Vie et évanescence des passions identitaires

 

« De toute évidence, il faudra relancer la réflexion sociologique

sur les fonctions sociales des identités comme fondements

symboliques du lien social et de l’appartenance. Encore une

fois, l’identité, comme alliance de raison, d’ethnicité et

d’imaginaire, est présente dans toute collectivité, c’est une figure

irrépressible. Si elle ne s’exprime pas au grand jour, elle survit

alors dans les marges, quitte à refaire surface plus tard – peut-être

comme refoulé. »

Rapport de la Commission Bouchard-Taylor

 

« On a fait de l’identité une sorte de fétiche aujourd’hui, sans savoir de quoi il s’agit exactement. Que signifie « être soi même »? C’est beaucoup plus compliqué qu’on ne le pense…. Il est très difficile de se définir parce qu’on change selon les situations. Celui que je suis aujourd’hui ne sera pas nécessairement qui je serai dans 10 ans »

« Nous habitons maintenant une société qui nous permet de devenir ce qu’on voudrait être. Avec Facebook et tout çà, on peut inventer ce qu’on veut, mettre la photo d’un autre. On pense avoir accès à plus d’information, mais on peut jouer avec cette information, politique, sociale ou personnelle »

Neil Bissoondath.

 

 

L‘identité est un cocktail

 

 

Avec l’ensemble et la variété des facteurs qui  confèrent  une identité quelconque à un groupe donné,  on peut facilement imaginer qu’une multiplicité de combinaisons sont possibles.  A chacun son ivresse identitaire et tous les cocktails sont possibles, que ce soit par la hiérarchisation des facteurs selon l’importance qu’un chacun  leur accorde. Ce qui compte le plus c'est que le cocktail  crée un sentiment d’appartenance dans les moments de détresses ou de victoires..,  à la veille  des élections ou des referendums ou des fêtes officielles… et donne lieu à de bons discours…

 

Certains facteurs peuvent être partagés par des  ennemis héréditaires (race, religions, origine)  qui ont choisis d’autres facteurs pour s’identifier collectivement, se retrouver,  se reconnaître quand on parle d’ « eux »  et des « autres ».

Mutation identitaire…  

 Gus, tu connais ce coin de pays qui il y a une ou deux générations passait pour  un des plus clérical en Occident et où les femmes n’avaient pas encore droit de vote et le droit d’ouvrir un compte en banque à leur nom. Aujourd’hui, on veut mettre en tête d’une nouvelle chartre la laïcité  et en priorité l’égalité des hommes et des femmes,…  qui sont des valeurs reconnues par presque tous les pays, du moins en Occident.  Pas de quoi de se  lancer dans un cocorico!

 

Le Mariage, une institution en passe de disparaître,  va être sauvé par les homosexuels.

 

 

L’équilibre est essentiellement variable, comme la mode des cocktails de bar. L’évolution de la culture, l’immigration, les générations qui se succèdent, les déplacements de populations, les classes plus ou moins hétérogènes sont autant de facteurs qui viennent calibrer différemment  langue, religion, race, passé commun, nation juridique dique, nation sociologique, région,  etc.( Gus, ton Prof t’a préparé un test pour connaître ton profilage identitaire.)  A chacun d’expérimenter, de se rendre compte de  sa mosaïque identitaire.

 

Aujourd’hui plusieurs se targuent de leur multiples identités dont ils ont peine à prendre conscience, du moins explicitement. L’enracinement identitaire est à multiples niveaux;   chez certains la complexité des repères collectifs dans notre monde moderne génère de l’angoisse et  crée un désarroi quant à savoir qui on est, à qui on appartient,  qui sont nos semblables…

 

 « Ce qui était naguère le sort de certaines minorités au sein  de l’état nation—par exemple juifs par culture, français par loyauté, cosmopolites par conviction—deviendra donc la règle générale » TZVETAN TODOROV…LA PEUR DES BARBARES. AU DELA DU CHOC DES CIVILISATIONS. LAFFONT. 2008  p.  119

 

 

L’IDENTITÉ et l’effervescence passionnelle

 

 

L’identité, c’est le point levé ou la main tendue.  Des poussées d’émotions peuvent être aussi percutantes pour la défense de l’identité collective qu’elles peuvent l’être de l’identité personnelle.  C’est encore pire évidemment si le MOI tient son existence psychologique du NOUS qui l’englobe.

 

L’identité est le lieu de tous les espoirs, et de toutes les rancoeurs. Le moindre tribun peut exciter les fibres identitaires d’une collectivité, surtout si elle est se sent menacée ou  se croit infériorisée ou spoliée de son droit à l’excellence ou à la simple existence.

 

C’est le lieu  de tous les fanatismes, de l’appartenance à un Club de motards ou à une secte. Chacun a sa vision personnelle des autres, comme menaces, nuisances, ennemis à abattre. Les réflexes identitaires  nourrissent et entretiennent les divisions,  les haines, les peurs, les guerres.

 

Victoires ou défaites sont  au programme, à tout le moins prévisibles.  Tous les facteurs identitaires vus précédemment ont été à tour de rôle occasion d’affrontement meurtrier ou  de lutte pour le pouvoir  et le sont encore aujourd’hui, quitte à se déplacer sur le globe. En déca des guerres ou des tueries comme on le voit encore,   bien des formes d’animosité. De peur ou

 

de susceptibilité peuvent  s’insérer entre les différentes communautés.

 

Elles peuvent être aussi  des occasions d’ouverture  à d’autres valeurs, à la fraternisation, aux rencontres, aux échanges, etc. et ainsi servir à un enrichissement réciproque.

 

Gus, le grand art : être soi, s’affirmer, se retrouver et vivre avec autrui, même différent, … c’est l’idéal  visé, pas nécessairement atteint, par les démocraties modernes.

 

Présent et passé,  oublie et mémoire,  ce sont les deux pistons des fièvres identitaires, et chacun de tenter de prévaloir.… La mémoire peut être crampée, figée  sur le passé  et  rendre myope face au présent;  d’autres  optent pour le présent quitte à oublier, ou mettre entre parenthèses, le passé, si douloureux fut-il,  quand ils s’agit de passer à l’action, de vivre et survivre. 

 

« Tous nous réalisons maintenant que nous ne sommes plus ce que nous étions et que nous ne serons plus ce que nous sommes. Ceux d'entre nous qui sont plus effrayés par cette constatation sont aussi ceux qui sont les plus attachés à ces traditions culturelles et religieuses qu’ils voient comme partie intégrale et nécessaire de leur identité.

Tous ceux-ci commencent à réfléchir aussi, ce sont peut-être ceux qui réfléchissent soudain le plus parmi nous. Ils commencent à se demander si les rites et symboles qui les ont jusqu’à  maintenant rassurés sur leur  identité, sont aussi essentiels qu’ils l’ont toujours cru, ou s’ils ne les ont pas eux-mêmes plutôt travestis en ridicules simagrées qui les replient aujourd’hui sur eux-mêmes, les tournent stérilement vers le passé et les excluent dangereusement du présent. Tous, qu’ils soient urbains ou ruraux, néo- ou de souche, athées ou croyants. C’est normal, c’est essentiel et surtout, c’est sain. » Pierre Légaré.

 

 

Quand l’identité d’une collectivité est en mutation,  quand elle tire à hue et à dia,  deux pôles se dessinent et l’identité est vécue comme une schizophrénie : les conservateurs qui ruent dans les brancards,  qui tiennent au passé et  une avant-garde qui  tente de se libérer du passé et  de renouveler l’identité par l’accession à de nouvelles valeurs parfois en opposition directe à celles  d’un jadis plus ou moins lointain.

 

Le temps, la modernité et l’évolution de l’identité.

 

Avec  les révolutions technologiques au plan de l’information  et avec l’accélération, la multiplication des influences et des échanges à l’échelle mondiale,  les identités nationales  sont soumises à des  spasmes évolutifs.  Pour se définir et se rallier, se rattache-t-on à ce qui est en voie de s’éteindre, de disparaître ou à ce qui  apparaît être des voies de l’avenir.… On comprend dans la population les tiraillements entre  conservateurs, à la mémoire douloureuse, et  les esprits plus aventureux, qui avancent, mais on ne sait trop encore dans quelle direction.  La nation,  au plan sociologique,  pour garder un sens  doit se rattacher, à défaut de trait physique bien marqué (race) ou la langue,   à des artifices, à des symboles, à des fêtes à date fixe, à des congés, à des hymnes qui,  faute de mieux,  peuvent être les ultimes points de ralliement, au-delà de la société civile,  du passeport,  pour une identité collective

 

À propos de mémoire, certains peuples (Pologne) se sont dotés d’un Institut de  la mémoire nationale (IPN). Le passé est sous bonne garde, les historiens mis au pas. Dernièrement on a introduit dans le Code pénal polonais l'article 132, qui permet de condamner à trois ans de prison celui qui imputerait au peuple polonais une "participation aux crimes nazis ou communistes".

 

Les hauts et les bas de la ferveur identitaire

 

 

 

Les facteurs de cohésion peuvent  varier d’une génération à l’autre.  Pour une génération,  la religion ou la race peuvent venir en tête, pour la suivante c’est la langue qui trône en tête du palmarès.

 

A l’intérieur de la communauté  tous les degrés d'adhésion sont possibles : du doigt d’honneur au sacrifice de sa vie. Les «  purs et durs » se chargent d’entretenir le feu sacré,  de dénoncer les traîtres, de fouetter  l’ardeur défaillante des tièdes,  de dénoncer ceux qui pactisent avec « l’ennemi », ceux qui ont la mémoire  courte face à l’histoire,  qui  ont oublié les injustices subies par leur  communauté il y a deux siècles ou plus. Un politicien peut trouver son   intérêt à entretenir les divisions, à refuser les compromis, quand le sens communautaire est en phase  de mutation.  On a prétendu que « la vertu première du nationalisme était  de trouver pour chaque problème un coupable plutôt qu’une solution »

 

La guerre identitaire : « Un tigre ne crie pas sa tigritude, il saute sur sa proie et la dévore » Wole Soyinka, écrivain nigérien.

 

 Voir aussi : les centres d’intérêt.

Le devenir et l’évanescence des identités.

 

 

Deux tendances peuvent être observées qui, si elles se confirmaient, iraient  à l’épuisement de la quête identitaire, en  traçant un cheminement totalement opposé.

 

 La mondialisation, les moyens de communication modernes,  le rétrécissement  psychologique quant à la planète, devraient, pense-t-on,  conduire à un conformisme de plus en plus généralisé et finalement à une identité commune. Nous serions tous  des terriens et nous devront attendre quelques martiens pour se définir  par rapport à … L’épuisement de la quête identitaire par défaut  de dissemblance.

 

Évolution…..

Au  Québec, en 1985 65% des Québécois se disaient « très fiers » d’être Canadiens; en 2005,  cette catégorie avait fondu à  32% (Crop)

Le multiculturalisme qui se répand dans les démocraties modernes, la rectitude politique  qui se porte au secours des minorités qui se particularisent de plus en plus, la profusion  et la diversité  des exclus, le flou artistique de l’altermondialisation  multiplient  les identités à n’en plus finir qui, si on pouvait aller jusqu’au bout du projet, tendrait à rejoindre la somme des individus, l’individu qui finalement s’identifie à son propre moi et y retrouve l’identité qui lui permet de s’opposer aux autres, dans son propre moi, sa propre identité, la seule qui importe.

L’épuisement de la quête identitaire par  absolutisation de la différence individuelle.

 

Les politiciens, qui aiment bien gagner des élections,  tentent de s’adapter, de patiner entre nationalisme ethnique et nationalisme civique, scrutent sondages après sondages,  flattent toutes les minorités,  espérant ainsi rejoindre les individus qui  seront  ceux qui mettront dans l’urne leur bulletin de vote.

 

De grands thèmes identitaires comme la classe, le marxisme ou le panarabisme se sont épuisés d’eux-mêmes pour être remplacés par le fondamentalisme religieux, l’anti-américanisme, le vedettariat  sportif ou artistique.

 

 

 

Suite : Test identitaire

Gus, apprends à te connaitre

 

ACCEUIL.

Principaux facteurs d’identité

Vie et évanescence des passions identitaires

Test identitaire

Gus, apprends à te connaitre

Football, ivresse et  identité.

 L’autodéfense identitaire : immigration et intégration

Le prof Bof se porte à la défense du patrimoine

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF >>>

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés>>>>

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

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1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

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. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

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