PRINCIPAUX FACTEURS IDENTITAIRES
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Tous les prétextes,
motifs, raisons,
ou évènements, ont été utilisés, pour se réunir, pour
s’arracher à la solitude, pour se retrouver dans une fraternité morale
élargie. Ce sentiment peut être fondé sur des expériences actuelles ou
être en continuité avec le vécu historique d’une communauté. 1. RELIGION.
Longtemps ce fut un des
principaux motifs d’identité. Le monde s’est divisé en grandes zones
religieuses. Encore aujourd’hui, Shiites et Sunnites
s’entretuent pieusement, comme protestants et catholiques, chrétiens et
musulmans l’ont fait jusqu’à épuisement par le passé. C’est au Pakistan
que l’identité religieuse serait la plus forte. Contrairement à d’autres pays
musulmans, 87% des Pakistanais se considèrent avant tout
musulmans, plutôt que citoyens de leur pays. C’est vrai que la religion a été
la raison fondatrice de leur pays lors de la séparation de l’Inde. Hegel attribuait à la religion un pouvoir vital pour forger l’unité d’une population et entretenir
l’esprit de sacrifice à l’égard du
bien commun. La religion, et la religion seulement, est
la source originelle de l’esprit qui anime une population, ce qu’il appelait
le « Volksgeist », l’esprit du peuple, la fibre
spirituelle de tout nationalisme… Qu’arrive t-il alors de la fièvre
patriotique ou des passions nationalistes en l’absence ou en
l’affaiblissement des croyances
religieuses… ? Ce que Hegel ignorait, c’est que,
à défaut du croissant ou du triangle
divin, le ballon rond ou la rondelle de caoutchouc ou, à la limite, la roue
de vélo, pouvait servir d’âme pour unir une population moderne en un tout
unique vibrant aux mêmes émotions.., célébrant les mêmes exploits, adorant
les mêmes démiurges. Voir FOOTBALL ET identité Il ne faut jamais désespérer du
progrès Gus, Bof vient de lire qu’en
Afrique subsaharienne, ce sont les pays
les plus christianisés (Rwanda, Ouganda, etc.) qui se sont livrés aux génocides ou aux guerres intestines les
plus violentes… même entre chrétiens… Comme quoi la religion peut n’être qu’un vernis sur des divisions ethniques autrement plus
profondes et ancrées dans l’histoire et
qui ne demandent qu’un prétexte ou quelques bons apôtres pour prendre
le dessus. |
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2. Communauté
civique.. L’existence citoyenne… Le consortium des payeurs d’impôts… Montesquieu. « Je suis homme nécessairement et ne suis
français que par hasard » Un espace géographique délimité par des frontières est ce qui
constitue un pays juridiquement. La citoyenneté
commune définit une zone de partage de devoirs et de droits entre les individus.
C’est de nos jours le premier facteur d’identité où les collectivités
se font reconnaître. Constitution, drapeau, hymne nationale, célébrations festives sont les
marqueurs de cette identité; la reconnaissance ultime est l’appartenance à
l’ONU. Dès l’âge de deux ans, les
bambins apprennent à agiter tant bien que mal le drapeau, au moins au jour de
la fête nationale. S’ils ne peuvent le tenir, on le leur peinture sur les
joues ou l’accroche à leur bonnet |
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Cette identité, fort englobante,
peut subir une certaine érosion
en raison de l’importance que peuvent prendre, à l’intérieur des
frontières géographiques, les identités particulières qui y
prolifèrent sous le couvert de races, d'ethnies, de diversité de langues ou
d’héritages culturels. Rares sont les pays qui ne connaissent pas
les tensions générées par ces sous
identités que la géographie, l’histoire, le tracé parfois
arbitraire des frontières ont créées. Plus récemment, cette érosion
s’accentue par les formes de multiculturalisme qui s’implantent ici et
là : les groupes minoritaires trouvent dans leur
particularisme une identité première, cela parfois |
Guerre 1914-1918 « Un adolescent d’aujourd’hui en
Occident ne peut même plus concevoir les passions nationales qui portèrent
les peuples même européens à s’entre-tuer pendant quatre ans. Il y touche
encore, par ses grands-parents, et pourtant il a perdu leurs secrets; ni les
souffrances subies ni les sentiments qui les rendirent acceptables ne lui
sont compréhensibles; ni ce qu’ils eurent de nobles ni ce qu’ils comportèrent
de passif ne parlent encore à son cœur ou à son esprit comme un souvenir, même transmis » 35 F. Furet. Le passé d’une illusion. P. 35 |
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en opposition, sinon avec
mépris, de l’identité plus englobante fixée juridiquement par la
nation politique ou la patrie commune. Certains tendent à
sous-estimer ce nationalisme ou ces formes de patriotisme pour des
raisons inverses, c'est-à-dire pour raison d’ouverture, sous l’effet de la
mondialisation et de l’éclatement de l’information, à des espaces
plus vastes, à la limite à la totalité de l’humanité. On voit dans le
patriotisme primaire, ou dit tel, un processus d’infantilisation, Enfants
de la patrie, etc. ou encore « une impolitesse » face aux
autres nations. En ce sens (la nation
juridique), il y aurait environ 250 pays reconnus sur la
planète, pays auxquels on aime bien encore s’identifier,
particulièrement en temps d’agression ou durant le Mondial de
football qui réconcilie immigrants et autochtones, gauche et droite,
pouvoir et opposition, etc. tous unis dans un même coup de tête à l’ennemi ou
à l’adversaire, à l’autre, à ceux qui ne sont pas « nous ».
Voir FOOTBALL ET identité Sédimentation et stratification du territoire. D’Astérix à
Mohamed. Droits des premiers
occupants contestés par le droit des deuxièmes occupants. Les troisièmes
occupants revendiquent leur place au
soleil et poussent ceux qui sont déjà en place. Les quatrièmes….avec
le général X en tête… Pour la suite du monde ! « Le patriotisme, c’est l’idée selon laquelle votre pays est supérieur aux
autres pour la simple et bonne raison que vous y êtes né » G.-Bernard Shaw Le
chauvinisme selon Brassens : « les imbéciles heureux qui sont
nés quelque part » « Le même sentiment peut être appelé vice ou vertu suivant son utilité
sociale. Étendu à la famille, à la tribu, à la patrie, l'égoïsme individuel
devient une vertu. L'orgueil, défaut individuel, est également une vertu
collective. » « Le concept de société me semble
aujourd’hui plus pertinent, hélas, que
celui de nation » FINKIELKRAUT. |
PEUPLES MARGINAUX. Qui ne revendiquent pas cette
forme d’identité… PEUPLEs VAGABONDs. « Gens du voyage ».
Certaines collectivités bien identifiées, parfois trop bien, sont
considérées comme itinérantes et de passage… Les Rroms,
bohémiens, romanichels, gitans se déplaçaient d’un pays à l’autre; la vie
moderne et la politique les obligent à se sédentariser de plus en plus… Ils
furent persécutés par Hitler… et bien d’autres. Étrangers un peu partout,
rejetés dans des ghettos, marginalisés, la musique et la danse
ont été pour certains, comme les tziganes, leur source première
d’identification PEUPLES RELIQUES
OU VESTIGES d’un autre âge … Depuis une dizaine de
millénaires, l’humanité a inventé l’agriculture, s’est progressivement
sédentarisée, urbanisée et est entrée dans ce qu’on a appelé l’âge du
néolithique… L’agriculture, par son efficacité, a multiplié considérablement
les possibilités d’occupation d’un territoire et a permis à une partie de la
population de se livrer à d'autres occupations, d’inventer l’écriture, le
commerce, l’architecture, etc.. On a inventé les frontières pour
délimiter le territoire, se le partager et se protéger. De dix
millions, la population est passée à 800 millions à l’aube de Ceux qui n’ont pas pris le
tournant, qui en sont restés au régime de chasse, pêche et
cueillette, durent continuer à se déplacer sur de grands
territoires pour assurer leur subsistance. Ce mode de vie
archaïque était plus facile, et surtout plus compréhensible, quand
la vaste planète n’abritait que quelques millions d’habitants. A titre
d’exemple, Gus, à l’arrivée des Européens, l’Amérique du Nord comptait
vraisemblablement 3 millions de nomades qui la parcouraient. Aujourd’hui, la
même Amérique peut nourrir ses 400 miilions
d’habitants… et le reste de la planète
si on n’imposait des restrictions politiques.
Il y a de ces choses qui s’appelent
l’évolution et le progrès. Ce mode de vie s’avère plus difficile, sinon impossible, quand la planète s’alourdit de 7 milliards d’habitants. Avec
le temps, deux âges de l’humanité s’affrontèrent. Les nomades, les cueilleurs
chasseurs, furent fatalement repoussés de plus en plus loin
ou parqués en réserves pour touristes ou comme reliques d’un temps révolu
pour le plaisir des anthropologues. Cependant ils ont appris suffisamment à
compter pour réaliser que les privilèges de deux mondes (ancien et
moderne) valaient mieux que ceux d’un seul. La rectitude politique, la judiciarisation omniprésente, la mauvaise
conscience des uns, la modernité ont fini par les rejoindre avec
les drogues, les skidoos, les
allocations gouvernementales de subsistance, la culture de la victimite et le
goût des compensations tout en conservant le flair ancestral pour le beau
et bon gibier, les espèces sonnantes et trébuchantes. |
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Les Innus,
une population de 6500 personnes, revendiquent un
territoire grand comme la moitié de Gus, tu vois l’Espagne et « Qui ne voit pas un brin
de folie dans tout cela est déjà mort d’une overdose de rectitude
politique. » Mario Roy La rectitude politique ou
le « misérabilisme » éthique…. Avis aux intéressés : une compagnie américaine ADN
Tribes and Ancestry se fait fort de trouver en tous Américains
ou Québécois des gènes d’autochtones, ce qui permettrait à tous et un
chacun de payer la note et d’en profiter, de ramasser quelques graines du
pactole. Nos ancêtres aussi ont folâtré en forêt par certains soirs de
clair de lune… alors que les hommes chassaient aux
antipodes. Gus, ton prof qui s’est intéressé quelque temps à la généalogie,
connaît au moins le nom d’une belle Innue et de son
séducteur qu’il peut compter parmi ses ancêtres, ce qui devrait l’autoriser à
tendre la main pour le pactole, un peu comme un Lazare sous la table de
la rectitude politique. Et Bof prendrait volontiers un pari qu’il
n’y a pas un Québécois « de souche » qui peut se vanter
d’une pureté ancestrale Spick And Span. Et les Innues ne sont pas si mal après tout ! Et les
explorateurs venus d'Europe devaient quand même se consoler de ne pas
avoir trouvé de chinoises en fin de parcours. Dans la même veine, en Angleterre, des Druides auto proclamés
réclament les ossements des ancêtres pré-chrétiens qui reposeraient dans les musées pour les enterrer
rituellement dans la région de Stonehenge. Bof croit au droit
de propriété, au droit à l’occupation d’un territoire, même à mettre
une clôture si on a semé et si on veut récolter, Bof y croit si cette
occupation du territoire est une mise en valeur, une exploitation due à l’effort
de travail de la personne ou des personnes, imitant le geste de
ceux qui ont modifié le cours de la civilisation il y a dix millénaires.
Seulement 5% de la superficie totale du globe se prête à la production
d’aliments. Les quelques milliards de plus de personnes qui s’annoncent
d’ici la fin du siècle vont faire sentir leur pression pour
l’occupation des terres encore utilisables… quitte à déranger ou
à manquer d'attention aux mannes des ancêtres. « La guerre, la famine, les
épidémies demeurent les causes essentielles
des morts prématurées, des années de vie perdues, des enfants
abandonnés sur la planète. La nature tue autrement plus que la technique qui,
seule, permet qu’autant d’hommes
vivent sur terre. On estime à 3
millions le nombre d'Indiens qui vivaient en Amérique du Nord au moment des
premières conquêtes espagnoles. Les habitants des États-unis et du Canada
sont cent fois plus nombreux aujourd’hui et l’agriculture nord-américaine
pourrait nourrir à elle seule plus de six milliards d’hommes ». Kervasdoué.
Les prêcheurs de l’apocalypse. 2007 P.
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3. RACE ou ETHNIE Le réflexe identitaire
qui colle le plus à la peau. La biologie et la génétique créent
des similitudes et des dissimilitudes, des lignées bien identifiables et
visibles…. Et les populations sont de souche ou pas.
L’identité à ce niveau peut être vécue comme triomphaliste
ou misérabiliste. Des facultés universitaires se spécialiseront dans
les « ethnics studies »
pour éliminer tout sentiment ou complexe d’infériorité des uns face aux
autres. Si la délimitation des
races peut être difficile, il reste que les dissemblances et les similitudes
sautent aux yeux… et créent des « nous » ou des
« eux », des semblables et des dissemblables, des familiers
ou des étrangers, des Tutsis ou des Hutus. Des pays. comme le Congo, sont de
véritables casse-tête, à prendre tragiquement dans tous les sens du
terme. En Chine on compte 56 ethnies bien identifiées avec de beaux
noms tout propres et chantant… Gus, ne me demande pas de te les nommer. Race, nature
ou espèce.
Pour certains il est
d’usage de confondre le sens de race avec celui d'espèce. Ce
qui permet dans le discours courant de rejeter hors de la nature humaine ou
de l’espèce certains groupes de race différente. C’est une notion
polémique où on se plait à mêler l’accidentel et l’essentiel, l’artifice et
le fondamental pour mieux frapper ou discréditer un adversaire éventuel. Il
est vrai qu’historiquement, certains on pu utiliser des sens forts du mot race
et y joindre des thèses discutables. Gus, une pluralité de sens du mot « racisme »
pour
bien identifier avec qui on parle ou qui on écoute... 1. Rejeter hors de l’espèce humaine certaines races. Majorer indûment l’importance de certains traits physiques. Certains sont plus hommes, d’autres moins hommes, d’autres pas homme du tout. Acceptation rare aujourd’hui, mais qui a eu un certain succès lors des grandes périodes d’exploration et de découverte. Devait-on baptiser certains indigènes ???
Pour les éléments qui
permettent de définir ce qu’est un homme, voir SUR
LES TRACES DE L’HOMME qui explicite une
douzaine de traits qui permettent de définir l’être humain et qui se
retrouvent partout où se trouve l’« homme » (communément appelé
tel). 3) À l’intérieur de
l’espèce humaine reconnaître des races (différentiées) ayant les mêmes droits en raison
de leur commune nature humaine et reconnaître des
aptitudes différentes et variées selon les races…, ou les groupes
humains que la biologie, l’environnement et (ou) l’histoire ont
créés tout comme on le fait pour les individus. Ici on peut retrouver
entre les groupes (ethnies ou races) toutes les variétés de
comportement, positif ou négatif, que l’on
retrouve entre individus … de même race. Attraction, répulsion, méfiance,
confiance, etc.
On entre ici dans le domaine des
relations humaines, avec la peur ou l’inquiétude face à
l’étranger, à la nouveauté, avec la propension à ressentir ou
entretenir des rivalités, des jalousies ou du mépris. etc. Gus, pour
chacun, il y a des faces qui ne nous reviennent pas, pour d’autres ce
sont des couleurs de peau ou … ou ..ou . On peut trouver mille
raisons pour échapper au commandement de l’amour universel. La
fraternité humaine reste toujours un rêve, entre les gens de même race autant
qu'entre les gens de races différentes…Les
qualités des individus ont le plus souvent priorité sur les
facteurs raciaux pour provoquer l’indifférence, les haines,
l’amitié, l’ouverture. Les journaux ou les revues, les partis politiques,
les clubs sportifs ont leurs clientèles qui se méprisent
réciproquement et allègrement. Tous les prétextes sont bons pour s’associer ou se rejeter :
les différences raciales peuvent jouer dans certains cas, mais aussi les
professions, les niveaux de richesses, les classes sociales, les degrés
d’instruction, les sexes, les religions, les habitudes de
vie, les quartiers, etc. Sartre en promulguant que « l’enfer,
c’était les autres » n’est pas tombé dans le piège de la
rectitude politique en excluant ou en épargnant certains groupes des
difficultés courantes du vivre-ensemble. Les pouvoirs publics
s’ils ne peuvent contrôler les sentiments ou les pensées des gens, ont
à voir cependant que les relations, que les actions demeurent à
l’intérieur de la civilité et du droit fondé sur la commune humanité.
4. Nier le concept de race sous le prétexte (c'est le
dada d’un biologiste populaire) que les groupes ne sont pas
démarqués au couteau et que les différences forment une gradation continue,
allant du noir au blanc, du blanc au café pour la peau, du petit au grand, du
crépu au souple, du noir au blond pour les cheveux, du pointu à l’épaté, du
droit au crochu pour le nez sans pouvoir établir de démarcations qui
permettraient d’identifier un groupe bien précis. A ce compte, Gus, la
chaleur et le froid n’existent pas car on n’a pas établi, sinon
arbitrairement, le degré où l’on bascule de l’un à l’autre. Ni entre le
dur et le mou, ou le jour et la nuit, etc. La science a fait un progrès
monstre dernièrement en fixant dans une formule mathématique la démarcation
entre l’excès de poids, l’embonpoint et l’obésité. C’est un cas de Prix
Nobel. Pourtant on parle communément de races de chien à l’intérieur de
l’espèce et on y retrouve également les mêmes gradations de sorte que
ceux, qui ont les yeux vis-à-vis des trous, peuvent distinguer,
s’ils font bien attention, un danois d’un chiwawa même s’il est
difficile de s’entendre sur les définitions ou le nombre des groupes
apparentés au sein de l’espèce. Gus, ce serait intéressant de connaître le
point de vue du Chiwawa… en présence d’un Danois ou vice versa. Mais croire régler
le problème du racisme en niant les races au lieu de
l’aborder, c’est se conférer à bon compte un diplôme de vertu et de
belle âme puisqu’on a détruit scientifiquement toute base au racisme ……et au
réchauffement de la planète en plus puisqu’on confond pour les mêmes
raisons chaleur et froid. Et le petit Suédois (pour
rester en Scandinavie) n’a pas lieu (encore moins le droit) de manifester
de l’étonnement la première fois qu’il voit un noir. Son scientifique
de père devrait le morigéner sévèrement s’il voit ces manifestations
spontanées de racisme. Et sans aucun fondement
scientifique. Et souhaiter que fiston soit né plutôt daltonien
que de nourrir un tel sentiment. 5. « Faire preuve d’insensibilité
raciale ».. Une faute contre la « rectitude
politique » qui peut entraîner l’ostracisme social et professionnel. |
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4. NATION (au sens sociologique) Une
nation, un « nous », est
plus qu’une somme de « Je » Plus couramment, c'est l’histoire, le
passé commun, un partage d’expériences collectives, une certaine communauté
de valeurs et un sens d'appartenance, l’attachement à une certaine
culture, surtout si c'est renforcé par une communauté de langue
ou de religion ou de race. Les liens du sang, la mémoire commune
et les liens culturels créent une communauté à laquelle on
s’identifie prioritairement et à laquelle on aime parfois donner le nom de
nation même si c’est une division de la nation au sens juridique.
« La terre de nos aïeux » : la généalogie, le passé comme
générateurs de communauté. La nation ainsi entendue est une histoire de
parenté et de souvenirs, tristes ou glorieux, partagée parfois entre la honte
et la fierté. La nation génère alors une sensibilité nouvelle, un
sens de la destinée, un espoir de rendez-vous avec l’histoire..… On affirme
sa différence et compte bien sur le regard des autres pour en confirmer
la valeur en attendant des reconnaissances politiques, constitutionnelles
et, cerise sur le Dimanche, onusienne avec un siège avec son nom. Et un chacun de
charger les différents nationalismes, du moins les mots (Gus, c’est
le Viagra de la rhétorique), de droits, d'ambitions, de projets d'avenir
et de se lancer dans une guerre de vocabulaire que se
livrent orateurs, politiciens et poètes. L’impact de ce facteur nationaliste
est sujet à des variations selon l’évolution historique, selon les
individus ou même les époques de la vie d’un chacun C’est
aux célébrations rituelles de la « nation », à l’évocation
incantatoire des héros historiques, des pères de la nation, des destins
collectifs qu’on peut voir les ferveurs identitaires se manifester avec
le plus de chaleur. La valeur des discours se mesure à la charge explosive
d’émotion et de solidarité qu’ils génèrent. Le discours se fait
misérabiliste en situation de minorité, triomphaliste en situation de
majorité. Dans sa version pessimiste, le
nationalisme se nourrit de blessures, d’échecs et de défaites. On
cultive les humiliations pour les siècles des siècles |
Le plus beau voyage Ai
refait le plus beau voyage De
mon enfance à aujourd'hui Sans
un adieu, sans un bagage, Sans
un regret ou nostalgie J'ai
revu mes appartenances, Mes
trente-trois ans et la vie Et
c'est de toutes mes partances Le
plus heureux flash de ma vie! Je
suis de lacs et de rivières Je
suis de gibier, de poissons Je
suis de roches et de poussières Je
ne suis pas des grandes moissons Je
suis de sucre et d'eau d'érable De
Pater noster, de Credo Je
suis de dix enfants à table Je
suis de janvier sous zéro Je
suis d'Amérique et de France Je
suis de chômage et d'exil Je
suis d'octobre et d'espérance Je
suis une race en péril Je
suis prévu pour l'an deux mille Je
suis notre libération Comme
des millions de gens fragiles À
des promesses d'élection Je
suis l'énergie qui s'empile D'Ungava
à Manicouagan Je
suis Québec mort ou vivant! Claude Gauthier Le pâté chinois (patates-blé d’inde-viande
hachée) est décrété par le Devoir
comme le plat national des Québécois. Déjà des protestations s’élèvent et certains y voient du racisme
inconscient ou subliminal: le
blanc sur le dessus, le jaune au milieu et le noir au fond) |
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et veille à la fraîcheur des
blessures, quitte à gratter les plaies… de peur qu'elles ne se
cicatrisent. (Gus, pense à la guerre des Balkans) La version optimiste célèbre les succès et les victoires. On
plastronne collectivement, bombe le torse et toute l’histoire,
resservie par les poètes et les tribuns, sert à remonter l’Ego
collectif… et fait pointer à l’horizon des missions, des rendez-vous
avec l’Histoire.
Ce facteur peut recouper la
notion de pays, recouper les
frontières géographiques. La nation au sens sociologique et culturelle
renforce alors l’appartenance civique, légale à une patrie quelconque..
Mais souvent dans les pays modernes, avec les brassages de populations
au cours des siècles, les redéfinitions de frontières, les diverses
fédérations, font que le pays civique et juridique inclut deux ou plus
de nations en ce sens sociologique; certains pays (Chine, Congo, etc ) peuvent en compter cinquante. C’est une occasion de
frottement, d’opposition entre des nous et des eux, des menaces
de sécessions, mais c’est aussi une occasion de sagesse politique et un
art de pratiquer la tolérance et l’art de vivre ensemble. La
tentation est forte cependant de cultiver sa différence par opposition
systématique à l’autre, à l’étranger, qui cohabite dans le même espace
juridique.
Un sens patriotique particulier
se développe, se définissant par l’entretien de la flamme identitaire
particulière grâce aux institutions qui le supportent. Poètes,
chansonniers, meneuses de claques, tribuns improvisés ou professionnels
s’occupent à fouetter les énergies, à entretenir le culte aux mânes des
ancêtres, à célébrer les héros locaux, à revivre les tragédies passées,
à évoquer les avenirs compromis. Tout pour vivre délicieusement
l’appartenance au groupe et ressentir la chaleur qui s’en dégage. Il est
difficile de trouver un coin en Afrique, en Europe, en Asie, en
Amérique ou ne retentit pas périodiquement le cri : « Vive le ou la……..libre » avec ou sans balcon. Un tabouret ou une
chaise peuvent servir de tribune au besoin. (Un bon tribun s’accommode de n’importe quelle tribune)
Musil voyait le nationalisme comme un trouble de l’équilibre affectif. . En ce sens sociologique, il y
aurait quelques milliers de nations sur la planète, distribuées plus
ou moins équitablement dans les 250 pays reconnus; elles y cohabitent …
avec plus ou moins de bonheur, c’est question de sagesse politique.. Depuis deux
générations, pour une guerre entre pays, la planètes à eu droit à 10
conflits meurtriers à l’intérieur d’un pays ou l’autre au nom de
l’ethnie, de la religion, de la race ou d’une quelconque fragmentation
du pays officiel. À défaut de tolérance, de justice et d’ouverture à
l’autre, ça foire et ça s’empoigne. Au lieu de mettre de l’eau dans son vin,
pourquoi pas du vinaigre… ou de l’arsenic!!! Les attitudes
varient. De temps à autres, certaines nations aiment à se rappeler
bruyamment à l’attention mondiale : Basques, Pashtoun, Sunnites,
Tchétchènes, Kurdes, Cris, etc. D’autres optent pour le
silence : il y aurait 50 nations en Chine et combien aux Indes
? Certaines s’entretuent allègrement au bruit discret des
machettes dans un profond silence médiatique. D’autres se pètent les
bretelles, avec les discours patriotiques à dates fixes ou grattent leurs
plaies périodiquement.
D'autres parlent, parlent, des vestales se chargent d'entretenir le feu sacré, référendent | ||||||||