SEXUALITÉ, AMOUR ET CRÉATIVITÉ

 

«AMOUR,  DÉLICE  ET  GRANDES ORGUES»

 

 

 

Chronique. Planète. 5 janvier 2004

 

Mon cher Gus, par une belle fin d’après midi de printemps où  on entend les oiseaux piailler  à qui mieux mieux, on sent que l’amour est dans l’air et qu’une nouvelle génération est en préparation  T’es-tu déjà demandé ce qu’il pouvait bien se dire : « Tu viens mon coco? » « Je suis prête, je n’ai plus mal à la tête » « Comment me trouves-tu? Aimes-tu ma jupe ou ma huppe de printemps? »,   « Sois belle et tais-toi !»  « Es-tu un peu bricoleur? »

 

Évidemment chacun peut imaginer ce qu’il veut derrière ces  roucoulements doucereux ou  ces cris stridents qui sonnent comme des sommations. Peut-être qu’un poète pourrait mieux que n’importe qui nous  éclairer sur ces échanges printaniers.

 

Bof n’ose imaginer comment les tout premiers hommes pouvaient bien exprimer le sentiment amoureux qui accompagne les poussées instinctives : peut-être par des  grognements, des Wow, des Tabanaks, des érections qui soulevaient  éloquemment leur feuille de vigne ou la vigne au complet ou  encore des  soupirs tonitruants  qui traduisaient au mieux une admiration et un désir ressentis sans ambiguïté. 

 

Mais un jour, précédant ou suivant ces amours et ces  délices de la nature, les grandes orgues se sont déployées à un point d’en marquer à tout jamais la langue et la grammaire. L’homme s’est mis à parler, à délabyrinther un peu mieux ses sentiments, à faire crouler la bien aimée sous une avalanche de mots, à graver pierres et troncs d'arbre d’images de l’objet de ses désirs et à court d’images ou de canifs  se mit à l’appeler « sa flamme » qui était déjà son unique possession au centre du foyer ou de la caverne. Et la bien-aimée ne se rassasiait jamais de mots et ne faisait que répéter : « Encore! Encore!… Bis, bis repetita placent ». Entre le premier regard croisé et l’accomplissement  final tout une espace s’est créé, espace occupée par la parole, les soupirs, les attentions et les créations souvent les plus inspirées de l’humanité.

 

 

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Des bancs de parc ou des sous-bois à l’oreiller  ou du tabouret de bar au fond de la voiture,  la passion s’exhale  en mots doux mille fois répétés mais qui paraissent tout neufs et d’invention récente sinon personnelle aux nouvelles générations.

Les mots ne suffisant plus, les histoires  se multiplièrent à un point tel que la mémoire n’en put plus,  les papyrus non plus,   on a du abattre des arbres pour coucher sur le papier tout ce que « la flamme » consumait et pour laisser aux générations futures ces

 

Je te donnerais bien tout ce que j’ai, mais tout ce que j’ai, c’est toi”

Richard Desjardins.

 histoires de passions éternelles éteintes précocement.  Puis il fallut construire des bibliothèques pour loger tous ces récits exprimant tous les moments de la passion amoureuse, de la folle exaltation à l’amère déception,  des enthousiasmes fous, des pertes de raisons aux trahisons et aux formes d’exploitation. Il fallut ajouter rayons par-dessus rayons, faire des sélections, des tris pour n'avoir pas à construire constamment.  Et les gouvernements durent subventionner les lecteurs  pour  que le chant des GRANDES ORGUES de l’amour ne finisse pas comme le chant du cygne.

 

Mon cher Gus, l’être humain est créateur, inventif de sa nature et en plus, pour le meilleur ou pour le pire a-t-on dit, doué de la parole. Je te demande de prendre conscience qu’une grande partie des  arts, de la littérature, de la poésie, du théâtre, du roman, de la peinture et de la sculpture ne font que tirer toutes les harmoniques possibles de ce fait premier : le male et la femelle (pour la majorité tranquille) s’attirent  et s’étirent langoureusement….

 

Les pôles opposés des  aimants s’attirent aussi. Cela n’a pas exciter tellement l’imaginaire humain. A peine quelques pages dans les livres de physique élémentaire. Mais quand il s'est agi de l’homme et de la femme,  c’est un feu d’artifices qui a littéralement explosé dans l’imaginaire de l’espèce. La joyeuse et petite fontaine que peuvent  représenter nos joyeux tourtereaux  ailés  dans le jardin au printemps est devenue une espèce de Niagara de mots, d’images, de gestes, de représentations quand il s’agit de l’espèce humaine.  

 

Parole de séducteur…

---« Et pourquoi est-ce que je devrais faire ça ? »

---« Pourquoi? Parce que la beauté d’une femme ne lui appartient pas en propre. Cela fait partie de ce qu'elle apporte au monde, comme un don. Elle a le devoir de la partager. 

 (. J. M. Coetzee Disgrace)

Gus, ce n’est pas parce que la table est mise que tu dois de comporter comme un petit glouton.

N’oublie pas la morale que t’a enseignée ton bon gouvernement :

«  La modération a bien meilleur goût »

 

Gus, tout ce que Bof veut te faire saisir c’est qu’une grande part de l’édifice des arts repose sur cette assise de l’attrait sexuel et du sentiment amoureux.  C’est vrai qu’il s’agit de quelque chose de grand à célébrer : la régénération et la permanence de l’espèce.

 

La créativité humaine semble sans limites. L’être humain semble avoir pris le relais de la nature qui ne manquait pas d’invention pourtant  Il est vrai que la nature  s’amuse à l’occasion à  batifoler dans l’insignifiance, à  jouer avec les couleurs, à faire des retouches ci et là, à modifier un peu quelques formes, rallonger, raccourcir. Tout ça,  pourrait-on dire,  pour illusionner certains observateurs naïfs qui s’imaginent que c’est  tout ce qu’elle peut faire, des petits tours de passe-passe  qui à la limite peuvent s’expliquer  à coup d’erreurs de frappe comme on aime à le faire croire mais cette brave nature, moins idiote qu’il n’y parait,  est  vraiment elle-même, donne pleinement sa mesure, quand elle se lance dans les grandes créations qui sont à  son honneur: la création d’organes nouveaux avec leur fonctionnalité si impressionnante et qui défie toute imagination… si cela  n’avait  déjà été inventé.  De la séduction à la conquête, au plaisir et à la joie de l’accouplement,  à la petite surprise quelques mois plus tard, c’est le plus beau et le plus grand mystère de la nature. Ici il faudrait sortir trompettes et grandes orgues pour célébrer ce miracle.  Que les chantres se soient levés de partout, rien d’étonnant : peintres, sculpteurs,  poètes, romanciers, troubadours, chansonniers, etc. Comédies ou tragédies, opéras ou ballets, romans ou films, etc.… le plus souvent n’en finissent pas d’exhaler les parfums de l’amour et de la sexualité. Chacun croit exprimer son état d’âme, son petit problème personnel, pourtant en filigrane c’est le plus beau des mystères qui se révèle.

 

Et sans parler de la danse dont on a dit qu’elle était l’expression verticale d’un désir horizontal.

 

Gus, si tu voulais te rendre compte de cet énorme édifice des arts que l’espèce humaine a construit à partir de la pulsion sexuelle, réveille-toi un bon matin dans la peau d’un Taliban ou d’un Savonarole et entreprends de faire le ménage dans tout ce qui peut évoquer l’amour ou la sexualité dans les arts. Détruis en imagination tous les opéras dont la quête amoureuse est le thème de fond, tous les romans (d’académie ou de gare)  qui n’en finissent plus de développer le thème de l’amour,  les ballets qui tentent de mettre en mouvement cette attirance des sexes,  élimine poèmes et chansons, toutes les pages musicales suggestives  si tu es capable de lire entre les notes, brise ou déchire les sculptures ou peintures  qui tentent de traduire la fascination du sexe opposé. Quant à y être, brûle tous les ouvrages des moralistes, psychologues,  sexologues  et « chroniqueurs, chroniqueuses du cœur » qui n’en finissent d’éditer des manuels d’instruction ou d’entretien ou  de réparation.

 

Fais le compte, que reste-t-il  de l’édifice des arts? Certes quelques beaux monuments demeurent mais entourés de beaucoup  de ruines. C’est tout un Bam artistique qu’il faudrait déplorer.

 

Tout cela, mon cher Gus, pour te faire comprendre que si on mêle un peu de pulsion sexuelle, un peu d’intelligence créatrice et d’imagination, on a  droit à un fort joli cocktail d’étincelles qui  n’en finissent plus de dire et redire  de milles façons : « Un homme aime une femme » « Une femme aime un homme », le tout garni  de points d’interrogation, de suspension  ou d’exclamation.

 

 Et pourtant, sous cette avalanche de mots, d’images, de mélodies, on oublie parfois l’essentiel qui est une ouverture sur le mystère de la personne : « Je  t’aime parce que tu es Toi. », « On s’aime parce qu’on s’a »,  « Ce que j’aime le plus en vous, c’est Vous », le reste est garniture et glaçage sur le gâteau,  voile jeté sur le mystère essentiel.  C’est vrai que bien des gens préfèrent le glaçage au gâteau…

 

Rares sont les princes de ce monde, de notre monde réel, du « reality show » de l’histoire, qui sont restés dans la mémoire des hommes alors   que des  couples sortis tout droit de l’imaginaire  de l’humanité ont réussi à  se frayer un  chemin à travers toutes les générations. Les Tristan et les Roméo font un pied de nez à tous les François a, b, c, d, et à tous les Louis 1, 2, 3, 4, etc.  Les Yseult, Juliette et  Marguerite repoussent loin dans le temps les Marie Stuart ou les Marie-Antoinette qui avaient pourtant toutes les raisons de laisser leurs marques… C’est vrai qu’on n’a jamais vu Roméo et Juliette en train de laver la vaisselle (ni Marie-Antoinette d’ailleurs). Comme quoi la mort peut être promesse d’immortalité !

 

POST-SCRIPTUM

Gus, tu as déjà deviné, j’imagine,  que pour certains ou certaines l’oreille est un organe sexuel très important comme si tout (ou presque) devait passer par là. Surveille ton langage, apprends de beaux mots, que l’expression de tes sentiments soit une caresse pour l’oreille et pour l’esprit. Lis les poètes. Pour le poète, Paris n’a plus de ponts, mais « la Seine a le bras chargé de fort jolis bracelets ».

 

Suite : Créativité : Exploration et exploitation du sexe

                                                                               

 

 

 

 

A.   En tant que mammifère..Héritage animal

 

    A+ Les douze miracles  de l’invention

de la sexualité ou les DOUZE TRAVAUX D’HERCULE DE LA MATIÈRE (récent)

 

B.    « Et le sexe se fit homme et femme »

      1. Effort de compréhension

 

      2. Encadrement éthique

 Responsabilité du mâle

 Inceste et exogamie

 Pudeur

       3. Créativité au service de la sexualité

 Reformatage et reconfiguration

 Amour, Délice et Grandes orgues

 Exploration et exploitation

C. En tant qu’être d’une culture donnée (1)

       2. La séduction du relativisme

  

  1. .En tant que sexualité

d’un individu particulier

 

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF >>>

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés>>>>

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

(récents)

islam, islamisme, mahomet et le coran.

Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

 

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