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Gus, il importe de saisir le moment où une
vertu bascule sur son socle ou tourne au vinaigre, par exemple, doit-on pousser la tolérance jusqu’à
tolérer l’intolérance ? Il est facile
de tomber dans l’indulgence criminelle. Bof
t’offre ici un petit jeu où l’homme qui réfléchit peut ressembler à un
funambule sur son fil de fer… Tout
n’est pas toujours facile. Si on est honnêtement convaincu que « tout se
vaut », la tolérance est d'une facilité déconcertante : « Viva la muerte ». Il n’y a
pas de mérite à la pratiquer. C’est tirer les conséquences que deux et deux
font quatre. Un jeu d'enfants.
Elle est plus difficile si on n’est pas tout
à fait convaincu de ce principe à la
mode. Vivre en société, dans les
sociétés modernes, c'est apprendre à
cohabiter dans ses différences, à aménager
les libertés et le respect d'autrui,
Pour les anciens la vertu se situait « dans le juste milieu »… Ce
qui dans leur esprit ne voulait pas dire
qu’il fallait être à moitié vertueux, à moitié tolérant, mais que l’on
pouvait s’écarter des prescriptions de la raison à gauche comme à droite, un peu comme
l’équilibriste qui est tenu d'aller
droit sur son fil, de pratiquer le juste milieu, mais peut
tomber d’un coté ou de l’autre. Définir « le juste milieu » c'est tout
un art, l’art de vivre par excellence. Tu trouveras ici, mon cher Augustin,
un petit exercice de réflexion sur le tolérable et l’intolérable.
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(o5/08/09)
Gus, La modestie avant
tout.
Irshad Manji, toujours apôtre d’un islam ouvert, félicite Tony
Blair de mettre enfin ses culottes. il ose s’en prendre non seulement aux théocrates de l’islam mais aussi aux théocraties de
la tolérance. Il ose s’affirmer et se
porter à la défense du « British Way of Life » et il avise ceux qui incitent à la haine et suscitent la violence dans la
population qu’ils n’ont pas de
place en ce pays. On a vite crié au néo-McCarthisme.
Manji
retient plutôt l’obligation de
s’interroger sur les valeurs qui valent la peine d’être défendues et qui
permettent de vivre. Certaines conceptions
du multiculturalisme ont
l’effet d’anesthésier les intelligences dans la conviction que tout
peut aller. Des beaux mots comme tolérance ou respect mutuel ne
permettent pas malheureusement de fixer des limites. Elle reprend le mot de Amin Maalouf, un romancier arabo-francais, “les traditions ne méritent le respect que dans la mesure où elles sont
respectables, exactement dans la
mesure où elles respectent les
droits fondamentaux des hommes et des femmes. », et Manji
de conclure : “We know the
dangers of taking Islam literally.
By now we should understand
the peril of taking tolerance literally”
NYT (o5/08/09)
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