HÉROS POUR CHAQUE
GÉNÉRATION.
Par le prof bof
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PREMIER TIERS DU 20E
SIÈCLE. L’ère des magnats de l’industrie Aux
18e et 19e siècle on a découvert de
nouveaux principes d’énergie (vapeur + électricité) et procédé à
des inventions fondamentales. Le
début du vingtième siècle verra une efflorescence de grands entrepreneurs, de gens qui ont lancé des produits
nouveaux qui seront la marque du siècle ou lancé des entreprises qui
changeront la face de l’économie. Ce sont les grandes
vedettes du premier tiers du vingtième siècle, leurs noms sont dans toutes les têtes et
ils sont devenus à ce point familiers qu’on a parfois oublié qu’il y a
des individus, mieux des personnalités ou des œuvres derrière ces noms qui
sont devenus pratiquement des noms communs tant ils ont marqué
l’imaginaire collectif. Par la suite il y aura autant sinon plus d’inventions
mais ce sera le fruit d’un travail collectif, impersonnel, anonyme. On ne
retient que le nom ou le sigle de la compagnie. Un
trait commun à ces pionniers: produits d’une époque où les impôts sont
pratiquement inexistants, la plupart se font un point d’honneur de verser une
partie des fortunes colossales qu’ils ont accumulées dans des fondations, des
instituts, des musées, des centres de recherche qui portent encore leur nom
et qui leur assurent une relative immortalité. Aujourd’hui
un nom ou un personnage qui semble être de ce calibre dans la
perception populaire est Bill Gates, à l’œuvre exceptionnelle (mettre
l’informatique à la portée de n’importe qui, même du prof Bof), à
la fortune colossale et aux multiples fondations surtout dans les pays
pauvres. Voici
donc une petite galerie… Certains, parmi beaucoup d’autres, gagnés par
l’esprit d’entreprise de ce premier tiers du siècle. |
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Le rêve de tout artiste… Se produire à Carnegie Hall. |
ANDREW Carnegie (au
tournant du siècle) Une
histoire exemplaire pour l’Amérique. Immigrant
à treize ans, aussitôt employé comme messager dans une compagnie de
télégraphie pour $1.50 par semaine. De promotion en promotion, il devient
directeur de compagnies de télégraphie, de chemins de fer et d’aciéries. En 1889, il liquide tout et il
écrit un essai qu’il considère comme un testament : L’évangile
de la richesse. |
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Cet ouvrage est considéré comme |
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HENRY
FORD. Répandit la voiture dans la classe moyenne. Il réalisa que s’il voulait vendre ses voitures en production de masse sur les chaînes de montage, il devait hausser le salaire de ses employés pour qu’ils puissent s’en procurer.. et faire progresser sa compagnie.
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"Mere money-getting has never been my goal. I had an ambition to
build."
John D.
Rockefeller
devenir un jeu video. |
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André et Édouard Michelin. Gus, un des frères était spécialisé dans la jante avant,
l’autre dans la jante arrière. Gus, si plus tard, quelqu’un te parle de ton
Michelin en regardant ton tour de taille, il sera temps de te mettre à
la diète. |
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KEITH KELLOG. Le
Karl Marx du petit déjeuner. Certains,
nostalgiques, regretteront les heureux temps où on faisait son gruau tous les
matins. D’autres
essaieront d’imaginer tout le temps gagné (souvent à dormir) par trois
générations à travers le monde en usant de la formule Kellogg. Un
petit pas pour Kellogg, un grand pas pour la libération de la femme |
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et parfois de l’homme qui sera
suivi de bien d’autres. Avec une formation d’une sixième année,
il s’efforce de varier le menu dans un Sanatorium où son frère était
directeur en cherchant des substituts au pain. En oubliant sur le feu une
concoction qu’il avait préparée, il changea ainsi par un heureux accident la
face du petit déjeuner, du moins en Amérique. Les Corn Flakes
étaient inventés. Il ne tenta pas de rivaliser
avec d’autres millionnaires de son époque dans la construction de châteaux de
plus en plus extravagants, il fonda plutôt plusieurs institutions
consacrées à l’enfance. Il meurt à 91 ans, une excellente publicité
pour la gamme de ses produits. Mieux en tous cas que la mort précoce du
docteur Atkins à la célèbre diète. |
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Enzo Ferrari
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Gus,
un amateur de courses, un émule de Shoemacher et
qui a permis â ce dernier d’accumuler une fortune à l’exception près
que Ferrari ne fit pas seulement s’asseoir derrière le volant en
tentant de ne pas en être éjecté comme Gilles Villeneuve. |
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Andrew Mellon Grand financier,
industriel, diplomate et collectionneur. Il s’intéressa
particulièrement aux œuvres d’art dont il meubla les musées des USA et fonda
plusieurs institutions de haut savoir. |
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Gus un héros d’un autre âge. Le
premier homme à faire le tour de la terre dans l’espace en 1961: Gagarine. Remarque
que Bof admire cent fois plus les travaux des
savants qui ont permis à Gagarine de s’abandonner… Tous ces
savants anonymes pour le non spécialiste, tous ces travailleurs d’équipe qui
se cachent derrière des sigles sont les héros et les responsables des
exploits les plus marquants du siècle. Mais ce ne sont plus les noms que l’on
retient. Gus,
un exemple de l’humour soviétique : Au retour de Gagarine, tous les journalistes avec cameras
et micros, sourire béat, sont à l’affût de ses premiers mots. Gagarine apparaît, les mâchoires serrées, la mine renfrognée,
les poings fermés. Il desserre à peine les dents et marmonne : « J’aimerais bien connaître l’imbécile qui a fermé derrière
moi la porte de cette maudite cabine quand j’étais en train de la
nettoyer » |
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Deuxième
tiers du siècle. L’ère des sauveurs de peuple La
grande invention et la grande production devient anonyme, produit de
« société anonyme » comme on dit, à quelques exceptions près. En ce
deuxième tiers du siècle, les héros,
les noms que l’on retient prioritairement et qu’on ne peut ignorer sous peine
de passer pour inculte sont des leaders politiques, des
personnalités fortes, charismatiques, qui ont marqué le siècle pour le
meilleur ou pour le pire. |
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Les ANTINOMIEs « La pensée européenne depuis deux cents ans s’est développée
dans deux directions apparemment antinomiques, l’utopisme et le nihilisme,
l’attitude révolutionnaire et l’attitude cynique—le y a qu’à et le n’est que. Selon les
utopistes, si l’on a la chance d’être instruit, il faut mettre son
intelligence au service de la révolution pour faire advenir un monde
meilleur. Selon les nihilistes, étant donné que tous les agissements humains
sont dérisoires et tous les espoirs voués à l’échec, on ferait mieux de
se suicider tout de suite ou à défaut, on peut écrire. Les uns
s’acharnent à bâtir l’avenir radieux, les autres nous plongent d’emblée dans
les ténèbres. Les premiers disent qu’il faut casser les œufs pour faire une
omelette; les autres que rien ne vaut la peine, ni les œufs ni les
omelettes et du reste on n’a même pas faim. La structure est identique
et les deux attitudes sont en réalité complices et complémentaires :
elles se fondent sur le tout ou sur le rien, l’important et la grande raison
de leur succès auprès du public, est leur caractère absolu. » Nancy Huston,
Professeurs
de désespoirs, p. 19 |
Les
peuples aiment se retrouver dans un symbole, une personne, qui est
l’incarnation du destin du groupe, son foyer d’identité, son gage d’unité
et qui le conduira vers une terre promise. Autrefois
ce rôle était parfois joué par les rois, peu importe leur valeur (le
leadership n’est pas un gène). Gus, tu connais tes poètes : Défendre
la patrie, mourir en s’enroulant dans le drapeau en criant dans un dernier
râlement « Vive le roi ». Pour
la période de 1930 à 1980 le culte du héros, du leader, du conducteur de
peuple a été marquant, surtout dans les pays non démocratiques. Il est
vrai que la propagande gouvernementale, surtout si elle est sans contrepartie,
est facilement créatrice de Moïses, ou tout au moins de Josués, à profusion. Bien des peuples à cette
époque entonnèrent d’une seule voix : « Un sauveur nous est
né » A
leur décharge, Gus, il faudrait cependant ajouter que la période 1914-1939
marqua un profond désarroi tant au plan économique que politique. A une
humanité déboussolée, quoi de mieux qu’un index qui te montre le Nord. |
?
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Gus,
je t’ai presque rejoint dans le temps. Je
ne compte pas ici reprendre tes cours d’histoire. Je
te propose plutôt un petit jeu ou un petit test. Peux-tu
accoler le sobriquet flatteur que le peuple (inspiré! ou programmé)
a
prêté (avec intérêt) si affectueusement aux
grands leaders de ce deuxième tiers (+ -) du vingtième siècle 14
PERSONNAGES QUE TU DEVRAIS
RECONNAÎTRE >>> |
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Gus, je ne voudrais pas te laisser sous l’impression
qu’il n’y eut à cette période que cette galerie (peu présentable
pour la plupart) de « sauveurs de peuple » auto-proclamés et qui ont su s’imposer à
l’imaginaire de leurs subordonnés qui les ont « mythifiés ». C’est l’époque qui a vu aussi d’authentiques
hommes politiques (vs politiciens) qui ont été de grands serviteurs de
leurs contemporains : Franklin Roosevelt, Winston Churchill, De
Gaulle, Martin Luther King, Albert Schweitzer, Lech Walesa, etc. Et au chapitre des héros, il ne faudrait pas
oublier les centaines de millions de victimes des « sauveurs de
peuple » et tous ceux, qui anonymement ont combattu et permis
d’échapper aux fièvres totalitaires. |
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Gus,
pour plusieurs, surtout si tu te prétendais un intellectuel, qu’il était
facile de penser profondément en ces temps là ! Tous les maux de la
planète, de la société et les failles structurelles de la nature
humaine étaient pour les uns causés par la bourgeoisie capitaliste et
pour les autres par les Juifs. Et alors les solutions s’imposaient
clairement et naturellement à tout esprit qui réfléchissait le moindrement. |
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Deux héros de la fin des idéologies et des « sauveurs de peuple » |
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Rosa parks qui en refusant de céder son siège d'autobus à un blanc en 1955 a lancé la plus grande révolution culturelle du siècle aux USA |
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Et pour l’avenir… De la terreur à l’insignifiance… |
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DE « Les idéologies ne meurent
jamais, elles se métamorphosent et renaissent sous une apparence nouvelle
quand on les croyait enterrées à jamais. L’échec, loin de servir de dégrisement, relance l’ivresse. Au visage affligé du colonisé a
succédé en effet le visage affligeant du décolonisé qui aligne depuis
quarante ans désenchantement et
fiasco : le Grant timonier et ses 70 million de morts, les massacres de
masse de Pol Pot, la répression vietnamienne et l’exode des boat people, la
dictature de Saddam Hussein, le délire obscurantiste des mollahs en Iran, le
fascisme cubain, la guerre civile algérienne, la déroute des divers
socialisme tropicaux, sans compte la corruption, l’appauvrissement, la gabegie, le népotisme. » |
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Un continent à la
dérive… « Ce cocktail de désastres »
comme le qualifiait pudiquement Kofi Annan en 2001 .Le règne meurtrier des Négus rouges.
Mengistu, les bouffonnerie macabres
d’un Amin Dada, d’un Sékou Touré, ou d’un Bokassa, la démence d’un Samuel doe et d’un Charles Taylor, les diamants de sang d’un Foday Sankho au Sierra Leone,
inventeur de la mutilation « short sleeve »,
au coude et « long sleeve » , à l’épaule,
l’utilisation des enfants-soldats, des bambins
tueurs, battus, drogués, les camps de détention, les viols collectifs, sans
oublier le conflit interminable entre l’Éthiopie et l’Érythrée, les guerres
civiles au Tchad, au Soudan, en Somalie, en Ouganda, en Côte d’ivoire, les
pratiques anthropophages au Congo, les crimes contre l’humanité au Darfour,
et last but not least, le génocide du Rwanda et la guerre des grands Lacs
avec ses trois à quatre millions de victimes. » Pascal Bruckner, La tyrannie
de la pénitence. P. 25 |
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Un thème
pertinent à la fin de cette période a été traité
ailleurs dans le cadre d’un site concernant le travail : Société de consommation
(les années soixante) |
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troisième
tiers du siècle l’ère du
vedettariat Gus,
plus près de nous, en cette fin du vingtième siècle les statues des leaders
en qui les peuples avaient mis leur confiance ont été déboulonnées et les quelques unes qui restent
(Corée du Nord, Cuba) figurent
plutôt au musée de l’histoire
pour illustrer comment ça se passait il y a à peine une génération. Des
préoccupations nouvelles, des héros
nouveau genre sont apparus répondant sans
doute à des préoccupations nouvelles ou peut-être à l’absence de
préoccupations d’ordre plus englobant. Comment
devenir riches et célèbres ? Comment figurer dans tous les journaux, comment
aller chercher des salaires hors de proportion avec les
services rendus? Ce qui compte, ce
n’est pas d’être,
mais d’être
vu. Gus, nous sommes
à l’ère du Vedettariat. |
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On
avait prédit que chacun connaîtrait un jour son quart d’heure de célébrité. Pour
certains, Gus, ce quart d’heure semble tarder. « Peut-être que
nous ne sommes pas assez beaux, moi en tous cas, que nous avons hésité
à commettre des crimes crapuleux pour passer à la télévision (et écrire un
best-seller à la sortie de prison), peut-être que nous ne sommes pas
assez effrontés pour chanter avec nos filets de voix, que je devrais cesser
d’être ton gérant ou ton mentor, etc.!! » Mille raisons qui
retardent notre quart d’heure de publicité qui nous permettrait de
« se sentir du monde » en cette fin de siècle. Cependant
pour des milliers d’autres l’heure est venu d’occuper les ondes, les écrans,
les stades, les premières pages des Tabloïds, des revues niveau people,
d’ÊTRE vus tout simplement, de se sentir exister, d’être
quelqu’un. Ces VEDETTes sont les héros chéris par la population, on
en fait facilement des milliardaires et on s’en félicite même si soi-même on
est pauvre comme la gale, on se déplace pour les voir, les entendre,
les acclamer. On est prêt à tout donner comme gage d’affection, même ses
petites culottes. |
Le culte des reliques. Une « chique de
gomme » ayant été pétrie originairement par la divine bouche de B.
Spears vient d’être achetée pour $20 000.00
par un amateur de chewing-gum ou de ….. Dans
la même veine, sont mis aux enchères sur Internet les restants de table de
David Beckham
dans un restaurant (un demi épi
de mais, un fond de bouteille de
Coca-Cola et un restant de
frites). Devine, Gus, le prix du
repas complet s’il ne l’avait que regardé et béni. Un artiste a vendu comme œuvre
d’art ($75 000.) ses excréments dans une boite de conserve. Gus, penses-tu
que l’analyse du code génétique peut ici être d’un certain secours pour
garantir au moins l’authenticité du chef d’œuvre. Penses-tu que Wrigley’s et Ex-lax devraient subventionner des chaires
d’appoint dans nos Écoles des Beaux Arts. |
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Comme
la nature, toujours équitable, a distribué une moitié des quotients
intellectuels en dessous de la moyenne, il y a un public pour quiconque, il suffit
de s’adapter au niveau mental de la clientèle éventuelle et il y
a sans doute par le haut ou par le bas des secteurs de marché encore
inexploités. Le
culte de la célébrité remplace le culte des saints d’autrefois : des
lieux de naissance de telle ou telle vedette célèbre développent, nouveaux
Lourdes, une industrie du Pèlerinage. De retour de ces nouveaux
Compostelle, les fidèles arborent fièrement les
« souvenirs » de pacotille que l’on a acheté à grands
frais; on se laisse même toucher au cas où des « ondes
positives » se dégageraient de ces pèlerins nouveau genre. Au
moins un placard quelconque sur la bagnole témoigne de la foi, de la fidélité
et de l’aventure spirituelle du pèlerin. L’hagiographie
fonctionne à plein régime : on raconte qu’une des vedettes les plus
adulées de ce dernier tiers de siècle à failli battre un record : le
premier homme à se noyer dans un bol de soupe… si sa servante, à deux
reprises, ne lui avait pas relevé la tête tombée sous l’effet des
drogues ou des médicaments. Politiciens,
leaders de peuple, magnats de l’entreprise, philosophes
évidemment, peuvent aller se recoucher; s’ils ne sont pas vus, s’ils
n’ont pas un bon gérant pour faire passer leur image, ils n’existent pas pour
le siècle. La plupart des gens sont incapables de nommer plus de trois chefs
d’état, un savant, un ou deux directeur d’entreprise; ils sont en
mesure cependant de nommer au moins une centaine de
« vedettes » quand ce n’est pas quelques milliers pour ceux qui
lisent les « bons journaux ». Autrefois les fous du roi ne
pouvaient entrer dans le temple, aujourd’hui les clowns, les comiques à la
petite semaine, |
« Le
19 mai 2004, j’ai perdu pied. Pratiquement seule sur le pont Jacques Cartier,
j’ai éclaté en sanglots. Je ne voyais plus rien et n’avais plus la moindre
idée de qui j’étais. Mon mal de vivre de plus en plus envahissant.
Pire je n’avais qu’une seule idée en tête. Me jeter du haut du pont.
Ironie du sort, on venait d’installer un dispositif antisuicide….. …. « Cessez
de croire tout ce qu’on vous montre à la télévision, pour l’amour du
ciel ! N’acceptez
pas ce rôle d’imbécile qu’on vous a assigné. Soyez lucides. Prenez les
devants. Décidez. Choisissez. Informez-vous. Changez de poste. Mieux, fermez
la télévision. Secouez- vous. Bougez. Boudez s’il le faut. Sortez. Arrêtez
vous. Prenez congé des médias. Prenez congé de la publicité. Fermez les yeux.
Regardez autour de vous. Qui décide pour vous? Est-ce vous? Maîtrisez de
nouveau votre vie. Sachez aussi qu’apprendre à dire non, cela veut dire être
capable de dire oui quand il le faut. Cessez d’idéaliser le monde du
spectacle. Ce n’est pas plus vert chez le voisin. » Actualités.15/10/05
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« Contrairement à ce qu’on
croit, je n’ai pas grimpé une échelle, je l’ai descendue. J’ai commencé la
tête dans les nuages et j’ai descendu une marche à la fois. J’ai maintenant
les pieds sur terre, je ne rêve plus, parce que je fais partie de mes rêves,
je fais partie de ma vie. » Céline Dion. |
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divertisseurs de service ou de fin de soirée occupent le temple et les autres
doivent payer leur tribut pour y avoir accès. La
pire épreuve pour certains, est de ne plus être vus, *** d’être
condamnés à être tout simplement. « Que
l’on dise n’importe quoi, mais que l’on parle de moi, en fourrure ou à poil,
qu’on m’arrache à l’enfer de l’anonymat». |
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Un vieux
politicien québécois devrait aujourd’hui recycler son humour. Il
commençait parfois ses discours : Électeurs, électrices, électriciens. Et les
rires fusaient… Aujourd’hui
il se ferait huer s’il n’ajoutait électriciennes. |
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*** Gus, entre nous deux. Un riche juif
montréalais voudrait bien être accepté par la population de Westmount qui le snobe; l’offense est
particulièrement cruelle pour sa femme. Il a beau donner
pour se faire valoir des sommes fabuleuses à l’Orchestre symphonique, au
Musée, c’est inutile au grand désespoir de sa femme. Finalement une idée qu’il croit géniale
… Créer une fondation à son nom et à
celui de sa femme… Il harcèle son médecin pour lui trouver une maladie… à laquelle il pourrait dédier une fondation,,,
associée à son nom et être enfin
reconnu par la haute société de Westmount… Un problème cependant : toues les
maladies médiatiquement et
politiquement correctes sont déjà occupées par une personnalité locale…Les
belles victimes sont déjà accaparées; les enfants, les femmes, les homos, les vieillards, etc……A
bout d’inspiration le médecin lui suggère : --- La maladie de Crohn. --- Jamais entendu parler.
C’est un gros truc? --- Environ deux cent mille
Canadiens en sont atteints, je pense. --- Ah, c’est bon, ça ! Tu
vois, quand tu veux? Vas-y, raconte. --- Ça s’appelle encore iléite
ou colite ulcéreuse. ---Traduits- moi en langage
courant, s’il te plait. --- Ça provoque des
flatulences, de la diarrhée, des hémorragies rectales, de la fièvre, une
perte de poids. Quand tu te chopes ça, tu peux aller à la selle jusqu’à
quinze fois par jour. -- AH SUPER! Extra! Je me vois déjà téléphoner à
Wayne Gretzky : « Ça vous dirait de
rejoindre une fondation en faveur des mecs qui n’arrêtent pas de
loufer? » Ou :
« Monsieur Trudeau, ici D.K., j’ai une idée
sensass pour améliorer votre image de marque : vous entrez au comité
d’honneur de l’association charitable que ma femme va lancer au bénéfice des
gus qui se chient vivants. » Ouais, vous êtes tous invités à la soirée annuelle qu’organise mon épouse, le
« Bal des Pets Foireux »… Non, écoute, pour ma femme il faut
quelque chose de classe. Je veux que tu m’aies trouvé un truc qui tienne la
route d’ici demain matin neuf heures.… » Le
monde de Barney. Mordecai Richler. |
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Gus, je n’ai pas ici l’intention d’explorer avec toi
le vedettariat et d’en faire ici un quelconque inventaire. Déjà tu as,
j’en suis sure, un catalogue qu’il est inutile de répéter : des vedettes
que tu adores, une multitude que tu connais et tolères,
celles que tu détestes franchement et rêves de supprimer par le
ridicule. J’ajoute ici seulement trois thèmes de réflexion. |
Le rêve et la réalité
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Pour
mille appelés ou pour ceux qui en rêvent peu d’élus, et injustice de la vie, ce
n’est pas nécessairement ceux qui le méritent le plus qui réussissent.
Un bon gérant, de bonnes connexions avec une grande compagnie, la tête
du rôle, quelques coups de chance et une bonne mise en marché peuvent décider
d’une carrière alors qu’un autre à talent égal sera condamné à l’anonymat, à
croupir dans ses ambitions refoulées. Pour chaque
« vedette », des milliers de rêves brisés. Et ça dans
tous les domaines, en sciences, en arts, dans les sports, etc. Ah,
les bons temps où il ne fallait qu’être du bon parti et se livrer à la
flagornerie pour être consacré vedette officielle. Mon
cher Augustin, ne casse pas tout de suite ta guitare. Change plutôt de mentor
si tu le veux. Bof te
dit ceci non pas pour te décourager mais pour te faire prendre conscience
qu’il y a mille autres manières d’être « quelqu’un », d’être même
heureux, de s’accomplir sans faire la première page des journaux,
qu’ « être » est plus important qu’ « être
vu » si flatteur cela soit-il. Remarque
que les manchettes sont souvent réservées à une vedette qui vient de
succomber à une overdose de cocaïne ou qui en est à son énième échec conjugal
(que l’on présente évidemment comme un privilège de riche, de la nouvelle
classe) Et
quand quelqu’un par ses performances te transporte de joie, applaudit
sans réflexe de jalousie, c’est sa manière d’apporter un peu de bonheur
autour de lui. Et
quand tu lis quelques idioties, console-toi, la bêtise est une des choses les
mieux partagée et qui traverse toutes les classes sociales et toutes les
professions. C’est « la bêtise équitable », là ou le
socialisme a le mieux triomphé. Un
souvenir de Bof : cette actrice fort célèbre qui paye 75 000 de $ d’il y
a vingt ans pour faire transformer la plomberie de sa chambre d’hôtel
d’un soir parce qu’elle voulait prendre une douche au champagne. Si jamais, Gus, il t’arrivait à toi aussi de perdre la tête dans un moment de frénésie, prends plutôt un bain dans de l’eau Perrier. C’est plus raisonnable quoique … |
Je suis un gars ben ordinaire Des fois j'ai pu l'goût de rien faire J'fumerais du pot, j'boirais de la bière J'ferais de la musique avec le gros Pierre Mais faut que j'pense à ma carrière Je suis un chanteur populaire Vous voulez que je sois un Dieu Si vous saviez comme j'me sens vieux J'peux pu dormir, chu trop nerveux Quand je chante, ça va un peu mieux Mais ce métier-là c'est dangereux Plus on en donne plus l'monde en veut Quand j's'rai fini pis dans la rue Mon gros public je l'aurai pu C'est là que je m'r'trouverai tout nu Le jour où moi j'en pourrai pu Y'en aura d'autres plus jeunes plus fous Pour faire danser les boogaloos J'aime mon prochain, j'aime mon public Tout ce que je veux c'est que ça clique J'm'fous pas mal des critiques Ce sont des ratés sympathiques Chu pas un clown psychédélique Ma vie à moi c'est la musique Si je chante c'est pour qu'on m'entende Quand je crie c'est pour me défendre J'aimerais bien me faire comprendre J'voudrais faire le tour de la terre Avant de mourir et qu'on m'enterre Voir de quoi l'reste du monde a l'air Autour de moi il y a la guerre La peur, la faim et la misère J'voudrais qu'on soit tous des frères C'est pour ça qu'on est sur la terre Chus pas un chanteur populaire Je suis rien qu'un gars bien ordinaire CHARLEBOIS |
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LES PROPHÈTES REVISITÉS…
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Gus,
je t’ai déjà parlé de ces deux classiques de la science-fiction politique
(que tu t’es sans doute efforcé de lire depuis). Le livre d’Orwell a
presque frappé juste en illustrant ce qui menaçait le monde dans le
deuxième tiers de notre siècle. Le livre d’Huxley semble
préfigurer davantage les problèmes et les attitudes de la fin du siècle
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Pour stimuler ta réflexion, je te
soumets ce texte de Neil Postman (Se distraire à
en mourir) |
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« Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres, |
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Huxley redoutait qu’il n’y ait même plus besoin d’interdire les livres
car plus personne n’aurait envie d’en lire. |
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Orwell craignait ceux qui nous priveraient de l’information. |
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Huxley redoutait qu’on ne nous en abreuve au point que nous en soyons
réduits à la passivité et à l’égoïsme. |
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Orwell craignait qu’on ne nous cache la vérité. |
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Huxley redoutait que la vérité ne soit noyée dans un océan
d’insignifiances |
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Orwell craignait que notre culture ne soit prisonnière. |
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Huxley redoutait que notre culture ne devienne triviale, seulement préoccupée de fadaises. Car comme le faisait remarquer Huxley dans Brave New world, les défenseurs des libertés et de la raison qui sont toujours en alerte pour s’opposer à la tyrannie « ne tiennent pas compte de cet appétit qu | |||