1. Effondrement des mythes de soutien
Par le Prof Bof
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Le dix-neuvième siècle
avait eu deux mythes qui le soutenaient et aidaient à entretenir la
joie de vivre typique de la belle époque : le mythe du progrès, conçu
comme nécessaire et fatal en tous domaines : le mythe de la science,
qui allait résoudre tous les mystères, répondre à toutes les questions,
conscientiser et responsabiliser l’homme, changer les moeurs pour le mieux,
éliminer les guerres et assurer la paix entre les hommes. (Voir Le dix-neuvième siècle) Le fait majeur de la
première moitié du vingtième siècle est, au plan des mentalités, l’effondrement
de ces mythes. La paix promise par les scientistes
optimistes du dix-neuvième siècle ne fut pas au rendez-vous, comme si elle
était sourde aux objurgations scientifiques. |
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Le mythe du progrès est mis à dure
épreuve. Des
intellectuels du dix-neuvième siècle prédisaient un progrès dans tous
les domaines… autant éthiques que techniques… Au vingtième siècle, c’est comme si les
évènements s’appliquaient à contredire cet optimisme trop facile…ou
trop naïf. Voici quelques évènements vécus par les
« gens heureux » dont parlait Victor Hugo |
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a) le naufrage
du Titanic,
(1912) surtout pour des raisons symboliques. Il incarnait le progrès
technique de l’époque. On proclamait d’autorité qu’il était indestructible…
Certains datent justement de ce naufrage la fin de Prélude cependant à des malheurs
autrement plus graves… *****
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***** « Tant d’horreurs n’auraient pas été possible sans tant de vertus. Il a fallu, sans doute, beaucoup de science pour tuer tant d’hommes, dissiper tant de biens, anéantir tant de ville en si peu de temps, mais il a fallu non moins de qualités morales. Savoir et Devoir, vous êtes donc suspects? » Valéry.
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A
cette occasion, la déclaration de la guerre 1914, un jeune homme témoigne de
son enthousiasme. « …L’avenir semblait devoir n’appartenir qu’à la compétition
pacifique des peuples, c’est-à-dire à une exploitation réciproque frauduleuse
admise en excluant toute méthode d’autodéfense par la force… Ces heures
furent comme une délivrance des pénibles impressions de ma jeunesse. Je n’ai
pas non plus honte de dire aujourd’hui qu’emporté par un enthousiasme
tumultueux, je tombai à genoux et remerciai de tout mon cœur le ciel de
m’avoir donné le bonheur de vivre à une telle époque. » Mein
Kamf, pp. 158- Un
écho lointain et dégradé de cet enthousiasme presque un siècle plus
tard : « Dans les faits, c’est très
amusant de se battre, vous savez, c’est une vraie fête. C’est amusant de
tirer sur des gens. » Lieutenant général américain James Mattis parlant de son expérience en Irak. (janv. 2005)
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c) Gus, le poète
diplomate,
alors ambassadeur de France à Washington se fait porte-parole de
l’angoisse généralisée: « Il semble que nous nous
rapprochons d'une époque où d'une manière absolue la machine tend à éliminer
le travailleur. Que deviendront les foules ainsi déversées sur le marché ? Et
qui consommera ces produits pour lesquels on n'a plus besoin de producteurs ?
Que de problèmes angoissants nous réservent l'avenir et la manipulation de
ces foules à verser et reverser sans cesse d'un rayon économique à l'autre. » paul claudel
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d) Ce n’est
pas la science qui mène le monde mais des théoriciens dont les idéologies se
sont avérées dévastatrices.
Le sens de l’homme fout
le camp… obnubilé par la race et la
classe. « Un même égoïsme sacré est à l’oeuvre
chez les doctrinaires qui exhortent leur nation à s’enivrer d’elle-même
jusqu’à la barbarie et chez ceux qui, sur le bord opposé, démontrent au
prolétaire qu’il lui faut s’enfoncer dans la conscience de ses intérêts
spéciaux, se faire une morale spéciale, une intelligence spéciale, abolir
dans son cœur toute idée d’une communauté d'essence entre lui et les hommes
de l’autre classe » Julien Benda |
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Gus, n’est pas prophète
qui veut… Accord de Munich en 1938. Entre Neville Chamberlain et
Adolf Hitler… Réaction de Winston
Churchill : « Vous aviez à
choisir entre la guerre et le déshonneur; vous avez choisi le déshonneur et
vous aurez la guerre. » e) |
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trouver
des gaz efficaces pour que l’on puisse exterminer rapidement et à peu de
frais les populations qui arrivaient à pleins trains de toute l’Europe et
surtout à aider à se débarrasser, problème d’envergure, des cadavres trop
encombrants.
Parallèlement au nom d’idéologies
diamétralement opposées on exterminait avec autant d’ardeur. Des charniers
qu’on ne connaîtra que plus tard se multiplièrent par toute l’Europe et
l’Asie. Extermination massive de l’homme par
l’homme. Quand exister devient un crime. Le Goulag comme solution à la dissidence…pour ceux qui n’ont pas compris ou ne
veulent pas comprendre où est leur bien. Les « boat people », et bien
d’autres. *****
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Gus,
une spécialité du 20ième siècle L’esprit génocidaire… : Le culte
de l’identité et de la nation ne souffre pas le corps étranger
perçu comme un microbe qui s’infiltre dans un corps sain et le menace. L’utopie
de l’homogène par l’éradication de la différence, l’idéal de pureté et la
crainte pathologique de toute contamination. Le
Peuple, nouveau corps mystique, démarre son anti-virus. Grand
solde de l’Histoire : à telle date grande liquidation de corps
étrangers… L’enfer,
c’est les autres, les impurs, les chiens, les juifs, les cafards, les
tutsis, etc. L’Arménie en 1915. L’UKRAINE
en 1932. Famine planifiée par Staline qui éliminera 5 000 000
de personnes, soit le quart de la population. Représailles pour
éliminer les résistances à son projet de collectivisation. En
comparaison avec ce génocide, les autres ont l’air improvisé et du travail
d’amateurs à la va-vite. Ici on est en face de professionnels qui font
la jonction de la philosophie politique (identification du Mal absolu,
la culpabilité d’exister), de la systématisation bureaucratique (on ne
supprime pas sur place mais en milieu contrôlé, dilution de la
responsabilité) et de l’efficacité technologique moderne. Pour
éliminer l’amoncellement des cadavres on a du cependant recourir à des
méthodes plus traditionnelles. CAMBODGE
1975-1979. Des idéologues décrètent que les citadins sont des
profiteurs et des exploiteurs du bon peuple travailleur,
« le peuple nouveau » qui les fait vivre. Déportation
massive de la population urbaine à la compagne; famine; et élimination
plus brutale si la famine ne suffit pas à la tâche. 1 800 000 victimes.
Rwanda 1994. L’ethnie, prétendument
écrasée, tente d’éradiquer l’autre qui l’aurait dominée ou
exploitée de tous temps. L’opération se fait avec des moyens d’un autre
âge, à la machette ; des amis de toujours se réveillent ennemis et tueurs du
soir au matin. 800 000 victimes chez les Tutsis et les Hutus
modérés. La vitesse de la tuerie bat tous les records. BOSNIE.
(1992-1995) On tente de redéfinir l’état national. Et de défaire l’histoire. On
décrète qui est l’indésirable. Des haines multiséculaires sont exacerbées par
des poètes psychiatres qui se plaisent à gratter des plaies en
voie de cicatrisation et à chanter les gloires de la nation
enfin ressuscitée. Les nationalismes mis en berne sous Tito s’en
donnent à coeur joie et on se tue à qui mieux mieux.
Nouveauté : le viol des femmes perçu comme une arme de
contamination ethnique. L’intervention étrangère, bien que tardive,
limitera, à la différence des autres génocides, les victimes à une centaine
de milliers. |
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f) Sommet de la réalisation
scientifique : Paradoxalement la bombe atomique inaugurera
une période de paix entre grandes puissances non pas par inoculation de
sagesse venant des avancées scientifiques mais par la peur qu’elle engendra. La crainte est le commencement de la
sagesse…disait le proverbe bien avant Einstein. L’art et la pratique de la
guerre froide. « Je ne sais pas avec quelles
armes on fera la troisième guerre mondiale, mais je sais que la quatrième se
fera à l’aide de petits bâtons en bois. » EINSTEIN. G) LES GUERRES OUBLIÉES. Sans oublier la quarantaine de foyers de guerre
que l’humanité entretient presque continuellement depuis la dernière guerre. Gus, un petit effort, lis les journaux, et fais
un petit tour de la planète. Ce n’est pas toujours des Rwanda mais ce n’est
pas la paix à laquelle faisaient rêver les pseudo prophètes du
dix-neuvième siècle.
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Gus, ton prof a
trouvé sur Internet un autre palmarès qui recoupe et complète celui
que je viens de te donner. Bof est toujours
étonné de voir comment certaines gens ne comprennent rien à ces histoires de
000 et ont toujours tendance dans leur « devoir de mémoire » à
renverser la pyramide. « Que sont
devenues les promesses de progrès moral et social qui devait
accompagner le progrès scientifique selon les grandes espérances du 19ième siècle » |
1. By Communist 19. In Chili, Pinochet 3,000 |
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Une nouveauté en fin de siècle : On se demande s’il n’y aurait
pas des limites à la souveraineté des peuples et s’il n’y aurait
pas lieu d’établir un principe plus important, un principe d’ingérence qui
imposerait un droit et un devoir à des peuples de porter aide à
minorité ou ethnie en danger. Gus,
ce nouveau devoir semble devenir plus impératif s’il y a du
pétrole à l’horizon, .. et si on ne s’entretue pas
trop loin des journalistes. Gus, des génocides dont Bof n’a pas parlé (on est
au 21ième siècle n’est-ce pas) sont en train
de se produire dans un pieux silence médiatique. |
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Le mythe du scientisme en prend lui
aussi tout un coup. Ce
qu’on en attendait, ce qui est
arrivé…
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1 Les guerres que *****
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2. Les mystères que la science devait résoudre semblent plutôt s’approfondir.
Pourtant la science a plus progressé dans la deuxième moitié du vingtième
siècle que dans tous les temps précédents. Plusieurs ont eu
l’impression cependant que plus la science reculait les frontières de
l’inconnu, plus on s’enfonçait dans le mystère. Rendu au Big
Bang ou au tréfonds du Code génétique, l’intelligence qui pose les questions
sur la venue à l’être, sur l’avant et l’après, sur le pourquoi et le comment,
sur le hasard et l’organisation demeure insatisfaite si l’on s’en tient à la
méthode scientifique, à des réponses d’ordre physico-chimique et
expérimental. L’esprit est toujours aussi désemparé ou mystifié
qu’avant et ne réussit pas à se comprendre lui-même, à se rattacher aux
quelques équations fondamentales de la physique. |
Comment l’être peut surgir du néant est un
mystère absolu. Que le commencement soit près de nous ou à 14 milliards
d’années ne change rien à la donne. Il est difficile de comprendre comment dix
éléments peuvent par eux-mêmes s’ordonner pour faire un tout
fonctionnel (les pièces d’un moteur par exemple). On nous dit par contre que
chaque cellule contient l’information d’un disque dur de 375 MEG. Chaque homme contient ainsi au total
l’information de 148 trillions d’ordinateurs de 100 meg. |
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Et comment cet appareillage si fonctionnel
s’est mis en place ? On nous dit que le HASARD fait bien les choses, qu’il
faut laisser au TEMPS faire son œuvre, si ça change,
tout peut arriver, au MEILLEUR de triompher … et de nous
surprendre. La nature fait bien des moutons à cinq pattes, pourquoi
pas un pénis, une vulve avec spermes et ovules d’accompagnement, système
de fécondation et reproduction qui sont l’apanage des mammifères.
Avouons, Gus, que comme cinquième patte, ce n’est pas trop mal. Une de
plus, une de moins. Et la nature fait aussi de moutons à trois pattes.
Donc….autant de ratés. (Gus, pour en sa voir plus : Hymne au hasard) Et s’il s’agit de comprendre comment une
réaction chimique ou un courant électrique peut se muer en émotion, en désir,
en pulsions, et ensuite en idées, en jugement, etc..
on n’est pas plus avancé qu’au temps d’Aristote. Clark, un physicien, avait
probablement raison en disant qu’on serait aussi avancé si on supposait
que l’on a une boule d’ouate entre les deux oreilles, certains croient avoir
résolu le problème en disant que c’est une boule « neuronale ». Il reste, il est vrai, qu’une aspirine
peut être très efficace contre un mal de tête. |
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***** 3. La science devait rendre l’homme
plus moral et plus heureux…Il semblerait que ce n’est pas pour demain,
que ce doit être remis à plus tard malgré les entreprises de conditionnement.
Les techniques modernes permettent l’endoctrinement des foules. Gus, le nom scientifique de notre espèce
est « homo sapiens sapiens ». On
est porté à se demander parfois si le deuxième « sapiens » est ou bien un multiplicateur ou un diviseur ou encore un
soustracteur ? ***** |
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4. Les progrès de la science sont énormes
mais ambigus. En Occident, la durée et même
la qualité de la vie ont augmenté énormément. Tout dépend cependant de
l’individu…Les moyens que la science fournit peuvent avoir valeur positive ou
négative selon l’usager. Pour certains, toute l’information disponible,
invraisemblable en quan Suite : 2. Conséquences de cet effondrement
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1.Effondrement
des mythes de soutien 2.
Conséquences de cet effondrement 3.Les spectres
remplacent les mythes |
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Deux thèmes
pertinents au 20e siècle, ont été traités ailleurs à propos
du travail : Société de consommation
(les années soixante) Mondialisation (fin de siècle)
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« être sérieux sans se prendre
trop au sérieux » |
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NOUVEAU CAPSULES: le prof bof pour
les nuls ou les gens pressés Brefs extraits ou capsules
tirés des 30 sites du
prof bof |
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A propos de l’être humain |
Petite histoire des mentalités |
divers |
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