|
« Les caricatures sataniques » Par le Prof Bof |
|||
|
|
|
|
|
|
« La carte des émeutes montre que les
pays touchés par la violence sont ceux où le régime et certaines forces
politiques ont des comptes à régler avec les Européens. La violence a été
instrumentalisée par des Etats et des mouvements
politiques qui rejettent la présence des Européens dans un certain nombre de
crises au Moyen-Orient. Nous payons un activisme diplomatique croissant, mais
qui ne fait pas l'objet d'un débat public. Que le régime syrien se présente
en défenseur de l'islam ferait sourire si les conséquences n'avaient pas été
tragiques. Un régime qui a exterminé des dizaines de milliers de Frères
musulmans se trouverait à la pointe de la défense du Prophète ! Ici, il
s'agit d'une manoeuvre purement politique pour reprendre la main au Liban en
s'alliant avec tous ceux qui se sentent menacés ou ignorés par la politique
européenne ». Olivier Roy, (Le monde)
” For Arab governments resentful of the Western push for democracy, the protests presented an opportunity to undercut the appeal of the West to Arab citizens. The freedom pushed by the West, they seemed to say, brought with it disrespect for Islam.” Sari Hanafi, prof. Am.Univerity (Beyrout)
"For me, honestly, this didn't seem so important, comparing the drawings to those made of Jesus in Christian countries. I know that this is something typical in such countries. "Muhammad Abu Zaid, Imam of Saida (Liban) NYT
« Les intellectuels se réclamant de la
confession musulmane répètent sans cesse que l'Islam est fraternité, paix et
tolérance. Ils ont certainement raison, mais ils n'ont aucun soutien
théorique qui permette d'appuyer la plupart de leurs affirmations. Les
modérés veulent embellir l'image de leur religion mais ce qu'ils disent de
l'Islam ne traduit qu'un souhait. Seule la version archaïque du droit
musulman demeure sur le terrain... offrant une vision globale des choses.
Cependant son application dans le domaine relationnel relève de la
folie ». Soheib Bencheikh,
Marianne et le Prophète « …près de deux cent cinquante versets -
sur les six mille deux cent trente-cinq du Livre -justifient et légitiment la
guerre sainte, le djihad. Assez pour que se trouvent noyées les deux ou trois
phrases bien inoffensives qui invitent à la tolérance, au respect de l'autre,
à la magnanimité ou au refus de la contrainte en matière de religion ( !).
Dans un pareil océan de sang, qui peut encore prendre la peine de s'arrêter
sur deux ou trois phrases qui invitent plutôt à l'humanité qu'à la
barbarie? » Michel Onfray. Traité d’athéologie «A part les catholiques, il est devenu
impossible de critiquer les religieux.» Plantu,
caricaturiste au « Monde » « J’ai une question pour les milliers de Musulmans
qui se sentent outragés. Les US ont tué des milliers de musulmans et
vous perdez la tête et retiré des ambassadeurs pour quelques
caricatures imprimés dans un journal de deuxième ordre dans un pays
nordique de 5 millions d’habitants ? Ça c’est l’authentique
outrage » Samia
al-Duaij Koweit..
(Time) « Les media américains en refusant de
publier ces caricatures cèdent au terrorisme intellectuel et religieux. On
applique un standard différent par peur de représailles physiques. Tout ce qui peut se dire d’un groupe doit
pouvoir se dire d’un autre groupe… C’est dans l’intérêt public de voir ces
caricatures qui causent une telle offense. On
comprend mieux alors l’exagération de la réaction. Ils ne sont pas
aussi mauvais que ceux que l’on voit couramment dans les média musulmans à
propos des Juifs, des Chrétiens, des U.S. et d’Israël » Alan dershowitz, Prof. de droit à Harvard. “Le monde musulman doit faire quelque chose pour
apaiser le reste de la planète. Depuis que l’ayatollah Khomeiny lança
une sentence de mort contre Salman Rushdie … les radicaux
islamistes ont radicalement contesté les libres discussions de leur
religion et de leurs politiques dans les pays non musulmans.
Rushdie échappa à la mort. Mais Pim Fortuyn, un politicien hollandais qui
résistât à l’hostilité des immigrants musulmans contre l’égalité des
femmes et des gays, a été tué sur la rue, Théo Van Gogh,
… qui offensa les musulmans fondamentalistes, fut tué quelque temps après.
Plusieurs autres politiciens hollandais qui ont critiqué l’intolérance de
certains musulmans vivent sont sous la protection de la police. »…. « On peut respecter une religion sans
honorer ses tabous. Je mange du porc, et je ne suis pas anti-sémite. Comme
Catholique, je ne m’attends pas à ce qu’un athée fasse des génuflexions
devant l’autel… La liberté, c'est apprendre à vivre avec le fait d’être
offensé. »…. « Depuis 9/11, des mosquées ont été
incendiées et détruites en Irak par des terroristes islamistes. Où sont les
démonstrations condamnant ces attaques contre les plus saints des lieux
? Ces doubles standards révèlent quelque chose tout à fait claire : cet
appel à la « sensibilité » est avant tout un couvert pour l’intolérance
des autres et l’intimidation d'un peuple libre » Andrew Sullivan Essay.
( Time) "Jamais la liberté, et notamment la
liberté d'expression et donc de caricature, n'ont fait obstacle à
l'émancipation des hommes et des sociétés. Au contraire, elle insuffle
l'énergie catalysatrice pour dépasser les systèmes
de domination, les logiques d'exploitation, les archaïsmes culturels » « Chacun doit pouvoir prétendre, sans
l'ombre d'un doute, que l'on respecte ses convictions profondes dès lors que
ce respect est une valeur partagée. L'indignation des musulmans relayée
tambour battant par leurs responsables religieux et politiques gagnerait en
crédibilité si ces mêmes responsables condamnaient avec la même énergie les
actes de barbarie perpétrés au nom d'Allah." Dominique
Garraud "Les proportions prises par l'affaire
sont insensées. Au nom de deux principes, également respectables mais en
l'occurrence antagonistes - le droit au respect de ses convictions et la
liberté de la presse -, les esprits se sont enflammés, alimentés par tous
ceux qui veulent donner corps à l'idée d'un "choc des
civilisations" entre Occident et Orient, entre Occident et islam. » Dominique Quinio « Je ne pense pas que telle ou telle
appartenance ethnique, religieuse, nationale ou autre prédispose au meurtre.
Il suffit de passer en revue les événements de ces dernières années pour
constater que toute communauté humaine, pour peu qu’elle se sente
humiliée ou menacée dans son existence, aura tendance à produire des tueurs,
qui commettront les pires atrocités, en étant convaincus d’être dans leurs
droits, de mériter le Ciel et l’admiration de leurs proches. En chacun
de nous existe un Mr Hyde; le tout est d’empêcher
que les conditions d’émergence du monstre ne soient rassemblées. » Amin Maalouf, Les
identités meurtrières. p.40
L’AFFAIRE DES CARICATURES « Où était la rue musulmane durant les
attentas de Londres, Madrid, Paris, Chare el-Cheik, New York, Alger, Bombay. Pourquoi personne n’a
brûlé l’étendard de l’islamisme pour dire aux tueurs intégristes :
« Non! Pas en notre nom! Pas au nom de notre religion! Pas au nom de
notre Prophète » p.85 MOHAMED Sifaoui. (musulman) L’AFFAIRE DES CARICATURES «
Les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s’éloignant de leurs
textes, tandis que l’islam le fut en se rapprochant des siens. C’est pourquoi les partisans
d’un islam pacifique proposent de réformer le Coran en le purgeant de ses
versets violents contre les infidèles. » Éric Conan L’express. 27 avril 2006 » « Pourquoi une religion et une seule
échapperait-elle au climat de raillerie et d’ironie qui est la règle pour les
autres? » Pascal Bruckner
TP p . 66
|
Si on recule de trois ou quatre siècles, à la sortie par épuisement des
guerres de religions, on comprend que les sociétés se soient
constituées et reconfigurées légalement autour de leur propre religion.
Une fois les aires d’influence établis, tout le poids et de la société et de
la légalité pesait lourd sur celui qui osait publiquement déroger des dogmes
ou des valeurs locales. Seul le silence était permis, à condition
de ne pas être trop éloquent. Les bûchés ou l’ostracisme
garantissaient l’unanimité apparente. Certains seraient tentés de
regretter ces temps ou les religions avaient en plus de leurs dogmes
une composante géographique où faire régner la paix, l’ordre et la bonne
foi. Un pays était catholique, protestant, ou musulman… shiites ou
sunnite.. etc. Gus, c’était il y a plusieurs
siècles. Le fait d'avoir une paille dans
l’oeil n’empêche pas de voir que l’autre a également une paille,,, à défaut de poutre. L’église catholique a édulcoré tant
bien que mal son «Hors de l’Église point de salut »,
l’islam a gardé encore le même contrôle sévère sur le salut.
De solides « bouncers » idéologiques gardent les
portes du paradis et filtrent les fidèles qui en sont dignes. Une
attitude plus inclusive serait souhaitable au cas où des hommes de bonne
volonté erreraient quelque part en dehors de la foi musulmane. Aujourd’hui l’Occident ne pratique
plus (ou de moins en moins) ce schéma. Les pays de culture musulmane dans
des mesures très variables y sont encore attachés… Les plus
optimistes y voient une différence de vitesse (d’autres diront une
moindre hâte) dans le déroulement de l’histoire ou l’accès à la modernité
avec tout ce que ce dernier terme peut charrier, en bien ou en mal.
Dans ce contexte on peut comprendre la violence des réactions (en
tenant compte de l’utilisation que des politiciens peuvent en tirer). On pourrait dire que c'est une
question d’habitude ou que ça relève de l’art de se faire un dos de
canard. Depuis le Dieu est mort de Nietzsche, bien des
croyants ont survécu, savent en prendre et en laisser. A un observateur indifférent,
les démonstrations actuelles témoignent surtout d’une
frilosité hors saison ou hors siècle et les images véhiculées par la
télévision ressemblent plutôt à un programme de Croyance
Académie où le gagnant sera celui qui aura manifesté par divers
moyens le plus de conviction, d’indignation et de rage. Droits de Dieu, droits de Mahomet,
droits de l’homme.. De nos jours, les nations, du
moins en Occident, se sont fondées sur d’autres valeurs, sur le respect
de l’humanité, sur le respect des droits de l’homme pour un chacun, et
du coup, les religions (après avoir inspiré ce leg)
ont perdu leur droit exclusif à promulguer politiquement la vérité et à
commander les mœurs. Il est vrai que depuis,
ce qui était considéré comme valeur diminue comme peau de chagrin, même
si les codes de loi s’enflent démesurément. La liberté d'un chacun
semble être la seule valeur acceptée. Le respect de la liberté de
l’autre s’y raccroche …tant bien que mal. Dans la pratique évidemment
les libertés des uns viennent en conflit avec celles des autres… et on
tente d'aménager au mieux la situation. C’est la fonction essentielle
de tout régime politique. Gus, en démocratie moderne, tu
peux jouer au provocateur et tu es libre de penser ou de proclamer que 2+2
font 5 mais tu risques d’être « snobé » ou méprisé par
tes pairs mathématiciens, de te faire traiter de « petit con »,
même d’être caricaturé ou de voir une démonstration devant ta fenêtre.
Mais tu ne risques pas le bûcher,,, à moins que des petits voyous
mathématiciens mettent le feu à ta maison…Ce dont Qui plus est, tu pourras défendre
tes aberrations en usant de ton droit à la différence
irrévérencieuse de tes propos provocateurs en faisant valoir qu’il y a
un net progrès de la civilisation à remplacer « les armes et la
violence par les idées et les mots » et, pour être d’actualité, par de
vilaines caricatures. *** Idéalement il est préférable d’être
respectueux envers un chacun, de manifester un minimum de considération
envers ses convictions, de penser aux conséquences de ses actes, de s’engager
dans des dialogues sincères entre amoureux de la vérité… Mais si ces
pratiques peuvent avoir une certaine valeur morale, être louables,
elles ne sont pas commandées par la loi… Et, mon cher Augustin, il importe
surtout de se rappeler que la morale et la loi sont deux choses
différentes et qu'elles répondent à des objectifs différents. La
conscience personnelle peut jouer un rôle indépendamment des tribunaux
et des poursuites légales; s’il fallait se fier aux codes, le bien,
le beau, le vrai chéris
des Anciens prendraient toute une débâcle. Bof a toujours aimé citer
Alain : « La justice, ce doute sur le droit qui fonde le
droit ». Dans ce scandale des caricatures, certains voient
prioritairement une insulte gratuite et un mépris d’autrui, d'autres y
voient l’exercice de leur liberté d’opinion et l’expression imagée de
leur opinion sur certaines pratiques, croyances ou personnes. Il est vrai que le ridicule et
quelques bons éclats de rires peuvent créer des conflagrations
dans les convictions qui ne tiennent qu’à la force du nombre et de
l’entourage. C’est un problème d’écologie morale. Les religions locales ont
fait l’objet de dénégations, de contestations et ont été refoulées hors de la
sphère publique. Leurs fondements ont été soumis à des critiques
historiques et exégétiques et certaines pratiques sont disparues sous
l’impact du ridicule ou de l’évolution des mentalités ou de l’ouverture de
fenêtres sur le monde. Consolation cependant pour les croyants :
ces attaques ont provoqué des études qui avec autant de compétence ont réussi
à consolider du moins, pour l’essentiel, une bonne part du message
auquel il croit. Dans bien des cas, dans un climat de liberté, ces
confrontations ont permis de passer d’une religion sociologique à une
religion personnelle. Les musulmans ne voient pas
tous l’exaltation actuelle de la même manière. Plusieurs, surtout dans
les pays qui en permettent l’expression, ont réclamé depuis longtemps un
« aggiornamento » de Leçon pratique. En Occident, on a fini par s’apercevoir que dans le
climat moderne rien de mieux que le silence ou l’ignorance humiliée
devant des attaques jugées irrévérencieuses. Jouer aux don Quichotte se
mesurant à des moulins à vent, les montées aux barricades, les fatwa ne
font que multiplier l’effet des injures et servent d’amplificateurs
à l’échelle de la planète. Rien de mieux qu’une Fatwa pour faire
vendre l’ouvrage de Rushdie. Dans ce dernier scandale des
caricatures, les indignations criées à la planète n’ont fait que
multiplier par milles ou par millions les « infidèles » qui se sont
régalés de l’humour douteux de plusieurs d’entre elles. Si Moïse
a réussi à descendre du Sinaï les bras chargés de tablettes de pierre au
milieu des éclairs, du tonnerre et de la voix tonitruante de Yahvé, un
croyant, même à la foi quelque peu vacillante, devrait être capable
d’avancer, au moins de mettre un pied devant l’autre, malgré les
rires, les sarcasmes, les critiques ou les caricatures. Et s’il y a des victimes, ce
seront les Musulmans danois qui n’en demandaient pas tant, qui étaient
peut-être les premiers à condamner la violence pratiquée par
les « islamistes » au nom du Coran et de Mahomet mais
qui étaient les premiers terrorisés à l’idée de l’exprimer. Autres victimes… les futurs
candidats à l’immigration un peu partout dans le monde. De plus Gus, le message, la
méchanceté ou l’insolence d’une caricature sont
édulcorés par la finesse, l’humour et l’intelligence du dessin et du
caricaturiste. Une mauvaise caricature n’est que méchante. Les meilleures
sont celles où la victime en sourit, quitte à ce que le sourire tire
sur le jaune et invite à la réflexion. L’égalité et la légalité Un des problèmes de nos sociétés est
de vivre en accord avec le principe d’égalité de tous devant la
loi, principe qu’elle proclame mais qu’elle applique
difficilement. Héritage chrétien, la pitié interfère et vient créer des
privilégiés… comme autrefois, mais à l’envers. On peut dire ou raconter
n’importe quoi et faire évidemment n’importe quelle caricature sur Dieu, les
dieux, les curés, papes, politiciens, présidents, les religions
ou toutes pratiques cultuelles…etc. Mais le monde moderne a
proclamé le statut d’espèces protégées en raison du danger
d’extinction de certaines. Depuis on a ajouté des races, des
sexes, des peuples, des mœurs, des pages d’histoire, etc. qui
échappent au régime d’égalité et jouissent d’un régime d’exception. Des
pratiques sont considérées comme des appels à la haine,
discriminatoires et punissables par la loi s’il s’agit de minorités ou de
certains éclopés de l’Histoire. On assiste de nos jours à une
course à qui se méritera le podium de la plus grande victime, de celle
qui mérite le mieux un statut privilégié et éventuellement pourra faire
valoir un droit à une compensation. On se dispute des médailles. Qui
mérite le mieux l’honneur d’avoir été victime de génocide? qui a
souffert d’un crime contre l’humanité ? C’est important car la victime
idéale aura droit à une protection légale de « ses vérités
historiques » qui deviennent incontestables, à une
protection contre l’humour ou des critiques qui deviennent facilement avec
un petit coup de pouce des incitations à la haine. Demander des excuses est le fin du fin de la politique et des rapports humains. Aucune
ethnie ou groupes de pression, aucune nation ou politicien n’y échappent. Un
tout chacun sonde son présent et son histoire, remonte les siècles, repasse
les souffrances endurées pour voir s’il n’y aurait pas motif à exiger des
excuses. Celles-ci sont toujours mieux reçues, paraissent plus sincères
et convaincantes quand elles sont écrites sur un chèque. Les musulmans peuvent être
minoritaires dans plusieurs pays mais c’est la religion qui connaît la plus grande
expansion sur la planète et qui a le plus grand nombre de fidèles. Le jeu des
majorités ou des minorités peut basculer d’un camp à l’autre**. Gus, toutes ces réactions violentes
auxquelles on assiste sont pénibles en ce sens qu'elles nous renvoient
souvent notre propre image, notre passé, notre histoire. Bof prend
conscience tout à coup comment il a pu être facile de soulever au Moyen
Age des masses populaires et les conduire en diverses
croisades pour délivrer « le tombeau » du Christ, toujours
aussi vide évidemment, mais sous « l’occupation » des armées
de l’Islam. Et si l’on remonte encore un peu
plus dans l’histoire, peut-être que les premiers chrétiens auraient
préféré être caricaturés plutôt que de servir de pâture aux lions du
Colisée. Quitte à rire jaune…ou à se sentir humiliés et
ridiculisés mais vivants. *** Gus, si jamais on voulait te mettre en
prison pour avoir osé dire que 2+2=5, prépare ta défense en invoquant ta
jeunesse, tes 17 ans et onze mois, tes cheveux carottes qui font de toi une
minorité, la mauvaise influence de ton prof et fais appel à
la rectitude politique. Justement ton prof vient d’entendre à la radio
la voix d’un homme libre. Un avocat, juif faut-il préciser, est le
premier homme public qu’il a entendu protester contre la
condamnation à 3 ans de prison de quelqu’un qui niait la shoah. C’est
vrai, a-t-il ajouté, que le pays en question avait beaucoup à se faire
pardonner.*** (Entre nous, Gus, Bof aurait appris
que le gouvernement français s’apprêterait à condamner à six mois de
prison quiconque émettrait des doutes sur l’origine
surnaturelle des voix de Jeanne d’Arc) ** Gus. à
propos de la victimite :
Il y a danger quand notre source de pouvoir dépend de notre condition
de victime : qui a intérêt à cesser d'être victime ? Quel beau jeu
de rôles ! ***Gus, un témoignage intéressant… “For European politicians, bringing in a ban on genocide denial is like apple pie. It’s what I call a freebie. (se faire un cadeau)They’re doing it to make themselves feel good. I mean, who could possibly be against standing up to nasty genocide deniers? Only when you get to the heart of it, this “freebie”, this populist move, could have a dire impact on academic debate. Even on truth itself.” ‘I’m opposed to Holocaust denial laws for three reasons’, she says. ‘First because I believe in free speech. Governments should make no laws limiting free speech, because it is never good when that happens. Second, because these laws turn Holocaust deniers into martyrs. Look what happened to David Irving when he was released from jail in Austria – he became a media darling, given room to spout his misinformation. We should ignore them rather than chasing them down. ‘And thirdly, and most importantly, such laws suggest that we don’t have the history, the documentation, the evidence to make the case for the Holocaust having happened. They suggest we don’t trust the truth. But we do have the evidence, and we should keep on developing it and deepening it, and we should trust it.’ Deborah Lipstadt, Professeur de “ Modern Jewish and Holocaust Studies” à l’Université Emory à Atlanta et auteur de “ Denying the Holocaust: The Growing Assault on Truth and Memory”, publlié en 1994.
|
Citations tirées en majorité du N.Observateur. "Il faut bien comprendre que si, nous,
pays catholique, on est habitué, il faut peut-être admettre que ceux qui sont
de culture musulmane ne (le) sont pas, et cela les choque profondément" Pascal Clément, ministre de la justice "Dans notre pays, tellement de gens se
sont battus pour la liberté d'expression, ce n'est pas acceptable qu'une
religion, quelle qu'elle soit, puisse imposer ses croyances, ses manières de
faire, dans un État laïc". Mgr Gaillot, évêque …regrette que le débat sur les caricatures de
Mahomet mette avant tout aux prises « ceux qui ne croient en rien et
prônent le droit absolu à la dérision de tous les fondements de la
civilisation », et « ceux qui prônent le respect absolu des
croyants, mais seulement quand il s’agit des musulmans … Les nécessaires limites de la liberté
d’expression (…) ne peuvent être à sens unique ». Jean-marie le pen "En France et en Europe, il y a une règle,
la liberté, tempérée par la justice en cas d'excès". "S'il y a
excès (...) la justice est là pour trancher. Mais chez les islamistes il
semble que ce soit une autre règle, la liberté tempérée par le meurtre
rituel, le chantage ou l'intimidation. C'est inacceptable"….Ce n'est pas
à Phil. de Villiers, prés. du Mouvement
pour "Dans nos démocraties, la liberté
d'expression est totale. Il ne faut pas céder, même si je comprends tout à
fait les réticences religieuses. On ne peut pas accepter qu'il y ait deux
poids et deux mesures et que certaines religions soient épargnées par les
caricaturistes et d'autres non, parce que certains pays appellent
immédiatement au boycott". Claude Goasguen,
député UMP « Montrer Mahomet avec à la place du
turban, une bombe, c'est stupide et imbécile. Reste qu'on a le droit de
publier ça. On a le droit de publier des choses qui sont stupides et
imbéciles, et même qui sont choquantes pour les gens » Robert Ménard, le secrétaire général de
Reporters sans frontières "De même que je n'ai pas envie que ça se
passe pour les chrétiens, je trouve complètement indigne que ça se passe avec
les juifs ou avec les musulmans"[...]"Les autorités politiques
seraient bien inspirées de prendre très au sérieux le respect (...) des
convictions religieuses intimes. Les gens ont le droit d'être
respectés"[...]"La liberté de la presse c'est quelque chose de très
important, la liberté d'expression aussi, l'esprit critique aussi, mais ce
n'est quand même pas le droit de faire n'importe quoi » cardinal Barbarin "Moi, dans le Canard, je me moque des
curés, des rabbins, des imams... comme de tant d'autres depuis des années et
je n'ai jamais eu de problèmes" René Pétillon "Dans l’affaire des caricatures, ce n’est
pas les réactions musulmanes en soi qui sont préoccupantes : finalement si on
se moque de façon outrancière de Jésus-Christ ou des rabbins, on a le droit à
des réactions catholiques ou juives du même type. Mais c’est le fait qu’ait
été évoqué le concept de blasphème. Or en France par exemple, depuis 1830,
tout le combat démocratique, libéral et progressiste a été mené contre ce
concept de blasphème. Le réhabiliter au point de voir des gouvernements
s’excuser pour des dessins, c’est en effet un formidable retour en
arrière." Jean-François Kahn "La punition la plus convenable pour les
rédacteurs en chef des journaux qui ont insulté le prophète est la
mort", sheikh
Khalid Azan, « Je suis choqué et trouve
inacceptable que des extrémistes puissent, parce qu'il y a eu des caricatures
en Occident, venir brûler des drapeaux ou prendre des positions intégristes
ou extrémistes qui viendraient donner raison aux caricaturistes » Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères « Le monde arabe devrait apprendre une
certaine "distance critique ». Ils doivent savoir que l'Occident
nourrit une longue pratique de la satire en matière de religion, "une
tradition de la moquerie qui remonte au siècle des Lumières, à Voltaire ou
Diderot"Tout le monde doit prendre de la distance avec ce genre
d'incident, les Danois comme les musulmans. » Tariq
Ramadan « Rien ne justifie, sauf une
conception rétrograde de la justice, que l'on rende un Etat
et ses diplomates, voire ses ressortissants, responsables des actes que l'on
reproche à quelques individus s'exprimant en leur seul nom au sein d'une
société libre…Car rien ne justifie, sauf une conception rétrograde de la
justice, que l'on rende un Etat et ses diplomates,
voire ses ressortissants, responsables des actes que l'on reproche à quelques
individus s'exprimant en leur seul nom au sein d'une société libre… Autrement
dit, ces caricatures peuvent être condamnées au nom de la responsabilité ou
de la décence. Mais elles ne peuvent pas être interdites au nom des principes
d'une civilisation. Jean Daniel Nouv. Observ. « Les vagues de l'affaire des
caricatures sont bel et bien engendrées par la rencontre brutale des conceptions
de deux mondes: l'un qui a chassé le sacré et évacué toute idée d'une
transcendance qui échappe à l'homme, un autre où le sacré est toujours la
source d'inspiration centrale des principes de la vie sociale et privée. Le
premier monde jette gaillardement par-dessus les moulins des principes qui
ont façonné ses sociétés pendant des siècles, estimant que tout ce qui est
neuf est par nature meilleur. Le second ne veut connaître que les principes
originels, abusivement qualifiés d'"éternels", comme si tout ce qui
est neuf était par nature mauvais. " André Schlecht
L'ALSACE « Plusieurs homme et femmes politiques, de droite comme de gauche, continuent de brosser les islamistes dans le sens de la barbichette. Position qui ne manque pas de donner des ailes aux intégristes, qui, du coup, se présentent comme les interlocuteurs privilégiés des gouvernements occidentaux, puisqu’ils voient leur discours légitimé par des déclarations ahurissantes de responsables de grands pays démocratiques censés être intransigeants sur les questions liées à la liberté d’expression, voir à la liberté tout court »17 MOHAMED Sifaoui. (musulman) L’AFFAIRE DES CARICATURES
|
|
|
|
|
|
|
« Râle
pas, Mahomet, on a tous été caricaturés ici. » |
« J’ai fait
une caricature de la démocratie » « Tout le
monde s’en fout » |
« Allez, tu
vois bien qu’il faut appeler au calme maintenant » « On ne va
pas te faire un dessin » |
|
|
|
|
|
|
|
"Pour les Danois,
la liberté d'expression est sacrée. Pour nous,
Mahomet est sacré." Un imam danois "S'il
s'était trouvé un musulman pour exécuter la fatwa de l'imam Khomeiny contre le
renégat Salman Rushdie, cette
racaille qui insulte notre prophète Mahomet au Danemark, en
Norvège et en France n'aurait
pas osé le faire". Hassan Nasrallah,
secrétaire général du Hezbollah |
|||
|
|
|||
|
« Musulmans
du monde, soyez raisonnables… Qu'est-ce
qui pose plus préjudice à l'islam, ces
caricatures ou bien les images d'un preneur d'otage qui
égorge sa victime devant les caméras ou
un « martyr » qui se fait sauter durant
une cérémonie de mariage à Amman » Les directeurs de l’hebdomadaire
du journal Shihan de (le seul journal du monde
arabe ayant reproduit des caricatures) Les deux journalistes furent
subséquemment arrêtés…. |
|||
|
Portrait d’un
caricaturiste par lui-Même Chapleau.
|
Selon l’imam Yousaf Qureshi,
à Peshawar, la sentence est claire : "Rien d'autre que la peine de mort n'est acceptable pour
les dessinateurs selon la loi islamique", Il avait déjà offert un million de dollars et une voiture pour la mort
des dessinateurs. Par piété ou par appât du gain, des moudjahiddines kamikazes, des étudiants, font le serment
d’exécuter la sentence. |
||
|
ET
AOUT 2006. Deux cent caricatures sur l’holocauste sont exposées
au Palestinian Contemporary
Art Museum à Téhéran ( eh
oui!). Elles visent à démasquer l’hypocrisie de l’Occident qui invoque la
liberté d'expression pour justifier les caricatures sur Mahomet tout en condamnant
le subtil président Ahmadinejad de l’Iran qui
remet en question l’Holocauste. Ce sont les meilleures des 1000 caricatures
qui ont été soumises au concours et elles proviennent de 61 pays.
Étrangement, très peu de visiteurs. Ceux qui y vont se trouvent des
excuses : ils sont étudiants en art et y vont pour étudier la technique. |
|||
|
2006-09-17 Tentative de rapprochement avortée au 14ième siècle. Et au 21ième
siècle. Le pape a eu le malheur de citer l’empereur Manuel II
Paléologue qui avait tenté un dialogue avec un savant
persan sur le christianisme et l’Islam. A un moment donné, dans le
septième dialogue, l’empereur cite le Coran où Mahomet
invite à répandre la foi par l’épée. Pratique que l’Empereur trouve
inappropriée et contraire à la raison. Et une originalité de
l’Islam. Associer théoriquement ou historiquement violence et l’Islam est
aujourd’hui un crime de lèse-islam. A défaut de
ressusciter Manuel Paléologue pour qu’il s’excuse, Benoit
XVI encaisse les coups. Heureusement
des musulmans, voyant son embarras, s’empressent de fournir la
preuve par neuf que l’Empereur et certains historiens avaient
raison : pour protester et ironiquement pour confirmer les dires
de l’empereur, cité par le Pape, on assassine quelques chrétiens
et lance des bombes contre des églises catholiques et même des
imams ont proposé « une chasse au pape » La conférence du pape portait sur les rapports
entre raison et foi religieuse et sur quelques divergences entre les deux
religions. De citations en citations, le pape cite Khoury
qui cite un islamologue, R. Arnaldez, qui
cite Ibn Hasn, théologien musulman,
qui émet (enfin) cette opinion audacieuse : Allah n’est même
pas lié par sa propre parole et rien ne lui fait obligation de nous révéler
la vérité. Si tel était son vouloir, l’homme devrait même se livrer à
l’idolâtrie… C’est concevoir plutôt crûment les rapport entre
la raison et la foi religieuse…. et la manière de penser la
transcendance et ta toute-puissance de la divinité En Indonésie, un groupe radical, le Front
des défenseurs de l’islam a appelé à la crucifixion (pacifique
évidemment) du pape et proclame que « le prophète
est sublime, le pape est petit et vil ». Et vlan dans les dents. 20 sept 2006. Time
magazine s’en mêle. Un chroniqueur, Jeff Israely,
remarque que Benoit XVI
n’est pas encore passé maître dans la diplomatie requise par son nouveau
poste. Mais son intelligence (« razor-sharp »)
est le meilleur service qu’il peut rendre à son Église et même au
monde. « Quand il a appliqué sa puissance intellectuelle au
problème des relations interreligieuses dans son discours de la semaine
dernière, Benoit a modifié les termes du
débat qui a été dominé par le passé par des « feel-good truisms*** » ou
par des complexes de victimisation ou par des confrontations
haineuses. Il cherche plutôt à déterminer ce qui lui parait être la
principale différence entre la conception chrétienne de Dieu qui est
intrinsèquement lié à la raison (Le concept grec de Logos) et la
conception de l’Islam où Dieu transcende tout ( même la raison). … Si Benoît peut acquérir un peu de la finesse
politique de son prédécesseur, sa solide pensée de théologien
peut aider l’Occident dans le difficile dialogue avec les Frères
islamiques, dialogue qui inclut une claire définition des différences tout
comme une recherche d’un fondement commun dont on a tellement besoin. »Time 25
sept. 2006, p.28 *** Traduction libre de « feel-good » :
« sucette pour la conscience » Pour faire avancer sur place l’oecuménisme il est facile de verser
dans la rectitude politique et de proclamer haut et fort que « tout le monde
il est beau, tout le monde il est gentil ». Autre manière optionnelle,
se regarder dans les yeux, se mesurer et mettre sur table ses
divergences sans se sauter dessus ou s’entretuer. Effort louable.
Pour avancer, rien de mieux que de prendre conscience de la distance à
parcourir. « Je regrette les regrets du
pape! » Abdelwahab Meddeb, spécialiste de l’islam Oct. 06. Encore la preuve par neuf..
(ou par l’absurde) Une fatwa, donc un appel au meurtre, a été lancé par un
Imam contre un modeste professeur de philosophie qui a prétendu ingénument
que la violence était au cœur du Coran et de l’Islam. Il se permet
imprudemment, pour appuyer son opinion, de citer l’Encyclopedia Universalis
qui est dans tous les foyers qui se respectent en France : « Muhammad
révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef
militaire … Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie…
Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les
caravanes mekkoises, punissant ainsi des incrédules compatriotes et du même
coup acquérant un riche butin….Muhammad profita de ce succès pour éliminer de
Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect…. Ses penchants érotiques,
longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine
de mariages » Gus, penses-tu que tous les propriétaires
de l’Encyclopédia Universalis
sont en danger de mort et devraient demander la protection de la police ? |
|||
|
|
|
|
|