Terrorisme international: attentat à l'ambassade US de NairobiLE TERRORISME

ASYMÉTRIE  DES MOYENS

ET

ASYMÉTRIE MORALE.

 

 

 

Par le Prof Bof

 

 

 

 

Un affrontement rangé à visage découvert ou à visière levée entre terroristes ou  guérilleros et une armée régulière est impossible,

il y aurait à peine de quoi faire une manchette aux nouvelles du jour.

D’où la nécessité de recourir à des tactiques originales qui sont l’arme des faibles ou des minoritaires.

Vu le déséquilibre effarant des forces militaires classiques, certains prévoient que dans l’avenir le terrorisme sera de plus  en plus fréquent pour résoudre les conflits à l’extérieur ou à l’intérieur des nations,  conflits politiques, religieux, tribaux, mafieux, etc.

 

« La terreur est le langage du 21e siècle.

Si je veux quelque chose, je vous terrorise afin de l’obtenir »

Omar Bakri Mohammed,

dirigeant d’un groupe terroriste à Londres.

 

« L’islam est militairement faible, mais idéologiquement sûr de lui.

L’Occident est militairement fort, mais idéologiquement désorienté.

Le kamikaze prouve symboliquement la faiblesse d’une culture

dont l’échec est si patent que sa plus grande ressource---ses hommes et ses femmes---

est jetable comme un pétard.

Mais nos doutes sont tels que l’ennemi utilise sa faiblesse comme une force. »

STEYN, Mark. America alone

 

« Les musulmans sont  avec celui qui portera le plus loin possible leur voix. Ils se fichent qu’il soit un terroriste ou un artiste, un imposteur ou un juste, une obscure éminence ou une éminence grise. Ils ont besoin d’un mythe, d’une idole. Quelqu’un qui soit capable de les représenter, de les dire dans leur complexité,  de les défendre à sa manière. Avec la plume ou avec les bombes, ça leur importe peu.… »

Yasmina Khadra « Les sirènes de Bagdad. » p. 305

 

« sI armé  d’un simple cutter, je peux, tu peux, il peut détourner  un avion et le précipiter sur le Pentagone, aucune centrale nucléaire ne parait  hors d’atteinte. Le pouvoir dévastateur, propriété des détenteurs de l’arme absolue se dissémine et tombe dans l’escarcelle du plus grand nombre. »16

 

« Une guerre traditionnelle si sauvage soit elle, se termine. La guerre terroriste, en revanche, abandonné à la fureur sans limites, ne connaît pas de cessé le feu. Elle substitue à la démonstration de force la démonstration de haine, qui nourrie de ses propres abominations, devient inextinguible » 

Glusksman André «Le discours de la haine »

 

 

 1. OBJECTIF. SEMER LA TERREUR. Petits moyens, gros effets.

 

 Le but n’est pas de conquérir, d’éliminer un adversaire, mais de terroriser une population pour faire connaître ses protestations ou ses revendications, révéler des injustices  vraies ou fausses.  Un des théoriciens du terrorisme, professait : « L’important n’est pas de tuer cent ou mille personnes, mais de terroriser cent milles personnes ». A New York  les victimes de l’attentat du World Trade sont moins nombreuses que les victimes des accidents de la route pendant un mois, mais depuis toute l’Amérique tremble,  on change les lois, multiplie les contrôles et les enquêtes, enferme qui a mauvais teint, improvise des  ripostes. L’attentat aurait coûté moins de 1 million de dollars mais aurait causé des pertes économiques évaluées à 40 milliards de dollars, un rapport-bénéfice de 1/40 000.

 

Lutte contre le terrorisme et guerre classique .

La guerre classique visait à assurer une domination,  une hégémonie.  Les guerres contre le terrorisme visent tout simplement à l’annihilation de l’adversaire. (et vice versa).

 

 « Qu’est-ce qu’on a bien pu faire pour qu’on nous haïsse tant » disaient  de braves âmes portées à l’examen de conscience.  Le deuil fut presque universel à part les enfants de Palestine qui, pour une soirée, dansaient dans les rues, avant qu’on leur coupe leur plaisir  de peur de…  (Gus, penses-tu que le deuil sera aussi universel  si la tragédie se répétait?).*** 

 

Et tout ça, à partir de petits couteaux qu’on trouve dans les magasins à 1$, un « emprunt » de quelques avions de ligne qui étaient disponibles et beaucoup d’intelligence et d’audace qui compensent la faiblesse évidente par la ruse et la surprise. 

Un couteau de cuisine bien aiguisé dans une main experte et décidée et une caméra de télévision tiennent en haleine des conseils de ministres jours et nuits.

Une solide corde qui permet de traîner un soldat par les rues de Mogadiscio sème la panique  dans l’armée la plus puissante de l’histoire  qui s’empresse de regagner bateaux et hélicoptères « sans tambours ni trompettes », ni même un timide « Au revoir ».

Dans un attentat-suicide,  on use au maximum  $150 d’explosifs…  pour des dégâts de …!!!

 

   Ce terrorisme a été officialisé dans la secte musulmane des Assassins (qui ont donné le mot à la langue française). Le fondateur de la secte, Sayyidna Hassan Bin Sabbah (1034 - 1124),  en définissait le double objectif :  «Quand nous tuons un homme, nous en terrorisons cent mille»; : «il ne suffit pas d'exécuter et de terroriser, il faut aussi savoir mourir, car si en tuant nous décourageons nos ennemis d'entreprendre quoi que ce soit contre nous, en mourant de la façon la plus courageuse, nous forçons l'admiration de la foule. Et de cette foule, des hommes sortiront pour se joindre à nous». 

 

 

  

 

2. l’arme ABSOLUe : l’attentat suicide.

 

Dans toutes les guerres ou les entreprises de subversion les attaquants risquent leur vie  et tentent, tout en faisant la guerre,  de s’en tirer… pour parader un jour sur la rue principale sous les confettis et émus par l’agitation des petits drapeaux par les enfants de la maternelle.

 

Les mots pour le dire.

Japonais, chrétiens et féministes aux aboies…

 

Les Japonais qui on inventé les Kamikazes protestent contre l’abus du terme. Le prototype ne visait, dans un contexte de guerre,  que des cibles militaires (pas les marchés et les autobus) et  agissait au  nom de l’Empereur (pas au nom d’Allah) qui incarnait la nation.

Les chrétiens déplorent qu'on mêle la divinité à ces horreurs. Les martyrs chrétiens  subissaient la mort plutôt que de renier leur  foi, les martyrs d'aujourd’hui  acceptent  de mourir en donnant la mort pour imposer leur foi en vue d’une récompense céleste…

Les féministes déjà révoltées par la femme repos du guerrier sont outragées de voir la virginité  (multiplié par 72) servir d'appât et de récompense à ceux qui se font sauter dans des autobus pleins de femmes et d'enfants… On compte organiser  des sauteries plus conventionnelles  avec  des prix plus modestes.

 

Le terroriste moderne dans sa version kamikaze va un cran au-delà, il accepte au départ de sacrifier sa propre vie, en espérant une compensation dans un au-delà auquel il croit ou en fuyant ce qu’il estime être un enfer. C’est sa force et sa puissance de frappe. Encore fau-il ajouter, plus subjectivement, la tentative désespérée de se construire un Ego, quitte à ce qu’il soit posthume, à ses propres yeux éteints ou aux yeux de ses amis ou coreligionnaires, de ceux qui partagent les mêmes ambitions ou les mêmes espoirs politiques ou religieux. Penser à la « mamma » qui va pouvoir parader avec fierté avec la photo de son fils martyr ou de sa fille martyre, élue pour expier un viol qu’elle a subi.

 

Quatre attentats ont eu lieu contre De Gaulle. Ils ne furent par fatals parce que les agresseurs se réservaient une porte de sortie pour s’échapper. Si l’un d’entre eux avait été prêt à sacrifier sa vie,  il est fort probable que De Gaulle  n’aurait pas échappé à la  tentative d’assassinat.

 

De moins en moins de musulmans

 voient  les attentats suicide comme justifiés.

Évolution de  2002 à 2008.

Lyban  De 74% à 32%

NIGERIA. De 47% à 32%

Jordanie. De 43% à 24%

Indonésie. De 26% à 14%

Turquie De 13 % à 3%.

Paquistan De 33% à 5%

 

D'après Pew Center.

Le bouclier « à Bush »  est impuissant contre ces agresseurs résolus. (Gus, 125 attentats-suicide en Irak en 16 mois.  NYT. 04/10/10) (Selon les officiels américains, en 2007 une moyenne de 42 par mois. NYT 04/05/07) (Trois quarts des attentas-suicide dans le monde depuis 1960 se sont produits  depuis 2001. Rand corporation 2005) Des détecteurs d’anthrax ou d’uranium, à la limite un détecteur d’idées suicidaires,  seraient autrement plus utiles. Un cordonnier pourrait  être plus utile pour vérifier  l’intérieur des semelles de soulier (Gus, tu vois ce nouveau   corps de l’armée : les cordonniers renifleurs).

 

 (sept. 07 : 3773 militaires américains tués, 27 767 blessés ou  d’accidentés dans l’armée.

Irakiens tués : entre 70 000 et 80 000.  Coût de la guerre : 333 milliards US )

 

Dali a déjà dit que le coup de pied au cul était la psychanalyse du pauvre.  On pourrait paraphraser et dire que le kamikaze est la bombe atomique du pauvre.

 

 Louise Arbour, haut commissaire à l’ONU, aimerait bien les traduire en justice  pour violation des droits de l’homme et des droits de la guerre mais on ne retrouve jamais assez de morceaux pour faire un procès qui se tienne  et fasse la une des journaux.

 

Certains ont noté que l’attentât suicide n’est pas nécessairement  motivé par une foi religieuse, mais surtout par sa valeur stratégique,  son efficacité  et le moindre coût en effectif humain. Trente-quatre pays ont subi ce genre d'attentat. M. Pape a recensé 384 attentats-suicides entre la guerre du Liban et 2003; 43%  seulement étaient soutenus  et inspirée par des religions organisées.  Les autres se voulaient purement stratégiques et s’inspiraient d’idéaux laïques ou même marxistes.

 

Il faut  que la haine, les frustrations, l’endoctrinement ou l’espérance  d’une récompense céleste pour  qu’on aille jusqu’à l’attentat suicide en famille. Dans les tentatives d’attentats à Londres (été 2006), un couple comptait monter à bord d’un avion avec leur bébé et  le biberon plein d’un explosif liquide. D’où par précaution, par la suite les mères étaient obligées de boire, pour les tester,   quelques gorgées des biberons qu’elles devaient apporter.

 

Gus, je viens d’entendre un représentant d’Amnistie international déplorer que l’on se soit servi d'armes non autorisées  sur des cibles qui ne sont pas des zones de combat. Bof se demande ce que c’est qu’une  zone de combat  dans  une guérilla. Il attend avec impatience que l’ONU déclare solennellement que les autobus, les avions, les ambulances, les hôpitaux, les  trains et les métros ne sont pas des zones de combat autorisées. On peut comprendre qu’Israël se défende énergiquement contre un ennemi qui s’est  juré de les renvoyer à la mer et qui se terre en attendant dans  les écoles ou les hôpitaux.  C’est d’autant plus compréhensible qu’il y a encore des citoyens israéliens qui ne savent pas nager, malgré les cours intensifs  pour faire face à toute éventualité.  Pire il y en a qui ont encore plus peur de l’eau que du gaz.

 

Crise de manque…

Selon Hamid Karzai, les talibans feraient  face à une crise dans le recrutement de candidats  pour les attentats suicide.  On en serait  rendu à recruter les candidats au martyr parmi les malades qui sont médicalement condamnés ou  les repris de justice. On fait appel  au sens de la famille, de leur famille  qui recevra une généreuse allocation, un héritage substantiel  pour perpétuer leur souvenir... et on fait valoir  évidemment la perspective d’être reçu par les  72 vierges dans le ciel d’Allah comme récompense ultime  et compensation  fort  légitime, avantageuse,  pour quelques jours ou quelques semaines d’une vie déjà hypothéquée et de laquelle on n’a plus rien à attendre…, qui s’arrêtera de toute façon dans un silence absolu …Un bon deal en somme.

Bagdad,  au prise avec le même problème,  invente la bombe trisomique féminine…Fin janvier (08) deux attentats suicide coup sur coup  perpétrés par des femmes  malades. Évidemment des hommes au loin veillaient à la mise à feu… Une centaine de morts, encore plus de blessés,  tout un exploit pour des innocentes.

Un cocktail imparable : la débilité mentale et la débilité morale.

L’effet psychologique peut être considérable mais si l’on considère le nombre de victimes ou les dégâts, rien de comparable avec ce qui s’est passé au Rwanda ou se passe au Darfour.  Le plus souvent : guère plus de victimes qu’un bon week-end d’accidents de la circulation dans les pays concernés…Mais les manchettes des journaux, le télé journal, les images font la différence.  Pour semer la terreur rien de mieux que faire les manchettes des journaux et de la télévision.  L’efficacité au plan militaire est également  considérable : un kamikaze est aussi efficace que douze soldats.  Un spécialiste a évalué la « puissance » des kamikazes par le temps qui court : en moyenne chacun a entraîné avec lui dans la mort 13 personnes. Et pas de pensions ou de salaires à payer par  le pays ou le parti ou les mouvements qui  les utilisent.

 

Entendu à la télévision : Khalid Khamaja,  pakistanais proche de Ben Laden : « Nous sommes un milliard et demi de musulmans. Imaginez si 1% de ce nombre, 15 millions de personnes, choisissent de mourir. S’ils tuent un, ou deux ou trois millions de personnes,… nous aurons alors gagné ! »

Religion, frustration, ressentiment  et fièvre nationaliste  aidant, le sacrifice personnel, par son panache, sanctifie toutes les horreurs et  innocente toutes les apocalypses … au moins auprès de ceux qui veulent bien le croire.

Que des jeunes, idéalistes, facilement influençables et fortement endoctrinés,  soient  fascinés par la gloire posthume et la promesse des 72 vierges qui  attendent les martyrs, on peut le comprendre. C’est plus étonnant quand l’auteur d’un attentat suicide  est une vielle dame de 68 ans (Fatma Omar an Najar le 24 nov. .06).

 

 

Suicide et modestie

En Occident, sans doute à cause de notre tradition judéo-chrétienne, comme on aime à dire dans les CegeP,  le suicide  s’entoure  de discrétion,  un peu honteux,   dans un réduit, dans un boisé, loin de tout spectateur éventuel. On cultive  un certain suspense.  La surprise est pour le lendemain  …

 

De ce temps-ci, en  d'autres mondes, la vanité s’est emparée des suicidés. L’acte est devenu  ostentatoire. On se suicide en public et bruyamment,  à la vue de tous;  on pavoise,  on se donne en spectacle, on néglige le suspense,  l’effet de surprise est total :   dans les marchés publics, dans les métros  ou dans les autobus… Ça se sait tout de suite, du moins les témoins n’ont pas le temps d'en douter ou de s’interroger sur les motifs de l’acte.

 

 

3. Le judo moral au niveau de la guerre.

 

L’art du Judo consiste à tourner à son avantage la force de l’adversaire. Il est de bonne guerre aujourd’hui d’utiliser à son profit  les principes  moraux de l’adversaire,  de s’en servir comme levier pour mieux y résister ou en triompher. Certaines nations, par principes ou par peur d’être honnies,  s’interdisent de bombarder les écoles, de tuer les enfants volontairement. Excellente raison pour les autres de cacher armes et défenses aériennes dans les hôpitaux ou les écoles. Double avantage à la manœuvre: on protège son armement ou si s’il y a malgré tout ou par inadvertance bombardement,  l’adversaire se discrédite moralement  et est l’objet de  l’indignation universelle dans tous les journaux ou les télévisions de la Planète. 

A Belgrade,  on dansait sur les ponts la nuit pour empêcher les Américains de les bombarder. Est-ce que le procédé est efficace en l’absence de toute télévision et avec tous les ennemis… ???   Avec d’autres adversaires peut-être qu’il eut été plus prudent de se terrer dans son sous-sol… quitte à y danser.

 2009. Par combien faudrait-il multiplier les 300 000 victimes du Darfour pour qu’ils aient le quart de l’attention médiatique des 1000 victimes  de l’attaque d'Israël à Gaza ?

 

Les forces deviennent symétriques quand les deux camps fonctionnent  avec la même rigueur (les conventions internationales) ou avec la même sauvagerie ou barbarie (sans vouloir insulter les « sauvages » ou les anciens « barbares »).  Durant la dernière guerre, les résistants faisaient sauter un pont, l’occupant rassemble les notables de la place et les fusille. Une pratique qui a le don de solidifier les ponts.

Rampe de lancement  montée sur un vieux camion dans un quartier résidentiel au Liban (1/08/06). Les tireurs sans uniforme sont prêts à se perdre dans la foule.

On fait sauter un autobus  plein d’innocents  pour défendre sa cause. Si on prenait 100 prisonniers de la « cause » et les fusillaient immédiatement, peut-être que le service d’autobus ne serait plus  perturbé. Mais  ça  ne cadre pas avec  le code de bonnes moeurs.

 

 

           

Les pays, les nations, les groupes, les individus peuvent se ranger en deux catégories : ceux qui  luttent une main attachée dans le dos arrêtés par un minimum de principes moraux ou de conventions internationales et ceux qui peuvent sans scrupules lutter les deux bras bien dégagés.

 

« S’il est vrai que la réaction au terrorisme doit respecter la primauté du droit, il reste que la Constitution n’est pas un pacte de suicide » Juge Louise Arbour…

 

Témoignage du “marine”  J. K. 21 ans, de Chicago, actuellement en Irak: « Ils ne nous donnent aucune chance,  ils ne nous font pas de quartier. Ils attrapent des gens et les décapitent. Ils connaissent nos limites, mais ils n’ont pas  de limite.

 

Gus, un beau sujet de recherche  pour approfondir ce thème : Dans les derniers conflits, combien de pays ou de factions ont poursuivi et condamné leurs propres combattants, non seulement  pour  traîtrise ou lâcheté (c’est fréquent et habituellement expéditif), mais pour avoir eu recours   contre l’adversaire à des actions ou à des opérations jugées scandaleuses,  immorales, contraires aux codes internationaux ?

Bof n’a eu conscience  que des US (Myy Lai, Graner condamné à 10 ans pour le scandale de Abou Grhaib(05/01/16,))., du Canada (Somalie) et Israël.

Bof ne connaît pas tout évidemment. Si  tu cherches, peut-être que tu en trouveras d’autres …qu’il importe de mettre en évidence et de saluer : « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la civilisation !»

Bof reconnaît cependant qu’il est difficile de faire comparaître celui qui s’est livré à un attentat-suicide, serait-ce  contre un autobus chargé d’enfants.

 On ne peut entrer en compétition avec eux. »  (Wash.. Post ,  2004/10/10). 

 

 

 

4.  Le principe du TITANIC. « Les femmes et les enfants d’abord »

 

   Dans toutes guerres malheureusement, des victimes sont des enfants, des malades ou des non combattants qu’on considère hypocritement ou pudiquement comme des dommages « collatéraux ». Les pays ayant atteint un certain degré de civilisation tentent d’éviter dans la mesure du possible ce type de victimes. Pour le terroriste, au contraire, c’est un objectif premier parce qu’il est plus facile et surtout parce qu’il  généralise  la terreur. Le message est que personne, si innocente soit-elle apparemment, n’échappe à la terreur. L’ « autre » dès sa naissance, peu importe son sexe,  est marqué par une faute originelle qu’il doit bien expier.

Autrefois la guerre était une affaire de soldats (c’est vrai que les femmes étaient parfois le butin du combattant)  et les morts se comptaient surtout parmi  eux. Dans la guerre moderne, avec fusées et bombes larguées du ciel, on compte plus de victimes parmi la  population civile  que parmi les soldats, surtout plus que parmi ceux qui sont derrière les boutons qui larguent les bombes et les spécialistes qui ont calculé les

 

trajectoires les plus efficaces. La guerre d’Irak (05/08) a fait à peine deux milliers de victimes  américaines, 25  milles morts (et indirectement beaucoup plus) du coté des Irakiens; l’énorme majorité ne sont certainement pas des soldats de la vieille garde de Saddam. Innocents pour innocents, il y a de quoi faire oublier les 3000 morts du WTC si l’équité ou la proportion en ce domaine relevait des mathématiques.

« Hier matin à la radio, les gens appelaient pour commenter les attentats de Londres, pour Photodire que les Britanniques avaient bien couru après.

Ces gens-là sont des salauds. Personne ne mérite d'être tué, brûlé, estropié, traumatisé ou défiguré, parce que des malades mentaux, qui lisent le Coran comme des myopes, décident d'agir contre la présumée décadence de l’Occident. Hier matin, il y avait des Québécois qui faisaient un lien, entre l’implication britannique en Irak et la lâche boucherie du 7 juillet 2005. Ces gens là n’ont pas de dignité. »

Patrick Lagacé  Journal de Montréal  8 juillet 2005

 

5. Le bouclier moral.

 

Madame Louise Arbour, haut commissaire  aux droits de l’homme de l’ONU, semble sanctionner la manœuvre  en condamnant  énergiquement ceux qui  visent à   neutraliser ceux qui leur tirent dessus et se cachent derrière femmes et enfants… Ou pire quand  les femmes suivis des enfants  prennent l’initiative de protéger  le terroriste menacé  en s’interposant.

Gus, Bof se demande avec les progrès modernes pourquoi les fantassins des guerres d’autrefois  s’embarrassaient de cote de mailles ou de gilet pare balle, alors qu’il aurait  été si simple d’amener avec eux  femmes et enfants.

On n’arrête pas le progrès !

  Mettre femmes et enfants en première ligne de front pour protéger les précieux soldats qui se font de plus en plus rares. C’est une autre forme de manipulation des principes moraux de l’adversaire. En l’absence de principes moraux, du moins à cet égard, dans les deux camps la manœuvre est inutile ou tourne en boucherie (guerre Iran-Irak).  Dans la même veine, on   laisse jouer les enfants en zone de danger pour en faire des martyrs et de belles photos de victimes innocentes pour le journal télévisé à l’étranger.  L’enfant, mort évidemment, et préférablement dans les bras de sa mère,  est une autre forme de l’arme « absolue » du pauvre en temps de mondialisation de l’information visuelle.

La technique se propage : à Oslo, une manifestation anti-israël affronte la police avec, à l’avant,  des rangées d’enfants…  

 

C’est Golda Meir qui disait que le conflit palestinien sera pratiquement réglé quand, pour les palestiniennes,   l’amour pour leurs enfants sera plus fort que leur haine d’Israël.

 

2008. La mère du seul détenu canadien à Guantanamo  n’a qu’un rêve : que ses autres enfants deviennent des martyrs… comme leur grand frère et leur papa.

  

5 B. LA MANIPULATION DES MEDIAS…

 

De l’utilisation médiatique des femmes et des enfants, préférablement morts et encore mieux, décapités… S’ils se trouvent en position de défensive, les terroristes  savent contrôler les médias pour le maximum d’effets… et les journalistes  sont  tout contents d'avoir de belles photos  sanguinolentes à point, encore chaudes,  pour le journal de 20 heures…

On range les cadavres en ligne, en décapite quelques uns pour maximiser l’impact psychologique, et les  journalistes, du moins les plus naïfs, les « idiots de service » sont

Gus, (exercice de politique fiction)

Si la télévision avait existé et si Hitler avait pu montrer tous les soirs sur les écrans du monde les cadavres qu’on extirpe des décombres  de Dresde, faire entendre  les témoignages, les sanglots des veuves et des orphelins (Dieu sait qu’on ne manquait pas de cadavres pour faire de beaux montages), l’Europe serait peut-être aujourd’hui nazie.

 

Avec peut-être une exception, l’Angleterre, qui avait à sa tête un homme,  un vrai de vrai,  qui n’avait qu’un message à toutes les pleureuses professionnelles des deux sexes : « Chin’s up »

invités à constater  la cruauté et l’inhumanité  des ennemis. Évidemment  ce sont encore seulement des femmes et des enfants ou des vieillards.  Les  adultes en age de lancer des  fusées ou de tenir une mitrailleuse  sont sans doute occupés  ailleurs ou réapparaissent comme brancardiers et guides informels des journalistes. On contrôle autant ce que les victimes ont à dire que les journalistes qui s’aviseraient de vouloir contre interroger ou vérifier s’il n’y aurait pas d’armes cachés sous les décombres   C’est la guerre moderne, la guerre psychologique. On montre bien que ce que l’on veut montrer et ce qui soulèvera  l’indignation mondiale  contre l’adversaire du moment. On a revu dans différents reportages les mêmes pleureuses professionnelles. Tant qu’à vouloir bien faire.

 

De la fabrication des images à défaut d’usines d’armement.

al duraGus, tu te souviens de cette image que les télévisions, revues  et journaux du monde entier ont rapportée. Un père et un fils se cachent des balles israéliennes et le fils  sera atteint. Le film est diffusé d'abord par une chaîne française et est devenu un symbole dans le monde arabe.

 Trois  documentaires, des études et un livre, de différents pays et d’horizons variés,   ont analysé minutieusement les images et ils ont tous conclu à un montage  trompeur…. pour la propagande et la télévision occidentale… où  on s’est fort ému devant les images,  prises sur le vif… avec commentaire approprié.  La chaîne française responsable a même   accusé de diffamation ceux qui ont révélé l’artifice.  On se refuse à montrer les films originaux d’avant le montage. Un procès est en cours. Douter de l’authenticité des faits, comme plusieurs spécialistes l’on fait,  plaide-t-on, c’est « porter atteinte à l’honneur de la France »

Dans les pays  civilisés, on  cache et voile les cadavres des victimes, comme une dernière marque de respect, ici  ce sont encore des guerriers de la guerre psychologique que l’on n’hésite pas à  conscrire pour un dernier service à la cause. S’il manque des cadavres, on se charge d’en déplacer pour faire  une meilleure image, une image pieuse, pour les belles âmes qui se trémousseront  d’indignation en voyant les reportages  et oublieront d’autant mieux les horreurs que l’on a pu commettre… les adolescents que l’on a envoyés se faire sauter dans les autobus et les  cinquantaine de morts…

 

(janv. 09)  France 2 s’est fait prendre au jeu  des images…  Dans un  bulletin de nouvelles, on reproduit les images d’un blog  pour illustrer les horreurs commises par l’armée israélienne (2009), des images de ruines et de cadavres d'enfants et de femmes qu’on ramasse, etc… Ironie : il s’agissait d’un film de septembre 2005 portant sur  l’explosion accidentelle (40 morts)  d’un camion chargé de rockets lors d’un ralliement  du Hamas. L’aveu et l’excuse du poste sont modestes : un mauvais fonctionnement dans le contrôle de l’information.

 

 

5C. L’INTIMIDATION.

 

Une fatwa signé par un Imam qui a une quelconque notoriété peut faire taire tous les collègues ou media qui n’ont pas autant de couilles que le premier qui a osé parler  ou dire quelque chose qui n’a pas l’heur de plaire  à un intégriste.  L’Inquisition express… ou instantané comme le café… sans s’embarrasser  de confrontation. Encore plus efficace quand il s’agit de réduire quiconque au silence.

 

 Vivre  sous une fatwa…

 

Robert Redeker, le philosophe français condamné à mort par les islamistes.

La gravité de sa situation, il la dévoile dans un e-mail à André Glucksmann :

"Je suis maintenant dans une situation personnelle catastrophique. De nombreuses menaces de mort très précises m’ont été adressées, et j’ai été condamné à mort par des organisations de la mouvance al-qaïda. L’UCLAT et la DST s’en occupent, mais…je n’ai plus le droit de loger chez moi (sur les sites me condamnant à mort il y a un plan indiquant comment venir à ma maison pour me tuer, il y a ma photo, celle des lieux où je travaille, des numéros de téléphone, et l’acte de condamnation).

Mais en même temps on ne me fournit pas d’endroit, je suis obligé de quêmander, deux
soirs ici, deux soirs là… [...] Je suis un SDF. Il en suit une situation financière démente, tous les frais sont à ma charge, y compris ceux eventuels d’un loyer d’un mois ou deux éloigné d’ici, de deux déménagements, de frais de notaire, etc… C’est bien triste..

 

J’ai exercé un droit constitutionnel, et j’en suis puni, sur le territoire même de la République. Cette affaire est aussi une attaque contre la souveraineté nationale : des lois étrangères, décidées par des fanatiques criminophiles, me punissent d’avoir exercé un droit constitutionnel français, et j’en subis, en France même, grand dommage".

 

Et aucune intervention gouvernementale pour protéger le philosophe de peur de se faire couper les sources d’approvisionnement  en pétrole. Du moins c'est ce que les mauvaises langues  prétendent.

 

 

 

 

6. Garder l’initiative de l’attaque et utilisation de la surprise.

 

L’adversaire dépense et épuise ses énergies à protéger tout son territoire à l’année longue, alors que l’attaque aura lieu au moment où le groupe terroriste aura choisi contre toute attente de l’adversaire. On ne sait plus où donner de la tête (ou  des fusées), on contre-attaque là où les terroristes ne sont pas, on gaspille son capital moral auprès de la communauté internationale  (combien de peuples (vs gouvernements) ont approuvé l’attaque unilatérale de l’Irak ???? ***) et suprême ironie, on multiplie les terroristes comme dans des incubateurs de sorte qu’ils n’ont plus à courir après leurs victimes potentielles qui se mettent à leur portée (Leur devise : « An American a day keeps the hell away ». Gus, c’est une adaptation du vieil aphorisme  des Aztèques : « A virgin a day sacrificed  to the Gods keep the sun raising every morning »). De plus  ils sauront bien frapper au moment  de leur choix, quand on ne croira plus aux alertes oranges, cailles, rouges, etc. et à l’endroit de leur choix pour renouveler l’expérience qui a été si efficace, quitte à ramper sous terre si par miracle le bouclier spatial à Bush devenait opérationnel.

 

*** (Gus, Bof a beau chercher,  je ne peux t’en nommer après la vague de manifestations qu’on a vues chez tous les peuples qui avaient le pouvoir de s’exprimer dans la rue. De plus, on a réussi à se discréditer : en 2004 Ben Laden est plus populaire que jamais : 65% s’en font une idole au Pakistan, 55% en Jordanie. Le point de vue favorable aux USA est passé de 34% à 10% en Jordanie, de 38% à 9% au Maroc, etc. Chute   presque semblable dans les pays dit amis.  Cauchemar ? Ben Laden serait élu préférablement au Président des USA s’il y avait un vote à l’échelle mondiale. Même s’il disparaissait,  le « ben ladenisme »  en 2005 est plus vivant que jamais et il lui survivra pour combien de temps encore? Dans la mouvance de la nébuleuse Al Quaeda, l’Inter. Inst. Of Stratégic Studies évalue à 18 000 les terroristes potentiels.

Les groupes terroristes souhaitent la réélection de Bush (Gus, Allah a entendu leur prière)  qui les a équipés d’un  champ de « culture » dont ils n’avaient même pas osé rêver.

 

 

7. LA PRISE D’OTAGES  ET LE CHANTAGE.

 

Personne n’est à l’abri. Usant à fond de l’asymétrie  des principes, soldats, combattants,  dirigeants, femmes, enfants, poupons, coopérants,  médecins sans frontières, etc. peuvent servir de monnaie d’échange pour  faire connaître ses récriminations  et opérer un gain stratégique pour la cause.  La facilité de la prise et l’impact télévisuel sont les principaux critères de sélection.  L’innocence c'est bien beau, mais encore faut-il qu’elle serve à quelque chose ou du moins à la cause.

La terreur au quotidien

 

Dans la vallée de Swat, un fief taliban au Pakistan.

Selon le NYT, tous les soirs, vers 8hres, un taliban débite à la radio la liste des interdits : défense de vendre des CD, d’écouter la télévision, de chanter, de critiquer les talibans, d’envoyer les filles à l’école… Puis suivent les noms des gens qui ont été tués ou décapités parce qu’ils ont osé désobéir.

De plus 400 écoles ont été fermées et 170 incendiées.

 

 

Une simple décapitation d’un camionneur  peut avoir un effet comparable à l’effondrement  de buildings.   Et ça peut faire retourner  chez eux ventre à terre  des combattants gagnés par la trouille et qui se demandaient de toutes façons ce qu’ils faisaient là.

 

Et le sort d’une ou deux personnes bien identifiées, innocentes autant que possible,   peut faire oublier les quelques  millions de victimes anonymes qui en d’autres temps ont sacrifié leur vie pour  nous permettre de vivre en liberté et à l’abri  de la terreur. 

 

Négocier ou payer les rançons ?? Si par miracle, les revendications étaient manifestement justes. Peut être  et encore !!  Du moins on le prétend : « Mes enfants morts contre vos enfants qui vont mourir » (un terroriste à Beslan). Mais céder quoi que ce soit dans de telles circonstances, le couteau sous la gorge (ou la gorge des otages), revient à consacrer l’efficacité du procédé, à conférer un statut de héros aux auteurs et a pour effet de multiplier les prises d’otages. À la limite un pays (du moins sa conduite  et sa politique)  serait à la merci  de  ceux pour qui tuer enfants ou camionneurs est un mode de vie, tout au moins un moyen d’expression ou de ventilation de leurs récriminations.

 

Sacrifier une, deux ou trois otages est terrible, pour les victimes évidemment et pour ceux qui ont à prendre les décisions, mais c’est  la meilleure manière de se défendre contre cet accès de barbarie en prouvant son inefficacité, en renvoyant les auteurs à leur statut

 

Gus, si tu es  curieux, tu peux toujours consulter

le MANUEL D’AL QUAIDA

(Traduction Bof)

de lâches et de criminels. Ces sacrifices  permettent de sauver des centaines d’autres victimes éventuelles  dans le futur.  Les victimes iront rejoindre les centaines de milliers de ceux qui sont morts dans le passé pour garantir à une nation le droit de vivre dans la décence et la liberté.  Comment négocier avec quelqu’un qui est prêt à tuer et à se tuer à moins de procéder à une escalade dans l’horreur.

 

Variante apolitique et mafieuse : Dans  certains pays le rançonnage privé est fort lucratif. C’est considéré comme un métier comme les autres. Il oblige les victimes potentielles (qui en ont les moyens)  à  s’équiper  de gardes personnels et à se promener  de building en building en hélicoptère pour ne pas servir de monnaie d’échange.  Plus on s’empresse de payer, plus on multiplie les récidives. Pourquoi travailler quand il est si facile de s’emparer d’un enfant et attendre la rançon ?

 

Suite : Cause : Histoire : le wahhabisme et  Ben Laden.  >>>>

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Juste retour des choses.

En attendant

la protection du bouclier spatial,

la plus grande puissance du monde est obligée de s’en remettre

à des armes de pauvres.

      

1. Accueil.

2. Tactiques.  Asymétrie des moyens

compensée par l’asymétrie des principes

3. Cause : Histoire : le wahhabisme et  Ben Laden.

4. Cause : le ressentiment, la fascination de l’Occident

5. Cause : Immigration et auto-défense identitaire.

6. Témoignage d’un terroriste… Les psychiatres

et les sociologues s’en mêlent

7. Hourras et Houris

8. Coran : interprétation et versets  controversés      

9. Rushdie : ne pas céder à la peur.

10 . La bêtise comme soutien technique et accélérant

 11. Les  caricatures sataniques  

 

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1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

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