CULTURE ET CULTURE

 

 

 

 

Mon cher Gus, la culture  est un thème  qui fit fureur au siècle dernier.  Anthropologues, sociologues, ethnologues, philosophes se  complurent à  analyser cet aspect fondamental de l’homme vivant en communauté. Certains iront jusqu’à à nier  pratiquement ce qu’on appelle  habituellement  la nature humaine  pour en arriver à définir l’homme un animal culturel.  Étonnés par certains cas d’enfants sauvages, d’enfants  élevés en marge de toute société et même privés de tout contact humain,  on en est venu à affirmer que c’est la société, l’environnement humain,  qui causait  l’homme en l’homme, qui permettait à cet animal particulier de se hausser au niveau de l’humanité. L’homme n’était rien, la culture ou l’environnement humain était tout. D’autres, moins portés aux extrêmes, disaient plutôt que la culture, ou l’environnement humain, n’était pas  la cause mais la condition pour que s’épanouisse cette donnée première, ce réseau de potentialités, qui s’appelle la nature humaine  tout comme la meilleure des graines exige un terreau propice pour développer toute sa potentialité.

 

Pour faire le tour du problème, je te propose ici quelques définitions de la culture au sens sociologique qui ont été proposées. Prends ce petit tableau  comme un diamant (philosophique) qui montre  diverses facettes du phénomène selon l’angle que l’on veut bien privilégier.

 

 

 

 

 

 

« La culture est ce tout complet qui inclut connaissance, croyance, art, loi, morale, coutume et toute autres possibilité ou habitude acquises par l’homme comme membre d’une société. »

TYLOR. 1871

 

 

« La culture est la somme totale et l’organisation des héritages sociaux qui ont acquis une signification sociale à cause du tempérament racial ou de la vie historique du groupe. »

 

BURGESS

 

« La culture consiste dans la conduite et la pensée des individus à l’intérieur d’une société autant que dans les idéaux intellectuels, artistiques et sociaux que les membres de cette société professent et s’efforcent d’atteindre. »

BIDNEY

TOTALITÉ

 

TRANSMISSION et  HÉRITAGE

 

QUOTIDIENNETÉ ET IDEAUX

 

 

« Culture signifie l’équipement total des techniques, d’ordre mécanique, mental et moral, dont un peuple se sert à une période donnée pour atteindre ses fins. »

 

SMALL

 

 

 

 

« Une culture est la somme totale de tout ce qui est artificiel, de tout ce qui est inventé par l’homme et transmis

de génération en génération. »

 

FOLSOM

 

 

 

 

 

 

TECHNIQUE : MOYENS

 

 

 

ARTIFICE ET CRÉATION

 

« La culture est la somme des sublimations, des substituts ou des mécanismes de réaction qui interdisent ou permettent de façon détournée la manifestation des pulsions instinctives.»

ROHEIM

 

 

 

« La culture est une organisation de phénomènes ---objets matériels, gestes, idées et sentiments--- qui consiste dans l’usage de symboles ou en dépend. »

WHITE.

 

 

« La culture est la somme des modèles traditionnels d’action qui constituent une portion substantielle des habitudes établies qui marquent un individu dans toute situation sociale. »

MURDOCH

Fonction de Tampon

 

FONCTION SYMBOLIQUE

 

MODÈLES ET HABITUDES

 

          

 « Et moi alors

dans tout ça !! »

     

 

 

Mon cher Augustin, simplement au cas où dans ce sens sociologique du mot « culture »  tu ne retrouverais plus la culture à laquelle te convient  les professeurs qui ont le plus soucie de ton développement  intellectuel, je t’offre ici quatre points de comparaison qui te permettront de distinguer l’une et l’autre.

 

CULTURE SOCIOLOGIQUE ET ETHNOLOGIQUE

CULTURE PERSONNELLE

 

Cette forme de culture est essentiellement  reçue. « On est fait » d’une certaine façon : dès la naissance tous les aspects de notre être sont marqués d’une quelconque façon par la communauté à laquelle on appartient. L’homme, comme toute plante, est marqué par le terreau sur lequel il pousse.

 

En ce sens-ci,  la culture est acquise progressivement par un effort constant du sujet.

On se cultive, « on se fait ». Par l’effort, souvent sous l’influence de  guides ou de modèles, on se donne de meilleures capacités intellectuelles   en s’ouvrant à de multiples domaines de la  connaissance,  en confrontant ses idées, en s’exerçant à penser par soi-même et en s’ouvrant activement à de multiples formes de beauté.

 

 

C’est un phénomène nécessaire, fatal et inévitable. On ne choisit pas son terreau avant de naître, on le subit pour le meilleur ou pour le pire.

 

 

En ce sens, la culture est une affaire de liberté et dépend des efforts de l’individu.

 

C’est l’impact du groupe sur l’individu.

 

C’est une réalisation personnelle et individuelle.

 

 

En ce sens la culture engendre le conformisme et tend à nous rendre tous semblables.

 

En ce sens, la culture  permet de prendre ses distances face au groupe, permet d’affirmer son individualité et à relativiser  la culture sociologique.

 

Le vrai,  le beau,  le bien  sont des valeurs locales et régionales.

 Le vrai, le beau, le bien sont des valeurs  qui transcendent les cultures et vers lesquelles l’individu peut s’élever.

 

Gus, et si on voulait se compliquer un peu plus la vie ne serait-ce que pour comprendre quelques pans de l’histoire des deux derniers siècles… et certains problèmes de brûlantes actualités !!!

Identité culturelle, nationalisme, multiculturalisme, racisme, volksgeist,  peuple, nation,  impérialisme culturel, colonialisme, etc.

 

Gus, note bien que pour Bof  les deux sens de culture exposés plus haut sont  fort différents,  ils   peuvent coexister cote à cote  ou dans le même homme  comme deux réalités distinctes.

 

D'autres par contre voient  plutôt une  continuité entre les deux sens, une  évolution et, à la limite, une corruption de la culture dans le premier sens,  qui pour eux est la valeur principale.

La culture personnelle,  héritée de la grande tradition philosophique et en particulier des Lumières,   est considérée comme une délivrance de l’Homme, un arrachement à son groupe,  une manifestation de son individualité et une ouverture à des valeurs universelles, au Vrai, au Beau,  au Bien qui transcendent les limites nationales de chaque groupe. On croit à des valeurs absolues vers lesquelles (les droits de l’homme par eemple) on doit tendre à défaut de les atteindre.

A coté de ce sens  (culture personnelle), au dix-neuvième siècle et au vingtième siècle s’est dévelpppé un autre sens que les Allemands ont appelé  le  Folksgeist, l’esprit ou l’âme de la nation ou de la race, un corps-mystico-politique (Appel de la race), les mânes des ancêtres, Ce sens ennobli de la culture sociologique  nourrit  tous les nationalismes et sert de thème pour les discours des  fêtes nationales.  Le citoyen se grandit, vit véritablement en s’imbibant  de ces valeurs du peuple, de la nation, l’âme de son  âme. « Nous avons été médités à travers les siècles par nos parents …  j’ai besoin qu’on garde à mon arbre la culture qui lui permet de me porter si haut, moi faible petite feuille » (Barrès)

 Chaque nation ou peuple de la terre correspond à un type d’humanité  et ce serait se priver d’une part essentielle de son être que de s’en affranchir. Les valeurs sont locales, régionales. On est juif, allemand, avant d’être homme.. Comme personne n’est prophète hors de son pays, les peuples n’ont de compte à rendre qu’à eux-mêmes. Cette tendance, cette surchauffe patriotique, est pratiquement virulente chez les peuples vaincus  qui se dédommagent des humiliations  subies par l’exaltation  de leur propre culture  proclamée valeur suprême ou tout au moins valeur de survie. L’âme d’un chacun est doublée de l’âme de la nation qui garantit sa vraie vie et lui donne un sens. On comprend aussi que c’est également  à l’adolescence  que cette  appropriation a le plus de chance d’être vécue intensément  Le Je, faible initialement, ne prend son sens que dans le Nous.

 

Zone de patinage : pour combattre toutes  les formes de racismes et d'ethnocentrismes, les  anthropologues, doublés par l’Unesco, se sont empressés de proclamer  que toutes les cultures se valent et doivent être également  respectées…. Même celles  qui  se prétendent supérieures  ou sont radicalement racistes. On se doit d’éliminer toute discrimination entre peuples dits avancés et peuples en retard ou établir une échelle dans les degrés de  « civilisation ». Au-delà de l’identité des groupes, aucune forme de critère transcendant qui permettrait de dire que l’un est meilleur que l’autre. 

Pour illustration concrète de ce problème, Gus, tu peux aller voir : BOF avec l’unesco SE PORTE À LA DÉfENSE DU PATRIMOINE

 

et reviens pour la suite…

 

 

 

 

SUITE : .PORTRAIT DU « QUÉBÉCOIS PURE LAINE »

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

 

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

(récents)

islam, islamisme, mahomet et le coran.

Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

 

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