L’HOMME DÉBOUSSOLÉ
L’ÈRE DU VIDE
Où est passé le Nord ?!
Par le prof Bof
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A) L’INDIVIDU EST
DÉSEMPARÉ. L’ « ère du vide » |
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Malgré les milliers de lois que les
parlements produisent, l’individu ne sait trop, en fin de siècle,
où donner de la tête dans sa vie personnelle. Bien des balises
qui existaient par le passé sont disparues ou sont en voie de disparition. Les Églises officielles sont en perte de vitesse,
même discréditées et, tout comme les familles, impuissantes à véhiculer et
transmettre des valeurs comme par le
passé.
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En Occident, les consensus s’effritent de
plus en plus. Ce qui était un luxe de l’élite intellectuelle au milieu du
siècle, a atteint de plein fouet, le reste de la population en fin de siècle.
Tout semble remis en question; les interdits, du moins ceux affectant la vie
personnelle, tombent les uns après les autres. La liberté individuelle est considérée comme
valeur absolue et n’accepte aucune contrainte qu’elle soit rationnelle ou
pas. La seule limite qui tienne encore, pour un temps, est la liberté
du voisin. Tous les
tabous, les interdits sexuels ou les censures sont tombés ou presque…
Tout est montrable. Le champ de la pudeur rétrécit … à vue d’œil. Il est
interdit d’interdire. La réalité, au moins graphique, (Internet) a
rejoint les imaginations les plus folles. Impossibilité de s’inventer
des phantasmes bien à soi, bien de chez soi, qu’on pourrait entretenir dans
quelque coin secret de son imaginaire.
En Occident, les seuls interdits qui tiennent encore, par un cheveu,
visent les rapports sexuels avec les mineurs. (L’âge limite
varie selon les pays : que ce soit 14, 16 ou 18 ans, un jour de
plus ou de moins, le bon coté d’une frontière, fait toute la
différence; on ne triche pas avec sa conscience, surtout si elle est éclairée
par
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« Plus
ça va moins c'est pareil, j'ai pas assez de mes deux oreilles même avec deux
yeux Attention,
yeux cochons, au signal…
« J’ai
perdu ma réputation mais elle ne m’a jamais manqué » May West |
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Déjà quelques voix s’élèvent pour défendre
les droits de l’enfant à l’épanouissement sexuel avec un adulte, un adulte
responsable, une personne d’expérience, préférable au petit copain d’à
coté. Ces voix s’amplifieront sans doute avec le temps pour faire
tomber en moins d’une génération ce dernier bastion de l’Interdit… POUR
BIENTÔT ?!! … Et le tabou de l’inceste dans deux générations sans doute
au nom de l’égalité de droit de toute personne face au mariage (refus
de l’exclusion : papa, maman, fiston, fistonne).
Et pour éviter toute forme d’exclusion
l’état se doit déjà de payer des prostitué(e)s pour les handicapé(e)s. Droit
au logement, droit à l’orgasme, etc. inscrit dans |
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Une bonne campagne bien orchestrée et
quelques manifestations dans la rue viennent à bout de n’importe quel
parlement démocratique qui n’a que faire de ce qui se passe dans les chambres
à coucher des chaumières pourvu qu’on lui laisse le droit d’imposer
prioritairement les successions.. Et |
Un éléphant dans un magasin de porcelaine. Ça se passe à la célèbre émission Apostrophes, de la TV Francaise où cinq ou six écrivains viennent
présenter leur œuvre. Un des invités raconte dans son ouvrage ses
aventures sexuelles avec les fillettes de 12 à 16 ans. Tout le monde se
trémousse, rigolle, en particulier devant le
pouvoir de séduction de la calvitie de ce Don Juan nouveau style, moins
une Québécoise, également invitée, qui a rappelé au Monsieur aux frasques
pédophiles que dans presque tous les pays civilisés, ses aventures se
termineraient devant les tribunaux et sans doute avec plusieurs années de
prison pour ramollir ses ardeurs. Un bombardier aurait laissé tomber une bombe
ou un éléphant aurait fait irruption dans l’aéropage
littéraire que les mines, figées dans un ultime rictus de rigolade,
n’auraient pu exprimer pire consternation; on se serait cru devant les
statues de l’Ile de Pâques si on avait été
capable de leur donner un petit air libidineux. Le lendemain, le Président de |
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C’est
la loi ou le droit au plaisir, excepté évidemment le sucre, le café, le
sel, les gras trans, la viande rouge, etc. |
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Mon cher Gus, nous voici en fin de siècle pri |
Gus, Tu
vois les déficits s’accumulés dans la balance commerciale du pays
renommé pour ses spécialités locales si le gouvernement français
avait accédé aux demandes de ces personnalités de l’époque
qui réclamaient dans un manifeste la dépénalisation des relations
sexuelles avec les mineurs Signatures :
Simone de Beauvoir, Louis Althusser, Roland Barthes, Lean Louis Bory, Patrice Chéreau, Jacques Derrida, Françoise Dolto,.
Gabriel Matzneff, Jean Paul Sartre et Philippe
Sollers. (Le
Monde 23 mai 1977) Gus,
tu imagines tous les avions nolisés de par le monde pour |
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Tu appartiens à la première génération à qui on ne demande pas
de se sacrifier à un idéal, à « une cause », que ce soit Dieu, |
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Les « maîtres es-causes »,
les idéologues se sont faits harakiri ou parlent
dans le désert. Le règne des majuscules s’achève. Gus, il ne te
reste plus qu’à veiller à ta Sécurité, à éviter le Sida et à sauver Pour certains c’est un peu comme un vertige ou un abandon; pour
d’autres une occasion de s’assumer dans la totalité de leur personne. C’est ce que certains ont nommé l’ « ère du vide »,
apprécié particulièrement par les amateurs de « bungee »
ou par les équilibristes. Gus, invente-toi un destin, deviens président d’une
association qui, au nom des enfants sages, se porterait à la défense
des biscuits Oréo menacés par les croisades contres
le gras trans à moins que tu fondes un Club
d’émetteurs d’ions positifs. « En privilégiant un monde individualiste, le
modèle occidental n’offre pas de réponse toute faite sur le sens de la vie,
il laisse chacun libre d'entreprendre sa propre quête. Jusqu’à présent
l’homme a toujours cherché une solution collective à cette question soit en
se dépassant soi-même au sein de la communauté, soit en ayant le sentiment de
participer à une œuvre globale, soit en communiant avec un tout à prétention
religieuse, nationale, idéologique. Le modèle occidental qui privilégie
la réussite individuelle rompt avec les croyances collectives et laisse
ouvert l’espace de la transcendance pour chacun. Ce faisant, il abandonne aux
faux prophètes un champ d'action dans lequel se sont toujours
engouffrés les fauteurs de guerre, que ce soit au nom de Dieu, de Quatrième guerre mondiale. Thierry wolton. Grasset 2005 |
Gus, pourvu que le poète se
trompe… LE PROGRAMME EN QUELQUES SIÈCLES On supprimera l'Âme On supprimera On supprimera lˆAmour On supprimera lˆEsprit de Vérité On supprimera le Sens du Mot
On supprimera le Prophète On supprimera les Hommes du Feu On supprimera lˆEsprit,
NOUS Y SOMMES. |
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B) LE SALUT
PAR LES TRUCS. « La nature a horreur du
vide » |
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Dans une société marchande, tout vide est un
point d’attraction pour les fournisseurs de services, pour ceux qui y voit un
besoin à combler ou mieux à exploiter. Après tout, spiritualité, sens de la
vie, goût de vivre sont des marchandises comme les autres et les
marchants sont à l’affût s’il y a un marché. Toute âme désemparée n’a-t-elle pas
droit à une planche de salut et si possible taillée sur mesure ?!! |
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On assiste à une fragmentation de la
société. Chacun de chercher le salut ou un substitut de salut quelque
part et les commerçants ou les mages inspirés veillent à fournir à
droite comme à gauche des produits de substitution. La solution offerte
peut durer une vie, impliquer la consécration totale de l’individu
ou ne durer qu’une fin de semaine où on s’est arraché à sa
solitude et on a senti la chaleur du coude à coude sous l’égide d’un
mentor. L’effet devrait durer plus longtemps si les tarifs sont plus
élevés. La classe, la nation, l’état, la race devaient fournir un sens. Ces idéologies sont en perte de vitesse. Le merveilleux de pacotille est florissant. Certains attendent encore avec impatience les extra-terrestres et préparent des terrains d’atterrissage pour leurs soucoupes volantes avec des mots de bienvenue gravés dans le sol. D’ailleurs les dessins dans les plaines de Nazca ne sont-ils pas la preuve qu’ils sont déjà venus… Les éditeurs publient volontiers les récits de ceux qui ont été enlevés et remis sur leur triste planète. « Mon séjour chez les extra-terrestres » sur la liste des best-sellers. L’art de voyager avec Word. Commandité par Bill Gate.
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Gus,
ton prof te fait ici un petit recueil de quelques planches de salut à la
mode au cas où tu en aurais besoin, ce que je ne te souhaite pas
nécessairement. |
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Les groupes fondamentalistes : en
marge des grandes religions, on assiste à une réaction contre cet
éclatement |
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LES SECTES. En
occident, on trouve en chaque pays quelques centaines de sectes
fraîchement écloses comme champignons après la pluie qui sont autant de voies
vers des saluts hypothétiques (a condition de payer ton hypothèque, Gus).
Des vendeurs d’auto, des publicistes, des commentateurs sportifs (eh oui,
Gus) ont saisi la balle au bond et se sont rués pour satisfaire les besoins
spirituels les plus criants de la foule désemparée par l’ère du vide. Il y en
a pour tous les goûts ou pour tous les quotients intellectuels ou pour les
différentes ambitions en matière de salvation. Du végétarisme au sexe,
du gourou mystérieux aux extra-terrestres qui se font désirer, des danses
rituelles aux prostrations, il est difficile de ne pas y trouver
chaussure à son pied… ou à son âme endolorie. Dans
une des sectes les plus répandues et les plus riches, le gourou fait adorer
ses cinquante Rolls-Royce, histoire de purger les esprits qui seraient encore
contaminés par le bon vieux mépris des richesses qu’on leur aurait
inculqué. A un
autre extrême, le gourou a recourt au « droit de cuissage »
dans sa communauté. Le dévouement et le salut doivent bien se payer d’une
façon ou d’une autre. (Gus, si tu ne sais pas ce que cela veut dire,
cherche dans ton dictionnaire) |
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L’Astrologie. Son
destin écrit dans les astres. Gus, quelle belle façon d’abdiquer sa
liberté et ses responsabilités…! Gus, tu te vois si tous
ceux qui sont nés exactement à la même heure et à la même date que toi
étaient tous déjà des tueurs en série.
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Gus, tu
peux retenir cette parole terrible de Jean Rostand pour te
prémunir contre toute velléité : « Ce
qui est grave, ce
n'est pas que tant de gens croient à l'astrologie, c'est
qu'ils jugent de choses sérieuses avec
des têtes qui croient à l'astrologie. » |
Une
astrologue de Moscou intente une poursuite de 300 000 000 us$
contre Pas
plus ni moins folle que les autres, la guêpe! Mais
quel sens de la publicité !!! |
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En vrac et PÈLE MÊLE. Des trucs
pour tous les jours…. Ne pas
oublier, Gus, parmi ceux qui veillent sur ton bien-être spirituel et veulent
fournir un Nord temporaire à ton âme déboussolée : dans le nombre, bien
des ex-….., qui ont raté une première carrière, s’autoproclament
« coach » pour ceux qui sont fatigués d’être eux-mêmes. |
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Les
psi du dimanche ou des magazines à la mode. Les
cercles ou clubs de croissance personnelle,
La dianétique Les
temples solaire ou lunaire, Le
Falun Gong Les
disciples de Krishna Le
tarot, La
cristallographie, Le Feng-Shui La
géomancie, La
numérologie, La
radiesthésie, La
quête du Graal dans les Pyramides, expédition le samedi. Etc.
etc. etc. Et
si tu trouves tout ceci trop vulgaire, tu peux consulter des astrologues
karmiques, des dominicains zen, des masseurs christiques, des chamans gestaltistes
ou, le fin du fin, des soufis nettoyeurs de cakras que tu pourras massés avec
des huiles essentielles. Et
si ta curiosité est insatiable, il reste toujours le fond de ta tasse de thé,
les lignes de ta main, l’orientation de ton gros orteil, ton numéro chanceux,
etc. Tu
ne peux pas te tromper, Gus : dans toute bibliothèque de quartier, c’est
le rayon le plus long et aux livres les plus usés. Ultime
consolation si ton âme est toujours endolorie : |
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économise
et achète- toi la plus belle paire de basquets sur le marché avec le Logo le
plus flamboyant, « flashers » au
besoin et ordinateur incorporé pour ajustement automatique selon
l’impact. Tu te sentiras quelqu’un, même un héros si tu vis dans
un quartier pauvre ou un ghetto. Double avantage : Trouver un sens à ta
vie sinon un point de gravité et permettre à Michael Jordan de
rencontrer ses fins de mois. Et
si ce n’était pas encore suffisant, achète-toi un cellulaire et utilise-le
(ou fais semblant) quand tu seras sur la rue principale, tu te sentiras
« quelqu’un », un homme quoi. Et les regards discrètement
admiratifs et envieux que tu génèreras seront en fonction de l’imbécillité de
ceux que tu croiseras. |
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c) AU PLAN SOCIAL La bonne vieille charité, qu’on enseignait parait-il autrefois,
s’est recyclée en solidarité, se fait discrète, passe de la chaire à
la chaise des tribuns, prend une allure sociale et politique
quand ce n’est pas pour masquer des privilèges et est un trait marquant de la
deuxième moitié du vingtième siècle. On a dit : « le marxisme est un ensemble de vertus
chrétiennes devenues folles » Les obligations qui pesaient sur les uns sont devenues les droits des
autres. |
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La
deuxième partie du vingtième siècle a vu dans les pays d’Occident une
efflorescence de mesures visant à repartager la richesse collective, du
moins dans la mesure où il y en avait ou tant qu’il y en aura, un privilège
des nations les plus riches. Pensions
de vieillesse (ou des aînés pour être PC) Assurance
contre le chômage Assurance
contre les accidents de travail Mesures
d’assistance sociale Fonds
de retraite Éducation gratuite… ou presque |
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Aide
aux familles. Allocations familiales Assurance
santé Aide
juridique Assurance
médicaments Assurance
automobile Garde
des enfants Et
beaucoup d’autres mesures plus discrètes à la merci des bureaucrates.. ou en
réserve pour la prochaine élection. … Et
malheureusement bien des nations encore sont éminemment satisfaites si on
peut y trouver au moins une soupe populaire. |
Gus, vers le milieu des années 80 la sociale démocratie est entrée en
crise dans plusieurs démocraties occidentales Pour en savoir plus, voir L’État
Providence, difficultés ET |
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Gus, un petit exercice pour
voir si tu es bien de ton temps. Réécris à ta manière la
fable de Lafontaine qui exprimait au
mieux les valeurs des siècles précédents où on manquait
manifestement de solidarité. |
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N’oublie
pas, Gus, de montrer comment la cigale revendique ses droits, son droit à
manger comme tout le monde, son appel à …
le passage obligatoire aux divers canaux de Télévision où les animateurs
s’arrachent cette victime d’un monde sans cœur accompagnée de ses quatre cigalettes.
….
la caméra qui fixe la larme que la ennième
animatrice essuie discrètement avec son mouchoir. … les
lignes ouvertes où la population est invitée à prendre position pour la
cigale ou pour la fourmi. … la
tête des ministres sommés de venir s’expliquer. …les
protestations du syndicat des danseuses
qui exige la carte de compétence et réclame les arrérages de cotisation …les
banques qui offrent des cartes de crédit. .
… les groupes de défense spontanés qui bloquent les rues. So, So , So,
Solidarité …
grève des enfants du primaire qu’on a fait pleurer sur le sort de la maman
des cigalettes. Les plus délurés en parlent dans
leur blog. Gus,
remarque comment l’irresponsabilité radieuse a le don d’auréoler le statut de
la victime, un triomphe de la victimite à la
mode. |
Et La fourmi La
cigale, ayant chanté Tout l'été, Se
trouva fort dépourvue Quand
la bise fut venue. Pas
un seul petit morceau De
mouche ou de vermisseau Elle
alla crier famine Chez
la fourmi sa voisine, La
priant de lui prêter Quelque
grain pour subsister Jusqu'à
la saison nouvelle «Je
vous paierai, lui dit-elle, Avant
l’août, foi d'animal, Intérêt
et principal.» La
fourmi n'est pas prêteuse; C'est
là son moindre défaut. «Que
faisiez-vous au temps chaud? Dit-elle
à cette emprunteuse. Nuit
et jour à tout venant Je
chantais, ne vous déplaise. -
Vous chantiez ? j'en suis fort aise. Eh bien : dansez maintenant.»
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A ce
niveau, la pire chose qui puisse arriver à une victime, c’est de s’en
sortir et de perdre les privilèges de son statut de
victime. Un nouveau jeu de société : « Qui perd,
gagne » La
fourmi qui va s’inscrire dans des cours de chant pour l’été prochain… et de
danse en ligne pour l’automne au cas où … Et le citoyen-fourmi qui se sent un peu touché, qui
serait tenté de mettre la main à sa poche, se console (au moins
calme sa conscience qui voudrait s’exciter) en disant qu’il a fait
son devoir … en payant ses impôts… du moins une bonne partie de ses impôts. |
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d) Gus, dans les années quatre vingt, les pays avancés
firent un pas de géant. On
assista à un nouveau Cana, un miracle sans pareil où la surdité, la pauvreté,
la maladie, la vieillesse, On protège l’Ego des jeunes en égalisant démocratiquement les talents des étudiants par
l’élimination des notes chiffrées : Pas mal pan toute/
Peut faire mieux / Pas si mal / Pas si pire / On a vu pire. |
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Les politiciens s’en mêlent. Tout développement est par définition
« durable ». Les dépotoirs n’existent plus, trop laids ou
malodorants. Les édiles municipaux les
ont rebaptisé sites d'enfouissement. A
la demande générale, pour les distinguer des cimetières, on les rebaptisa « sites d'enfouissement sanitaire ». Les plus utopiques réclament la
« pasteurisation », au moins verbale, des
déchets. |
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Gus,
les habitudes étant ce qu’elles sont, on entendit des protestations fort mal
venues après de tels miracles. Une
fois que par écrit on fit comprendre à un sourd qu’il était désormais un
malentendant, il dit d’une voix assurée et apparemment sans angoisse « qu’il
n’était pas un malentendant, qu’il n’entendait rien pantoute,
pardon!, pantout, pardon! pas du tout, qu’il était
sourd comme un pot… et qu’il avait toujours droit à la totalité de sa
pension d’invalidité ». D'autres, moins geignards, vont jusqu’à
refuser l’expression malentendant comme trop péjorative;
les sourds constituent simplement une minorité linguistique qui a ses droits
et qui est menacée par les implants chirurgicaux (qui éliminent la
surdité) qui sont en somme une attaque fasciste contre
la culture des sourds dont il revendique la spécificité et le
droit à l’existence. Quelques pays d’Afrique, qui ont perdu en dix
ans 30% de leur pouvoir d’achat et de leur PIB sont inquiets de se faire
appeler Pays en voie de développement alors qu’ils
s’enfoncent à vue d’œil dans la
pauvreté, pardon ! accusent une progression négative dans leur avancement
économique. S’il fallait que leur « progrès » à l’échelle de la
langue tarisse les subventions des agences internationales !
Les afro-américains ont changé de nom quatre fois au cours du siècle;
malheureusement les Apôtres de Et mieux, Gus, tout ce qui est désirable,
souhaitable, les desiderata, ont été promus au rang de droit de la
personne. Bof s’est toujours demandé ce qui se passerait, dans le cas
d’une famine universelle, si tous les citoyens du monde tapaient du pied et
revendiquaient leur droit à la nourriture. Sans doute qu’une
manne leur tomberait du ciel… Ça s’est déjà vu parait-il. Dans la même mouvance, mais en sens inverse,
la malédiction contre les riches et les puissants sévit toujours, c’est le
chameau qui ne réussit pas à passer par le trou d’une aiguille (Gus, c’est
la deuxième bosse qui ne passe pas; pour un dromadaire c’est plus
facile). Gus, une histoire vraie : un jury aux US
dont une batterie d’avocats avait vidé le cerveau de larmes et de neurones a
attribué 28 milliards de US dollars en compensation à une veuve dont le mari
avait fumé toute sa vie des Philip Morris. Depuis ce temps, les enfants d’Amérique
rêvent en secret que leur papa fume (ils offrent parfois un paquet de
Philip Morris à la fête des pères) et crève au plus vite pour qu’ils
puissent se partager 90 000 fois le salaire du Président des
États-unis. Les plus pauvres, avec de bons avocats et des jurys débiles
peuvent devenir des Bill Gates instantané sans rendre aucun service à
la nation sinon d’avoir fumer comme des irresponsables. De toutes façons une
nation n’a jamais assez de gens riches comme Bill Gates. Qui a dit que fumer était envoyer son argent
en fumée ? pas pour les héritiers en tous cas. Gus, 28 000 000 000 $ c’est la somme du Produit Interne Brut de
l’ensemble des pays de l’Amérique Centrale (moins le Mexique). Tu comprendras
que Philip Morris s’est empressé … de ne pas payer |
La
richesse instantanée… comme le café. Les
retards de la justice et les grands gagnants à la loterie des
malheurs.. Le
coup de chance : se trouver un ancêtre, individu ou collectivité, qui a pu
subir des injustices…per saecula
saeculorum. Le bien-être des descendants
comme éthique de la compensation. ON a
cru un temps que le pouvoir des larmes ne jouait que dans les rapports
amoureux, aujourd’hui, les collectivités qui peuvent faire
valoir le martyr, les injustices subis et faire pleurer coupables ou
descendants de coupables sont en mesure d’exercer un pouvoir politique
bien spécial, le pouvoir lacrymal, une arme qui frappe droit au cœur. Le
gouvernement canadien, prévoyant, annonce dans son budget un fonds de 25
millions pour dédommager les descendants des groupes prétendument
lésés qui pourraient éventuellement miser sur les malheurs de leurs
ancêtres. Aveux, excuses, mausolées, musées, commémorations mensuelles ne
suffisent pas; seul le transfert de beaux dollars par les arrière petits-fils
des offenseurs hypothétiques aux arrières petits-fils des victimes a le
pouvoir de laver les torts, de sécher les larmes, de cicatriser les plaies et
… de mériter des votes aux prochaines élections. Aux
USA on poursuit les écoles qui n’ont pas réussi à apprendre à lire à un
mongol. Mieux,
on a réussi à recycler les victimes. Les victimes de l’amiantose qui ont obtenu des milliards en $ sont
maintenant recyclés en victimes de la silicose… avec
les mêmes médecins, les mêmes avocats et parfois les mêmes juges… A quand un
troisième recyclage en victimes de la cellulose? À moins
que ce soit de la cellulite? |
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. (fév. 2007. Sept ans plus tard, ultime
triomphe du bon sens, Gus, une petite
leçon : se méfier de ce cocktail dangereux : un jury stupide
acoquiné à des avocats véreux, le tout sous l’égide de la rectitude politique. Il est question d’ajouter un nouveau principe
à « S’il t’arrive un malheur
quelconque, (peu importe tes responsabilités) il y a un coupable et il faut
le faire payer pour que justice soit rendue». Comme quoi un malheur n’arrive jamais seul !
Enfin on le reconnaît ! |
Une
animatrice de radio, qui a perdu son Le
parfum lui aurait fait perdre la voix, ressentir à l’occasion des chocs
électriques par tout le corps, et selon l’avis de son médecin, aurait mis sa
vie en danger. Gus,
on peut supposer que la victime reconnaissante enverra quelques
millions de sa nouvelle fortune à Lancôme qui en est l’innocent responsable |
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MacDonald’s a été poursuivi pour ne pas
avoir indiqué sur ses menus qu’ils ne devaient pas être consommés en
conduisant. Gus, parait-il que les Japonais auraient un
dicton : « Un pays entre en décadence quand le nombre d’avocats
dépasse le nombre d’ingénieurs ». Le Bareau
penserait, parait-il, à intenter un procès contre le gouvernement japonais
pour entretenir un tel dicton. On estime qu’aux USA les poursuites
abusives coûteraient à l’économie américaine $2 650
par famille de quatre. Mais ça rapporte beaucoup plus que les
loteries… pour ceux qui misent sur cette victimite pour s’assurer
un avenir. |
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Progrès de la « victimite » … « Le siècle qui commence (21E) sera celui du litige généralisé; les
procès en réparations et en restitution d’oeuvres d’art vont se multiplier de
façon exponentielle….les crans d’arrêt temporels ont sauté…. Chacun de nous acquiert en naissant un
portefeuille de griefs qu’il devra faire fructifier. L’histoire entière
est une créance à notre égard dont
nous exigeons le versement immédiat. Nous combinons aujourd’hui un romantisme
de la souffrance, nouvelle caste élitiste,
avec une allergie absolue à la douleur, l’idéal étant d’acquérir le
titre de paria sans avoir rien enduré. La moindre adversité qui nous atteint
est un scandale qui doit être indemnisé. Se poser en victime, c'est se doter du
double pouvoir d’accuser et de réclamer, de jeter l’opprobre et de quémander.
Et puisque nous avons tous dans notre arbre généalogique au moins un
pendu, un serf, un prolétaire, un persécuté, on remontera jusqu’au Moyen Age
s’il le faut pour réclamer justice. Le combat politique classique formait des
hommes et des femmes aguerris, fiers des conquêtes arrachées, le combat juridique contemporain fabrique
des mécontents chroniques. Il n’est pas certain qu’il s’agisse d’un progrès. » Pascal
Bruckner, La tyrannie de la
pénitence. P.172 |
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Augustin, cherche l’imbécile. On s’amuse souvent à lire ou reproduire les
instructions stupides que l’on trouve sur les étiquettes de certains
produits. Avec la mode des poursuites, les compagnies y
sont obligées pour éviter que des imbéciles ou des escrocs
(aidés par tu sais qui) en profitent pour se faire payer des pensions
lucratives et pourvoir, en bons parents, au bien-être de leurs
héritiers pour une ou deux générations. Tampax : « Retirer
le tampon utilisé avant d’en insérer un nouveau » …. Pour ne pas créer un embouteillage
sans doute !. Sur une scie à chaîne :
« ne pas arrêter avec les mains ». (Gus tu vois pleurer le jury
voyant le pauvre type avec une main sans doigts, qui ne peut même pas se
gratter les oreilles quand ça démange et également au banc des accusés
l’équipe Sur un pudding au pain Marks &
Spencer: « Le
produit sera chaud après avoir été chauffé. » Dans les instructions d'un fer à
repasser: « Ne
pas repasser le linge sur le corps ». (Surtout si vous avez des rides, ça peut faire des mauvais plis!) Séchoir à cheveux Conair : « Ne pas
utiliser sous la douche » …Sur un autre : « Ne
pas utiliser en dormant » Sur un hachoir à légumes : «
Ne pas enlever les légumes avec les doigts quand le hachoir fonctionne » (Pour le moment, les bouts de
doigt n’ont pas la cote en
gastronomie » Dans le manuel d'instructions
d'une télévision: « Ne
versez pas de liquide dans le téléviseur. » (une excellente idée à un mois de la fin de la garantie |