Et
la peur dans tout ça !
La
leçon de Salman Rushdie
Par le Prof Bof
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Le but du terrorisme, le terme le dit, est de terroriser,
de semer la peur, la panique si possible, pour faire
connaître et faire prévaloir son point de vue. Pourtant quelqu’un qui s’y
connaît en fait de terrorisme, objet lui-même d’une fatwa, Salman Rushdie, affirme que le
meilleur moyen de se défendre contre le terrorisme est de refuser de se
laisser terroriser, de ne pas avoir peur en somme ou tout au moins la
contrôler.. |
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L’Impact de
L’attentat terroriste Autrefois
on mettait des nations à genoux, ou presque, après quelques années de guerre
et quelques millions de victimes. Aujourd’hui quelques « beaux
sacrifices » efficaces et une population est dans un état de sujétion
psychologique. Trois milliers de morts le 11 septembre (et des centaines de
reprises des mêmes images tragiques), mais trois cents millions de personnes
terrorisées, |
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quel
effet et quel impact! Pourtant, 3 000 c’est le nombre, pour trois
semaines, des morts par accidents d’automobiles aux USA. Si ce n’était
que la quantité des morts qui fait problème, Monsieur le Président devrait
partir en guerre contre l’industrie automobile. Avec un attentat
réussi, on peut ainsi manipuler des populations, faire changer des
politiques, des lois, paralyser l’économie, faire éclater des budgets, influencer
des élections, provoquer des réactions plus ou moins adaptées, inciter à la
guerre, faire passer par l’arc en ciel des alertes, lancer la spirale
de la vengeance, etc. |
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Quoi faire ? dirait Lénine. Rushdie qui s’y connaît en fait de terrorisme,
lui sur qui pèse une fatwa lancée par des ayatollahs, a une réponse sur
laquelle il importe de réfléchir : ne
pas avoir peur ou tout au moins maîtriser et contrôler sa peur. |
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Il est
vrai que la peur peut facilement s’enfler hors de proportion avec les
évènements traumatisants. Le danger existe, il peut être grave, c’est
du grand art de maintenir dans sa vie un juste équilibre entre le jeu de
l’autruche et la paranoïa généralisée. |
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On
sait, au moins le proverbe le dit, que la peur est souvent mauvaise
conseillère. Cette peur, si c’est nous qui l’entretenons, est une
violence que l’on se fait subir. Mon
cher Gus, vivre exige des nerfs solides. On comprend que certains capitulent….avant
le temps. Pour t’aider, mon cher Augustin, à contrôler tes peurs avant
de terminer ces quelques pages`sur le terrorisme, je t’offre ici quelques
réflexions pour t’aider à maîtriser tes peurs, tes peurs d’un
nouveau onze/septembre, à ta porte cette fois-ci, mais aussi les peurs
de tous les jours. |
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MONDIALISATION, AUTO-
INTOXICATION et peur au quotidien |
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Chaque
soir les catastrophes de la planète ou les crimes font les manchettes
du télé journal. On assiste à la mondialisation des
catastrophes, des guerres et de la terreur. On serait presque tenté de
regretter le temps où les catastrophes nous étaient révélées par les
cancans de village dont le rayon était fort limité et avec quelques semaines
de décalage. |
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L’APOCALYPSE AU COIN DE Gus,
certains cultivent presque volontairement leur peur… Un test est
révélateur à ce sujet à propos de ceux qui ont régulièrement
comme pâture intellectuelle les hebdomadaires consacrés aux crimes de la
semaine. Si on leur demande d’évaluer statistiquement le danger
qu’ils courent d’être violé(e)s, vandalisés ou agressés
physiquement, ils multiplient presque tous par CENT le danger que l’on
peut, pourtant, évaluer assez rigoureusement dans leur quartier ou dans
leur municipalité. GUS,
SOIS PRUDENT, MAIS sois-le INTELLIGEMMENT, NE PANIQUE PAS. |
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SPECTACLE ET TRAGÉDIE Au
départ, qu’il soit bien entendu que toute mort est une tragédie (surtout la
sienne). La mort est la plus certaine et la plus cruelle des réalités,
cependant faut-il laisser l'angoisse de la mort gâter et miner les
années qui nous restent à vivre? Certaines morts sont plus
spectaculaires ou médiatisées que d’autres. Il y a de belles morts bien
rentables médiatiquement et les autres morts bien vulgaires à usage
privé. Et ces belles morts, avec beaucoup de sang, parfois sans visage,
nous atterrent alors que notre mort à nous, bien nôtre, prévue,
inévitable, nous laisse assez froid. |
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Une
des sentences les plus célèbres du siècle précédent : NOUS, CIVILISATIONS, SAVONS MAINTENANT QUE NOUS
SOMMES MORTELLES ». (Gus, c’est un graffiti d’un certain
Valéry sur les murs de ITOU,
GUS. Près de 300 000 personnes vont mourir aujourd’hui, des vies tout
aussi importantes que la tienne et la mienne. La vieillesse, les maladies
incurables, les maladies curables, les guerres, les révolutions, les
accidents, les crimes, les suicides vont prendre leur du. Les ESPÈCES apparaissent et disparaissent. GG Simpson
évalue à 500 millions les espèces qui ont existé. (Gus, sois gentil, ne me
demande pas de refaire le calcul) 99% de ces espèces se sont
éteintes spontanément. Et évidemment, on voudrait nous faire peur ou tout au
moins secouer notre indifférence coupable parce que, parait-il, une
espèce dont personne, ou presque, n’a jamais entendu parler, serait menacée
dans le Saint-Laurent. Des CULTURES meurent (au grand dam des ethnologues) et naissent (au grand plaisir
des ethnologues). Des LANGUES disparaissent. Presque la moitié des 6000 langues existant
actuellement risquent de disparaître avant la fin du siècle. Une
seule personne parle et comprend l’exak, elle a 83 ans (Gus, tu
vois le drame à sa mort et les larmes des linguistes qui suivront le
cortège). La moitié de ces langues sont parlées par moins de 2 500
personnes. Certains voient un drame, une perte du patrimoine de
l’espèce, dans la disparition d’une langue atrophiée, d’autres y
voient un élargissement de la conscience et des ouvertures sur des horizons
nouveaux pour ceux qui adoptent une langue plus universelle, qui
pourrait leur permettre de communiquer et d’échanger des cancans, des potins
avec, disons, n’allons pas trop vite, 10 000 personnes. |
Mon cher Gus, un petit exercice de journalisme
fiction qui tablerait sur la vérité pour mettre les choses en
perspectives. « En ce triste onze septembre .01% des
mortalités sur la planète sont dues au terrorisme, du jamais vu » « Aujourd’hui,
catastrophe à New York : presque autant de gens sont victimes du
terrorisme que de la malaria en Afrique» en ce onze septembre » « Dans
une seule journée, Ben Laden fait autant de victimes que la route en
cette même journée sur la planète et presque autant qu’en trois semaines aux
USA, un record pour un seul homme en temps de paix.» « Des
étrangers tuent presque autant de braves américains que de braves américains
sont tués en deux mois par d’aussi braves américains » « Terreur à New York et au
Pentagone : autant de morts en une journée que les victimes d’armes à
feu en notre beau pays en un mois. » « Si
les terroristes avaient détruit un building de plus, le nombre des morts
aurait presque atteint 1% des victimes du Rwanda. Où s’en va-t-on ? » « Horreur
! 3000 morts, c’est chez nous 5 fois plus que les mortalités causées
annuellement par les chutes en bas du lit, c’est 2 fois plus que
les décès causés par les chutes dans les escaliers. On pense à des mesures
pour abaisser les lits et remplacer les escaliers par des ascenseurs et
sécuriser les buildings» Et un peu plus tard : la réalité…. « Les
3 000 victimes du 11/9 enfin vengées par la mort de 12 000 Irakiens tout
aussi innocents. Viva la muerte» « La
peur de l’avion générée par le 11/9 a créé 1000 morts supplémentaires sur nos
routes en 2002 » « En ce triste 11
sept., mort tragique de presque autant de New-yorkais, bien
américains, en bonne santé, que de réfugiés faméliques au Darfour dans
toute une semaine » “La guerre d’Irak presque aussi dangereuse que le mariage : En un an un peu plus
de mille de nos valeureux soldats ont été tués; dans le même temps, 1400
braves américaines ont été tuées par leur mari…Même plus! la rectitude
politique nous interdit de comptabiliser le nombre des maris assassinés.» « Noël 2006. Un doublé
pour Ben Laden. Le nombre de soldats américains morts en Irak pour
venger le 11/9 atteint et dépasse en ce jour de fête le
nombre des victimes de New York. » Noel 2006. « La mort rode aux USA. Depuis le 11/9/01, 3000 victimes du terrorisme, 85 000 morts par suicides et 60 000 par homicides. Les voies de l’homme sont impénétrables. »
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« Chin’s up » dirait
Churchill. Et
la vie continue pour un certain temps pour ceux qui restent. Il importe de ne
pas la miner par des peurs plus ou moins fondées. Des générations ont
vécu dans la peur de l’enfer, aujourd’hui on a actualisé et rapproché nos
objets de crainte, comme si vivre dangereusement, au-delà de la poésie,
était un art de vivre. Vivre dans un Halloween perpétuel:
trembler en entrant dans une épicerie, lever les yeux au ciel pour voir
l’évolution du trou dans la couche d’ozone, éviter de trop respirer, etc. et,
à défaut de peurs à notre mesure, louer des films d’horreur, pratiquer des
sports extrêmes, etc. |
Aout 2006. Du scoutisme à la guerre. Quatre
soldats canadiens meurent en Afghanistan. HÉCATOMBE Mission
impossible : |
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LE CATASTROPHISME EST À |
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Rêvons
Gus. Bof
rêve qu’un jour le télé journal commencera par : Aujourd’hui,
6 248 761 312 humains, tous mortels cependant, ont survécu aux
dangers qui menacent notre chère planète. Des fêtes et des célébrations sont
organisées dans toutes les capitales du monde, etc |
La
peur de la mort semble s’être déplacée sur la peur de la maladie (ce qui est
fort compréhensible) mais aussi sur la bouffe. On est bien encore obligé de
manger mais on doit le faire avec « crainte et tremblement ». Si on
écoute tous les marchands de peur, le menu se rétrécit à vue d’œil et les
dangers potentiels poussent comme des champignons. |
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Il y a
quelques années, l’American Food and Drug s’est cru obligé
d’émettre un avis solennel, contre les disciples de la carotte joyeuse,
pour rappeler que la nourriture doit être prioritairement un objet de
jouissance et non de panique, que l’essentiel est de varier le menu
(les 5 catégories), de manger d’un peu de tout, intelligemment … et
que même le vin rouge est bon pour le cœur. En somme on demande de manger
avec sa tête…et sa bouche et calibrer bouffe et dépense de calories. Le
crime existe, le danger existe, la mort existe (eh oui! Gus), l’au-delà s’estompe
de plus en plus, mais des craintes peuvent devenir obsessives. C’est
compréhensible quand il faut penser à faire augmenter ses assurances avant de
manger un hamburger chez Mac Do où l’on est reçu par une avocate
déguisée en serveuse, qui doit tester la température du café au cas où
quelqu’un qui souffre de la maladie de Parkinson se brûlerait et serait en
droit de faire pleurer un jury compatissant et de réclamer son million de la
multinationale, qui est prête à tout pour éviter ce genre de publicité.
Des gardes sont maintenant installés à la porte pour exclure « les trop
gros » avant qu’ils intentent des poursuites collectives (histoire de
faire du poids, espérant de gras dédommagements) pour les
kilos acquis, parait-il, chez Mac Do. Les plus prudents évitent
systématiquement de passer devant et changent de coté de rue de peur
que l’odeur de graisse soit nocive et colore leur teint olive. Les gens bien
informés savent maintenant que Mac Do est la compagnie la plus
violente qui soit après les industries d’explosifs et de feux d’artifice. C’est
un fait acquis que la friture a fait plus de victimes que les guerres
napoléoniennes, moins d’Invalides cependant. Hypocrisie
en plus, en 2005 Mac Do est la compagnie qui vend le plus de salades au
monde. Heureusement
que tout le monde maintenant mange chez soi des hamburgers au
tofu avec sauce soya sur pain azyme fait de farine moulue à la pierre ponce.
Ouf, le pire est évité!
(En
passant, mon cher Gus, ton prof n’a pas d’actions, ni intérêt
quelconque, dans la multinationale et il ne se souvient pas de la
dernière fois où il y a mis les pieds et il en aurait sans doute oublié le
nom n’eut été de la publicité et des poursuites récentes dont les journaux
ont fait état.) |
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Gus,
en terminant, rigolons sérieusement…
Un
pasteur fraîchement nommé dans un bled du Quart-monde. Ayant
remarqué autour de la chapelle certains abus de nicotine et d'alcool, le
dimanche suivant il s’enflamme et à bout de menaces, il fulmine en
chaire: "VOUS
ALLEZ TOUS MOURIR À 40 ANS". L'après
midi, grande fête autour de la chapelle. Tout le monde y est, cigarette au
bec et bouteille à bout de bras. Inquiet,
le pasteur s'informe: "On célèbre
votre bel optimisme, monsieur le pasteur : personne ici au village n'a jamais
dépassé le cap des quarante ans" |
Mon cher Gus, à ton âge, à l’age des premières conquêtes, Bof sait
quelle terreur peut susciter un bouton en plein milieu du nez… surtout un
samedi soir. J’emprunte à madame Bof un truc infaillible pour paniquer.
Achète-toi un miroir grossissant, le plus performant sur le
marché. Ton bouton aura l’air du Mont Fuji et en le grattant un peu tu
pourras faire apparaître de la neige au sommet. Et en sortant, tu auras peine à mettre un pied devant l’autre et
tu longeras les murs. Et contrairement à Mme Bof,
ne compte pas sur le bras de ton prof pour te soutenir. |
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Gus,
un conseil : PRATIQUE L’ART DE CALIBRER ÉQUITABLEMENT TES PEURS |
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1. Accueil. 2. Tactiques. Asymétrie des moyens compensée
par l’asymétrie des principes 3. Cause : Histoire : le wahhabisme et Ben Laden. 4. Cause : le ressentiment, la fascination de l’Occident 5. Cause : Immigration et auto-défense
identitaire. 6. Témoignage d’un terroriste… Les psychiatres et
les sociologues s’en mêlent 8. Coran : interprétation et versets
controversés 9.
Rushdie : ne pas céder à la peur. |
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|
« être
sérieux sans se prendre trop au sérieux » |
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NOUVEAU CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés Brefs extraits ou capsules tirés
des 30 sites du prof bof |
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A propos de l’être humain |
Petite histoire des mentalités |
divers |
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(récents) islam, islamisme, mahomet et le coran. |
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sites (pages ou images). Ne vous gênez pas pour nous signaler les liens
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