APPENDICE 1. LE MESSAGE DE LA SCIENCE

TEL QUE PRÉSENTÉ PAR JEAN ROSTAND

(Prof Bof)

Gus, le texte date de 1938 mais pour l’essentiel  la science expérimentale

ne peut dire autre chose si elle est fidèle à sa méthode.

 

 

 

 

rostbt1.jpg (5750 octets) « Comme tout animal supérieur, l’homme est un agrégat de plusieurs trillions de cellules, dont chacune représente un  assemblage de molécules divers. En fin de comte, il apparaît comme un édifice prodigieusement complexe d’électrons, qui doivent à la forme particulière de leur groupement le singulier privilège de pouvoir  affirmer leur existence…C’est dans cette dans cette pellicule (l’écorce du cerveau) qui se produisent les réaction chimique et les transformations d’énergie qui donnent lieu à ce que nous appelons la conscience, et dont nous ne savons rien, sinon qu’elle est indissolublement liée à ces réactions et à ces transformations. C’est la que se préparent les plus hautes manifestations de l’esprit : le génie de Newton, les angoisses d’un Pascal….

 

Il semble bien du reste, que cette pensée ait pour seule fonction d’assister au jeu de la machine qu’elle a l’illusion de commander. L’acte dit volontaire se réduit vraisemblablement à une résultante de réflexes, et sans doutes l’homme qui réfléchit, qui calcule qui délibère n’est-il pas moins assujetti dans la dernière de ses démarches que la chenille qui rampe vers la lumières ou que le chien qui répond par un flux de salive au coup de sifflet de l’expérimentateur. Les plus graves décisions morales, où l’homme attache tant de prix, apparaissent alors comme de purs effets des stimulations sociales, et quand il croit se soumettre librement aux impératifs sacrés qu’il croit s’être  choisis, il n’est qu’un automate qui s,agit conformément aux intérêts du groupe dont il fait partie.

 

D’où vient l’homme ? Sa formation fut rigoureusement fortuite. Accident entre les accidents, il est le résultat d’une suite de hasards, dont le premier  et le plus improbable fut la genèse spontanée de ces étranges composés du carbone qui s’associèrent en protoplasme…. Sa naissance ne faisait pas partie d’aucun programme cosmique.  Les processus aveugles et désordonnés qui l’ont conçu ne recherchaient rien, n’aspiraient à rien, ne tendaient vers rien, même le plus vaguement du monde. Il naquit sans raison et sans but comme naquirent tous les êtres, n’importe où. La nature est sans préférences et l’homme malgré tout son génie, ne vaut pas plus pour elle que n’importe laquelle des millions d’autres espèces que produisit la vie terrestre. …D’une lignée animale qui ne semblait en rien promise à un tel destin, sortit un jour la bête saugrenue qui devait inventer le calcul  intégral et rêver de justice. Certes, à se souvenir des ses origines, il a bien sujet de se considérer avec complaisance. Ce petit fils de poisson, cet arrière neveu de limace, a droit à quelque orgueil de parvenu.

 

 

 Un jour, en ce minuscule coin d’univers sera annulé pour jamais la pitoyable et falote aventure du protoplasme. Aventure qui déjà, peut–être, s’est achevée sur d’autres mondes. Et partout soutenue par les mêmes illusions, créatrices des mêmes tourments  partout aussi absurde, aussi vaine, aussi nécessairement promise dès le principe à l’échec final et à la ténèbre infinie….

 

Tel est le message de la science. Il se peut qu’une science toute puissante réussisse , en définitive, à créer ce nouvel homme adapté à l’humain, satisfait de n’être que ce qu’il est, comblé par son destin étroit, guéri de tout rêve qui le dépasse. Mais il se pourrait aussi que l’humanité soit, dans son ensemble, incapable de soutenir la vérité de la science. Vérité ardue, accablante, oppressante… Parmi ses zélateurs eux-mêmes, il en est qui ne s’y rendent point sans détresse. Bien sure, ils ne peuvent faire autrement que d’y rester fidèles, mais il leur arrive d’envier ceux qui ne sont point empêchés,  par la nature de leur esprit, d’en concevoir une autre. »

 

La vie et ses problèmes. Pp. 199. sq  1938. Flammarion

 

 

 

APPENDICE 2. « Au Jardin des plantes »

avec Raïssa et Jacques maritain

 

 

 

 Un pacte de suicide

« Nous venions de passer en revue ce que nous avaient apporté nos deux ou trois  années d’étude à la Sorbonne. Sans doute un bagage assez important de connaissances particulières, scientifiques et philosophiques. Mais ces connaissances étaient minées à leur base par le relativisme des savants, par le scepticisme des philosophes.

 

Les savants sont  heureux qui ne raisonnent  pas sur la raison, qui n’interrogent que le visible et le mesurable, et vont droit devant eux de découverte en découverte.

 

Nous n’étions pas non plus, avec nos vingt ans à peine, de ces tenants du scepticisme qui lancent leur « Que sais-je? » comme une fumée de cigarette, et trouvent d’ailleurs la vie excellente. Nous étions avec toute notre génération, leurs victimes. En effet, bien que le scepticisme soit informulable, parce que toute nos formulations sont affirmatives par quelque coté, même  si elles expriment la philosophie du doute, il n’en est pas moins agissant, et capable de désagréger la vie de l’âme.

 

Cette  angoisse métaphysique pénétrant aux sources mêmes du désir de vivre, est capable de devenir un désespoir total, et d’aboutir au suicide. Je crois qu’en ces dernières et sombres années, en Autriche, en Allemagne, en Italie, en France, des milliers de suicides sont dus à ce désespoir, plus encore qu’à l’excès des autres souffrances endurées dans le corps et dans l’âme.

 

…Je crois que des milliers de morts aujourd’hui sont dues à la déception totale de l’âme qui se croit trompée d’avoir eu foi en  l’humanité, d’avoir cru à la force triomphante de la vérité et de la justice, de la bonté et de la pitié, de tout ce que nous savons être le bien.

C’est une angoisse de cette sorte que j’ai vécue alors…

 

…Nous venions donc de nous dire ce jour-là que si notre nature était assez malheureuse pour ne posséder qu’une pseudo intelligence capable de tout sauf du vrai, si, se jugeant elle-même, elle devait s’humilier à ce point, nous  ne pouvions ni penser ni agir dignement. Alors tout devenait absurde, -- et inacceptable, --sans même que nous sachions quelle chose en nous se refusait ainsi à accepter.

…Nous ne voulions pas non plus vouloir aveuglément ; cette sublime absurdité nous paraissait un monstre, et nous faisait horreur.

Je ne voulais pas d’une telle comédie… j’accepterais une vie douloureuse, mais non une vie absurde.  Jacques avait pensé longtemps qu’il valait encore la peine de lutter pour les pauvres, contre l’esclavage du « prolétariat ». Et sa propre générosité l’avait fortifié. Mais maintenant il  se trouvait aussi désespéré que moi.

 

Avant de quitter le Jardin des Plantes nous primes une décision solennelle qui nous pacifia : celle de regarder en face, et jusqu’à leurs dernières conséquences les données de l’univers malheureux et cruel dont la philosophie du scepticisme et du relativisme était l’unique lumière…

 

Nous décidâmes donc de faire pendant quelque temps encore confiance à l’inconnu; nous allions faire crédit à l’existence, comme à une expérience à faire, dans l’espoir  qu’à notre appel véhément le sens de la vie se dévoilerait, que de nouvelles valeurs se révéleraient si clairement qu’elles entraîneraient  notre adhésion totale, et nous délivreraient du cauchemar d’un monde sinistre et inutile. 

 

Que si cette expérience n’aboutissait pas, la solution serait le suicide; le suicide avant que les années n’aient accumulé leur poussière, avant que nos jeunes forces ne soient usées. Nous voulions mourir par un libre refus s’il était impossible de vivre selon la vérité.

 

C’est alors que la pitié de Dieu nous fit trouver Henri Bergson… » 

 

(Bergson, Gus,  laissait espérer en la validité d’autre mode de connaissance qui puisse atteindre le réel et la vérité.)…

 

Raïssa Maritain. Les grandes amitiés. 1941. Desclée de Brouwer.

 

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Accueil., Situation

1.Effondrement des mythes de soutien

2. Conséquences de cet effondrement

3.Les spectres remplacent les mythes

   Les spectres …  (SUITE B)

   Les spectres …  (SUITE C)

4. Désarroi et individualisme

5. Héros pour chaque génération

6. Tableau RÉCAPITULATIF

7. Appendice. Texte de Rostand

 

 

 

PHILOSOPHER AVEC le prof BOF

« être sérieux sans se prendre trop au sérieux »

 

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7. Le 20ième siècle 

 

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6. Écologie et catastrophisme

 

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