Gus voudrait expliquer la Trinité chrétienne
à sa nouvelle copine musulmane
qui est avec raison farouchement monothéiste…
(suspense : serait-ce si tôt la fin d’un grand amour?!)
Par le Prof Bof.
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Gus, la relation avec ta copine prend un coup de sérieux qui épate Bof, qui n’avait d’œil que pour sa beauté… du moins de ce qu’il a pu voir….
Gus, un
sérieux problème. Peut-on faire mieux, en guise
d’explication ou d’élucidation
Les mathématiques sont impitoyables : trois ne fera ou ne sera jamais un… à moins que ce ne soit trois tiers…Et des tiers ça vaut moins que l’entier…, ce sont des tiers de dieu ou des sous-ministres à moins que ce soit simplement des fonctionnaires…
Gus, je te propose ici un petit effort non pas pour élucider le mystère, mais pour s’en approcher tant bien que mal sur la pointe des pieds avec nos moyens du bord, avec notre intelligence avec ses gros sabots. (Gus, Bof déraille déjà : la pointe des pieds… les gros sabots… Il faut le faire) Un des penseurs les plus intelligents de l’Occident, Augustin d’Hippone (aujourd’hui en Algérie) , ton saint patron, qu’on considère comme un des Pères de l’Occident (Comte-Sponville) s’y est attaqué à partir des données qui sont à notre mesure… ou à notre portée..
Gus, avant d’aller plus loin, juste un petit exercice pour te montrer les difficultés de notre esprit à penser les concepts dans leur absolu. Supposons que tu réalises ton rêve. Tu es à la télé celui qui décrit un match de hockey. Pratique le ton de ta voix, commence à t’exciter comme si c’était le match du siècle. Un seul problème et c’est là ton défi : tous les joueurs sont infiniment parfaits dans leur fonction, à l’offensive comme à la défensive. Tu m’enverras une cassette… et tu me diras le score final…l’équipe A ou l’équipe B.
Bof préfère cependant partir d’Aristote pour tenter de penser l’ultime pensable… histoire de ne pas trop s’éloigner de la philosophie et du discours rationnel..
A partir de ce que l’on connaît et apprécie ne peut-on pas, en forçant nos méninges, tenter de pousser à la limite un concept quitte à ce que le concept se trouve un peu coincé dans notre petite intelligence, la tienne et la mienne, qui malheureusement ne peuvent même pas s’additionner comme s’il s’agissait de pousser une voiture prise dans une tempête de novembre (2007) ?
Gus, essayons pour commencer de se faire une idée de ce que serait l’Être Absolu, l’Être Suprême, sans limites (la limite du pensable pour nous) … et qui possède
ou mieux, qui est déjà sur un mode infini ce qu’on peut trouver de mieux en notre monde, qui en somme serait à « son image », quoique très imparfaite ou dégradée. (Si par ruse on tentait d'enlever un peu de « dégradation » de nos concepts bien limités que l’intelligence élabore à partir des données que lui fournissent les sensations..) Gus, si le monde était de la musique, que serait la musique absolue si on la transposait une infinité d’octaves plus haut…? … Deux coups de pouce d’Aristote, philosophe s’il en fut, qui a vécu quatre siècles avant la venue du Christ.
Un premier coup de pouce. Aristote parle d'ACTE Pur pour se représenter ce qui serait au principe des changements ou des mouvements qu’on observe dans la réalité courante… Non pas un être qui à un moment ou à un autre passe à l’action, qui a besoin d’être actionné par un autre (ce ne serait plus l’être suprême) mais l’acte qui actionne tout, cause dernière de tout mouvement, …et qui lui-même est toujours en acte, et n’a pas besoin d'être actionné, un Acte Pur en somme. Un peu, comme à notre échelle, il ne suffit pas de multiplier à l’infini les anneaux d’une chaîne pour la faire tenir à la verticale, mais on doit poser à un moment donné un point d’attache qui se tient par lui-même dans son ordre… De même, rien ne sert de prolonger le pinceau à l infini pour expliquer et rendre compte du mouvement sur le tableau.
Dans l’ordre total de l’être ou des êtres, l’Acte pur serait ce chaînon ultime suffisant par lui-même, non mu, incréé et cause de tout mouvement ou de tout changement ou même plus radicalement de tout existant qui n’a pas en soi sa raison d’être ou sa puissance d’exister par lui –même. Gus, ton prof a déjà posé cette alternative pour expliquer qu’il y ait quelque chose plutôt que rien : au principe, le Néant absolu (une manière de parler), ou l’Être absolu. Le Rien ou l’Être.
Et cet acte pur devrait être pensé comme étant l’infini de ce que qualitativement on trouve de mieux dans notre monde et que l’on peut imaginer comme pouvant être susceptible d’exister sur un mode infini, qui n’implique pas dans son concept une limite incompatible avec la notion d’absolue perfection..…Platon s’est aussi pratiqué à penser ces réalités poussées à la limite, c'était le Bien absolu, le Vrai absolu, le Beau absolu… autant de facettes de l’Être absolu, selon que l’on s’y approche avec ses capacités d’intelligence, d’amour ou d’admiration…(Gus, demande à ta copine de te réciter les 99 noms d'Allah).
Jusqu’ici je crois que les théologiens chrétiens et musulmans seraient d'accord, même que ce sont ces derniers qui ont permis de réactualiser la pensée d’Aristote en Occident
Gus, je dis qualitativement parce que si c’était quantitativement, (nombre ou étendue) on devrait affirmer que l’infini souffre d’obésité absolue_ Ce serait peut-être une consolation pour certains, mais n’honorerait pas trop la divinité … bien que dans les pays de misères on aime bien se représenter la divinité comme un homme obèse tout comme au début du dix-neuvième siècle un bel homme était un homme qui avait des réserves… et qui avait les sous pour les accumuler… Et on a vu depuis, le poids idéal de la femme diminuer à chaque décade pour aboutir aux crises d’anorexie. Mais l’immensité de l’absolu ne s’entend pas spatialement mais qualitativement.
(en passant, Einstein a déjà dit qu’il y avait deux choses infinies : l’espace et la bêtise humaine, et pas nécessairement dans cet ordre. VOIR)
Un pas de plus… L’être suprême serait donc une intelligence absolue, pardon un acte infini d’intelligence…
Un deuxième coup de pouce. Aristote peut encore nous aider. À un moment donné, il se pose la question à savoir ce que pourrait bien être LA PENSÉE DE LA PENSÉE.
Étrange question mais ceci peut nous mettre sur une bonne piste. Gus, revenons à nos petites personnes.
Nous sommes des êtres intelligents qui à certains moments ne pensons pas et qui a d'autres moments passons à l’acte de penser (ou d’intelliger)
Gus, un des actes les plus brillants, possibles à l’homme, est de se penser lui même…, c’est même une spécialité de l’espèce, ce pouvoir de dire moi, et de commencer, par tous les moyens à sa disposition, de se dire à lui-même ce qu’il est…( voir SUR LES TRACES DE L’HOMME) (Gus, il n’y a pas un … pithèque quelconque qui nous a laissé un traité de la pithélogie, et ce n’est pas faute de n’avoir inventé l’écriture, mais tout simplement de n’avoir rien à dire)
Gus, tu te fais une idée de toi, c’est ce qu’on appelle au sens strict, la réflexion, le retour de l’intelligence sur elle-même se prenant comme objet. On appelle la réflexion ou la conscience de soi cette capacité d'apparente « contorsion » de l’intelligence de se prendre elle-même comme son propre objet, et de se trouver tout à coup sujet et objet…
Quand tu te penses Gus, tu es toi et tu as en toi l’idée de toi. Un beau duo.
Toi et l’idée de toi sont distincts mais réalisent déjà une forme d’unité dont on ne trouve aucun équivalent ici bas…. Un petit cas pour le moment d’un semblant de fusion ou de rapprochement entre le multiple et l’un, une Dualité assez mystérieuse … qui frise l’Unité.
Un petit pas de plus…
Vu la faiblesse de ton intelligence, ton idée de toi est très différente de toi… On se connaît mal, répète-t-on. Nos modes de connaissance même intellectuels sont très déficients et font que l’idée de moi…. ne rend pas compte adéquatement de ce que je suis… Et tous les psychologues n’en finissent pas d’exploiter ce filon qui leur permet de prendre ta place… et de te dire ce que tu es…
Disons pour le bénéfice de l’explication que la connaissance que tu as de toi mérite une note de 30%..
Un petit pas de plus….
Essayons de se représenter maintenant ce que serait la représentation, son adéquation à son objet, dans le cas d’une intelligence qui serait infinie, qui serait même pas une intelligence, mais un pur acte de penser qu’on a tenté d’expliquer plus haut.
Revenons ici à Aristote qui s’est posé une question que jamais aucun homme ne s’était posée… Qu’est ce que pourrait bien être la pensée de la pensée..La réflexion étant le propre de l’intelligence, quel est l’objet approprié et le seul disponible à cet acte pur d’intellection.. acte pur infini d’intelligence et cet acte pur infini d’intelligence a comme objet immédiat et adéquat lui-même…L’acte pur d’intelligence se pensant ne peut à la différence de l’intelligence humaine, que s’exprimer adéquatement dans l’idée de soi qui est identique au soi de l’être absolu… mais
Donc l’être ultime de pensée, l’être absolu engendre son semblable tout à fait identique… au moi pensant…
Et si c’était cet acte absolu de réflexion ou la pensée absolue, en se pensant, s’engendre sans se multiplier… Poussant à la limite la pauvre unité qu’on peut observer dans notre propre pensée ou on porte en soi l’idée de nous même…
Comment tenter d’exprimer le résultat : que peut bien être l’unité de l’acte pur de pensée pensante et l’acte pur de pensée pensée… Un semblant de scission à l’intérieur du ‘Moi suprême… se pensant… ou ne se retrouve plus qu’un rapport de pensant-pensé totalement adéquat … porté à l’infini…
Gus, ton prof a joué à Aristote et à bien d’autres … pour essayer de se représenter avec nos petits moyens ce que pourrait bien être l’acte infini de penser, se donnant un objet adéquat, lui-même, et exprimant en lui-même, sans se multiplier, l’idée adéquate de ce qu’il est..
Gus, qu’est-ce qui se passerait en toi…si jamais tu pouvais te faire une idée absolument parfaite de toi- Où serais-tu, en toi? dans ton idée??? On ne peut que voir que les notions de dualité et d’unité semblent se brouiller, comme celles de similitude et d’identité, à la limite se confondre. Gus, ton toi pensé, identique à ton toi pensant, s’appellerait le Verbe, le verbe de Ti-Gus, un Ti-Gus aussi lui-même que le Ti-Gus pensant. Toujours l’unique Ti-Gus, le célèbre Ti–Gus, mais dans lequel on verrait seulement deux relations distinctes, Ti-Gus en tant que pensant, se générant, et Ti-Gus en tant que pensé, généré… Tu vois la tète de ta copine qui justement ne saurait où donner de la tète dans ses amours. En somme, on pourrait ainsi se faire une quelconque idée en poussant à la limite de perfection, d’unité et de multiplicité, l’acte d’intelligence se pensant adéquatement.
Bof, tu mets l’intelligence au principe de toutes choses, pourquoi ce ne serait pas l’amour? Le grand Amour, ? l’Amour absolu ?
Et pourquoi pas, Gus ? Et si l’intelligence et l’amour n’étaient que deux facettes (pour nous) de l’Être absolu ?
Si l’on veut mettre au principe de toutes choses ce que l’on peut trouver de meilleur dans notre monde, à coté de la connaissance qui fait l’honneur de l’homme, d’Einstein et de la nature qui n’est qu’expression, image, de l’être absolu…, on devrait ajouter l’autre valeur qui tente de tout ramener à l’unité : l’amour…, de la vulgaire attraction, à la sexualité, aux amours les plus sublimes, etc.
L’acte suprême de la pensée se pensant… ne peut faire autrement en présence de celui qui n’est pas seulement son semblable, mais son identique pensé s’aimer infiniment comme étant le bien suprême, la beauté absolue, etc. (selon la facette ou l’angle que l’on considère.)
Gus, si ça peut t’aider, un autre rapport entre la pensée sujet et la pensée objet, serait l’amour infini…. L’amour est au plan spirituel, au-delà de l’attraction, la plus grande forme unificatrice que l’on connaisse. Un lien, un rapport spontané, qui s’établit entre le MOI pensant et le MOI pensé… Qui pourrait être dit, Gus, à l’origine de cette force qui te pousse vers ta petite copine musulmane…
Gus., comme explication, c’est peut être mieux que « le pot de confiture aux trois fruits », plus subtile en tous cas mais à ce niveau de réflexion ou de provocation, on risque souvent de perdre les pédales,,, comme Bof.
--Gus, as-tu compris ? --Un peu… --Gus, j’aimerais répéter ce que disait Greenspan, en charge de l’Économie américaine, à des journalistes à la fin d’une présentation des perspectives économiques: « Si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal expliqué »….
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