« Une certaine intelligentsia »
D'Illusion en illusion
Les grandes espérances.
Quand l’esprit
critique s’étouffe
Le carrousel des matrices de l’avenir.
Les « va
et viens » de la
dialectique.
Quand l’avenir ne
sait plus où donner de la tête
Reformatage périodique de la pensée « tendance »
Les espérances inassouvies… et toujours renaissantes
A la recherche du paradis perdu ou des paradis
évanescents
L’Histoire, consacrée nouvelle divinité, verse dans le
polythéisme…
Les paradigmes de l’avenir qui jouent du coude pour
entretenir les espoirs.
Tous les cinq ans, les faiseurs d’opinion entonnent:
« Un sauveur nous est né »
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« J’ai toujours été fasciné par le peu d’instinct manifesté par
les intellectuels. On dirait que par souci d’équilibre, pour ne pas tout
donner aux mêmes, la nature s’est ingéniée à priver de flair et d’instincts
(bons sens?) les gens déjà intelligents. Un peu comme si la nature s’était dit, bon o.K, je vous ai faits intelligents, mais maintenant
je vais vous faire un peu cons. Un peu sur le modèle de l’albatros, ces
vastes oiseaux, princes de l’azur, dont Baudelaire dit que leurs ailes de
géants les empêchent de marcher. » Foglia. Gus, ton prof
a déjà noté la distinction que les Américains font entre « scholars » et « intellectuels ». Ces derniers pensent au-delà de leurs moyens alors
que les premiers le font en fonction de leurs moyens. |
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Surprise. Le soleil se lève à l’est.
La révolution définitive qui achève et couronne la révolution
bourgeoise de 1789 au moment où la vieille Europe est en train de s’auto
détruire. Le vrai peuple est enfin au pouvoir. C’est la fin de la guerre des
classes par le triomphe du prolétariat. … L’histoire est en marche et
atteint son point culminant : on célèbre
l’étape ultime du devenir politique. La grandeur et la noblesse du but
légitime tous les moyens. Lénine opérant
le grand nettoyage de la planète. |
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STALINISME. Culte
de la personnalité. Poètes, sculpteurs, architectes, monuments, statues
gigantesques, noms de rues et de villes
chantent les mérites du Petit père des peuples…C’est
l’ère des grands travaux collectifs
qui en mettent plein les yeux aux
critiques et fondent de grands
espoirs…Le plaisir de travailler pour la collectivité. Le mythologisation
du personnage fonctionne à plein, du moins pour les intelligences
dévouées, jusqu’au 20ième
Congrès du parti communiste où . |
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Mao. On évalue à 80 millions les victimes du maoïsme en tenant compte des famines programmées. Soit au total
plus que les victimes du stalinisme
et de l’hitlérisme (24 000 000). Maoïsme oblige :
Sartre approfondit sa pensée et raffine
son vocabulaire; non seulement il distingue les crimes qui vont dans
le sens de l’histoire et ceux qui la
retardent, en 1961,
les anti-communistes ne sont que des « chiens », cinq ans plus tard, promotion, ils sont devenus ( on n’arrête pas le progrès) des « rats
visqueux » Un
dicton courant à l’époque dans certains milieux chics. « Vaut
mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. » Gus, c’était
plus facile et ça faisait une
belle jambe idéologique. Des chapelles continuent en Occident à célébrer le culte du héros et de le rappeler à la
mémoire encore aujourd’hui…Triomphe du
vocabulaire... Gus,
à voir ou à revoir; le final des invasions
barbares |
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Recyclage des
enthousiasmes et des indignations… Il
semblerait que les mêmes (ou leurs enfants ou petits enfants) que l’enthousiasme
étouffait autrefois se sont recyclés
dans l’indignation agressive et
tapageuse à propos de la même Chine. Alors que Gus, une question pour toi : soit une des plus belles images
politiques du vingtième siècle… Si la scène s’était passée aux
beaux jours de Mao, sans télévision, sans journaliste étranger, imagine le
trajet du Tank. |
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Le salut se rapproche… L’AVENIR AU COIN DE Castro et Che GUEVARA. La révolution dans les
Antilles. Encore une grande marche.
David résiste au Goliath Un million de cubains
envahissent |
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Tito.
Il incarne la figure du
rebelle et du résistant.. . Il résiste
à Staline qui voulait le mettre au pas. En se séparant et se révoltant contre
Staline, il donne pour un temps l’espoir d’un socialisme à visage humain… et
de tendance nationaliste. Par son
autorité exemplaire, il réussit de son vivant, comme Saddam ailleurs, à
maintenir le couvercle sur la marmite
des nationalismes des
Balkans qui auront l’occasion et tout le temps de s’exprimer après sa
mort. |
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L’Oncle Ho. Le Vietnam… Les révolutionnaires
aux pieds nus, Par astuces, ruses,
intelligence, sacrifices (et avec
l’aide soviétique) ils viennent à bout
de la plus grande puissance de l’époque…qui s’était portée à la
défense du régime en place. Départ
précipité en hélicoptères sur le toit de l’ambassade aux applaudissements presque généralisés, autant aux USA qu’en
URSS. Le délire
jubilatoire est de courte durée. Des millions, incapables de lire Ce qu’ont bien compris Aron et
Sartre qui se réconcilient momentanément et nolisent
un bateau pour venir au
secours des victimes en mer. D’après l’ONU, un tiers des Boat People périrent en mer, 1.6 million
de survivants furent accueillis dans différents pays, surtout en Occident. Les paradis sont moins paradisiaques
qu’on l’aurait cru. |
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Dans un nouveau style de puritanisme, tout ce qui rappelle de près ou
de loin l’Occident est détruit. On abolit famille, religion, propriété
privée, monnaie. etc. Gus, à voir. THE KILLING FIELDS |
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Fatigue
et lassitude. Cette certaine intelligentsia
commence à ressentir une
lassitude bien compréhensible dans la recherche éperdue de
nouveaux sauveurs qui pourraient
servir de paradigmes pour un monde meilleur,
entretenir un peu d’espoir pour
s’arracher à la société mercantile en train de s’établir en Occident. L’histoire en marche commence à claudiquer… De désespoir en désespoir…
L’ivresse
des solutions toutes faites s’est arrêtée à
Certains décrètent alors la fin de
l’histoire. Gus, c'est un peu comme s’il y
avait des limites à se mettre un doigt
dans l’oeil. |
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LE
TIERS MONDISME. Faute d'espoir, pourquoi ne pas
verser dans la commisération et se cultiver un messie
souffrant, qui porte sur lui tous les péchés de l’Occident… Le tiers
mondisme comme alternative. .. L’ère de l’auto flagellation, de l’apologisme et « des
sanglots de l’homme blanc »
qui est coupable du mal universel
de la planète… On ignorait que
le messie tant attendu était
plutôt un rédempteur politique…
promesse de plus de justice et d'égalité en ce monde… le progrès à Les pleurs s’assèchent quand on constate comment, dans
ce tiers-monde, on s’entredéchire dans
des guerres intestines, menées par
des dictatures qui se chargent de trouver
ou d’en inventer les prétextes, le tout
avec des armes fournies évidemment pas
l’Occident. Les mea culpa, qui
rythmaient les sanglots de l’auto flagellation et de la
culpabilité, se font moins percutants. Et se faire servir le vieux mythe de
la tarte aux pommes Reprise… Le sophisme ou le mythe de la
tartre aux pommes. Qui a longtemps servi de fondement ou de paravent pour le
« tiers-mondisme »
Mais,
Gus, toi qui es intelligent, toi qui n’es pas encore un idéologue
professionnel ou un politicien de carrière,
tu devrais être en mesure d’imaginer la
possibilité que celui qui crée de la richesse est peut-être celui qui fait
grossir la tartre… quitte à ce qu’il
se serve le premier… De
la tartre pour tout le monde…. ***C’est
le cas du vol et des loteries. |
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Pour cette « certaine
intelligentsia », les paradis,
les modèles, les idéaux incarnés se succèdent
comme dans des plans quinquennaux pour nourrir les espoirs et
stimuler les critiques du présent immédiat. Si le bien est protéiforme,
multiple, variable, changeant, le mal est
monobloc, permanent, stable et sert à travers le temps de repoussoir
et justifie toutes les erreurs ou les
égarements de la pensée…
La
ruse de la disjonction fonctionnelle. Maître
du vocabulaire, cette « certaine intelligentsia » décrète d’office que tout ce qui n’est pas communiste ou marxiste est fasciste,
fascisme que erronément certains avaient cru mort en 1945. On serait presque
tenté de citer le mot de Lord Acton : « Chaque
voyou est suivi d’un sophiste armé d’une éponge ». (Gus,
suis le mouvement de l’éponge dans le tableau ci-contre) Démocratie,
libéralisme, élection, parlement, liberté d’opinion, société de
consommation ne sont plus que des
façades, des variantes plus ou moins hypocrites, formelles, du
fascisme. … La dichotomie marxisme/fascisme a le mérite de la
clarté, de simplifier les démarches de la pensée et, pour
orienter l’action, de montrer sans
équivoque où est le bien et où est le mal. Le fascisme ainsi ressuscité, sous respiration artificielle,
c’est pêle-mêle Hitler, les camps d’extermination, le parlementarisme,
la société de consommation, les USA, etc.
Franco ou Pinochet servent
d'abri Tempo pour les crimes des
régimes issus du marxisme. etc. On multiplie les « délits
d’opinion ». Par les seuls mots qu’on manipule comme des armes, on
intimide, on disqualifie, on discrédite. La critique se fait incisive et mord
bien dans la réalité. La « certaine
intelligentsia » s’est gardé le monopole des bonnes idées et a fait une sélection judicieuse entres les bons
crimes à escamoter et les mauvais crimes à dénoncer (sous peine d’inculpation). Koestler résume cette
attitude comme « une reddition inconditionnelle des facultés
critiques. » Toutes ces hésitations sur le sens de l’histoire ou
ces simplifications de la pensée
s’élaboraient à l’ombre d’un parapluie
atomique… qui ajoutait du sens et de la profondeur au discours. La grande
illusion est portée par le
vocabulaire, par les horreurs du fascisme et la critique sociale, quand elle
se veut subtile, fonctionne comme un
petit moteur à deux temps : L’un est
fondamentalement bon ….malgré tout… L’autre est
essentiellement mauvais…. malgré tout… Au vingtième siècle, il suffit de se présenter comme « fossoyeur du
capitalisme » pour s’inscrire comme joueur majeur dans l’histoire des
peuples. C’est
Camus qui disait : « Les idées fausses se terminent toujours
dans le sang, mais c'est toujours le sang des autres. C'est pour cela que nos
philosophes sont si à l'aise pour dire n'importe quoi." Avec le temps cependant, au
vingt-et-unième, l’ambition se fait plus
modeste. On compte moins sur
les fossoyeurs que sur des alternatives au capitalisme…qu’on cherche
toujours… avant qu’il ne mette la
planète à feu et à sang. « Les auras qui pour plusieurs
pouvaient jeter de la poudre aux yeux
et légitimer tous les types de discours se sont évanouies les unes
après les autres… Le marxisme, armé des solutions pour l’avenir des nations,
n’a pas survécu à l’Union Soviétique,
son premier modèle,,et à ses acolytes…
le freudisme grâce auquel n’importe qui avec un peu d’imagination pouvait discourir pendant des heures à
partir de n’importe quoi qualifié
de symbole. Ceux qui avaient réussi à donner un vernis
scientifiques à leurs élucubrations du
langage en empruntant le vocabulaire
des sciences physiques ont été
ébranlés par les écrits de Sokal. Reste le plancher des vaches… bien couvert par les journalistes… » ……. « L’éloignement de la philosophie
de la science est un désastre, et Régis Debray a raison de souligner que les
plaisanteries dédaigneuses du normalien Sartre sur la science et la
technique, rejoignant d’ailleurs la phrase de Heidegger « La science ne pense pas » sont une clef pour
comprendre le déclin philosophique. » Claude
Allègre. Chroniques d’espoir
Voir aussi. Mort et renaissance
du phénix. Leurre de paradis et horreur
de l’enfer. Suite
et fin : 6. Tableau
RÉCAPITULATIF >>> |
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1.Effondrement
des mythes de soutien 2.
Conséquences de cet effondrement 3.Les spectres
remplacent les mythes 5.
Héros pour chaque génération |
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Cinq thèmes pertinents au 20e siècle,
ont été traités ailleurs : Société de
consommation (les années soixante) Mondialisation (fin de
siècle) Gauche droite
(économie, politique) |
|
« être sérieux sans se prendre
trop au sérieux » |
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NOUVEAU CAPSULES: le prof bof pour
les nuls ou les gens pressés Brefs extraits ou capsules
tirés des 30 sites du
prof bof |
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A propos de l’être humain |
Petite histoire des mentalités |
divers |
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