« Une certaine intelligentsia »
D'Illusion en illusion
Les grandes espérances.
Quand l’esprit
critique s’étouffe
Le carrousel des matrices de l’avenir.
Les « va
et viens » de la
dialectique.
Quand l’avenir
ne sait plus où donner de la tête
Reformatage périodique de la pensée « tendance »
Les espérances inassouvies… et toujours renaissantes
A la recherche du paradis perdu ou des paradis
évanescents
L’Histoire, consacrée nouvelle divinité, verse dans le
polythéisme…
Les paradigmes de l’avenir qui jouent du coude pour
entretenir les espoirs.
Tous les cinq ans, les faiseurs d’opinion entonnent:
« Un sauveur nous est né »
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« J’ai toujours été fasciné
par le peu d’instinct manifesté par les intellectuels. On dirait que par
souci d’équilibre, pour ne pas tout donner aux mêmes, la nature s’est
ingéniée à priver de flair et d’instincts (bons sens?) les gens déjà
intelligents. Un peu comme si la nature s’était dit,
bon o.K,
je vous ai faits intelligents, mais maintenant je vais vous faire un peu
cons. Un peu sur le modèle de l’albatros, ces vastes oiseaux, princes de
l’azur, dont Baudelaire dit que leurs ailes de géants les empêchent de marcher. » Foglia. Gus, ton prof
a déjà noté la distinction que les Américains font entre « scholars » et « intellectuels ». Ces derniers pensent au-delà de leurs moyens alors
que les premiers le font en fonction de leurs moyens. |
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AVANT LE
SOCIALISME DIT SCIENTIFIQUE….
LES ÉBAUCHES PROMETTEUSES… « De fait, quand Petrachevski crée un phalanstère fouriériste pour ses
quarante serfs, les dits serfs ne l’entendent pas de cette oreille et, la
veille de l’inauguration, ils mettent le feu au bâtiment; quand les microcommunautés utopistes se déchirent, montrent le
visage de l’homme le moins radieux, permettent aux vices de remonter à la
surface quand rien n’interdit qu’on interdise; quand les révolutionnaires qui
prônent le partage, la mise en commun, la joie dans le travail, le bonheur de
la communauté, le salut dans, par et pour la collectivité, se montrent les
plus égoïstes, les plus jalousement propriétaires, les plus envieux, les plus fainéants; quand les défenseurs de
l’amour libre et du communisme généralisé se boxent pour une femme ou
construisent des clôtures sur leur
petit lopin de terre; quand les sociétaires des communautés owénistes profitent de la générosité du fondateur pour
vivre aux dépens et aux crochets de la collectivité, on peut, effectivement,
conclure à l’échec. Car effectivement, la réalité de l’eudémonisme social n’a
pas été à la hauteur des ambitions de ses promoteurs. » ONFRAY. L’eudémonisme social. Grasset 2008 |
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Surprise. Le soleil se lève à l’est.
La révolution définitive qui achève et couronne la révolution
bourgeoise de 1789 au moment où la vieille Europe est en train de s’auto
détruire. Le vrai peuple est enfin au pouvoir. C’est la fin de la guerre des
classes par le triomphe du prolétariat. … L’histoire est en marche et
atteint son point culminant : on célèbre
l’étape ultime du devenir politique. La grandeur et la noblesse du but légitime
tous les moyens. Lénine opérant
le grand nettoyage de la planète. |
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STALINISME. Culte
de la personnalité. Poètes, sculpteurs, architectes, monuments, statues
gigantesques, noms de rues et de villes
chantent les mérites du Petit père des peuples…C’est
l’ère des grands travaux collectifs
qui en mettent plein les yeux aux
critiques et fondent de grands
espoirs…Le plaisir de travailler pour la collectivité. Le mythologisation
du personnage fonctionne à plein, du moins pour les intelligences
dévouées, jusqu’au 20ième
Congrès du parti communiste où . |
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Mao. On évalue à 80 millions les victimes du maoïsme en tenant compte des famines programmées. Soit au total
plus que les victimes du stalinisme
et de l’hitlérisme (24 000 000). Maoïsme oblige :
Sartre approfondit sa pensée et raffine
son vocabulaire; non seulement il distingue les crimes qui vont dans
le sens de l’histoire et ceux qui la
retardent, en 1961,
les anti-communistes ne sont que des « chiens », cinq ans plus tard, promotion, ils sont devenus ( on n’arrête pas le progrès) des « rats
visqueux » Un
dicton courant à l’époque dans certains milieux chics. « Vaut
mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. » Gus, c’était
plus facile et ça faisait une
belle jambe idéologique. Des chapelles continuent en Occident à célébrer le culte du héros et de le rappeler à la
mémoire encore aujourd’hui…Triomphe du
vocabulaire... Gus,
à voir ou à revoir; le final des invasions
barbares |
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Recyclage des
enthousiasmes et des indignations… Il
semblerait que les mêmes (ou leurs enfants ou petits enfants) que l’enthousiasme
étouffait autrefois se sont recyclés dans
l’indignation agressive et tapageuse à
propos de la même Chine. Alors que Gus, une question pour toi : soit une des plus belles images
politiques du vingtième siècle… Si la scène s’était passée aux
beaux jours de Mao, sans télévision, sans journaliste étranger, imagine le
trajet du Tank. |
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Le salut se rapproche… L’AVENIR AU COIN DE Castro et Che GUEVARA. La révolution dans les
Antilles. Encore une grande marche.
David résiste au Goliath Un million de cubains
envahissent |
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Tito.
Il incarne la figure du
rebelle et du résistant.. . Il résiste
à Staline qui voulait le mettre au pas. En se séparant et se révoltant contre
Staline, il donne pour un temps l’espoir d’un socialisme à visage humain… et
de tendance nationaliste. Par son
autorité exemplaire, il réussit de son vivant, comme Saddam ailleurs, à
maintenir le couvercle sur la marmite
des nationalismes des
Balkans qui auront l’occasion et tout le temps de s’exprimer après sa
mort. |
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L’Oncle Ho. Le Vietnam… Les révolutionnaires
aux pieds nus, Par astuces, ruses,
intelligence, sacrifices (et avec
l’aide soviétique) ils viennent à bout
de la plus grande puissance de l’époque…qui s’était portée à la
défense du régime en place. Départ
précipité en hélicoptères sur le toit de l’ambassade aux applaudissements presque généralisés, autant aux USA qu’en
URSS. Le délire jubilatoire
est de courte durée. Des millions, incapables de lire Ce qu’ont bien compris Aron et
Sartre qui se réconcilient momentanément et nolisent
un bateau pour venir au
secours des victimes en mer. D’après l’ONU, un tiers des Boat People périrent en mer, 1.6 million
de survivants furent accueillis dans différents pays, surtout en Occident. Les paradis sont moins paradisiaques
qu’on l’aurait cru. |
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Dans un nouveau style de puritanisme, tout ce qui rappelle de près ou
de loin l’Occident est détruit. On abolit famille, religion, propriété
privée, monnaie. etc. Gus, à voir. THE KILLING FIELDS |
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Fatigue
et lassitude. Cette certaine intelligentsia
commence à ressentir une
lassitude bien compréhensible dans la recherche éperdue de
nouveaux sauveurs qui pourraient
servir de paradigmes pour un monde meilleur,
entretenir un peu d’espoir pour
s’arracher à la société mercantile en train de s’établir en Occident. L’histoire en marche commence à claudiquer… De désespoir en désespoir…
L’ivresse
des solutions toutes faites s’est arrêtée à
Certains décrètent alors la fin de
l’histoire. Gus, c'est un peu comme s’il y
avait des limites à se mettre un doigt
dans l’oeil. ULTIME DÉFENSIVE. Les faits, les raisons se multipliant pour montrer l’échec du projet,
la résistance de la réalité à matérialiser le rêve, il ne restait plus qu’à déclarer la raison impuissante, inapte par elle-même à saisir la réalité, à
n’être bonne qu’à produire des discours, que l’intelligence (s’il en reste)
se doit de déconstruire, pour sauver, du moins dans les chaires
universitaires, un peu des ambitions passées. Pour des raisons
moins spéculatives, on commet bien « des meurtres d’honneur » ! |
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LE
TIERS MONDISME. Faute d'espoir, pourquoi ne pas
verser dans la commisération et se cultiver un messie
souffrant, qui porte sur lui tous les péchés de l’Occident… Le tiers
mondisme comme alternative. .. L’ère de l’auto flagellation, de l’apologisme et « des
sanglots de l’homme blanc »
qui est coupable du mal universel
de la planète… On ignorait que
le messie tant attendu était
plutôt un rédempteur politique…
promesse de plus de justice et d'égalité en ce monde… le progrès à Les pleurs s’assèchent quand on constate comment, dans
ce tiers-monde, on s’entredéchire dans
des guerres intestines, menées par
des dictatures qui se chargent de
trouver ou d’en inventer les prétextes, le tout avec des armes fournies évidemment pas l’Occident. Les mea culpa, qui
rythmaient les sanglots de l’auto flagellation et de la
culpabilité, se font moins percutants. Et se faire servir le vieux mythe de
la tarte aux pommes Reprise… Le sophisme ou le mythe de la
tartre aux pommes. Qui a longtemps servi de fondement ou de paravent pour le
« tiers-mondisme »
Mais,
Gus, toi qui es intelligent, toi qui n’es pas encore un idéologue
professionnel ou un politicien de carrière,
tu devrais être en mesure d’imaginer la
possibilité que celui qui crée de la richesse est peut-être celui qui fait
grossir la tartre… quitte à ce qu’il
se serve le premier… De
la tartre pour tout le monde…. ***C’est
le cas du vol et des loteries. |
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Pour cette « certaine
intelligentsia », les paradis,
les modèles, les idéaux incarnés se succèdent
comme dans des plans quinquennaux pour nourrir les espoirs et
stimuler les critiques du présent immédiat. Si le bien est protéiforme, multiple,
variable, changeant, le mal est
monobloc, permanent, stable et sert à travers le temps de repoussoir
et justifie toutes les erreurs ou les
égarements de la pensée…
La
ruse de la disjonction fonctionnelle. Maître
du vocabulaire, cette « certaine intelligentsia » décrète d’office que tout ce qui n’est pas communiste ou marxiste est fasciste, fascisme
que erronément certains avaient cru mort en 1945. On serait presque tenté de
citer le mot de Lord Acton : « Chaque
voyou est suivi d’un sophiste armé d’une éponge ». (Gus,
suis le mouvement de l’éponge dans le tableau ci-contre) Démocratie,
libéralisme, élection, parlement, liberté d’opinion, société de
consommation ne sont plus que des
façades, des variantes plus ou moins hypocrites, formelles, du
fascisme. … La dichotomie marxisme/fascisme a le mérite de la
clarté, de simplifier les démarches de la pensée et, pour
orienter l’action, de montrer sans
équivoque où est le bien et où est le mal. Le fascisme ainsi ressuscité, sous respiration artificielle,
c’est pêle-mêle Hitler, les camps d’extermination, le parlementarisme,
la société de consommation, les USA, etc.
Franco ou Pinochet servent
d'abri Tempo pour les crimes des
régimes issus du marxisme. etc. On multiplie les « délits
d’opinion ». Par les seuls mots qu’on manipule comme des armes, on
intimide, on disqualifie, on discrédite. La critique se fait incisive et mord
bien dans la réalité. La
« certaine intelligentsia » s’est gardé le monopole des bonnes idées et a fait une sélection
judicieuse entres les bons crimes à escamoter et les mauvais crimes à
dénoncer (sous peine d’inculpation). Koestler résume cette attitude comme « une reddition
inconditionnelle des facultés critiques. » Toutes ces hésitations sur le sens de l’histoire ou
ces simplifications de la pensée
s’élaboraient à l’ombre d’un parapluie
atomique… qui ajoutait du sens et de la profondeur au discours. La grande
illusion est portée par le
vocabulaire, par les horreurs du fascisme et la critique sociale, quand elle
se veut subtile, fonctionne comme un
petit moteur à deux temps : L’un est fondamentalement
bon ….malgré tout… L’autre est
essentiellement mauvais…. malgré tout… Au vingtième
siècle, il suffit de se présenter
comme « fossoyeur du capitalisme » pour s’inscrire comme joueur
majeur dans l’histoire des peuples. C’est
Camus qui disait : « Les idées fausses se terminent toujours
dans le sang, mais c'est toujours le sang des autres. C'est pour cela que nos
philosophes sont si à l'aise pour dire n'importe quoi." Avec le temps cependant, au
vingt-et-unième, l’ambition se fait plus
modeste. On compte moins sur
les fossoyeurs que sur des alternatives au capitalisme…qu’on cherche
toujours… avant qu’il ne mette la planète
à feu et à sang. « Les auras qui pour plusieurs
pouvaient jeter de la poudre aux yeux et
légitimer tous les types de discours se sont évanouies les unes après les
autres… Le marxisme, armé des solutions pour l’avenir des nations, n’a pas
survécu à l’Union Soviétique, son
premier modèle,,et à ses acolytes… le
freudisme grâce auquel n’importe qui avec un peu d’imagination pouvait discourir pendant des heures à
partir de n’importe quoi qualifié
de symbole. Ceux qui avaient réussi à donner un vernis
scientifiques à leurs élucubrations du
langage en empruntant le vocabulaire
des sciences physiques ont été
ébranlés par les écrits de Sokal. Reste le plancher des vaches… bien couvert par les journalistes… » ……. « L’éloignement de la philosophie
de la science est un désastre, et Régis Debray a raison de souligner que les
plaisanteries dédaigneuses du normalien Sartre sur la science et la
technique, rejoignant d’ailleurs la phrase de Heidegger « La science ne pense pas » sont une clef pour
comprendre le déclin philosophique. » Claude
Allègre. Chroniques d’espoir
Voir aussi. Mort et renaissance
du phénix. Leurre de paradis et horreur de
l’enfer. Suite
et fin : 6. Tableau
RÉCAPITULATIF >>> |
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1.Effondrement
des mythes de soutien 2.
Conséquences de cet effondrement 3.Les spectres
remplacent les mythes 5.
Héros pour chaque génération |
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Cinq thèmes pertinents au 20e siècle,
ont été traités ailleurs : Société de
consommation (les années soixante) Mondialisation (fin de
siècle) Gauche droite
(économie, politique) |
|
« être sérieux sans se prendre
trop au sérieux » |
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NOUVEAU CAPSULES: le prof bof pour les
nuls ou les gens pressés Brefs extraits ou capsules
tirés des 30 sites du
prof bof |
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A propos de l’être humain |
Petite histoire des mentalités |
divers |
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(récents) |
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