PRINCIPAUX FACTEURS IDENTITAIRES
Par le Prof Bof
|
Tous les prétextes, motifs, raisons, ou évènements, ont été utilisés, pour se réunir, pour s’arracher à la solitude, pour se retrouver dans une fraternité morale élargie. Ce sentiment peut être fondé sur des expériences actuelles ou être en continuité avec le vécu historique d’une communauté.
Remplacer le banjo par la flûte de pan comme instrument national, ce ne serait pas un drame qui mériterait une crise de larmes…. D’autres ruptures sont cependant plus graves…
Chacun crie fort pour sauver son identité propre, sa culture, ses valeurs nationales, contre l’étranger ou l’agresseur éventuel alors que le plus souvent chacun se fait fort de culbuter le tout cul par-dessus tête… en moins d’une génération… Garder, sauvegarder, valeurs nationales immuables deviennent de plus en plus des concepts évanescents avec l’accélération de l’information et de la mondialisation qui rapprochent les cultures et les forcent à s’imbriquer… qu’on le veuille ou pas.… « Oh temps ! suspends ton vol ! »
1. RELIGION.
Longtemps ce fut un des principaux motifs
d’identité. Le monde s’est divisé en grandes zones religieuses. Dans l’islam, la religion est le facteur principal d’identité. Cela peut varier cependant selon le degré de ferveur religieuse. Plus important cependant quand elle devient un motif d’opposition et de ralliement contre un adversaire quelconque. Encore aujourd’hui, par contre, Shiites et Sunnites s’entretuent pieusement, comme protestants et catholiques, chrétiens et musulmans l’ont fait jusqu’à épuisement par le passé. C’est au Pakistan que l’identité religieuse serait la plus forte. Contrairement à d’autres pays musulmans, 87% des Pakistanais se considèrent avant tout musulmans, plutôt que citoyens de leur pays. C’est vrai que la religion a été la raison fondatrice de leur pays lors de la séparation de l’Inde.
Hegel attribuait à la religion un pouvoir vital pour forger l’unité d’une population et entretenir l’esprit de sacrifice à l’égard du bien commun. La religion, et la religion seulement, est la source originelle de l’esprit qui anime une population, ce qu’il appelait le « Volksgeist », l’esprit du peuple, la fibre spirituelle de tout nationalisme…
Qu’arrive t-il alors de la fièvre patriotique ou des passions nationalistes en l’absence ou en l’affaiblissement des croyances religieuses… ?
Ce que Hegel ignorait, c’est que, à défaut du croissant ou du triangle divin, le ballon rond ou la rondelle de caoutchouc ou, à la limite, la roue de vélo, pouvait servir d’âme pour unir une population moderne en un tout unique vibrant aux mêmes émotions.., célébrant les mêmes exploits, adorant les mêmes démiurges. Voir FOOTBALL ET identité
Il ne faut jamais désespérer du progrès
Gus, Bof vient de lire qu’en Afrique subsaharienne, ce sont les pays les plus christianisés (Rwanda, Ouganda, etc.) qui se sont livrés aux génocides ou aux guerres intestines les plus violentes… même entre chrétiens… Comme quoi la religion peut n’être qu’un vernis sur des divisions ethniques autrement plus profondes et ancrées dans l’histoire et qui ne demandent qu’un prétexte ou quelques bons apôtres pour prendre le dessus.
A distinguer la religion comme vécue ou comme pièce du patrimoine.
La religion peut pour certains faire partie de leur identité à titre de patrimoine. Comme ces vieilles maisons (ou paysages pittoresques) que personne ne veut habiter ou raser mais qui ont le mérite « d'avoir été » (ou « d’être là »)
Voir aussi le texte de Claude Allègre au numéro 7 (idéologie) Et dans la même ligne . Tariq Ramadan, leader intellectuel de l’UOIF : « La grande supercherie, c’est de laisser croire à l’Europe qu’elle est de tradition judéo-chrétienne » « Le musulman d’Occident fera l’avenir de l’islam »
|
||||||||||||
|
2. La géographie. Le Pays. La patrie. Communauté civique.. L’existence citoyenne… Le consortium des payeurs d’impôts…
Montesquieu. « Je suis homme nécessairement et ne suis français que par hasard » George Santayana « D’après moi, ç’est d’une terrible
indignité d’avoir l’âme sous l’emprise de la géographie. »
Un espace géographique délimité par des frontières est ce qui constitue un pays juridiquement. La citoyenneté commune définit une zone de partage de devoirs et de droits entre les individus. C’est de nos jours le premier facteur d’identité où les collectivités se font reconnaître. Constitution, drapeau, hymne nationale, célébrations festives sont les marqueurs de cette identité; la reconnaissance ultime est l’appartenance à l’ONU.
Dès l’âge de deux ans, les bambins apprennent à agiter tant bien que mal le drapeau, au moins au jour de la fête nationale. S’ils ne peuvent le tenir, on le leur peint sur les joues ou l’accroche à leur bonnet. |
||||||||||||
|
Cette identité, fort englobante, peut subir une certaine érosion en raison de l’importance que peuvent prendre, à l’intérieur des frontières géographiques, les identités particulières qui y prolifèrent sous le couvert de races, d'ethnies, de diversité de langues ou d’héritages culturels. Rares sont les pays qui ne connaissent pas les tensions générées par ces sous identités que la géographie, l’histoire, le tracé parfois arbitraire des frontières ont créées. Plus récemment, cette érosion s’accentue par les formes de multiculturalisme qui s’implantent ici et là : les groupes minoritaires trouvent dans leur particularisme une identité première, cela parfois en opposition, sinon avec mépris, de |
Guerre 1914-1918 « Un adolescent d’aujourd’hui en Occident ne peut même plus concevoir les passions nationales qui portèrent les peuples même européens à s’entre-tuer pendant quatre ans. Il y touche encore, par ses grands-parents, et pourtant il a perdu leurs secrets; ni les souffrances subies ni les sentiments qui les rendirent acceptables ne lui sont compréhensibles; ni ce qu’ils eurent de nobles ni ce qu’ils comportèrent de passif ne parlent encore à son cœur ou à son esprit comme un souvenir, même transmis » F. Furet. Le passé d’une illusion. P. 35 Gus, tu peux peut-être mieux comprendre le mot de Maupassant « Le patriotisme est une espèce de religion; c’est l’oeuf d’où vont éclore les guerres. » |
|||||||||||
|
l’identité plus englobante fixée juridiquement par la nation politique ou la patrie commune.
Certains tendent à sous-estimer ce nationalisme ou ces formes de patriotisme pour des raisons inverses, c'est-à-dire pour raison d’ouverture, sous l’effet de la mondialisation et de l’éclatement de l’information, à des espaces plus vastes, à la limite à la totalité de l’humanité. On voit dans le patriotisme primaire, ou dit tel, un processus d’infantilisation, Enfants de la patrie, etc. ou encore « une impolitesse » face aux autres nations.
En ce sens (la nation juridique), il y aurait environ 250 pays reconnus sur la planète, pays auxquels on aime bien encore s’identifier, particulièrement en temps d’agression ou durant le Mondial de football qui réconcilie immigrants et autochtones, gauche et droite, pouvoir et opposition, etc. tous unis dans un même coup de tête à l’ennemi ou à l’adversaire, à l’autre, à ceux qui ne sont pas « nous ». Voir FOOTBALL ET identité
Sédimentation et stratification du territoire. D’Astérix à Mohamed. Droits des premiers occupants contestés par le droit des deuxièmes occupants. Les troisièmes occupants revendiquent leur place au soleil et poussent ceux qui sont déjà en place. Les quatrièmes….avec le général X en tête… Pour la suite du monde !
« Le patriotisme, c’est l’idée selon laquelle votre pays est supérieur aux autres pour la simple et bonne raison que vous y êtes né » G.-Bernard Shaw
Le chauvinisme selon Brassens : « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part »
« Le même
sentiment peut être appelé vice ou vertu suivant son utilité sociale. Étendu
à la famille, à la tribu, à la patrie, l'égoïsme individuel devient une
vertu. L'orgueil, défaut individuel, est également une vertu collective. »
« Le concept de société me semble aujourd’hui plus pertinent, hélas, que celui de nation » FINKIELKRAUT.
« Une nation est donc une grande solidarité … elle suppose un passé; elle se résume pourtant dans le présent à un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune….un plébiscite de tous les jours. » Renan
|
PEUPLES MARGINAUX. Qui ne revendiquent pas cette forme d’identité… PEUPLEs VAGABONDs. « Gens du voyage ». Certaines collectivités bien identifiées, parfois trop bien, sont considérées comme itinérantes et de passage… Les Roms, bohémiens, romanichels, gitans se déplaçaient d’un pays à l’autre; la vie moderne et la politique les obligent à se sédentariser de plus en plus… Ils furent persécutés par Hitler… et bien d’autres. Étrangers un peu partout, rejetés dans des ghettos, marginalisés, la musique et la danse ont été pour certains, comme les tziganes, leur source première d’identification
PEUPLES RELIQUES OU VESTIGES d’un autre âge … Depuis une dizaine de millénaires, l’humanité a inventé l’agriculture, s’est progressivement sédentarisée, urbanisée et est entrée dans ce qu’on a appelé l’âge du néolithique… L’agriculture, par son efficacité, a multiplié considérablement les possibilités d’occupation d’un territoire et a permis à une partie de la population de se livrer à d'autres occupations, d’inventer l’écriture, le commerce, l’architecture, etc.. On a inventé les frontières pour délimiter le territoire, se le partager et se protéger. En somme, presque tout ce qu’on mettait autrefois sous le nom de civilisation, nom rejeté de peur d’insulter ceux qui seraient encore restés au stade de cueilleur/chasseur. De dix millions, la population est passée à 800 millions à l’aube de la Révolution industrielle et à plus de 6 milliards aujourd’hui.
Avec l’agriculture, par l’effort humain, on travaille et provoque la nature au lieu de simplement en cueillir les fruits.
Ceux qui n’ont pas pris le tournant, il y de cinq à dix mille ans, qui en sont restés au régime de chasse, pêche et cueillette, durent continuer à se déplacer sur de grands territoires pour assurer leur subsistance. Ce mode de vie archaïque était plus facile, et surtout plus compréhensible, quand la vaste planète n’abritait que quelques millions d’habitants. A titre d’exemple, Gus, à l’arrivée des Européens, l’Amérique du Nord comptait vraisemblablement 3 millions de nomades qui la parcouraient. Aujourd’hui, la même Amérique peut nourrir ses 400 millions d’habitants… et le reste de la planète si on n’imposait des restrictions politiques. Il y a de ces choses qui s’appellent l’évolution et le progrès. Ce mode de vie s’avère plus difficile, sinon impossible, quand la planète s’alourdit de 7 milliards d’habitants. Avec le temps, deux âges de l’humanité s’affrontèrent. Les nomades, les cueilleurs chasseurs, furent fatalement repoussés de plus en plus loin ou parqués en réserves pour touristes ou comme reliques d’un temps révolu pour le plaisir des anthropologues. Cependant ils ont appris suffisamment à compter pour réaliser que les privilèges de deux mondes (ancien et moderne) valaient mieux que ceux d’un seul. La rectitude politique, la judiciarisation omniprésente, la mauvaise conscience des uns, la modernité ont fini par les rejoindre avec les drogues, les skidoos, les allocations gouvernementales de subsistance, la culture de la victimite et le goût des compensations tout en conservant le flair ancestral pour le beau et bon gibier, les espèces sonnantes et trébuchantes.
|
|||||||||||
|
Les Innus, une population de 6500 personnes, revendiquent un territoire (440 000 K.carrés.) presque aussi grand que la France métropolitaine et
réclament 13 milliards de dollars pour l’empiétement
de leur territoire par la civilisation moderne et pour la
profanation des mânes de leurs ancêtres qui flottent encore à ce qu’ils
prétendent sur ce territoire. Ils ont
Gus, tu vois l’Espagne et la France s’associer pour réclamer à l’Angleterre, la fière Albionne, une
compensation financière pour
« Qui ne voit pas un brin de folie dans tout cela est déjà mort d’une overdose de rectitude politique. » Mario Roy
La rectitude politique ou le « misérabilisme » éthique…. Avis aux intéressés : une compagnie américaine ADN Tribes and Ancestry se fait fort de trouver en tous Américains ou Québécois des gènes d’autochtones, ce qui permettrait à tous et un chacun de payer la note et d’en profiter, de ramasser quelques graines du pactole. Nos ancêtres aussi ont folâtré en forêt par certains soirs de clair de lune… alors que les chasseurs étaient partis à la chasse comme il se devait.. Gus, ton prof qui s’est intéressé quelque temps à la généalogie, connaît au moins le nom d’une belle Innue et de son séducteur qu’il peut compter parmi ses ancêtres, ce qui devrait l’autoriser à tendre la main pour le pactole, un peu comme un Lazare sous la table de la rectitude politique. Et Bof prendrait volontiers un pari qu’il n’y a pas un Québécois « de souche » qui peut se vanter d’une pureté ancestrale Spick And Span. Et les Innues ne sont pas si mal après tout ! Et les explorateurs venus d'Europe devaient quand même se consoler de ne pas avoir trouvé de chinoises en fin de parcours. Dans la même veine, en Angleterre, des Druides auto proclamés réclament les ossements des ancêtres pré-chrétiens qui reposeraient dans les musées pour les enterrer rituellement dans la région de Stonehenge.
Bof croit au droit de propriété, au droit à l’occupation d’un territoire, même à mettre une clôture si on a semé et si on veut récolter, Bof y croit si cette occupation du territoire est une mise en valeur, une exploitation due à l’effort de travail de la personne ou des personnes, imitant le geste de ceux qui ont modifié le cours de la civilisation il y a dix millénaires. Seulement 5% de la superficie totale du globe se prête à la production d’aliments. Les quelques milliards de plus de personnes qui s’annoncent d’ici la fin du siècle vont faire sentir leur pression pour l’occupation des terres encore utilisables… quitte à déranger ou à manquer d'attention aux mannes des ancêtres. « La guerre, la famine, les épidémies demeurent les causes essentielles des morts prématurées, des années de vie perdues, des enfants abandonnés sur la planète. La nature tue autrement plus que la technique qui, seule, permet qu’autant d’hommes vivent sur terre. On estime à 3 millions le nombre d'Indiens qui vivaient en Amérique du Nord au moment des premières conquêtes espagnoles. Les habitants des États-unis et du Canada sont cent fois plus nombreux aujourd’hui et l’agriculture nord-américaine pourrait nourrir à elle seule plus de six milliards d’hommes ». Kervasdoué. Les prêcheurs de l’apocalypse. 2007 P. 21
|
||||||||||||
|
3. RACE ou ETHNIE
Le réflexe identitaire qui colle le plus à la peau. La biologie et la génétique créent des similitudes et des dissimilitudes, des lignées bien identifiables et visibles…. Et les populations sont de souche ou pas. L’identité à ce niveau peut être vécue comme triomphaliste ou misérabiliste. Des facultés universitaires se spécialiseront dans les « ethnics studies » pour éliminer tout sentiment ou complexe d’infériorité des uns face aux autres. Si la délimitation des races peut être difficile, il reste que les dissemblances et les similitudes sautent aux yeux… et créent des « nous » ou des « eux », des semblables et des dissemblables, des familiers ou des étrangers, des Tutsis ou des Hutus. Des pays. comme le Congo, sont de véritables casse-tête, à prendre tragiquement dans tous les sens du terme. En Chine on compte 56 ethnies bien identifiées avec de beaux noms tout propres et chantant… Gus, ne me demande pas de te les nommer.C’est du chinois, pour moi.
Race, nature ou espèce.
Pour certains il est d’usage de confondre le sens de race avec celui d'espèce. Ce qui permet dans le discours courant de rejeter hors de la nature humaine ou de l’espèce certains groupes de race différente. C’est une notion polémique où on se plait à mêler l’accidentel et l’essentiel, l’artifice et le fondamental pour mieux frapper ou discréditer un adversaire éventuel. Il est vrai qu’historiquement, certains on pu utiliser des sens forts du mot race et y joindre des thèses discutables.
Gus, une pluralité de sens du mot « racisme » pour bien identifier avec qui on parle ou qui on écoute...
1. Rejeter hors de l’espèce humaine certaines races. Majorer indûment l’importance de certains traits physiques. Certains sont plus hommes, d’autres moins hommes, d’autres pas homme du tout. Acceptation rare aujourd’hui, mais qui a eu un certain succès lors des grandes périodes d’exploration et de découverte. Devait-on baptiser certains indigènes ??? Pour les éléments qui permettent de définir ce qu’est un homme, voir SUR LES TRACES DE L’HOMME qui explicite une douzaine de traits qui permettent de définir l’être humain et qui se retrouvent partout où se trouve l’« homme » (communément appelé tel).
2. A l’intérieur de l’espèce humaine, reconnaître certaines races et les hiérarchiser de sorte que certaines auraient des droits sur d’autres en raison de leur supposée supériorité. Dans cette perspective, les droits de l’homme perdent de leur universalité et il n’y a pas lieu d’en faire des Chartres… A servi de justification à l’esclavage…à la ségrégation, à la ghettoïsation, aux systèmes de castes ou d’apartheid ou à d’autres mesures discriminatoires semblables. Et à donner un sentiment de supériorité à un tout chacun vis-à-vis « l’autre ». Des hommes sont « plus égaux » que les autres.
3) À l’intérieur de l’espèce humaine reconnaître des races (différentiées) ayant les mêmes droits en raison de leur commune nature humaine et reconnaître des aptitudes différentes et variées selon les races…, ou les groupes humains que la biologie, l’environnement et (ou) l’histoire ont créés.
Ici on peut retrouver entre les groupes (ethnies ou races) toutes les variétés de comportement, positif ou négatif, que l’on retrouve entre individus … de même race. Attraction, répulsion, méfiance, confiance, etc.
On entre ici dans le domaine des relations humaines, avec la peur ou l’inquiétude face à l’étranger, à la nouveauté, avec la propension à ressentir ou entretenir des rivalités, des jalousies ou du mépris. etc. Gus, pour chacun, il y a des faces qui ne nous reviennent pas, pour d’autres ce sont des couleurs de peau ou … ou ..ou . On peut trouver mille raisons pour échapper au commandement de l’amour universel. La fraternité humaine reste toujours un rêve, entre les gens de même race autant qu'entre les gens de races différentes…Les qualités des individus ont le plus souvent priorité sur les facteurs raciaux pour provoquer l’indifférence, les haines, l’amitié, l’ouverture. Les journaux ou les revues, les partis politiques, les clubs sportifs ont leurs clientèles qui se méprisent réciproquement et allègrement. Tous les prétextes sont bons pour s’associer ou se rejeter : les différences raciales peuvent jouer dans certains cas, mais aussi les professions, les niveaux de richesses, les classes sociales, les degrés d’instruction, les sexes, les religions, les habitudes de vie, les quartiers, etc.
Sartre en promulguant que « l’enfer, c’était les autres » n’est pas tombé dans le piège de la rectitude politique en excluant ou en épargnant certains groupes des difficultés courantes du vivre-ensemble.
Les pouvoirs publics s’ils ne peuvent contrôler les sentiments ou les pensées des gens, ont à voir cependant que les relations, que les actions demeurent à l’intérieur de la civilité et du droit fondé sur la commune humanité.
Pour Lévi-Strauss le racisme est (UNESCO 1971)
« Une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d’individus, de quelque façon qu’on le définisse, l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique » 57
Autrement dit, c’est confondre culture et biologie.
4. Nier le concept de race sous le prétexte (c'est le dada d’un biologiste populaire) que les groupes ne sont pas démarqués au couteau et que les différences entre les dites races forment une gradation continue, allant du noir au blanc, du blanc au café pour la peau, du petit au grand, du crépu au souple, du noir au blond pour les cheveux, du pointu à l’épaté, du droit au crochu pour le nez sans pouvoir établir de démarcations qui permettraient d’identifier un groupe bien précis. A ce compte, Gus, la chaleur et le froid n’existent pas car on n’a pas établi, sinon arbitrairement, le degré où l’on bascule de l’un à l’autre. Ni entre le dur et le mou, ou le jour et la nuit, etc. La science a fait un progrès monstre dernièrement en fixant dans une formule mathématique la démarcation entre l’excès de poids, l’embonpoint et l’obésité. C’est un cas de Prix Nobel. Pourtant on parle communément de races de chien à l’intérieur de l’espèce et on y retrouve également les mêmes gradations de sorte que ceux, qui ont les yeux vis-à-vis des trous, peuvent distinguer, s’ils font bien attention, un danois d’un chiwawa même s’il est difficile de s’entendre sur les définitions ou le nombre des groupes apparentés au sein de l’espèce. Gus, ce serait intéressant de connaître le point de vue du Chiwawa… en présence d’un Danois (le chien) ou vice versa.
Mais croire régler le problème du racisme en niant les races au lieu de l’aborder, c’est se conférer à bon compte un diplôme de vertu et de belle âme puisqu’on a détruit scientifiquement toute base au racisme ……et au réchauffement de la planète en plus puisqu’on confond pour les mêmes raisons chaleur et froid.
Et le petit Suédois (pour rester en Scandinavie) n’a pas lieu (encore moins le droit) de manifester de l’étonnement la première fois qu’il voit un noir. Son scientifique de père devrait le morigéner sévèrement s’il voit ces manifestations spontanées de racisme. Et sans aucun fondement scientifique. Et souhaiter que fiston soit né plutôt daltonien que de nourrir un tel sentiment.
5. « Faire preuve d’insensibilité raciale ».. Une faute contre la « rectitude politique » qui peut entraîner l’ostracisme social et professionnel. Le « prochain » du précepte rétrécit et prend « couleur ».
« C’est le lieu de rappeler que, sociologiquement, l’ethnicité est un concept neutre. … Elle désigne simplement les manières de faire ou de vivre (coutumes, traditions, représentations ou visions du monde, etc.) qui, avec le temps, prennent forme dans toute collectivité et en viennent à nourrir l’identité. Pour le scientifique, elle s’impose comme fait social, ce n’est pas affaire de choix. Là où l’ethnicité (et du même coup l’identité) devient suspecte et condamnable, c’est quand elle se transforme en ethnicisme à savoir l’affirmation de la supériorité d'un groupe ethnique et, sur cette base, la négation des droits des autres. » Rapport de la Commission Bouchard-Taylor
|
||||||||||||
|
4. NATION (au sens sociologique)
Une nation, un « nous », est plus qu’une somme de « Je » Plus couramment, c'est l’histoire, le passé commun, un partage d’expériences collectives, une certaine communauté de valeurs et un sens d'appartenance, l’attachement à une certaine culture, surtout si c'est renforcé par une communauté de langue ou de religion ou de race. Les liens du sang, la mémoire commune et les liens culturels créent une communauté à laquelle on s’identifie prioritairement et à laquelle on aime parfois donner le nom de nation même si c’est une division de la nation au sens juridique. « La terre de nos aïeux » : la généalogie, le passé comme générateurs de communauté. La nation ainsi entendue est une histoire de parenté et de souvenirs, tristes ou glorieux, partagée parfois entre la honte et la fierté. La nation génère alors une sensibilité nouvelle, un sens de la destinée, un espoir de rendez-vous avec l’histoire..… On affirme sa différence et compte bien sur le regard des autres pour en confirmer la valeur en attendant des reconnaissances politiques, constitutionnelles et, cerise sur le Dimanche, onusienne avec un siège avec son nom. Et un chacun de charger les différents nationalismes, du moins les mots (Gus, c’est le Viagra de la rhétorique), de droits, d'ambitions, de projets d'avenir et de se lancer dans une guerre de vocabulaire que se livrent orateurs, politiciens et poètes.
L’impact de ce facteur nationaliste est sujet à des variations selon l’évolution historique, selon les individus ou même les époques de la vie d’un chacun C’est aux célébrations rituelles de la « nation », à l’évocation incantatoire des héros historiques, des pères de la nation, des destins collectifs qu’on peut voir les ferveurs identitaires se manifester avec le plus de chaleur. La valeur des discours se mesure à la charge explosive d’émotion et de solidarité qu’ils génèrent. Le discours se fait misérabiliste en situation de minorité, triomphaliste en situation de majorité.
Dans sa version pessimiste, le nationalisme se nourrit de blessures, d’échecs et de défaites. On cultive les humiliations pour les siècles des siècles et veille à la fraîcheur des blessures, quitte à gratter les plaies… de peur qu'elles ne se cicatrisent. (Gus, pense à la guerre des Balkans) Certains ont besoin de l’histoire « non pour s’en éclairer ou s’en libérer, mais pour s’en irriter encore et encore, s’en oppresser toujours un peu plus » (Fogllia)
La version optimiste célèbre les succès et les victoires. On plastronne collectivement, bombe le torse et toute l’histoire, resservie par les poètes et les tribuns, sert à remonter l’Ego collectif… et fait pointer à l’horizon des missions, des rendez-vous avec l’Histoire.
L’identité poussée à la limite, les valeurs seront « évaluées » en fonction des intérêts supérieurs de la Nation… Ex. l’avortement…
|
Le plus beau voyage
Ai refait le plus beau voyage De mon enfance à aujourd'hui Sans un adieu, sans un bagage, Sans un regret ou nostalgie
J'ai revu mes appartenances, Mes trente-trois ans et la vie Et c'est de toutes mes partances Le plus heureux flash de ma vie!
Je suis de lacs et de rivières Je suis de gibier, de poissons Je suis de roches et de poussières Je ne suis pas des grandes moissons Je suis de sucre et d'eau d'érable De Pater noster, de Credo
Je suis de dix enfants à table Je suis de janvier sous zéro
Je suis d'Amérique et de France Je suis de chômage et d'exil Je suis d'octobre et d'espérance Je suis une race en péril Je suis prévu pour l'an deux mille Je suis notre libération
Comme des millions de gens fragiles À des promesses d'élection Je suis l'énergie qui s'empile D'Ungava à Manicouagan
Je suis Québec mort ou vivant!
Claude Gauthier
Le pâté chinois (patates-blé d’inde-viande hachée) est décrété par le Devoir comme le plat national des Québécois. Déjà des protestations s’élèvent et certains y voient du racisme inconscient ou subliminal: le blanc sur le dessus, le jaune au milieu et le noir au fond)
« Le nationalisme civique, réponse à notre honte, aurait comme principale vertu le déracinement volontaire d'avec le passé. Il
serait acceptable parce que sans mémoire, vierge en quelque sorte de ces
fautes inavouables commises par la vieille ethnie canadienne-française
nationaleuse abreuvée d'eau bénite. Le nationalisme dit civique arrive aussi
à point nommé…. L'auto flagellation collective que nous pratiquons
allègrement ne révélerait-elle pas le vieux complexe minoritaire, bien réel
celui-là? »
|
|||||||||||
|
Ce facteur peut recouper la notion de pays, recouper les frontières géographiques. La nation au sens sociologique et culturelle renforce alors l’appartenance civique, légale à une patrie quelconque.. Mais souvent dans les pays modernes, avec les brassages de populations au cours des siècles, les redéfinitions de frontières, les diverses fédérations, font que le pays civique et juridique inclut deux ou plus de nations en ce sens sociologique; certains pays (Chine, Congo, etc ) peuvent en compter cinquante. C’est une occasion de frottement, d’opposition entre des nous et des eux, des menaces de sécessions, mais c’est aussi une occasion de sagesse politique et un art de pratiquer la tolérance et l’art de vivre ensemble. La tentation est forte cependant de cultiver sa différence par opposition systématique à l’autre, à l’étranger, qui cohabite dans le même espace juridique.
Un sens patriotique particulier se développe, se définissant par l’entretien de la flamme identitaire particulière grâce aux institutions qui le supportent. Poètes, chansonniers, meneuses de claques, tribuns improvisés ou professionnels s’occupent à fouetter les énergies, à entretenir le culte aux mânes des ancêtres, à célébrer les héros locaux, à revivre les tragédies passées, à évoquer les avenirs compromis. Tout pour vivre délicieusement l’appartenance au groupe et ressentir la chaleur qui s’en dégage. Il est difficile de trouver un coin en Afrique, en Europe, en Asie, en Amérique ou ne retentit pas périodiquement le cri : « Vive le ou la……..libre » avec ou sans balcon. Un tabouret ou une chaise peuvent servir de tribune au besoin. (Un bon tribun s’accommode de n’importe quelle tribune) Musil voyait le nationalisme comme un trouble de l’équilibre affectif.
En ce sens sociologique, il y aurait quelques milliers de nations sur la planète, distribuées plus ou moins équitablement dans les 250 pays reconnus; elles y cohabitent … avec plus ou moins de bonheur, c’est question de sagesse politique..
Depuis deux générations, pour une guerre entre pays, la planètes à eu droit à 10 conflits meurtriers à l’intérieur d’un pays ou l’autre au nom de l’ethnie, de la religion, de la race ou d’une quelconque fragmentation du pays officiel. À défaut de tolérance, de justice et d’ouverture à l’autre, ça foire et ça s’empoigne. Au lieu de mettre de l’eau dans son vin, pourquoi pas du vinaigre… ou de l’arsenic!!! Durant la guerre froide, on a cru un temps que les fièvres nationalistes s’étaient résorbées. Il n’a fallu seulement que les dictatures perdent de leur rigueur pour qu'elles renaissent de plus belle. Les attitudes varient. De temps à autres, certaines nations aiment à se rappeler bruyamment à l’attention mondiale : Basques, Pashtoun, Sunnites, Tchétchènes, Kurdes, Cris, etc. D’autres optent pour le silence : il y aurait 50 nations en Chine et combien aux Indes ? Certaines s’entretuent allègrement au bruit discret des machettes dans un profond silence médiatique. D’autres se pètent les bretelles, avec les discours patriotiques à dates fixes ou grattent leurs plaies périodiquement.
D'autres parlent, parlent, des vestales se chargent d'entretenir le feu sacré, référendent à l’occasion.
Certaines nations pratiquent à qui mieux mieux, l’art de vivre ensemble et cultivent discrètement leurs différences et s’aménagent une place dans des ensembles plus vastes qui leur confèrent indirectement plus de pouvoir…. ou leur permettent à tout le moins de vivre en paix et parfois de mieux vivre.. et parfois même d’exploiter les valeurs négligées de la commune humanité.
Avec l’immigration récente, les « de souche » sont de plus en plus poussés dans leur retranchement comme les premiers autochtones le furent. L’immigration récente, la rectitude politique, le multiculturalisme, l’impact des droits de l’homme créent un certain malaise dans les pays modernes qui sentent leur ou leurs nationalismes coincés dans la différence ou le nivellement. Autant d’éléments qui remettent en question les nationalismes antiques qui se nourrissent avant tout d’homogénéité et de consensus identitaire. C’est le nombre qui fera loi. Et les politiciens patinent élégamment entre la nation ethnique et la nation civique au gré des votes à conquérir, entre les authentiques, les pure race et les étrangers.*** Des majorités aujourd’hui triomphantes s’apprêtent à jouer les seconds violons ….et connaissent déjà la date où ils seront des minorités officielles qui se targueront, mince consolation, d’être des ex-majorités et iront rejoindre le rang des autochtones. Pour ce problème, Gus, voir les problèmes récents posés par l’intégration des immigrants. Gus, une nation, « un communautarisme qui s’est trouvé un lopin de terre. » Évidemment les politiciens ont vu le piège et on n’abandonne pas pour autant la ferveur nationaliste qui leur fournit des thèmes pour leurs meilleurs arias patriotiques; on tente d’en élargir le sens, on change les appellations ; faute d’être « de souche » l’autre est promu « gens d'ici » ; on donne au nationalisme un petit air englobant qu'en principe il n’a pas, on tente de convertir les « exogènes », on leur donne un passé, les baptise, les confirme, comme on convertissait autrefois les païens obligés de confesser la foi orthodoxe; on les oblige à entonner en chœur « Terre de nos … d’on ne sait trop quoi !»…si au total ça rapportait quelques votes,,, les votes qui permettent de faire triompher la cause du parti.…la vraie, la seule authentique quitte a pratiquer une certaine amnésie, pour ne pas heurter les nouvelles sensibilités.
(Gus, entre nous : tu imagines un politicien qui commencerait ses discours : « Payeurs de taxes et d’impôts ! Qui que vous soyez, citoyens, je………..
Le mot du poête
La culture « a un sens de perfectionnement humain. Elle est essentiellement humaniste. Elle veut… faire des hommes avec des canadiens français et non pas des canadiens français avec des hommes. Toute méthode qui n’est pas proprement dirigée vers l’humain a peine à n’être pas restrictive et de courte vue. Ainsi toute l’éducation historique et nationaliste » Saint-Denys garneau. (i935)
|
||||||||||||
|
Le NATIONALISME Amont et aval. Matrice et modèle. Accident et choix. Fatalité et liberté Contingence et absolu. Il y a quelque chose de naturel dans la nation, une familiarité, un sens de la famille élargie, générée par une souche commune et la présence d’un milieu qui crée des similitudes et des passions communes. C’est un peu comme la matrice de tout enfant qui vient au monde. Un accident et une fatalité. Mais le danger se situe en aval, quand le « nous » risque d’étouffer le « je » ou les « Je », quand la collectivité vient limiter la liberté, imposer un modèle, dicter les passions et les fidélités, proférer des exclusions pour qui verserait dans l’individualisme et cultiverait trop sa propre identité en affirmant ses virtualités propres. La tentation est forte, surtout pour les politiciens ou tribuns, de sacraliser des accidents de l’histoire en absolus. Ou d’ostraciser le poète s’il ne chante pas les valeurs collectives, s’il ne trouve pas les bonnes notes, s’il fausse ou quiconque qui se trouve des affinités ailleurs, plus vastes ou plus restreintes, des préoccupations plus terre a terre ou plus éthérées ou encore celui qui ne succombe pas aux peurs et aux haines ataviques, qui n’est pas au garde à vous à l’appel du clairon, qui ne s’extasie par suffisamment sur les qualités du « nous » collectif et sur le caractère grandiose et inévitable de la destinée que l’histoire lui réserve. Ou qui n’entre pas en transe chaque fois qu’on accole « national » à un substantif quelconque, ce qui normalement devrait faire vibrer les entrailles. |
|||||||||||
|
DEUX TEMPS FORTS DE LA FIÈVRE NATIONALISTE… L’obsession de se distinguer, de se trouver une quelconque originalité pour se définir, amène à se trouver ou à s’inventer des valeurs communes qui permettent de différencier « nous autres » d' « eux autres »… Sans cesse, au-delà des classes, des professions, des niveaux de culture, on s’invente un catalogue de valeurs spécifiques qui justifie la fierté d’un chacun, mais dont la spécificité doit plus à l’ignorance des « autres », à l’ignorance des constantes humaines, à l’ignorance de sa propre diversité, qu’à d'authentiques valeurs propres à la nation…. L’identité d’un peuple ou d’une nation, comme celle des individus, n’est pas un produit du « whishfull thinking », ou de la pensée magique, ne s’invente pas dans le futur mais est plutôt une trace du vécu d’un peuple, un peu comme le sillage d’un navire qui avance.... Le sillage peut indiquer des choses, peut être éloquent, mais ne pousse pas le bateau… L’obsession de se valoriser… Pas content d’être soi, il importe d’être collectivement meilleur que les autres… on apprend tôt que son histoire est une épopée, (« une des pas pires » chantait-on en chœur). Sa langue est la plus belle. Ça va de soi… jusqu’à ce que l’on rencontre un étranger qui affirme avec la même conviction : « mais non, c’est l’espagnol, voyons » c’est Charles-Quint, je crois, qui disait que l’allemand se crache, le français se parle, l’italien se chante, l’espagnol se prie ». A chacun son suçon…patriotique… à part pour les allemands. L’histoire nationaliste a le but de conforter un chacun dans son statut d'existence privilégiée. Le passé est valorisé, le futur n’y échappe pas. La nation, la sienne évidemment, répond à une vocation, à une destinée providentielle (civilisatrice, évangélisatrice, dominatrice, etc) qui conforte la communauté dans son existence collective… sans compter, pour le passé, les interventions du ciel qui multiplient les héros providentiels et les sauveurs du peuple aux moments névralgiques. |
|||||||||||
|
Modernité… Un « patchwork » de cultures. « On parle de société ouverte. Pas tant que cela. L’espace est ouvert. Mais dans cet espace ouvert, chaque culture est fermée sur elle-même. Chaque culture forme un bloc dur, en tout cas beaucoup plus dur que le ciment censé lier les blocs ensemble. Pour parer à la friabilité du ciment, on s’accommode. Et c’est là tout ce qu’on fait; s’accommoder. On ne s’entend pas, on ne s’écoute pas, on ne se fréquente pas, on ne s’imbrique pas, on fusionne encore moins. On s’accommode. On se tolère. » Pierre Foglia. La Presse. 21/11/06
|
|||||||||||
|
La chute dans la débilité et le racolage électoral…
Compétition entre les partis politiques pour jouer la carte du nationalisme. Quel parti s’invente et propose le plus beau « Nous », à la fois le plus exclusif et le plus englobant, à géométrie variable selon les auditoires, garant de « droits asymétriques » de façon à ratisser le plus large dans l’électorat…, le lectorat de tel ou tel quotidien, dans tel ou tel compté, etc… ? La chute dans l’insignifiance…
|
||||||||||||
|
*** Avril 07. Le piège des mots… et la réalité…
Le chef du parti X, aimait fort exalter la nation, sa nation : la main sur le cœur, tout devient national, du sirop d’érable à la capitale en passant par l’assemblée, de l’histoire, du passé comme de l’avenir, du futur siège à l’Assemblée des Nations.. Pas moins.
Mais la réalité concrète aidant, il prit conscience de la dangerosité des concepts en cas de séparation et que de nouvelles frontières pourraient circonscrire le futur pays rêvé à ses frontières naturelles de nation et envelopperaient douillettement ceux qui s’y reconnaissent. Si la nation a tous les droits, que faire de ceux qui dans l’espace géographique prévu ne se reconnaissent pas dans la dite nation, ont plus d'affinité avec les voisins ou, pire, qui prétendent eux-mêmes être des nations, nations qui ont le mérite non négligeable de l’antériorité dans l’occupation du territoire commun… S’il fallait que la nation sociologique dont on veut bien défendre la cause et la souveraineté se rétrécisse comme peau de chagrin… avec la réalisation du projet de séparation et d’indépendance, et de se voir alors obligé de chanter, au Grand soir, avec une voix de castré dans le concert des nations.
Pour parer au pire, la solution est toute prête. La nation, tant chantée, dans ses malheurs comme dans ses prouesses, sa langue et son destin, de sociologique qu’elle était devint tout à coup, l’espace d’un congrès et de quelques coups de gueules, une nation au sens civique et nécessairement englobante, occupant tout le territoire, sans avoir à demander aux nouveaux englobés s’ils se sentaient « chez eux » dans la « nouvelle nation »… qu’ils soutiennent désormais … au moins par leurs impôts. Les frontières actuelles, advenant une consécration et une invitation au concert des nations,,, sont sauvées… si on veut bien suivre l’évolution des concepts et des définitions données dans les dictionnaires…. français.
La belle ruse. Plus d’ethnies ou de langues concurrentes, plus de nations ayant des droits semblables … Le salut par les mots…
Mais la réalité prit le dessus.
Le chef de parti Y, vaillant défenseur sans trop le savoir de la nation au plan sociologique, ne se reconnaît plus dans la nation civique. Comme bien d’autres, il s’y sent mal à l’aise, il n’est pas tout à fait chez lui, il ne veut pas sacrifier l’histoire à la géographie. Il proteste timidement, lève des troupes, fait entendre discrètement des cris de ralliement et fait renaître de ses cendres encore chaudes la bonne vielle ethnie qui avait été ravalée dans les coulisses de l’histoire et de la politique politicienne, sacrifiée aux préoccupations électoralistes ou aux peurs plus ou moins conscientes qu’une éventuelle frontière suive le contour géographique de la « vieille » nation au sens sociologique.
Gus, toi qui lis les journaux… Qui est Monsieur X et qui est Monsieur Y.?
Et madame Z, se rappelant ses notions de biologie, fait une synthèse hégélienne qui permet de sauver la face, le temps d’une élection : la nation au sens sociologique est « le cœur de la nation au sens civique »… Il fallait y penser.
Gus, un indice : Qui est « la nouvelle nounou du « nous » » a-t-on dit.
Et Monsieur C qui vient foutre le bordel en reconnaissant officiellement la nation. Et on ne sait plus où donner de la tête, à quel saint, à quel texte, à quel sociologue ou à quel dictionnaire s’en remettre.
Gus, qui est Madame Z et Monsieur C.
|
||||||||||||
|
(Gus, une fois n’est pas coutume. Ton prof se permet d’emprunter le texte suivant)
Le nationalisme selon … Mario Vargas Llosa
« Conscience de l’histoire, ferveur régionale, exaltation du paysage, défense de la tradition, de la langue et des coutumes propres et masque idéologique du chauvinisme, de la xénophobie, du racisme et des dogmatismes religieux, le nationalisme sera, sans nul doute, la grande force politique qui résistera dans les prochaines années à la mondialisation de la vie et de l’économie qu’a entraînée le développement de la civilisation industrielle et de la culture démocratique. » p.. 65
« L’idée même de nation est fallacieuse, si on la conçoit comme l’expression d’un tout homogène et pérenne, d’une totalité humaine où langue, tradition, habitudes, manières, croyances et valeurs partagées constitueraient une personnalité collective nettement différencié de celles d’autres peuples. Dans ce sens il n’existe ni n’a jamais existé de nations dans le monde. Celles qui se rapprochent le plus de ce modèle chimérique sont, en vérité, des sociétés archaïques et un peu barbares que le despotisme et l’isolement ont maintenues hors de la modernité et, presque, de l’Histoire. Toutes les autres sont à peine un cadre où coexistent des façons différentes et contrastées d’être, de parler, de croire, de penser, qui ont â voir chaque jour davantage avec le métier exercé, la vocation choisie, la culture reçue, la croyance assumée, c’est à dire avec une option individuelle et chaque fois moins avec la tradition, la famille, le milieu linguistique à l’intérieur duquel on est née….
Il n’y a pas de nation qui ait résulté du développement naturel et spontané d’un groupe ethnique, d’une religion ou d’une tradition culturelle. Toutes sont nées de l’arbitraire politique, du dépouillement ou des intrigues impériales, de gros intérêts économiques, de la force brutale conjugué au hasard et toutes, même les plus antiques et prestigieuses, élèvent leurs frontières sur un champ sinistre de cultures rasées, réprimées ou fragmentées, et de peuples intégrés et mêlés à la va comme je te pousse, sous l’effet des guerres, des luttes religieuses ou du simples besoin de survie. Toute nation est un mensonge auquel le temps et l’histoire ont forgé--- comme dans les vieux mythes et les légendes classiques—une apparence de vérité »
« Le nationalisme est la culture de l’inculte, la religion de l’esprit de clocher et un rideau de fumée derrière lequel nichent le préjugé, la violence et souvent le racisme. Car la racine profonde de tout nationalisme est la conviction qu’appartenir à une nation déterminée constitue un attribut, quelque chose qui distingue et confère une certaine essence partagée par d’autres êtres également privilégiés par un destin semblable, une condition qui établit inévitablement une différence—une hiérarchie—avec les autres. Rien de plus facile que d’agiter l’argument nationaliste pour subjuguer une foule, surtout si elle est pauvre et inculte et s’il y a en elle ressentiment, colère et envie de se défouler sur quelque chose ou quelqu’un, amertume et frustration. Rien de tel que les grands feux d’artifice du nationalisme pour la distraire de ses véritables problèmes, pour l’aveugler sur ses véritables exploiteurs, pour créer l’illusion d’une unité entre maître et bourreaux. Ce n’est pas un hasard si le nationalisme est l’Idéologie la plus solide et la plus répandue dans ce qu’on appel le Tiers monde» 69-70
Mario Vargas Llosa Les enjeux de la liberté Gallimard. Et Gus, quant à emprunter, ces propos d’un penseur catalan : « Le nationalisme est un produit intellectuel inférieur, aux idées rudimentaires, qui ne se propose pas de fonder rationnellement une vérité mais de revêtir de l’apparence d’une doctrine ce qui n’est rien d'autre qu’une passion, un instinct et un acte de foi. Ce n’est pas un hasard s’il n’y a pas de grands penseurs nationalistes……Ses théoriciens les plus représentatifs, les nationalistes de nos jours sont obligés de les ignorer et de les cacher, car il s’agit d’un étalage ahurissant d’excentricités intellectuelles, où se côtoient le racisme d’un Fichte, l’ultramontanisme réactionnaire d’un Joseph de Maistre, le fascisme d’un Rosemberg et d’un Charles Maurras et le tiers-mondisme terroriste d’un Frantz Fanon. Le nationalisme a été incapable d’enrichir la connaissance de la réalité sociale, des mécanismes du devenir historique et de la condition humaine parce qu’il se nourrit de purs préjugés et de peurs ataviques qui ne résistent pas à l’analyse rationnelle »
La civilisation peut être définie de maintes manières mais la plus convaincante consiste sûrement à la qualifier de progrès grâce auquel l’être humain s’individualise et s’émancipe de la tribu, devient un être capable de dépasser les conditionnements naturels et sociaux et de tracer sa propre histoire, au moyen d’actes de volonté, de travail et de créativité..
La pauvreté conceptuelle et philosophique …n’empêche pas le nationalisme de séduire de grands publics et d’être une force politique puissante dans le monde d'aujourd’hui. Il a remplacé l’utopie collectiviste comme le défi majeur que devra affronter dans le futur immédiat cette culture démocratique qui vient de désintégrer le communisme...
Il est certain que le nationalisme se révèle extraordinairement motivant parce qu’il repose sur des instincts et des atavismes profondément enracinés dans la nature humaine. La propension naturelle de l’espèce est la horde, non l’individu; l’asservissement et non la révolte; la superstition et la magie et non l’examen intelligent des phénomènes et la passion et l’instinct au lieu de la rationalité.
C’est le terrible et magnétique attrait exercé par le nationalisme, surtout aux mains de ces astucieux manipulateurs de l’inculture et des passions humaines que sont ceux qu’on appelle les « leaders charismatiques »
… La sécurité que procure la conscience d’appartenir à un groupe homogène, la haine ou la peur de ce qui est différent ou étrange, la satisfaction narcissique de percevoir l’univers à travers ce qu’on est ou ce qu’on prétend être et la nécessité d'auto-affirmation en face des autres battent dans le noyau obscur et occulte des ferveurs nationalistes. »
Aleix Vidal-Quadras, Cestion de fondo. 1993
Et dans la même veine : « Derrière le leurre psychanalytique du nationalisme, il n’y a jamais eu l’ombre du commencement du début d’une idée. Seulement un bavardage vide et satisfait, générateur d’une bonne conscience hypocrite, imbécile et démesurée; blabla... blabla. .etc » Jean Papineau, cité dans Laurent-Michel Vacher. Dialogues en ruine.
|
||||||||||||
|
5. LANGUE
Principal moyen de communication, il serait étonnant que ce ne soit pas un des facteurs les plus importants pour délimiter des ensembles identitaires. Pourtant rares sont les pays qui ne connaissent pas une certaine diversité des langues, officielles ou pas, à l’intérieur de leurs frontières. Certains estiment à 4 ou 5000 le nombre des langues existantes, il en disparaît à chaque année au grand dam des linguistes qui voient leur matière rétrécir comme peau de chagrin.. Comme il n’existe qu’environ 250 pays bien identifiés, ils ont à intégrer ces milliers de langages avec les problèmes d’identité que cela pose. Les chiffres sont surprenants. Il faut préciser cependant que 96% de la population mondiale pratique 4% des langues, inversement, 96% des langues sont parlées par 4% de la population mondiale. Pour compliquer le problème identitaire à propos de la langue, très souvent une même langue peut être parlée dans d’autres pays ou par différentes ethnies. Certains, épris d’identité, s’efforcent de corrompre ou de particulariser la langue de partage pour marquer leur individualité et leur singularité et se targuer de n’avoir à partager leur langue avec d'autres nations. On prétend accélérer les processus de différentiation des langues que les siècles et l’isolement ont fait par le passé. De grandes langues universelles sont menacées de « créolisation » dans certaines régions. Avec les techniques modernes de communication, les immigrants peuvent par toute la planète continuer à recevoir radio et télévision de leur pays. ce qui peut retarder ou compliquer l’intégration au pays d'accueil.
6. RÉGIONALISME
Le sentiment d’identité plus large (national) peut se
particulariser dans des sous-produits plus près des gens.
Un pays, surtout en temps de paix, en absence de danger ou le Mondial terminé, est trop vaste pour plusieurs pour être le premier facteur d'identité. C’est comme si on s’y perdait. On préfère s’identifier prioritairement à ce qui colle à nous, à la famille, au village, à la province ou au département, Ces identités sont souvent moussées par des activistes, par des élites qui comptent s’y trouver un champ politique. Cette fragmentation peut donner lieu à tous les degrés possibles d’acceptation mutuelle, de l’indifférence à l’intolérance, de la séparation à la guerre (civile évidemment).
Gus, un rappel historique : tu imagines la reine d'Angleterre, en voyage officiel en France, s’écrier du haut du balcon de l’hôtel de ville de Rennes : « Vive la Bretagne libre »
Qu’aurait-on pensé de la dite reine ??? « Diantre, elle s’égare la dame reine » . 7. CAUSE. IDÉOLOGIE.
Le facteur identitaire prioritaire pour plusieurs à certaines époques récentes peut être une idée, une philosophie, un programme, tout ce que, émotivement ou rationnellement, on est porté à croire juste ou avantageux… |
||||||||||||
|
Tout pour la Cause. On suit dramatiquement ses échecs, ses retards, ses reculs ou euphoriquement ses succès et ses progrès. Les idéologies habituellement font entrevoir à l’horizon un coin de paradis, rouge ou bleu, ou tout au moins une sortie de l’enfer… ensemble…
Aujourd’hui l’écologie, l’altermondialisation, sont pour certains des facteurs d’identité et de communauté pour des groupes qui aiment bien transcender les limites géographiques. Comme le furent le communisme, le tiers-mondisme, la démocratie libérale, etc…
|
Le champion de l’ Ukraine au lancer du marteau, se met à son poste. Moment de silence, il tournoie sur lui-même et il projette le marteau aux limites du terrain, soit le double du record précédent. La foule est en délire. Après dix minutes d’applaudissements ininterrompus, le champion demande le mirco. Il fait taire la foule.
--« Merci, merci, merci… Vous n’avez encore rien vu, donnez-moi maintenant une faucille…. » |
|||||||||||
|
La CRISE DU POLITIQUE selon Claude allègre.
Trois idéologies viennent combler le vide créé par la religion et par l’implosion du marxisme comme facteur structurant 1. Le culte des droits de l’homme.
2 L’écologie politique. « Partie de résultats scientifiques, l’écologie politique est rapidement devenue autonome, s’opposant au progrès technologique, au mépris même des études scientifiques qui l’ont fondée. »
3. l’économisme.
« Aucune des trois ne porte en soi les valeur de justice et de solidarité qui fondent une société. Toutes trois nourrissent en leur sein le virus mortel qui menace nos sociétés : l’individualisme » Chroniques d’espoir. Fayard 2004 p.520
« Je suis libanaise et fière de l’être, mais je refuse d’être libanaise dans un Liban détruit et ruiné sans autre raison que la poursuite de chimères. J’ai une indigestion de chimères, une nausée des grandes causes, un dégoût de tous les mots en isme, arabisme, nationalisme, christianisme, sionisme, islamisme, fanatisme, héroïsme et autres » Nawal El Méouchi (La Presse 30/08/06)
8. CLASSE SOCIALE.
Pour d’autres le sens de la cohésion et de la famille élargie gravitera autour de la classe sociale ou du métier. L’appartenance à une corporation, le quartier qu’ils habitent, est encore pour plusieurs leur principale identité qu’ils mettront fièrement sur leur carte de visite comme d’autres affichent des drapeaux ou des passeports. Dans l’idéologie marxiste, la classe (ouvrière) est le principal facteur d’identité et le moteur de l’histoire… tombé en panne depuis les années 80.
9. ÉQUIPE SPORTIVE OU VEDETTE… ou LOGO.
Les motifs d’agglomération ou d’agglutination sociale peuvent être plus débiles les uns que les autres. Ils démontrent au moins l’urgence dans la nature humaine de cette tendance à la sociabilité, au besoin de s’arracher à sa solitude, et de se retrouver avec des semblables… contre des « eux » qu peuvent servir d’ennemis pour l’occasion et qui ont pour fonction de réconforter le « nous » qui nous englobent. « Seule la culture footballistique parvient, en France, à fédérer les passions ». Rioufol Ivan, La fracture identitaire Voir FOOTBALL ET identité Et La religion au goût du jour : l’Université de Montréal offre à sa Faculté de Théologie un cours sur le Club Canadien de Montréal. (Arrivez en patins.) “Venite, Ad Hourrah mus”
La force de l’identité se mesure à ce
que l’on peut endurer ou faire pour signifier ce que l’on croit être … pour
le moment. C’est souvent une foire aux idoles temporaires et la vie nous
(Les funérailles de Michael Jackson, par Chapleau…Tous les détails parlent).
|
||||||||||||
|
10. PARTISANERIE
Ce peut être simplement la partisanerie qui unit certaines personnes autour d’un club sportif ou autour d’une vedette. Cette partisanerie peut être le plus fort motif d’identité s’il se conjugue avec le nationalisme. Ce peut être aussi des noms de marques, des Logos, des symboles de gang. Particulièrement fort à
l’adolescence ou chez ceux qui sont en mal d’identité ou de ralliement pour
se faire valoir ou pour s’accepter. Les spectacles Malheur à celui qui dans ces rassemblements ne paye pas le tribut à la tribu. Chaque région a sa religion sportive… ses saints, ses fêtes, sa compétition dans la manifestation du zèle rassembleur. Le moi, l’identité personnelle se perd, s’éteint périodiquement au temps fort des fièvres partisanes, sportives ou autres, pour ressusciter sous la forme d’un « nous » revigorant et réconfortant. Dans la victoire, paraplégiques et agonisants sont revitalisés par la force de « leur club », à laquelle ils viennent de communier. Pour des jeunes ou des moins jeunes, des groupes musicaux peuvent créer des fièvres identitaires semblables… et chacun, pour témoigner de ses préférences musicales, se doit de porter son surplis, pardon, son T-shirt d’identification… pour marquer son appartenance à la « gang » qui sert de deuxième peau.. à défaut d’une première, encore boutonneuse, qui vaille par elle-même.
Dans l’ère de consommation, les logos, les grandes marques, créent des identités, des communautés de vêtements signés, ce qui permet de les distinguer et de les séparer de la masse, Il va sans dire que cet embrigadement fait la joie des commerçants et des compagnies qui ont réussi à imposer leur symbole de foi, de croyance et de bon goût. Dans le prix du produit on inclut évidemment la prime pour l’appartenance à des groupes choisis ou à des clubs privés de haute gamme… L’adolescence est de plus en plus la pâte choisie de ce formatage identitaire… Gus, à défaut d’un kirpan, tu peux toujours afficher ostensiblement le logo de ton caleçon comme appartenance à un club qui t’honore et que tu honores de ton affiliation. Ce qui dit tout et évite d’avoir quelques sujets de conversation qui tiennent. Même, pour certains, « l’achat d’une bouteille de vin est inextricablement lié à des stratégies pour représenter le soi, sa famille ou même son appartenance politique à un groupe spécifique »…
Gus, jusqu’où n’irait ton pas pour se trouver une identité et la défendre? Je viens de lire que certains déplorent comme un vol d’identité de la culture des sourds ces opérations chirurgicales où un implant permet à des sourds d’entendre. Ce serait une atteinte aux droits de l’homme, une violation des droits des sourds à vivre leur situation de minorité linguistique et les obliger à se percevoir comme victimes d’un handicap. Jusqu’où n’irait-on pas pour se trouver une identité et se retrouver avec des semblables? Le Canada vient justement de reconnaître une troisième langue officielle : le langage des sourds avec obligation de donner service dans la langue.
|
||||||||||||
Suite : Vie et évanescence des passions identitaires >>>>
|
Principaux facteurs d’identité Vie et évanescence des passions identitaires Football, ivresse et identité. L’autodéfense identitaire : immigration et intégration
|
|
PHILOSOPHER AVEC le prof BOF >>> « être sérieux sans se prendre trop au sérieux »
|
|||
|
NOUVEAU CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés>>>> Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof
|
|||
|
A propos de l’être humain |
Petite histoire des mentalités |
divers |
|
|
|
|
(récents) islam, islamisme, mahomet et le coran.
|
|
|
Il y a près de 15 000 liens hypertextes sur les sites (pages ou images). Ne vous gênez pas pour nous signaler les liens défectueux ( et même les fautes dans le texte) |
|||