APPENDICE
1. LE MESSAGE DE
TEL QUE PRÉSENTÉ PAR JEAN ROSTAND
(Prof Bof)
Gus,
le texte date de 1938 mais pour l’essentiel
la science expérimentale
ne
peut dire autre chose si elle est fidèle à sa méthode.
|
Il semble bien du reste,
que cette pensée ait pour seule fonction d’assister au jeu de la machine
qu’elle a l’illusion de commander. L’acte dit volontaire se réduit
vraisemblablement à une résultante de réflexes, et sans doutes l’homme qui
réfléchit, qui calcule qui délibère n’est-il pas moins assujetti dans la
dernière de ses démarches que la chenille qui rampe vers la lumières ou que
le chien qui répond par un flux de salive au coup de sifflet de
l’expérimentateur. Les plus graves décisions morales, où l’homme attache tant
de prix, apparaissent alors comme de purs effets des stimulations sociales,
et quand il croit se soumettre librement aux impératifs sacrés qu’il croit
s’être choisis, il n’est qu’un
automate qui s,agit conformément aux intérêts du groupe dont il fait partie. D’où vient l’homme ? Sa
formation fut rigoureusement fortuite. Accident entre les accidents, il est
le résultat d’une suite de hasards, dont le premier et le plus improbable fut la genèse
spontanée de ces étranges composés du carbone qui s’associèrent en
protoplasme…. Sa naissance ne faisait pas partie d’aucun programme
cosmique. Les processus aveugles et
désordonnés qui l’ont conçu ne recherchaient rien, n’aspiraient à rien, ne
tendaient vers rien, même le plus vaguement du monde. Il naquit sans raison
et sans but comme naquirent tous les êtres, n’importe où. La nature est sans
préférences et l’homme malgré tout son génie, ne vaut pas plus pour elle que
n’importe laquelle des millions d’autres espèces que produisit la vie
terrestre. …D’une lignée animale qui ne semblait en rien promise à un tel
destin, sortit un jour la bête saugrenue qui devait inventer le calcul intégral et rêver de justice. Certes, à se
souvenir des ses origines, il a bien sujet de se considérer avec
complaisance. Ce petit fils de poisson, cet arrière neveu de limace, a droit
à quelque orgueil de parvenu. Un jour, en ce minuscule coin d’univers sera
annulé pour jamais la pitoyable et falote aventure du protoplasme. Aventure
qui déjà, peut–être, s’est achevée sur d’autres mondes. Et partout soutenue
par les mêmes illusions, créatrices des mêmes tourments partout aussi absurde, aussi vaine, aussi
nécessairement promise dès le principe à l’échec final et à la ténèbre
infinie…. Tel est le message de la
science. Il se peut qu’une science toute puissante réussisse , en définitive,
à créer ce nouvel homme adapté à l’humain, satisfait de n’être que ce qu’il
est, comblé par son destin étroit, guéri de tout rêve qui le dépasse. Mais il
se pourrait aussi que l’humanité soit, dans son ensemble, incapable de
soutenir la vérité de la science. Vérité ardue, accablante, oppressante…
Parmi ses zélateurs eux-mêmes, il en est qui ne s’y rendent point sans
détresse. Bien sure, ils ne peuvent faire autrement que d’y rester fidèles, mais
il leur arrive d’envier ceux qui ne sont point empêchés, par la nature de leur esprit, d’en
concevoir une autre. » La vie et ses problèmes. Pp. 199. sq 1938.
Flammarion |
APPENDICE
2. « Au Jardin des
plantes »
avec Raïssa et Jacques maritain
|
Un pacte de
suicide « Nous venions de
passer en revue ce que nous avaient apporté nos deux ou trois années d’étude à Les savants sont heureux qui ne raisonnent pas sur la raison, qui n’interrogent que le
visible et le mesurable, et vont droit devant eux de découverte en
découverte. Nous n’étions pas non
plus, avec nos vingt ans à peine, de ces tenants du scepticisme qui lancent
leur « Que sais-je? » comme une fumée de cigarette, et trouvent
d’ailleurs la vie excellente. Nous étions avec toute notre génération, leurs
victimes. En effet, bien que le scepticisme soit informulable, parce que
toute nos formulations sont affirmatives par quelque coté, même si elles expriment la philosophie du doute,
il n’en est pas moins agissant, et capable de désagréger la vie de l’âme. Cette angoisse métaphysique pénétrant aux sources
mêmes du désir de vivre, est capable de devenir un désespoir total, et
d’aboutir au suicide. Je crois qu’en ces dernières et sombres années, en
Autriche, en Allemagne, en Italie, en France, des milliers de suicides sont
dus à ce désespoir, plus encore qu’à l’excès des autres souffrances endurées
dans le corps et dans l’âme. …Je crois que des milliers
de morts aujourd’hui sont dues à la déception totale de l’âme qui se croit
trompée d’avoir eu foi en l’humanité,
d’avoir cru à la force triomphante de la vérité et de la justice, de la bonté
et de la pitié, de tout ce que nous savons être le bien. C’est une angoisse de
cette sorte que j’ai vécue alors… …Nous venions donc de nous
dire ce jour-là que si notre nature était assez malheureuse pour ne posséder
qu’une pseudo intelligence capable de tout sauf du vrai, si, se jugeant
elle-même, elle devait s’humilier à ce point, nous ne pouvions ni penser ni agir dignement.
Alors tout devenait absurde, -- et inacceptable, --sans même que nous
sachions quelle chose en nous se refusait ainsi à accepter. …Nous ne voulions pas non
plus vouloir aveuglément ; cette sublime absurdité nous paraissait un
monstre, et nous faisait horreur. Je ne voulais pas d’une
telle comédie… j’accepterais une vie douloureuse, mais non une vie
absurde. Jacques avait pensé longtemps
qu’il valait encore la peine de lutter pour les pauvres, contre l’esclavage
du « prolétariat ». Et sa propre générosité l’avait fortifié. Mais
maintenant il se trouvait aussi
désespéré que moi. Avant de quitter le Jardin
des Plantes nous primes une décision solennelle qui nous pacifia : celle
de regarder en face, et jusqu’à leurs dernières conséquences les données de
l’univers malheureux et cruel dont la philosophie du scepticisme et du
relativisme était l’unique lumière… Nous décidâmes donc de
faire pendant quelque temps encore confiance à l’inconnu; nous allions faire
crédit à l’existence, comme à une expérience à faire, dans l’espoir qu’à notre appel véhément le sens de la vie
se dévoilerait, que de nouvelles valeurs se révéleraient si clairement
qu’elles entraîneraient notre adhésion
totale, et nous délivreraient du cauchemar d’un monde sinistre et
inutile. Que si cette expérience
n’aboutissait pas, la solution serait le suicide; le suicide avant que les
années n’aient accumulé leur poussière, avant que nos jeunes forces ne soient
usées. Nous voulions mourir par un libre refus s’il était impossible de vivre
selon la vérité. C’est alors que la pitié
de Dieu nous fit trouver Henri Bergson… » (Bergson, Gus,
laissait espérer en la validité d’autre mode de connaissance qui
puisse atteindre le réel et la vérité.)… Raïssa Maritain. Les grandes amitiés. 1941. Desclée de Brouwer. |
.
|
1.Effondrement des mythes de soutien 2. Conséquences de cet effondrement 3.Les spectres remplacent les mythes |
|
« être sérieux sans
se prendre trop au sérieux » |
|||
|
NOUVEAU le prof bof pour les nuls ou
les gens pressés Brefs extraits ou capsules tirés des 25 sites
du prof bof |
|||
|
A propos de l’être humain |
Petite histoire des mentalités |
divers |
|
|
(récents) 1b. eINSTEIN
EN IMAGES. |
||
|
|
|||