L’HOMME DÉBOUSSOLÉ

L’ÈRE DU VIDE

Où est passé le Nord ?!

Par le prof Bof

 

A) L’INDIVIDU  EST DÉSEMPARÉ. L’ « ère du vide »

 

Malgré les milliers de lois que les parlements produisent, l’individu ne sait trop, en fin de siècle,  où donner de la tête dans sa vie personnelle.  Bien des balises  qui existaient par le passé sont disparues ou sont en voie de disparition.

Les Églises officielles sont en perte de vitesse, même discréditées et, tout comme les familles, impuissantes à véhiculer et transmettre des valeurs  comme par le passé.                  

 

En Occident, les consensus s’effritent de plus en plus. Ce qui était un luxe de l’élite intellectuelle au milieu du siècle, a atteint de plein fouet, le reste de la population en fin de siècle. Tout semble remis en question; les interdits, du moins ceux affectant la vie personnelle,  tombent les uns après les autres.

La liberté individuelle est considérée comme valeur absolue et n’accepte aucune contrainte qu’elle soit rationnelle ou pas. La seule limite qui tienne encore, pour un temps,  est la liberté du voisin.

 

      Tous les tabous, les interdits sexuels ou les censures sont tombés ou presque…

             Tout est montrable. Le champ de la pudeur rétrécit … à vue d’œil. Il est interdit d’interdire. La réalité, au moins  graphique, (Internet) a rejoint les imaginations les plus folles.  Impossibilité de s’inventer des phantasmes bien à soi, bien de chez soi, qu’on pourrait entretenir dans quelque coin secret de son imaginaire.

 

            En Occident, les seuls interdits qui tiennent  encore, par un cheveu, visent  les  rapports sexuels avec les mineurs. (L’âge limite  varie selon les pays : que ce soit 14, 16 ou 18 ans,  un jour de plus ou de moins, le bon coté d’une frontière,  fait toute la différence; on ne triche pas avec sa conscience, surtout si elle est éclairée par la Cour Suprême )               

 

Pour avoir la conscience en paix (ou s’éviter les foudres de la loi) on doit se payer des voyages à l’étranger, se rendre là où  la prostitution  enfantine est vue comme une source de devises étrangères. Et qui pourra dire que l’équilibre de la balance commerciale  n’est pas également un devoir civique et que les enfants ne doivent pas très tôt  apprendre leur devoir de citoyen !

                  

 

 « Plus ça va moins c'est pareil, j'ai pas assez de mes deux oreilles même avec deux yeux
J'ai pas tout ce que je veux,  parlez-moé pas de la misère, parlez pas des malheureux
La seule chose que j'ai à faire c'est d'essayer d'être heureux

Oh! quelle vie d'orgie, quel monde de sexe, y'a plus rien à l'index
Les hommes aux hommes, les femmes aux femmes
Les hommes aux deux, les femmes aux trois
Quand je dirai go, mélangez-vous et puis swinguez votre compagnie

Attention, yeux cochons, au signal…
Y'avait elle, y'avait moi, y'avait son amie d'enfance
Y'avait Nicole sa cousine qui regardait par la cuisine
Pendant que le petit Nicolas rêvait dans une revue cochonne
Pour pas déranger la bonne qu'était dans tous ses états… »


Jean-Pierre Ferland

SWINGUEZ VOTRE COMPAGNIE

« J’ai perdu ma réputation mais elle ne m’a jamais  manqué » May West

Déjà quelques voix s’élèvent pour défendre les droits de l’enfant à l’épanouissement sexuel avec un adulte, un adulte responsable, une personne d’expérience,  préférable au petit copain d’à coté.  Ces voix s’amplifieront sans doute avec le temps pour faire tomber en moins d’une génération ce dernier bastion  de l’Interdit… POUR BIENTÔT ?!! … Et le tabou de l’inceste dans deux générations sans doute au nom de l’égalité de droit de toute personne face au mariage (refus de l’exclusion : papa, maman, fiston, fistonne).

 Et pour éviter toute forme d’exclusion l’état se doit déjà de payer des prostitué(e)s pour les handicapé(e)s. Droit au logement, droit à l’orgasme, etc. inscrit dans la Chartre des droits.

 

Une bonne campagne bien orchestrée et quelques manifestations dans la rue viennent  à bout de n’importe quel parlement démocratique qui n’a que faire de ce qui se passe dans les chambres à coucher des chaumières  pourvu qu’on lui laisse le droit d’imposer prioritairement les successions.. Et la Ligue pour la défense des droits et de la liberté des animaux  aura  peu à faire pour revendiquer les droits des animaux à forniquer ou à être courtisés … universellement. Qu’une actrice célèbre commence à vanter publiquement les charmes et les prouesses sexuelles de son toutou et l’affaire est dans le sac. Tous les magazines People multiplieront les témoignages émouvants d’amours inconditionnelles qui valent bien la peine d’être sanctionnées légalement. Les bijoutiers exercent déjà des pressions, parait-il. Ceux qui s’en priveront passeront pour des célibataires aigris, jaloux ou endurcis ou trop vieux  sinon vieux  jeu ou anti-animalistes ou encore homospécifiques.. On n’arrête pas le progrès.

 

 

Gus, un grand moment de télévision.

Un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Ça se passe à la célèbre émission Apostrophes, de la  TV Francaise où cinq ou six écrivains viennent  présenter leur œuvre.

Un des invités raconte dans son ouvrage ses aventures sexuelles avec les fillettes de 12 à 16 ans.  Tout le monde se trémousse, rigolle, en particulier devant le pouvoir de séduction de la calvitie de ce Don Juan nouveau style,  moins une Québécoise, également invitée, qui a rappelé au Monsieur aux frasques pédophiles  que dans presque tous les pays civilisés, ses aventures se termineraient devant les tribunaux et sans doute avec plusieurs années de prison pour ramollir  ses ardeurs.

 

Un bombardier aurait laissé tomber une bombe ou un éléphant aurait fait irruption dans l’aréopage littéraire que les mines, figées dans un ultime rictus de rigolade, n’auraient pu exprimer pire consternation; on se serait cru devant les statues de l’Île de Pâques si on avait été  capable de leur donner un petit air libidineux.

 

Le lendemain, le Président de la France, pas moins Gus,  a pris contact avec la dite Dame pour la féliciter, s’excuser au nom de la France (trémolos ici) et pour l’assurer que tous les Français n’étaient pas comme le dit Monsieur au zizi polyvalent en quête de précocité …. Ce dont on se doutait quand même. Du moins il faut donner la chance aux coureurs…

 

C’est la loi ou le droit  au plaisir, excepté évidemment le sucre, le café, le sel, les gras trans, la viande rouge, etc. 

 

 

Mon cher Gus, nous voici en fin de siècle pris entre deux feux. Entre le robot (ou la girouette) déterminé par son environnement religieux ou social d’une part qui était le lot d’une bonne partie de  l’humanité en début de siècle et, en cette fin du vingtième,  la sensation de vide  de celui qui doit naviguer sans aucune balise ou phare à l’horizon, sinon ses convictions intimes que lui-même doit entretenir et nourrir (si jamais l’idée lui passait par la tête). Le siècle, mon cher Augustin, t’offre un cadeau, un cadeau empoisonné penseras-tu : il te livre à toi-même, à ta réflexion, à ton sens des valeurs et à ton sens des responsabilités.

Gus, la Thaïlande l’a échappé belle

 

Tu vois  les déficits s’accumulés dans la balance commerciale du pays renommé pour ses spécialités locales si le gouvernement français  avait  accédé aux demandes  de  ces personnalités de l’époque qui  réclamaient dans un manifeste la  dépénalisation des relations sexuelles avec les mineurs

 Signatures : Simone de Beauvoir, Louis Althusser, Roland Barthes, Lean Louis Bory, Patrice Chéreau, Jacques Derrida, Françoise Dolto,. Gabriel Matzneff, Jean Paul Sartre et Philippe Sollers.

(Le Monde 23 mai 1977) 

Gus, tu  imagines  tous les avions nolisés de par le monde pour la Thaïlande et ses spécialités  s’arrêter  plutôt à l’aéroport Charles de Gaulles. De quoi  gonfler  les coffres de l’état, rétablir les balances commerciales, assurer les retraites,  et surtout, occuper la jeunesse à autre chose  qu’à renverser des voitures et à  jouer à cache cache avec les policiers. Ils auraient pu revitaliser Pigalle et redonner un air de jeunesse aux grands hôtels de Paris.

 Tu appartiens à la première génération à qui on ne demande pas de se sacrifier à un idéal, à « une cause », que ce soit Dieu, la Patrie, la Nation, l’État, la Classe, l’Avenir radieux, au Paradis rouge ou caille qui couronnerait  tes efforts et dont jouiront les générations futures pour lesquelles tu te serais sacrifié.

 

 Les «  maîtres es-causes », les idéologues se sont faits harakiri ou parlent dans le désert. Le règne des majuscules s’achève. Gus, il ne te reste plus qu’à veiller à ta Sécurité, à éviter le Sida et à sauver la Planète. En l’absence de garde-fous, reste l’obligation (le principe de précaution diront certains) de ne pas s’auto détruire et de ne pas semer les malheurs et les  désastres autour de soi. S’accorder  au moins les privilèges de survie que les écolos  accordent à la chouette mouchetée.

 

Pour certains c’est un peu comme un vertige ou un abandon;  pour d’autres une occasion de s’assumer dans la totalité de leur  personne.

 

C’est ce que certains ont nommé l’ « ère du vide », apprécié particulièrement par les amateurs de « bungee » ou par les équilibristes. Gus, invente-toi un destin, deviens président d’une association qui, au nom des enfants sages,  se porterait à la défense des biscuits Oréo menacés par les croisades contres le gras trans à moins que tu fondes un Club d’émetteurs d’ions positifs.

 

 

« En privilégiant un monde individualiste, le modèle occidental n’offre pas de réponse toute faite sur le sens de la vie, il laisse chacun libre d'entreprendre sa propre quête. Jusqu’à présent l’homme a toujours cherché une solution collective à cette question soit en se dépassant soi-même au sein de la communauté, soit en ayant le sentiment de participer à une œuvre globale, soit en communiant avec un tout à prétention religieuse, nationale, idéologique.  Le modèle occidental qui privilégie la réussite individuelle rompt avec les croyances collectives et laisse ouvert l’espace de la transcendance pour chacun. Ce faisant, il abandonne aux faux prophètes  un champ d'action dans lequel se sont toujours engouffrés les fauteurs de guerre,  que ce soit au nom de Dieu, de la Nation, de la race, de la classe….L’histoire n’est décidément pas près de finir. » p./241

Quatrième guerre mondiale. Thierry wolton.  Grasset 2005

Gus,  pourvu que le poète se trompe…

 

LE PROGRAMME EN QUELQUES SIÈCLES

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

 

On supprimera l'Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

 

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

 

On supprimera lˆAmour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

 

On supprimera lˆEsprit de Vérité
Au nom de lˆEsprit critique,
Puis on supprimera lˆesprit critique.

 

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots



On supprimera le Sublime
Au nom de l'Art,
Puis on supprimera l'art.



On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

 

On supprimera le Prophète
Au nom du poète,
Puis on supprimera le poète.

 

On supprimera les Hommes du Feu
Au nom des Eclairés
Puis on supprimera les éclairés.

 

On supprimera lˆEsprit,
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.



AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L'HOMME

 
ON SUPPRIMERA LE NOM DE L'HOMME ;
IL N'Y AURA PLUS DE NOM ;

NOUS Y SOMMES.
(1945)
Armand Robin  Les Poèmes Indésirables

 

 

B)  LE SALUT  PAR LES TRUCS. « La nature a horreur du vide »

 

Dans une société marchande, tout vide est un point d’attraction pour les fournisseurs de services, pour ceux qui y voit un besoin à combler ou mieux à exploiter. Après tout, spiritualité, sens de la vie,  goût de vivre sont des marchandises comme les autres et les marchants sont à l’affût s’il y a un marché.

Toute âme désemparée n’a-t-elle pas  droit à une planche de salut et si possible taillée sur mesure ?!!

 

On assiste à une fragmentation de la société.  Chacun de chercher le salut ou un substitut de salut quelque part et les commerçants ou les mages inspirés  veillent à fournir à droite comme à gauche des produits de substitution.  La solution offerte peut durer une vie, impliquer la  consécration totale de l’individu ou  ne durer qu’une   fin de semaine où on s’est arraché à sa solitude  et on a senti la chaleur du coude à coude sous l’égide d’un mentor. L’effet devrait durer plus longtemps si les tarifs sont  plus élevés.

 

La classe, la nation, l’état, la race devaient fournir un sens. Ces idéologies sont en perte de vitesse. Le merveilleux de pacotille est florissant. Certains attendent encore avec impatience  les extra-terrestres  et préparent des terrains d’atterrissage pour leurs soucoupesunedurer qu' langue s après un e travail.verselle, si tous les citoyens du monde tappaient du pied et revendiquait leur drire)  volantes avec des mots de bienvenue gravés dans le sol.  D’ailleurs les dessins dans les plaines de Nazca ne sont-ils pas la  preuve qu’ils sont déjà  venus… Les éditeurs publient volontiers les récits de ceux qui ont été enlevés et remis sur leur triste planète. « Mon séjour chez les extra-terrestres »  sur la liste des best-sellers. L’art de voyager avec Word. Commandité par Bill Gate.

 

 

 

Gus, ton prof te fait ici un petit recueil de quelques  planches de salut à la mode au cas où tu en aurais besoin, ce que je ne te souhaite pas nécessairement.

 

Les groupes fondamentalistes :

 

 en marge des grandes religions, on assiste à une réaction contre  cet éclatement  des valeurs. Refus du présent, retour au passé. Le prestige du petit groupe d’élus et du podium. Le réflexe ou le complexe de Noé : se voir comme les rescapés du déluge universel, les privilégiés du salut. Poussé à l’extrême : on précipite le déluge et ambitionne de détruire le reste de la planète  qui échappe au standard de la « vraie religion » et qui est condamné de toutes façons.   Quelques années de plus ou de moins, on n’est pas regardant. Autrefois on disait plus simplement : « Détruisez les tous, Dieu reconnaîtra bien les siens ». 

 

 

LES SECTES.

 

 En occident, on trouve en chaque pays quelques centaines de sectes  fraîchement écloses comme champignons après la pluie qui sont autant de voies vers des saluts hypothétiques (a condition de payer ton hypothèque, Gus). Des vendeurs d’auto, des publicistes, des commentateurs sportifs (eh oui, Gus) ont saisi la balle au bond et se sont rués pour satisfaire les besoins spirituels les plus  criants de la foule désemparée par l’ère du vide. Il y en a pour tous les goûts ou pour tous les quotients intellectuels ou pour les différentes ambitions en matière de salvation.  Du végétarisme au sexe, du gourou mystérieux aux extra-terrestres qui se font désirer, des danses rituelles aux prostrations,  il est difficile de ne pas y trouver chaussure à son pied…  ou à son âme endolorie.

Dans une des sectes les plus répandues et les plus riches, le gourou fait adorer ses cinquante Rolls-Royce, histoire de purger les esprits qui seraient encore contaminés  par le bon vieux mépris des richesses qu’on leur aurait inculqué.

A un autre extrême, le gourou a recourt au « droit de cuissage »  dans sa communauté. Le dévouement et le salut doivent bien se payer d’une façon ou d’une autre.  (Gus, si tu ne sais pas ce que cela veut dire, cherche dans ton dictionnaire)

 

L’Astrologie. 

 

Son destin écrit dans les astres. Gus, quelle belle  façon d’abdiquer sa liberté et  ses responsabilités…! Gus, tu te vois si   tous ceux qui sont nés exactement à la même heure et à la même date que toi étaient tous déjà des tueurs en série.

 

Et tous ces Chinois qui sont nés cette année-ci sous le signe du Cochon. Quel destin à coté de ceux qui l’année suivante naîtront sous le signe du fier cheval…  qui n’a cure du cochon  d’à coté.  La ségrégation des caractères ou des tempéraments ou des destins en raison du calendrier… chinois évidemment. Heureusement que hors de Chine, les astres sont moins paresseux et distribuent les destins à la journée près selon l’astrologue patenté de ton journal.

 

 

Gus, tu peux retenir  cette parole terrible de Jean Rostand pour te prémunir contre toute velléité :

« Ce qui est grave,

ce n'est pas que tant de gens croient à l'astrologie,

c'est qu'ils jugent de choses sérieuses

avec des têtes qui croient à l'astrologie. » 

 

 

Une astrologue  de Moscou intente une poursuite de 300 000 000 us$ contre la NASA pour avoir lancer  un projectile contre une comète et d’avoir ainsi perturbé ses cartes  du ciel et  miner sa profession ou tout au moins mis sa carrière en péril.

 

Pas plus ni moins folle que les autres, la guêpe!  

Mais quel sens de la publicité !!!

 

 

En vrac et PÈLE MÊLE.  Des trucs pour  tous les jours….

 

Ne pas oublier, Gus, parmi ceux qui veillent sur ton bien-être spirituel et veulent fournir un Nord temporaire à ton âme déboussolée : dans le nombre, bien des ex-….., qui ont raté une première carrière, s’autoproclament « coach »  pour ceux qui sont fatigués d’être eux-mêmes.

 

Les psi du dimanche  ou des magazines à la mode.

Les cercles ou clubs de croissance personnelle,

bagua feng shuiLe Nouvel Age,

La dianétique

Les temples  solaire ou lunaire,

Le Falun Gong

Les disciples de Krishna

Le tarot,

La cristallographie,

Le Feng-Shui

La géomancie,

La numérologie,

La radiesthésie,

La quête du Graal dans les Pyramides, expédition le samedi.

Etc. etc. etc.

Et si tu trouves tout ceci trop vulgaire, tu peux consulter des astrologues karmiques, des dominicains zen, des masseurs christiques, des chamans gestaltistes ou, le fin du fin, des soufis nettoyeurs de cakras que tu pourras massés avec des huiles essentielles.

Et si ta curiosité est insatiable, il reste toujours le fond de ta tasse de thé, les lignes de ta main, l’orientation de ton gros orteil, ton numéro chanceux, etc.

Tu ne peux pas te tromper, Gus : dans toute bibliothèque de quartier, c’est le rayon le plus long et aux livres les plus usés.

 

Ultime consolation si ton âme est toujours endolorie :

« Le coup de pied au cul est la psychanalyse du pauvre »

 

DALI

 

« Je ne crois pas à la réincarnation et je n’y croyais pas non plus quand j’étais un hamster »

 

 

« Avant on appelait ça le vaudou et ça consistait à enfoncer des aiguilles dans une poupée. Maintenant on appelle ça l’acuponcture et on enfonce directement les aiguilles dans le corps. »

 

économise et achète- toi la plus belle paire de basquets sur le marché avec le Logo le plus flamboyant, « flashers » au besoin  et ordinateur incorporé pour ajustement automatique selon l’impact.  Tu te sentiras  quelqu’un, même un héros si tu vis dans un quartier pauvre ou un ghetto. Double avantage : Trouver un sens à ta vie sinon un point de gravité  et permettre à Michael Jordan de rencontrer ses fins de mois.

Et si ce n’était pas encore suffisant, achète-toi un cellulaire et utilise-le (ou fais semblant) quand tu seras sur la rue principale, tu te sentiras « quelqu’un », un homme quoi. Et les regards discrètement admiratifs et envieux que tu génèreras seront en fonction de l’imbécillité de ceux que tu croiseras.

 

 

c)  AU PLAN SOCIAL

La bonne vieille charité, qu’on enseignait parait-il autrefois, s’est recyclée en solidarité, se fait discrète, passe de la chaire à la chaise des tribuns,  prend une allure sociale et politique  quand ce n’est pas pour masquer des privilèges et est un trait marquant de la deuxième moitié du  vingtième siècle.  

 

On a dit  : « le marxisme est un ensemble de vertus chrétiennes devenues folles »

 

Les obligations qui pesaient sur les uns sont devenues les droits des autres.

 

La deuxième partie du vingtième siècle a vu dans les pays d’Occident  une efflorescence de mesures visant à repartager la richesse collective, du moins dans la mesure où il y en avait ou tant qu’il y en aura,  un privilège des nations les plus riches.

Pensions de vieillesse (ou des aînés pour être PC)

Assurance contre le chômage

Assurance contre les accidents de travail

Mesures d’assistance sociale

Fonds de retraite

Éducation gratuite… ou presque

Aide aux familles. Allocations familiales

Assurance santé

Aide juridique

Assurance médicaments

Assurance automobile

Garde des enfants

Et beaucoup d’autres mesures plus discrètes à la merci des bureaucrates.. 

ou en réserve pour la prochaine élection.

… Et malheureusement bien des nations encore sont éminemment satisfaites

si on peut y trouver au moins une soupe populaire.

 

 

Gus, vers le milieu des années 80 la sociale démocratie est entrée en crise dans plusieurs démocraties occidentales

Pour en savoir plus, voir

L’État Providence, difficultés

ET

La mondialisation

Gus, un petit exercice pour voir si tu es bien de ton temps.

Réécris à ta manière la fable de Lafontaine

 qui exprimait au mieux les valeurs des siècles précédents

 où on manquait manifestement de solidarité.

 

 

N’oublie pas, Gus, de montrer comment la cigale revendique ses droits, son droit à manger comme tout le monde, son appel à la Chartre des droits.   … l’assaut des journalistes venant la voir danser, la pôvre,  et la photo en première page des Tabloïds.

 … le passage obligatoire aux divers canaux de Télévision où les animateurs s’arrachent cette victime d’un monde sans cœur accompagnée de ses quatre cigalettes.                        

 …. la caméra qui fixe la larme que la ennième animatrice essuie  discrètement avec son  mouchoir.

… les lignes ouvertes où la population est invitée à prendre position pour la cigale ou pour la fourmi.

… la tête des ministres sommés de venir s’expliquer.

…les protestations du syndicat des

 danseuses qui exige la carte de compétence  et réclame les arrérages de cotisation

…les banques qui offrent des cartes   de  crédit.

.    … les groupes de défense spontanés  qui bloquent les rues. So, So , So, Solidarité

… grève des enfants du primaire qu’on a fait pleurer sur le sort de la maman des cigalettes. Les plus délurés en parlent dans leur blog.

 

Gus, remarque comment l’irresponsabilité radieuse a le don d’auréoler le statut de la victime, un triomphe de la victimite à la mode.

La cigale

 

Et

 

La

 

fourmi

 

La cigale, ayant chanté Tout l'été,

Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue.

Pas un seul petit morceau

De mouche ou de vermisseau

Elle alla crier famine

Chez la fourmi sa voisine,

La priant de lui prêter

Quelque grain pour subsister

Jusqu'à la saison nouvelle

«Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l’août, foi d'animal,

Intérêt et principal.»

La fourmi n'est pas prêteuse;

C'est là son moindre défaut.

«Que faisiez-vous au temps chaud?

Dit-elle à cette emprunteuse.

Nuit et jour à tout venant

Je chantais, ne vous déplaise.

- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.

Eh bien : dansez maintenant.»

 

 

A ce niveau, la pire chose qui puisse arriver à une victime, c’est de s’en sortir et de perdre les  privilèges de son statut  de victime.  Un nouveau jeu de société : «  Qui perd, gagne »

 

La fourmi qui va s’inscrire dans des cours de chant pour l’été prochain… et de danse en ligne pour l’automne au cas où …

 

Et le citoyen-fourmi qui se sent  un peu touché,  qui serait tenté de mettre la main à sa poche,  se console (au moins calme sa conscience qui voudrait s’exciter)  en disant qu’il a fait son devoir … en payant ses impôts… du moins une bonne partie de ses impôts.

 

d)  Gus, dans les années quatre vingt, les pays avancés firent un pas de géant.  On assista à un nouveau Cana, un miracle sans pareil où la surdité, la pauvreté, la maladie, la vieillesse,  toutes les formes d’infériorité, tout ce que notre monde comporte de disgracieux ou d’injuste disparut d’un trait de crayon grâce au courage des Mères Térésa de nos Facultés et des abbés Pierre de nos administrations publiques. Si l’eau ne fut pas changée en vin, elle le fut tout au moins en piquette. Il ne faut pas être trop exigeant… surtout que tout fut fait d’un trait de crayon et par des fonctionnaires. On assista à la naissance de la rectitude politique, un quelconque ressac du Peace and Love de la génération antérieure,  un avatar de la caduque charité chrétienne et transfiguration aidant, le miracle opéra et les pauvres devinrent des économiquement faibles, les sourds des  malentendants, les aveugles des handicapés

visuels, les malades des clients, etc. Les mots, les bons mots charitables, viennent relayer Lourdes dans les guérisons du corps et de l’âme. Les professeurs se croisèrent les bras et applaudirent aux prouesses des « s’éduquants ». Les « p’tits bums » n’éprouvaient plus que des difficultés de comportement (passage obligé du mépris à la compassion) Les vieillards devinrent des aînés (pourtant  plusieurs en portaient le fardeau  depuis leur naissance) ; ils terminent leur âge  d’Or au Manoir de Jouvence (sic)  avant de passer au Salon … funéraire pour la Célébration des adieux  sur l’air de Ce n’est qu’un au revoir,  mon frère…  ou ma belle-sœur.

 On protège l’Ego des jeunes en égalisant démocratiquement les talents des étudiants par l’élimination des  notes chiffrées : Pas mal pan toute/  Peut faire mieux  / Pas si mal / Pas si pire / On a vu pire. Les profs ne peuvent plus mettre ÉCHEC sur un bulletin. On n’a droit qu’à un RR (Réussite Retardée)

 

Ce n’est pas la conformité qui me rebute dans la rectitude. C’est encore une fois la petite morale infantile, le petit catéchisme, le positivisme merdique, la magie à deux sous; on balaie le nègre sou le tapis et hop le Noir est plus blanc, tout le monde il est correct, plus personne il est raciste.

 

…Je dis nègre comme je dis aveugle, sourd et handicapé… pour protester  de cette vaste entreprise de décervelage. Pour que les mots ne servent pas de cache-pots. Pour dire que le langage n’est pas un pansement. Pour dire que l’insignifiance du langage n’a jamais rendu personne moins beauf. »

Foglia. 29  mai 2008.

 

 

Les politiciens s’en mêlent.  Tout développement est par définition « durable ». Les dépotoirs n’existent plus, trop laids ou malodorants.  Les édiles municipaux les ont  rebaptisé sites d'enfouissement. A la demande générale, pour les distinguer des cimetières, on les rebaptisa « sites d'enfouissement sanitaire ».  Les plus utopiques réclament la « pasteurisation », au moins verbale,    des  déchets. 

 

 Gus, les habitudes étant ce qu’elles sont, on entendit des protestations fort mal venues après de tels miracles.

        Une fois que par écrit on fit comprendre à un sourd qu’il était désormais un malentendant, il dit d’une voix assurée et apparemment sans angoisse « qu’il n’était pas un malentendant, qu’il n’entendait  rien pantoute, pardon!, pantout, pardon! pas du tout, qu’il était sourd comme un pot… et qu’il avait toujours droit à la totalité de  sa pension d’invalidité ». D'autres, moins geignards, vont jusqu’à refuser l’expression  malentendant comme trop péjorative; les sourds constituent simplement une minorité linguistique qui a ses droits et qui est menacée par les implants chirurgicaux (qui éliminent la surdité) qui sont en somme une  attaque  fasciste contre  la  culture des sourds dont il revendique la spécificité et le droit à l’existence. 

 

Quelques pays d’Afrique, qui ont perdu en dix ans 30% de leur pouvoir d’achat et de leur PIB sont inquiets de se faire appeler Pays en voie de développement  alors qu’ils s’enfoncent  à vue d’œil dans la pauvreté,  pardon ! accusent une progression négative dans leur avancement économique. S’il fallait que leur « progrès » à l’échelle de la langue tarisse les subventions des  agences internationales !

 

         Les afro-américains ont changé de nom quatre fois au cours du siècle; malheureusement  les Apôtres de la Bonne Langue ont  oublié de faire évoluer également le nom de ghetto  

 

Et mieux, Gus, tout ce qui est désirable, souhaitable, les desiderata, ont été promus au rang de droit de la personne. Bof s’est toujours demandé ce qui se passerait, dans le cas d’une famine universelle, si tous les citoyens du monde tapaient du pied et revendiquaient leur droit à la nourriture.  Sans doute qu’une manne leur tomberait du ciel… Ça s’est déjà vu parait-il.

 

Dans la même mouvance, mais en sens inverse, la malédiction contre les riches et les puissants sévit toujours, c’est le chameau qui ne réussit pas à passer par le trou d’une aiguille (Gus, c’est la deuxième bosse qui ne passe pas;  pour un dromadaire c’est plus facile).

 

 

Gus, une histoire vraie : un jury aux US dont une batterie d’avocats avait vidé le cerveau de larmes et de neurones a attribué 28 milliards de US dollars en compensation à une veuve dont le mari avait fumé toute sa vie des Philip Morris.

Depuis ce temps, les enfants d’Amérique rêvent en secret que leur papa fume (ils offrent parfois  un paquet de Philip Morris à la fête des pères)  et crève au plus vite pour qu’ils puissent se partager 90 000  fois le salaire du Président des États-unis.  Les plus pauvres, avec de bons avocats et des jurys débiles peuvent devenir des Bill Gates instantané  sans rendre aucun service à la nation sinon d’avoir fumer comme des irresponsables. De toutes façons une nation n’a jamais assez de gens riches comme Bill Gates.

Qui a dit que fumer était envoyer son argent en fumée ? pas pour les héritiers en tous cas.

Gus, 28 000 000 000 $ c’est la somme du Produit Interne Brut de l’ensemble des pays de l’Amérique Centrale (moins le Mexique). Tu comprendras que Philip Morris s’est empressé … de ne pas payer

 

LA VICTIMITE comme mode de subsistance

La richesse instantanée… comme le café.

Les retards de la justice  et les grands gagnants à la loterie des malheurs..

Le coup de chance : se trouver un ancêtre, individu ou collectivité, qui a pu subir des injustices…per saecula saeculorum. Le bien-être des descendants comme  éthique de la compensation.

ON a cru un temps que le pouvoir des larmes ne jouait que dans les rapports amoureux,  aujourd’hui,  les collectivités qui  peuvent faire valoir le martyr, les injustices subis et  faire pleurer coupables ou descendants de coupables sont en mesure d’exercer un pouvoir politique bien  spécial, le pouvoir lacrymal, une arme qui frappe droit au cœur.

Le gouvernement canadien, prévoyant, annonce dans son budget un fonds de 25 millions  pour dédommager les descendants des groupes  prétendument lésés qui pourraient  éventuellement miser sur les malheurs de leurs ancêtres. Aveux, excuses, mausolées, musées, commémorations mensuelles ne suffisent pas; seul le transfert de beaux dollars par les arrière petits-fils des offenseurs hypothétiques  aux arrières petits-fils des victimes a le pouvoir de laver les torts, de sécher les larmes, de cicatriser les plaies et … de mériter des  votes aux prochaines élections.

Aux USA on poursuit les écoles qui n’ont pas réussi à apprendre à lire  à un mongol.

 

Mieux, on a réussi à recycler les victimes.  Les victimes de l’amiantose qui ont obtenu des milliards en $ sont maintenant recyclés   en victimes de  la silicose… avec les mêmes médecins, les mêmes avocats et parfois les mêmes juges… A quand un troisième recyclage en victimes  de la cellulose?  À moins que ce soit de la cellulite?

 

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(fév. 2007.  Sept ans plus tard, ultime triomphe du bon sens, la COUR  SUPRÊME  des États-unis, annule cette décision (qui avait été réduite à 80 millions us$ ) "Il existe des limites constitutionnelles claires à l'imposition de mesures punitives et la décision d'aujourd'hui indique clairement que les tribunaux d'État doivent correctement informer les jurys de ces limites, de sorte qu'ils ne sanctionnent que le préjudice fait au plaignant, pas à des tiers »

Gus, une petite  leçon : se méfier de ce cocktail dangereux : un jury stupide acoquiné à des avocats véreux, le tout sous l’égide  de la rectitude politique

Il est question d’ajouter un nouveau principe à la Constitution américaine qui sert de modèle à bien d’autres :

 

 « S’il t’arrive un malheur quelconque, (peu importe tes responsabilités) il y a un coupable et il faut le faire payer pour que justice soit rendue». 

 

Comme quoi un malheur n’arrive jamais seul ! Enfin on le reconnaît !

 

 


(25/05/05) UN TRÉSOR À PORTÉE DE MAIN.

Une animatrice de radio, qui a perdu son emploi, à cause de plainte d'allergie provoquée par Trésor de Lancôme  que portait une collègue de travail obtient  un dédommagement de 10.6 millions US$ de son employeur.

Le parfum lui aurait fait perdre la voix, ressentir à l’occasion des chocs électriques par tout le corps, et selon l’avis de son médecin, aurait mis sa vie en danger.

Gus, on peut  supposer que la victime reconnaissante enverra quelques millions de sa nouvelle fortune à Lancôme qui en est l’innocent responsable

MacDonald’s a été poursuivi pour  ne pas avoir indiqué sur ses menus qu’ils ne devaient pas être consommés en conduisant.

 

Gus, parait-il que les Japonais auraient un dicton : « Un pays entre en décadence quand le nombre d’avocats dépasse le nombre d’ingénieurs ».  Le Bareau penserait, parait-il, à intenter un procès contre le gouvernement japonais pour entretenir un tel dicton.

 

On estime qu’aux USA les poursuites abusives  coûteraient à l’économie américaine  $2 650  par famille de quatre.  Mais ça rapporte beaucoup  plus que les loteries… pour ceux qui misent  sur cette victimite pour  s’assurer un avenir.

 

 

La campagne pour l’air pur, conjointement  avec l’« Asthme-power », a le vent en voile. On interdit le parfum, les fleurs dans les hôpitaux, dans les bureaux, dans les salles de cours, au concert, à la Télévision. Bof a une inquiétude cependant. Pourvu que les incriminations ne soient pas  rétroactives, qu’il n’ait pas à payer chèrement  pour les effluves d'After Shave qui lui ont permis de séduire Madame Boffe !

 

 

 Progrès de la « victimite »

« Le siècle qui commence (21E) sera celui du litige généralisé; les procès en réparations et en restitution d’oeuvres d’art vont se multiplier de façon exponentielle….les crans d’arrêt temporels ont sauté….  Chacun de nous acquiert en naissant un portefeuille de griefs qu’il devra faire fructifier. L’histoire entière est  une créance à notre égard dont nous exigeons le versement immédiat. Nous combinons aujourd’hui un romantisme de la souffrance, nouvelle caste élitiste,  avec une allergie absolue à la douleur, l’idéal étant d’acquérir le titre de paria sans avoir rien enduré. La moindre adversité qui nous atteint est un scandale qui doit être indemnisé. Se poser en victime, c'est se doter du double pouvoir d’accuser et de réclamer, de jeter l’opprobre et de quémander. Et puisque nous avons tous dans notre arbre généalogique au moins un pendu, un serf, un prolétaire, un persécuté, on remontera jusqu’au Moyen Age s’il le faut pour réclamer justice. Le combat politique classique formait des hommes et des femmes aguerris, fiers des conquêtes arrachées,  le combat juridique contemporain fabrique des mécontents chroniques. Il n’est pas certain qu’il s’agisse d’un progrès. »

 Pascal Bruckner, La tyrannie de la pénitence. P.172 

 

 

 

 

Augustin, cherche l’imbécile.

 

On s’amuse souvent à lire ou reproduire les instructions stupides que l’on trouve  sur les étiquettes de certains produits.  Avec la mode  des poursuites, les compagnies y sont obligées  pour éviter que des imbéciles ou des escrocs (aidés par tu sais qui) en profitent pour se faire payer des pensions lucratives  et pourvoir, en bons parents,  au bien-être de leurs héritiers pour une ou deux générations.

 

Tampax : « Retirer le tampon utilisé avant d’en insérer un nouveau »

…. Pour ne pas créer un embouteillage sans doute !.

 

Sur une scie à chaîne : « ne pas arrêter avec les mains ».

(Gus tu vois pleurer le jury  voyant le pauvre type avec une main sans doigts, qui ne peut même pas se gratter les oreilles quand ça démange et également au banc des accusés  l’équipe des chirurgiens qui n’ont pas réussi à recoudre les doigts que l’on avait pourtant ramassés avec toutes les règles de l’hygiène)

 

Sur un pudding au pain Marks & Spencer:

« Le produit sera chaud après avoir été chauffé. »

 

Dans les instructions d'un fer à repasser:

« Ne pas repasser le linge sur le corps ».

 

(Surtout si vous avez des rides,

ça peut faire des mauvais plis!)

 

Séchoir à cheveux Conair : « Ne pas utiliser sous la douche »

Sur un autre : « Ne pas utiliser en dormant »

 

Sur un hachoir à légumes :

«  Ne pas enlever les légumes avec les doigts quand le hachoir  fonctionne »

(Pour le moment, les bouts de doigt

n’ont pas la cote en gastronomie »

 

Dans le manuel d'instructions d'une télévision:

« Ne versez pas de liquide dans le téléviseur. »

(une excellente idée à un mois de la fin de la garantie)

 

Sur un somnifère (Nytol) : « Avertissement : peut causer la somnolence »

 

Sur un sac d’arachides : « Avertissement : contient des arachides »

Sur une brosse pour cuve de toilettes :

« Ne doit  pas être utilisée pour son hygiène personnelle »

(Pour les dents, pas de problèmes, elle ne passe pas,

mais pour les aisselles…  si on veut démêler la touffe …

pour ceux ou celles qui en ont encore ?!)

 

Sur des repas surgelés Swann:

« Suggestion pour servir: décongeler »

(Gus, évalue ce que vaut la beauté de la pauvre fille, surtout si elle n’avait que ça pour faire sa vie,  qui s’est défigurée à tout jamais en se brisant une dent sur  sa lasagne.

 

 

Sur une poussette de  bébé… :

« On conseille d’enlever le bébé avant  de la replier. »

(Gus, c’est vrai qu’il y a bien du monde qui n’ont pas fini leur secondaire.

Ah, l’instruction ! ça permet de lire les instructions)

 

Sur un costume de superman pour l’Halloween :

« Porter ce costume  ne vous permet pas de voler »

Un concurrent fait dans la subtilité :

« …ne vous autorise pas à voler »

 

Sur une laveuse à chargement frontal :

« Ne placez personne dans cette laveuse »

 

 

 

« Pour usage intérieur ou extérieur seulement »

 

Gus, ces avis, plus débiles les uns que les autres, sont des  symptômes d’une société qui confère une prime à l’irresponsabilité et à la débilité mentale avec la complicité d’avocats véreux, de juges et surtout de jurys  complaisants tout heureux de se défouler  en tapant  sur ce qu’ils estiment être les plus forts … ou les plus riches  selon les canons établis par la rectitude politique­..

 

 

« Si j’avais su, j’aurais pas venu »

 

 

 


SUITE : à chaque génération ses héros


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.Accueil., Situation

1.Effondrement des mythes de soutien

2. Conséquences de cet effondrement

3.Les spectres remplacent les mythes

   Les spectres …  (SUITE B)

   Les spectres …  (SUITE C)

4. Désarroi et individualisme

5. Héros pour chaque génération

6. Tableau RÉCAPITULATIF

7. Appendice. Texte de Rostand

 

Des thèmes pertinents au 20e siècle, ont été traités ailleurs dans un autre contexte :

Société de consommation  (les années soixante)

Gauche- Droite. Les tendances politiques

Mondialisation (fin de siècle)

Le terrorisme. Entrée dans le 21ième

Écologie et catastrophisme

Histoire de l’Alarmisme au vingtième siècle

Immigration et quête d’identité

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

NOUVEAU

CAPSULES: le prof bof pour les nuls ou les gens pressés

Brefs extraits ou capsules tirés des 30 sites du prof bof

 

A propos de

l’être humain

Petite histoire

des mentalités

divers

 

ORIGINALITÉ DE L’HOMME

HASARD ET EVOLUTION

LIBERTÉ (Une ILLUSION?)

CRÉATIVITÉ ET INVENTION    

SEXUALITÉ HUMAINE  

AGRESSIVITÉ (INNÉE ??)

TRAVAIL (Nature/histoire)

TOLÉRANCE (Jusqu’où?) +  

+++Relativisme éthique

 

 quête du bonheur

 

1.    MENTALITÉ PRIMITIVE

2.  PHILOSOPHIE GRECQUE  

3.  Monde CHRÉTIEN

4.  Monde moderne.(16e).   

5. LE SIÈCLE DES LUMIÈRES

6. 19e siècle (Scientisme)

7. Le 20e siècle 

8. Le 21e siècle

 

BRICOLAGE

 

(mON vERSAILLES À MOI)

 

GÉNÉALOGIE

(récents)

islam, islamisme, mahomet et le coran.

Le 21e siècle

. Alarmisme et catastrophisme

1, La quête identitaire.

2. gauche / droite

3. eINSTEIN EN IMAGES.

4. société de consommation

5. Mondialisation

7. le terrorisme

 

8. Écologie et catastrophisme

 

9. LA RÉVOLUTION  INDUSTRIELLE

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