2. Conséquences de cet effondrement ::
Par
le prof Bof
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a. RETOUR A certaines VALEURS
SPIRITUELLES |
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Dans
le premier tiers du siècle, on assiste à un retour marqué chez une partie de
l’élite à des valeurs spirituelles et même religieuses. Certains, plus connus
en France, se convertissent ostensiblement au christianisme
et des écrivains, philosophes, poètes, romanciers, auteurs
dramatiques affichent ostensiblement leur option religieuse et donnent
le ton à ce début de siècle jusqu’à la vague existentialiste des années
cinquante. Plusieurs
s’entassèrent dans les salles de cours pour entendre Bergson qui à sa manière
comblait le vide laissé par l’effondrement des espérances naïves du 19ième siècle et permettait de dépasser les
limites étroites imposées par le positivisme régnant.
Quelques grands noms : Léon Bloy, Claudel, Péguy, les
Maritain, Psichari, Mauriac, Bernanos, Eve
Lavallière, Alexis Carrel, Edith Stein, Du Bos,
Ghéon, Mounier, Simone Weil et plusieurs autres qui occupèrent moins
bruyamment la place publique. |
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Pour illustrer l’état d’esprit d’une bonne partie de l’élite
intellectuelle au début du siècle le récit suivant est particulièrement
éloquent. |
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Au Jardin des
Plantes (Un pacte de
suicide) (vers 1902) « Nous venions de passer en revue ce que
nous avaient apporté nos deux ou trois années d’étude à Nous n’étions pas non plus, avec nos vingt
ans à peine, de ces tenants du scepticisme qui lancen Cette angoisse métaphysique pénétrant
aux C’est une angoisse de cette sorte que j’ai
vécue alors… …Nous venions donc de nous dire ce jour-là
que si notre nature était assez malheureuse pour ne posséder qu’une pseudo
intelligence capable de tout sauf du vrai, si, se jugeant elle-même, elle devait
s’humilier à ce point, nous ne pouvions ni penser ni agir dignement.
Alors tout devenait absurde, -- et inacceptable, --sans même que nous
sachions quelle chose en nous se refusait ainsi à accepter… Je ne voulais pas d’une telle comédie…
j’accepterais une vie douloureuse, mais non une vie absurde. Avant de quitter le Jardin des Plantes nous
primes une décision solennelle qui nous pacifia : celle de regarder en
face, et jusqu’à leurs dernières conséquences les données de l’univers
malheureux et cruel dont la philosophie du scepticisme et du relativisme
était l’unique lumière… Nous décidâmes donc de faire pendant quelque
temps encore confiance à l’inconnu; nous allions faire crédit à l’existence,
comme à une expérience à faire, dans l’espoir qu’à notre appel véhément
le sens de la vie se dévoilerait, que de nouvelles valeurs se révéleraient si
clairement qu’elles entraîneraient notre adhésion totale, et nous
délivreraient du cauchemar d’un monde sinistre et inutile. Que si cette expérience n’aboutissait pas, la
solution serait le suicide; le suicide avant que les années n’aient accumulé
leur poussière, avant C’est
alors que la pitié de Dieu nous fit trouver Henri Bergson… » (Bergson,
Gus, laissait espérer en la validité d’autres modes de connaissance qui
puissent atteindre le réel et la vérité. Pour une présentation un peu plus
complète de ce texte, voir Appendice 2.)… Raïssa Maritain. Les grandes amitiés. 1941. Desclée de Brouwer.
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B. LA VAGUE EXISTENTIALISTE
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Le pessimisme envahit la culture du milieu du
siècle et trouve des chantres exemplaires dans la littérature, le
théâtre, les cafés et… la philosophie… Les
thèmes à la mode reflètent bien l’époque. L’être se révèle à travers des
expériences vécues, concrètes qui mettent en cause l’existence. Chacun, à sa
manière, explore un type d’expérience fondamentale ou révélatrice de la
condition humaine. Quelques témoins parmi d’autres :
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« La nausée » Sartre |
« Nous étions un tas d’existants gênées,
embarrassés de nous-mêmes, nous n’avions pas le moindre raison d’être là, ni
les uns ni les autres, chaque existant, confus, vaguement inquiet, se sentait
de trop par rapport aux autres. De Trop : c’était le seul rapport que je
puisse établir entre ces arbres, ces cailloux. ..De trop le marronnier, .. Et
moi, veule, alangui, obscène, digérant, ballotant de mornes pensées, moi
aussi j’étais de trop. … Je rêvais vaguement de me supprimer, pour anéantir
au moins une de ces existences superflues. Mais ma mort même eut été de trop;
de trop, mon cadavre… |
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J’étais de trop pour l’éternité. L’absurdité,
ce n’était pas une idée dans ma tête.. je comprenais que j’avais trouvé la
clé de l’existence, la clé de mes Nausées, de ma propre vie. » « Le monde des explications et des
raisons n’est pas celui de l’existence. Ce moment fut extraordinaire… J’étais là,
immobile, et glacé, plongé dans une extase horrible. Mais au sein même de
cette extase, quelque chose de neuf venait d’apparaître ; je comprenais *****
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« Plus
tard, j’exposait gaiement que l’homme est impossible, impossible moi-même, je
ne différais des autres que par le seul mandat de manifester cette
impossibilité qui, du coup, se transfigurait, devenait ma possibilité; la
plus intime, l’objet de ma mission, le tremplin de ma gloire… Truqué jusqu’à
l’os et mystifié j’écrivais joyeusement sur notre malheureuse
condition. Dogmatique je doutais de tout sauf d’être l’Élu du doute; je
rétablissais d’une main ce que je détruisais de l’autre et je tenais
l’inquiétude pour la garantie de ma sécurité; j’étais heureux. »
p. 210 Les
héros d’enfance de Sartre.. « Grisélidis pas morte, Pardaillan m’habile encore. Michel Strogoff. Je ne relève que d’eux qui ne relèvent que de Dieu et je ne crois pas en Dieu. Allez vous y reconnaître. Pour ma part, je ne m’y reconnais pas et je me demande parfois si je ne joue pas à qui perd gagne et ne m’applique pas à piétiner mes espoirs d’autrefois pour que tout me soit rendu au centuple ». P.212. Les mots.
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Dans un grand moment de lucidité, Sartre décréta qu’«un
anti-communiste est un chien ». Gus, dommage que l’histoire n’ait pas la décence de s’arrêter quand un grand homme a parlé ! A bas Pluto ! Viva Pol Pot !
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«L’absurde » Camus
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« L’absurde
c’est la raison lucide qui constate ses limites » « Il n’y a qu’un problème philosophique
vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut
pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de
la philosophie » « Dans l’attachement d’un homme à sa
vie, il y a quelque chose de plus fort que toutes les misères du monde. Le
jugement du corps vaut bien celui de l’esprit et le corps recule devant
l’anéantissement. Nous prenons l’habitude de vivre avant d’acquérir celle de
penser. Dans cette course qui nous précipite tous les jours un peu plus vers
la mort, le corps garde cette avance irréparable. » « Commencer à penser, c’est d’être miné.
Le ver se trouve au cœur de l’homme. » *****
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« L’angoisse » Heidegger |
(à la suite de Kierkegaard). « L’angoisse,
ce sentiment que tout s’effondre, nous échappe, » « L’homme, un être pour la
mort » « Pourquoi y a–t-il quelque chose
plutôt que rien ? » (à la suite de Leibniz) « L’homme comme être « jeté
là » »
(un peu, Gus, comme « un cheveu sur la soupe » Et si le
cheveu pouvait penser : qu’est-ce que je fais là) « Le déclin de notre culture est si
avancée que les nations sont en danger de perdre le minimum d’énergie
spirituelle qui permet de constater ce déclin et de le juger. » L’existence déchue : le
« On » Se perdre dans la foule, la masse et le
divertissement. |
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Deux points constants de cette littérature : retour dramatique des
questions fondamentales….que le scientisme croyait avoir éliminées et un
certain désespoir (ou dogmatisme) quant à la possibilité d’arriver
à des réponses. |
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C. l’espérance se veut POLITIQUE
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La fièvre révolutionnaire et les saluts
idéologiques s’emparent des esprits, tout au moins de l’intelligentsia
de plusieurs pays et se concrétisent en URSS et en Chine. Le monde tend
à se diviser en deux pôles rivaux de séduction, deux visions du salut
politique et du mal à combattre. Le fractionnement s’opère selon
deux des pôles idéologiques fixés par La guerre froide entre les blocs est l’évènement
marquant du siècle autant pour les ressources mises en œuvre que pour les
dangers encourus et qui ont été évités de justesse. A l’Ouest, on dénonce à qui mieux mieux la société de consommation et on affiche son mépris
de la démocratie formelle. A l’Est, on se tait on ne sait trop
pourquoi : sans doute un silence d’approbation. |
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Guevara. Universellement
« posterisé » et sur les murs de
presque toutes les chambres d’étudiants et d’étudiantes dans les années
soixante… dans les pays où on pouvait se le payer. |
Gus, quelques faits importants. 1949.
Prise du pouvoir par Mao 1850-1953.
Guerre de Corée. 1953.
Mort de Staline 1959.
Castro à Cuba. Guevara en mission. 1962.
Crise des missiles à Cuba 1956.
Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline.
(MAI 1968 .L’imagination au pouvoir.) 1965-1975.
Les dominos et la guerre du Vietnam. 1975
Pol Pot et les Khmers rouges au Cambodge. 1976.
Les Boat people ou fin du mythe marxiste pour ceux qui y croyaient encore..
en Europe. Soljenitsyne.
Et les Goulags. 1985-1989
Gorbatchev. Chute
du mur de Berlin. 1991.
Démembrement de l’URSS.
Fin du régime communiste en Yougoslavie et guerre de
Bosnie-HErzégovine. |
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Gus,
quand l’histoire se fait rigolote… Un
pactole pour l’édition : à la chute du communisme, chacun y va de ses
confessions, à la saint Augustin ou à « Pourquoi
je fus communiste et pourquoi je ne le suis plus » « Pardon
papa, pardon maman, si j’aurais su, j’aurais pas venu là » « Un
itinéraire exemplaire : de Pol Pot au pot tout court. A bas les
majuscules » « Bobo
maman, ai mis mon doigt dans mon œil » « Non,
non de rien, je ne regrette rien » « Trotski
et la moule zébrée » etc.
etc. Gus, des larmes et des tonnes de repentirs. |
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1.Effondrement des mythes de soutien
2. Conséquences de cet effondrement
3.Les spectres
remplacent les mythes
5. Héros pour chaque génération
7. Appendice. Texte de Rostand
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Deux thèmes
pertinents au 20e siècle, ont été traités ailleurs à propos
du travail : Société de consommation
(les années soixante) Mondialisation (fin de siècle)
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« être sérieux sans se prendre
trop au sérieux » |
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NOUVEAU le prof bof pour
les nuls ou les gens pressés Brefs extraits ou capsules
tirés des 25 sites du
prof bof |
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A propos de l’être humain |
Petite histoire des mentalités |
divers |
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(récents) 1a. Alarmisme et catastrophisme |
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