sont pas si bêtes que l’on pense

 

13. survie et contingence

 

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PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

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Brefs extraits ou capsules tirés des 25 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

Relativisme éthique

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20ième siècle 

 

BRICOLAGE

(mON vERSAILLES À MOI)

GÉNÉALOGIE

(récents)

1a. gauche / droite

1b. eINSTEIN EN IMAGES.

2. société de consommation

3. Mondialisation

4. quête du bonheur

5. le terrorisme

 

6. Écologie et catastrophisme

 

7. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

 

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